
INDIGNATION réalisé par James Schamus, disponible en DVD le 15 juin 2017 chez M6 Vidéo
Acteurs : Logan Lerman, Sarah Gadon, Tracy Letts, Ben Rosenfield, Melanie Blake Roth, Tijuana Ricks, Pico Alexander, Noah Robbins…
Scénario : James Schamus d’après le roman Indignation de Philip Roth
Photographie : Christopher Blauvelt
Musique : Jay Wadley
Durée : 1h46
Date de sortie initiale : 2016
LE FILM
Alors que la guerre de Corée fait rage à l’autre bout du monde, le jeune Marcus Messner compte parmi les heureux élus qui ne doivent pas accomplir leur service militaire. Avec la bénédiction de son père, boucher, et une bourse de sa synagogue en poche, il quitte son New Jersey natal pour une université conservatrice de l’Ohio. De nature timide et marginale, l’intégration à la faculté du jeune homme se passe moyennement. En cause : le refus de Marcus de rejoindre la seule association d’étudiants juifs du campus et d’y rechercher activement de nouveaux amis. Il préfère se consacrer corps et âme à ses cours, jusqu’au jour où il tombe sous le charme de l’énigmatique Olivia Hutton. Celle-ci, dès leur premier rendez-vous, s’adonne à un acte sexuel qui n’en finit pas de troubler Marcus.

Indignation est le premier long métrage de James Schamus, célèbre producteur et scénariste, qui a notamment collaboré avec Ang Lee sur tous ses films depuis 1992, entre autres Tigre et Dragon, Raison et sentiments, The Ice Storm, Le Secret de Brokeback Mountain et même le mal-aimé Hulk. Présenté en section parallèle à la Berlinale en 2016, Indignation est l’adaptation du roman éponyme de Philip Roth, paru en 2008. 28e livre de l’écrivain, Indignation est le second volume du cycle romanesque intitulé Nemesis, comprenant également Un homme (2007), Le Rabaissement (2011) et Némésis (2012). L’action se déroule en 1951. Un jeune américain d’origine juive, Marcus Messner, quitte son environnement familial à Newark, dans la banlieue de New York, pour aller étudier dans l’Ohio au Winesburg College. Enfant sage et étudiant modèle, Marcus Messner voit sa vie basculer lorsqu’il se retrouve confronté aux angoisses irrationnelles de son père, au conservatisme moral et religieux en vigueur à l’université et à sa propre passion amoureuse pour une jeune fille charmante et intelligente mais au comportement sexuel instable. Et si instable voulait tout simplement dire éveillé ?



Récit initiatique et d’émancipation, histoire d’amour troublée et troublante, éveil sexuel, défense du libre-arbitre, critique d’une société antisémite, Indignation brasse de nombreux thèmes. Il y a de très belles choses dans ce film. Tout d’abord les comédiens. Bien qu’âgé de 25 ans, Logan Lerman a déjà plus de quinze ans de carrière. Vu dans Ce que veulent les femmes de Nancy Meyers et The Patriot de Roland Emmerich en 2000, le jeune acteur s’est ensuite illustré dans Le Nombre 23 de Joel Schumacher et 3 h 10 pour Yuma de James Mangold en 2007, avant de se voir confier le rôle-titre des deux opus de la franchise Percy Jackson. Devenu très demandé par les cinéastes, dernièrement chez Darren Aronofsky dans Noé et David Ayer dans Fury, Logan Lerman est non seulement la vedette d’Indignation, mais également le producteur. A ses côtés, la délicieuse Sarah Gadon, révélée au cinéma par David Cronenberg dans A Dangerous Method (2011) et revue chez le même cinéaste dans Cosmopolis (2012) et Maps to the Stars (2014). Dernièrement à l’affiche de La 9ème vie de Louis Drax d’Alexandre Aja et aux côtés de James Franco dans 22.11.63, la minisérie adaptée du chef d’oeuvre de Stephen King, Sarah Gadon illumine Indignation de sa beauté diaphane. L’alchimie entre les deux comédiens et leur immense sensibilité ne peuvent laisser le spectateur indifférent.



Cependant, Indignation demeure un film très bavard, pour ne pas dire trop écrit. Si la séquence de la confrontation entre Marcus et le doyen de l’Université s’avère percutante, certains échanges sonnent faux et manquent de spontanéité. Les personnages sont attachants, mais la mise en scène peine à donner du rythme. Qu’importent si certaines questions restent en suspens, comme ce qui arrive réellement à Olivia, cela ne fait que renforcer l’émotion de ces amours contrariées et complexes, mais James Schamus se contente trop souvent de poser sa caméra et d’observer ses protagonistes. Ainsi, la séquence dont nous parlions entre Marcus et le proviseur n’est filmée qu’en champs-contrechamps, le montage adoptant le rythme des répliques envoyées de part et d’autre.



Rien à redire sur la direction d’acteurs et la reconstitution des années 1950 est aussi discrète que réussie. On est souvent ému par cette histoire grâce au talent des comédiens, mais le spectateur peut décrocher quand le film s’éloigne du couple principal pour évoquer les relents d’antisémitisme et la question de la religion au sein du campus. Certes, Indignation n’évite pas le côté mélodramatique, linéaire et académique du « film indé américain », malgré tout l’histoire ne tombe jamais dans le pathos. En dépit de quelques points faibles, Indignation ne manque pas d’élégance et laisse un beau souvenir.

LE DVD
Disponible chez M6 Vidéo et arrivant directement dans les bacs sans passer par la case cinéma, Indignation n’est guère mis en valeur par l’éditeur avec une jaquette trop sobre et peu attractive. L’éditeur aurait peut-être gagné à mettre en avant Logan Lerman, connu des jeunes spectateurs, alors que les deux comédiens apparaissent dissimulés derrière une vitre embuée. Le menu principal est dans le même ton, animé, musical, un peu triste.

Pour cette sortie technique, l’éditeur joint deux petites featurettes de 6 minutes chacune, composée des propos de Logan Lerman, Sarah Gadon, Tracy Letts, du réalisateur James Schamus et de la chef costumière Amy Roth. Aucune image de tournage à se mettre sous la dent ici, les propos des intervenants se contentent de présenter les personnages, les thèmes du film, l’adaptation du roman de Philip Roth et la reconstitution des années 1950.








L’Image et le son
Pas d’édition Blu-ray pour Indignation, qui doit se contenter d’une sortie basique en DVD, heureusement de bon acabit. Mais il est dommage de ne pas profiter de la très belle photographie du chef opérateur Christopher Blauvelt (The Bling Ring, Night Moves) en Haute-Définition. Le piqué n’est jamais pris en défaut, les contrastes sont très beaux (beaucoup de couleurs sombres et boisées), la profondeur de champ appréciable et la colorimétrie très classe. Le seul bémol provient de certaines séquences sombres et tamisées. La définition flanche quelque peu, les détails sont moins conséquents et la gestion des noirs est un poil plus déséquilibrée.
Indignation n’est pas vraiment le film avec lequel vous pourrez épater la galerie et faire une démonstration de gros son. Les versions française et anglaise sont certes proposées en Dolby Digital 5.1, mais les latérales ne servent réellement qu’à instaurer quelques ambiances naturelles et à spatialiser la musique du compositeur Jay Wadley. Deux pistes Stéréo, très dynamiques, sont également disponibles.


Crédits images : © M6 Vidéo / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr



































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Crédits images : © SND / Captures du Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr



























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Crédits images : © SND/ Captures du DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr





L’adaptation cinématographique se focalise sur Mike Williams (Mark Wahlberg), en charge du système informatique et électrique sur la plateforme Deepwater Horizon. Entre Mike Williams et son patron Jimmy Harrell (Kurt Russell), l’entente est parfaite. Il ne fait pas confiance en revanche à la société locataire dirigée Donald Vidrine (John Malkovich), qui ne pense qu’au profit au détriment de la sécurité de toute l’équipe. Une mauvaise manoeuvre technique, motivée par l’argent, provoque un effroyable accident. Alors que cinq millions de litres de pétrole risquent d’exploser, Mike et ses collègues vont tenter de sauver la plateforme et leurs vies. Avec un souci du détail et avec réalisme, Peter Berg crée une véritable immersion du spectateur sur cette plateforme pétrolière du début à la fin. Non seulement le réalisateur a laissé de côté ses tics qui pouvaient fortement agacer dans ses premiers films, à savoir une caméra qui avait la tremblote au point où on ne comprenait plus rien à ce qui se passait à l’écran, mais Peter Berg est devenu un solide directeur d’acteurs. 



































Chris Foggin, jeune réalisateur né en 1985, signe ici son premier long métrage après avoir fait ses classes en tant que troisième assistant sur des films aussi divers que W.E. de Madonna (2011), le magnifique Deep Blue Sea de Terence Davies (2011), My Week with Marilyn de Simon Curtis (2011) et Le Dernier pub avant la fin du monde d’Edgar Wright (2013). Après quelques courts métrages, il décide d’adapter un scénario écrit par ses amis Sebastian De Souza et Preston Thompson, qui se sont également réservés les rôles respectifs de Milo, le petit ami d’Evelyn, et de Cassius, le pote bon vivant. Au générique, si le nom de Will Poulter ne dira pas forcément grand-chose aux spectateurs, ils reconnaîtront immédiatement sa tête (et ses sourcils) s’ils ont vu Les Miller, une famille en herbe, dans lequel il jouait le simplet Kenny. Vu depuis dans Le Labyrinthe et The Revenant, prochainement chez David Michôd et Kathryn Bigelow (excusez du peu), il porte ici brillamment le film sur ses épaules. Il fait dire qu’il est aussi très bien accompagné, puisque l’objet de son affection n’est autre que la divine Alma Jodorowsky, petite-fille d’Alejandro Jodorowski, aperçue dans La Vie d’Adèle et Juillet août de Diastème. Notons également la participation de Cara Delevingne, dans un rôle très secondaire, mais dont le visage désormais connu (tous comme les sourcils elle aussi) aide aujourd’hui à la distribution de Kids in love. 
Ce qui fait la qualité de Kids in love, c’est le portrait juste et mélancolique d’une génération, prise entre le monde adolescent qu’ils viennent de quitter et le monde adulte qu’ils ne savent pas comment aborder. Jack (Will Poulter) est admis à Bristol et pense étudier l’histoire et le droit, pour devenir avocat. Du moins c’est ce que ses parents envisagent pour lui. Mais avant cela il décide de s’offrir une année sabbatique avec un de ses potes d’enfance. C’est alors qu’il rencontre Evelyn, jeune parisienne qui suit ses études à Londres, mais qui préfère faire la fête, profiter de la nuit et de ses amis bohèmes. Troublé, Jack découvre qu’il peut devenir maître de propre vie et ne pas se laisser dicter ses choix, quitte à décevoir ses parents. En d’autres termes, Jack devient un adulte. 
Si le film peut parfois être redondant quand Jack et ses nouveaux amis passent de fiesta en fiesta, Kids in love se révèle être un film tendre, bien écrit et interprété, qui révèle la sensibilité d’un nouveau réalisateur et de ses scénaristes. Un bon et sympathique divertissement pour résumer.





















