
LA CONFESSION réalisé par Nicolas Boukhrief, disponible en DVD le 12 juillet 2017 chez M6 Vidéo
Acteurs : Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny, Solène Rigot, Amandine Dewasmes, Lucie Debay, Charlie Lefebvre…
Scénario : Nicolas Boukhrief d’après le roman Léon Morin, Prêtre de Béatrix Beck
Photographie : Manuel Dacosse
Musique : Nicolas Errèra
Durée : 1h51
Date de sortie initiale : 2017
LE FILM
Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes… Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?

Après la sortie chaotique de son précédent et formidable film Made in France, paralysé au moment de la production par les attentats terroristes de Charlie Hebdo, puis au moment de sa distribution après ceux du Bataclan, Nicolas Boukhrief a immédiatement enchaîné avec La Confession. Ce long métrage beaucoup plus apaisé en apparence, est une nouvelle adaptation du célèbre roman – très autobiographique – Léon Morin, Prêtre de Béatrix Beck, Prix Goncourt en 1952. Le réalisateur et scénariste, ancien critique cinématographique et rédacteur du magazine Starfix à ses débuts signe son septième film, plus de vingt ans après Va mourire (1995). Loin du genre qui l’a fait connaître, autrement dit le polar stylisé (Le Convoyeur, Cortex, Gardiens de l’ordre), Nicolas Boukhrief adapte librement et en solo le livre original, après avoir lui-même acheté les droits, tout en s’éloignant du film de la version de Jean-Pierre Melville réalisée en 1961 avec Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva. Il ne s’agit donc pas d’un remake, mais d’une version personnelle, intimiste, pudique, mais où la violence des sentiments n’a rien à envier aux affrontements physiques habituellement mis en scène par le réalisateur.


Dans un village français, pendant l’Occupation, Léon Morin, le nouveau prêtre, jeune et beau, provoque l’émoi chez les habitantes. Les hommes du village sont soit morts au front soit emprisonnés. Barny, une jeune communiste qui ne croit pas en Dieu, est la seule à ne pas s’enthousiasmer. En confession, elle tente de le défier, et lui reprocher son attitude vis-à-vis des Allemands. Or, Morin n’est pas du genre à se laisser déstabiliser facilement. Ils se rencontrent souvent, évoquent la religion et l’existence de Dieu. Alors qu’ils commencent à être attirés l’un par l’autre, les Allemands viennent arrêter dix otages. Cela faisait plusieurs années que Nicolas Boukhrief cherchait à adapter ce roman qui l’avait bouleversé dans sa jeunesse, en essuyant systématiquement le refus des producteurs, probablement trop frileux à l’idée d’être ensuite comparé à Jean-Pierre Melville. Il aura fallu la rencontre des producteurs Cément Miserez et Mathieu Warter, à qui l’on doit Made in France, pour que le cinéaste puisse enfin obtenir le feu vert pour cette transposition.

Drame intense, La Confession vaut tout d’abord pour la confrontation entre Romain Duris et Marine Vacth. Les deux comédiens, excellemment dirigés, sont filmés comme s’ils étaient sur le front. Le premier recevant les propos de la seconde comme s’il recevait des balles dans le corps, tout en comprenant très vite que cette jeune femme, dont le mari est prisonnier en Allemagne, est elle-même blessée. Servant alors de défouloir, le père Morin encaisse la franchise de la jeune femme, y compris quand elle évoque s’adonner à la masturbation, en restant droit et dans son rôle, ce qui ne fait que décontenancer Barny, habituellement rejetée par ses connaissances et ses collègues de travail pour son tempérament et sa volonté de choquer. S’instaure alors une relation ambigüe entre ces deux solitudes, dont l’attirance est réciproque.

Cinéaste de l’action, Nicolas Boukhrief parvient à filmer ces échanges comme si les deux protagonistes en venaient aux mains. Le père Morin, excellemment interprété par un Romain Duris en état de grâce, dont la voix n’a jamais été aussi bien posée et qui trouve ici un de ses plus beaux rôles, et Barny, merveilleusement incarnée par la diaphane et sensuelle Marine Vacth, rentrent en collision, sur le terrain de la sincérité absolue, dans leur foi et leur ouverture. Bien plus qu’un drame, La Confession est un véritable mélodrame et même une tragédie amoureuse, centrée sur deux êtres que tout oppose et qui vont pourtant s’aimer – de manière platonique certes – malgré les interdits.

Film sous tension, troublant, aux dialogues percutants et à la photographie élégante, La Confession foudroie par la beauté, le magnétisme et le talent de ses comédiens, véritable couple de cinéma, par la force, la délicatesse et la modernité – en évitant l’anachronisme – de ses dialogues et la virtuosité discrète de sa mise en scène. Encore une très grande réussite de la part d’un de nos meilleurs metteurs en scène aujourd’hui.

LE DVD
Le test du DVD de La Confession, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Pour cette sortie dans les bacs, le visuel a été revu et ne reprend pas celui de l’affiche cinéma. Malgré plus de 200.000 spectateurs dans les salles, le film de Nicolas Boukhrief ne bénéficie pas d’une sortie en Haute-Définition, ce qui est bien dommage. Le menu principal est animé et musical.

En guise de suppléments, outre la bande-annonce, l’éditeur ne joint qu’un entretien entre Nicolas Boukhrief et l’abbé Amar (15’). Le réalisateur rencontre le curé de la paroisse de Limay-Vexin afin de parler de La Confession. Ce dernier s’exprime d’emblée et indique « que cela fait plaisir de voir un film avec un prêtre qui n’est ni un débile, ni un pervers, mais bien dans ses pompes », ce qui réjouit Nicolas Boukhrief. Quelques petites scènes coupées au montage viennent illustrer cet échange dense et passionnant, qui revient sur la question du célibat, la prière, mais aussi les différences avec le livre de Béatrix Beck, la relation entre le père Morin et Barny, ainsi que les thèmes du film.




L’Image et le son
Avec cette édition DVD de La Confession, M6 prouve une fois de plus son savoir-faire. Le film de Nicolas Boukhrief bénéficie d’un master SD au transfert soigné et très élégant. Le piqué est évident, la clarté de mise sur les séquences en extérieur avec de superbes scènes diurnes, un léger grain se fait ressentir sur les intérieurs ambrés, feutrés et chauds, le cadre offre un lot conséquent de détails et la colorimétrie de la photographie – signée Manuel Dacosse (L’Etrange couleur des larmes de ton corps, Alléluia) – faisant la part belle aux gammes brunes est habilement restituée. Evidemment, la copie est d’une propreté immaculée, les contrastes sont denses, et malgré un sensible bruit vidéo, des moirages constatables, les meilleures conditions techniques sont réunies pour découvrir ce bijou.



Le mixage Dolby Digital 5.1 ne déçoit pas, tant au niveau de la délivrance des dialogues que des effets latéraux. S’il n’y a pas grand-chose à redire sur la balance frontale, ce mixage parvient vraiment à immiscer le spectateur dans l’ambiance du film. Les enceintes latérales délivrent sans mal les ambiances naturelles et l’ensemble demeure harmonieux. La piste Stéréo est également de très bonne qualité et contentera ceux qui ne seraient pas équipés sur la scène arrière. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont également disponibles, ainsi qu’une piste Audiodescription.
Crédits images : © SND / M6 Vidéo / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr






















Indignation n’est pas vraiment le film avec lequel vous pourrez épater la galerie et faire une démonstration de gros son. Les versions française et anglaise sont certes proposées en Dolby Digital 5.1, mais les latérales ne servent réellement qu’à instaurer quelques ambiances naturelles et à spatialiser la musique du compositeur Jay Wadley. Deux pistes Stéréo, très dynamiques, sont également disponibles. 



































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Crédits images : © SND / Captures du Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr



























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Crédits images : © SND/ Captures du DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr





L’adaptation cinématographique se focalise sur Mike Williams (Mark Wahlberg), en charge du système informatique et électrique sur la plateforme Deepwater Horizon. Entre Mike Williams et son patron Jimmy Harrell (Kurt Russell), l’entente est parfaite. Il ne fait pas confiance en revanche à la société locataire dirigée Donald Vidrine (John Malkovich), qui ne pense qu’au profit au détriment de la sécurité de toute l’équipe. Une mauvaise manoeuvre technique, motivée par l’argent, provoque un effroyable accident. Alors que cinq millions de litres de pétrole risquent d’exploser, Mike et ses collègues vont tenter de sauver la plateforme et leurs vies. Avec un souci du détail et avec réalisme, Peter Berg crée une véritable immersion du spectateur sur cette plateforme pétrolière du début à la fin. Non seulement le réalisateur a laissé de côté ses tics qui pouvaient fortement agacer dans ses premiers films, à savoir une caméra qui avait la tremblote au point où on ne comprenait plus rien à ce qui se passait à l’écran, mais Peter Berg est devenu un solide directeur d’acteurs. 



































Chris Foggin, jeune réalisateur né en 1985, signe ici son premier long métrage après avoir fait ses classes en tant que troisième assistant sur des films aussi divers que W.E. de Madonna (2011), le magnifique Deep Blue Sea de Terence Davies (2011), My Week with Marilyn de Simon Curtis (2011) et Le Dernier pub avant la fin du monde d’Edgar Wright (2013). Après quelques courts métrages, il décide d’adapter un scénario écrit par ses amis Sebastian De Souza et Preston Thompson, qui se sont également réservés les rôles respectifs de Milo, le petit ami d’Evelyn, et de Cassius, le pote bon vivant. Au générique, si le nom de Will Poulter ne dira pas forcément grand-chose aux spectateurs, ils reconnaîtront immédiatement sa tête (et ses sourcils) s’ils ont vu Les Miller, une famille en herbe, dans lequel il jouait le simplet Kenny. Vu depuis dans Le Labyrinthe et The Revenant, prochainement chez David Michôd et Kathryn Bigelow (excusez du peu), il porte ici brillamment le film sur ses épaules. Il fait dire qu’il est aussi très bien accompagné, puisque l’objet de son affection n’est autre que la divine Alma Jodorowsky, petite-fille d’Alejandro Jodorowski, aperçue dans La Vie d’Adèle et Juillet août de Diastème. Notons également la participation de Cara Delevingne, dans un rôle très secondaire, mais dont le visage désormais connu (tous comme les sourcils elle aussi) aide aujourd’hui à la distribution de Kids in love. 
Ce qui fait la qualité de Kids in love, c’est le portrait juste et mélancolique d’une génération, prise entre le monde adolescent qu’ils viennent de quitter et le monde adulte qu’ils ne savent pas comment aborder. Jack (Will Poulter) est admis à Bristol et pense étudier l’histoire et le droit, pour devenir avocat. Du moins c’est ce que ses parents envisagent pour lui. Mais avant cela il décide de s’offrir une année sabbatique avec un de ses potes d’enfance. C’est alors qu’il rencontre Evelyn, jeune parisienne qui suit ses études à Londres, mais qui préfère faire la fête, profiter de la nuit et de ses amis bohèmes. Troublé, Jack découvre qu’il peut devenir maître de propre vie et ne pas se laisser dicter ses choix, quitte à décevoir ses parents. En d’autres termes, Jack devient un adulte. 
Si le film peut parfois être redondant quand Jack et ses nouveaux amis passent de fiesta en fiesta, Kids in love se révèle être un film tendre, bien écrit et interprété, qui révèle la sensibilité d’un nouveau réalisateur et de ses scénaristes. Un bon et sympathique divertissement pour résumer.





