THE RENTAL réalisé par Dave Franco, disponible en DVD et Blu-ray le 12 février 2021 chez Metropolitan Films.
Acteurs : Dan Stevens, Alison Brie, Sheila Vand, Jeremy Allen White, Toby Huss, Connie Wellman, Anthony Molinari…
Scénario : Dave Franco & Joe Swanberg
Photographie : Christian Sprenger
Musique : Danny Bensi & Saunder Jurriaans
Durée : 1h29
Date de sortie initiale : 2020
LE FILM
Deux couples louent une sublime maison face à l’océan pour un week-end de fête. Les quatre amis comprennent très vite que derrière la beauté de l’endroit, un danger les guette : une présence mystérieuse semble les espionner et révèle des secrets inavouables sur chacun d’eux. La tension monte et le week-end de rêve va virer au cauchemar absolu…
Frère de l’inénarrable James Franco, Dave Franco (né en 1985) est déjà apparu dans moult films, particulièrement des comédies, à l’instar de SuperGrave de Greg Mottola, 21 Jump Street de Phil Lord et Chris Miller, Nos pires voisins de Nicholas Stoller (et sa suite), ainsi que dans les blockbusters à succès, Insaisissables de Louis Leterrier (et sa suite) et Six Underground de Michael Bay. A défaut de briller devant la caméra, Dave Franco c’est avant tout une cool-attitude et un charisme légèrement suintant avec des yeux mi-clos et un rictus qui donne l’impression que le mec est en train de se foutre de vous. Ce dernier s’est mis en tête de suivre l’exemple de son aîné (qui affiche déjà une quarantaine de réalisations) et de passer derrière la caméra pour son premier long-métrage, The Rental, thriller horrifique, mais aussi comédie-dramatique de mœurs, on ne sait pas vraiment en fait comment qualifier ou classer ce coup d’essai, qui s’avère au final plutôt prometteur.
VIRUS CANNIBALE (Virus) réalisé par Bruno Mattei, disponible en combo Blu-ray + DVD le 12 décembre 2020 chez Rimini Editions.
Acteurs : Margit Evelyn Newton, Franco Garofalo, Selan Karay, José Gras, Gaby Renom, Josep Lluís Fonoll, Piero Fumelli…
Scénario : Claudio Fragasso, José María Cunillés & Bruno Mattei
Photographie : John Cabrera
Musique : Goblin
Durée : 1h40
Année de sortie : 1980
LE FILM
En Nouvelle-Guinée, un accident dans une centrale nucléaire provoque de nombreuses victimes…qui reviennent mystérieusement à la vie. A Londres, deux journalistes couvrant une prise d’otages par des militants écologistes découvrent que cette centrale abritait d’étranges expériences. Ils se rendent sur place.
Que vous soyez amateurs de cinéma Bis ou non, vous avez forcément déjà entendu parler ou croiser le nom de Bruno Mattei (1931-2007) dans votre vie de cinéphile/phage. Tout d’abord monteur – comme l’était son père – chez Nick Nostro (Spartacus et les dix gladiateurs), Sergio Salima (Agent 3S3, passeport pour l’enfer, Agent 3S3, massacre au soleil) et Jesús Franco (Les Brûlantes, Les Nuits de Dracula), Bruno Mattei passe derrière la caméra en 1970 avec Armida, il dramma di una sposa, qu’il réalise sous le pseudonyme de Jordan B. Matthews. Suivront une cinquantaine de films mis en scène en près de quarante ans, principalement des séries B, ou Z plutôt, qui inonderont les salles transalpines et au-delà. Quelques titres doux pour les oreilles ? Hôtel du plaisir pour SS, Le Sexe interdit, Cicciolina amore moi,Les Novices libertines, Caligula et Messaline, Les aventures sexuelles de Néron et de Poppée, Pénitencier de femmes, Les Rats de Manhattan et bien d’autres. Mais s’il y a un film qui reste et restera emblématique de la carrière prolifique de Bruno Mattei et qui demeure chéri par les spectateurs, c’est bel et bien Virus, plus connu en France sous le titre plus explicite, L’enfer des morts vivants ou bien encore Virus cannibale. Immense série Z que l’on peut voir et revoir sans jamais se lasser, cette œuvre fantastique et d’horreur (le premier du réalisateur) à l’italienne enchaîne les morceaux de bravoure comme des perles sur un collier, de façon complètement décomplexée, sans aucun recul sur l’aspect catastrophique de l’ensemble. Il en résulte encore aujourd’hui un nanar monumental, hilarant du début à la fin, un colossal divertissement pour lequel on ne peut avoir qu’une extrême sympathie.
RE-ANIMATOR II (Bride of Re-Animator) réalisé par Brian Yuzna, disponible en Édition Collector 2 Blu-ray + 2 DVD + Livret depuis août 2020 chez The Ecstasy of Films.
Acteurs : Jeffrey Combs, Bruce Abbott, Claude Earl Jones, Fabiana Udenio, David Gale, Kathleen Kinmont…
Scénario : Woody Keith, Rick Fry & Brian Yuzna
Photographie : Rick Fichter
Musique : Richard Band
Durée : 1h33
Année de sortie : 1990
LE FILM
Après leurs méfaits commis dans la ville d’Arkham, le docteur Herbert West et son complice, l’étudiant Dan Cain, se sont réfugiés en Amérique latine. De retour dans leur pays avec un nouveau sérum particulièrement perfectionné, ils se proposent de réanimer la fiancée de Dan Cain dont il ne peut oublier la disparition avec le corps d’une jeune femme sur le point de mourir. Le résultat n’est pas tout à fait celui qu’ils attendaient, surtout pour la fiancée.
Il aura fallu cinq ans pour que le Re-Animator revienne sur les écrans, après avoir connu un beau succès dans les salles américaines, mais surtout un triomphe dans le reste du monde et plus particulièrement en Europe. En France, près de 635.000 spectateurs s’étaient rués dans les salles pour découvrir les aventures de ce savant fou moderne incarné par Jeffrey Combs. Alors qu’une suite était déjà envisagée sur le tournage de From Beyond (1986), le projet prend forme début 1990, mais Stuart Gordon ne peut pas rempiler, en raison d’un emploi du temps non compatible. Le producteur Brian Yuzna, ayant pu trouver des capitaux provenant du Japon, est dans l’obligation de tourner durant l’été 90 pour une sortie prévue en février 1991 aux Etats-Unis et même avant en Europe. Bryan Yuzna s’étant fait la main à la mise en scène avec son premier long-métrage Society, décide de signer lui-même Re-Animator 2 – Bride of Re-Animator. Si la référence à H.P. Lovecraft est encore de la partie, le réalisateur, épaulé par ses coscénaristes de Society, Rick Fry et Woody Keith, rendent cette fois un hommage encore plus appuyé au Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley. En effet, cette fois le docteur Herbert West ne se contente pas de ressusciter les morts, mais souhaite donner la vie à partir d’éléments composites. Ecrit dans la précipitation, Re-Animator 2 est pourtant un immense divertissement fourre-tout et extrêmement généreux, qui parvient à se hisser au niveau du premier volet, et nous n’hésiterons pas à dire qu’il parvient même à le surpasser. Encore plus inventif, drôle, sanglant, décomplexé et surtout mieux rythmé, cette Fiancée de Re-Animator n’a pas usurpé son statut culte et reste l’un des rares cas de suite encore plus fun et frappadingue que l’original.
LA FISSURE (The Gate) réalisé par Tibor Takács, disponible en Blu-ray depuis le 20 novembre 2020 chez Le Chat qui fume.
Acteurs : Stephen Dorff, Louis Tripp, Christa Denton, Kelly Rowan, Jennifer Irwin, Deborah Grover, Scot Denton, Ingrid Veninger…
Scénario : Michael Nankin
Photographie : Thomas Vámos
Musique : Michael Hoenig & J. Peter Robinson
Durée : 1h26
Date de sortie initiale : 1987
LE FILM
Glen et sa grande sœur Al passent le week-end seuls chez eux, leurs parents s’étant absentés. Alors qu’Al devait garder son petit frère, elle n’a qu’une seule idée en tête: organiser une fête. Terry, le meilleur ami de Glen, le persuade que le trou au fond du jardin familial est une porte vers l’enfer. La mort du chien de Terry et les incantations des amis de Al vont réveiller les démons…
Réalisateur canadien d’origine hongroise né en 1954, Tibor Takács reste célèbre auprès des cinéphiles son troisième long-métrage, Lectures diaboliques – I, Madman, sorti en 1989. Mais avant cela, le film qui l’aura fait découvrir demeure The Gate (ou La Fissure en français), une petite production fantastico d’horreur tout droit venue du Canada, qui aura damé le pion à la grosse production d’Elaine May, le tristement célèbre Ishtar. Tourné avec l’équivalent de 3 millions de dollars américains, The Gate est un pur produit de cette époque bénie des années 1980, où les enfants tenaient le haut du pavé dans les divertissements cinématographiques et où ceux-ci étaient même souvent malmenés dans des récits sérieux, loin de toute féerie légère et avec une certaine frontalité, à l’instar de L’Histoire sans fin – The NeverEnding Story (1984) de Wolfgang Petersen. Dès la première séquence, celle du cauchemar du protagoniste principal, The Gate instaure une atmosphère troublante, loin de toute innocence et qui pose d’emblée l’ambiance inquiétante dans laquelle va se dérouler l’histoire. Le film est en outre remarquablement interprété par un trio de jeunes comédiens épatants, parmi lesquels se distingue un certain Stephen Dorff, qui s’impose déjà du haut de ses 14 ans. Quasiment de toutes les scènes, il crève alors l’écran pour la première fois, quelques années avant de percer au cinéma comme jeune premier dans La Puissance de l’ange – The Power of One (1992) de John G. Avildsen et La Nuit du Jugement – Judgment Night (1993) de Stephen Hopkins. Amoureux fous du cinéma fantastique, teinté de poésie macabre, excellemment mis en scène et teinté d’effets spéciaux renversants au charme inaltérable, The Gate est fait pour vous !
L’EMMURÉE VIVANTE (Sette note in nero) réalisé par Lucio Fulci, disponible en Blu-ray depuis le 20 novembre 2020 chez Le Chat qui fume.
Acteurs : Jennifer O’Neill, Gabriele Ferzetti, Marc Porel, Gianni Garko, Ida Galli, Jenny Tamburi, Fabrizio Jovine, Riccardo Parisio Perrotti…
Scénario : Lucio Fulci, Roberto Gianviti & Dardano Sacchetti
Photographie : Sergio Salvati
Musique : Fabio Frizzi, Franco Bixio & Vince Tempera
Durée : 1h37
Date de sortie initiale : 1977
LE FILM
Depuis l’enfance, Virginia Ducci a des prémonitions. Elle sait que l’un des murs de la maison de son mari abrite un cadavre. Avec l’aide d’un spécialiste en paranormal, elle explore la bâtisse en ruines et ne tarde pas à découvrir un squelette d’une femme de 25 ans. Mettre au jour ce terrible secret va s’avérer un geste funeste pour Virginia.
On a tendance à parler de tétralogie de Lucio Fulci quand on évoque Perversion Story – Una sull’altra (1969), Le Venin de la peur – Una lucertola con la pelle di donna (1971), La Longue Nuit de l’exorcisme– Non si sevizia un paperino (1972) et L’Emmurée vivante – Sette note in nero (1977). Si ce dernier n’est pas vraiment un giallo, genre qui vivait alors ses derniers soubresauts, il n’en comporte pas moins quelques motifs semblables et même diverses reprises, à l’instar de ce plan fâcheux d’un corps jeté dans le vide du haut d’une falaise, dont la paroi rocheuse fracasse le visage de la victime (un mannequin complètement raté). Lucio Fulci s’obstine et nous refait le même coup qu’à la fin de La Longue Nuit de l’exorcisme, en ouvrant L’Emmurée vivante par une scène similaire. A côté de ça, en dépit d’éléments inexpliqués qui sont uniquement présents pour instaurer la peur ou le suspense, L’Emmurée vivante demeure probablement l’un des plus grands films du maître italien, qui certes ne possède pas l’aura des trois autres gialli, mais qui n’en reste pas moins un nouveau coup d’éclat où trône l’impériale et la sublime Jennifer O’Neill.
L’ÉVENTREUR DE NEW YORK (Lo Squartatore di New York) réalisé par Lucio Fulci, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret + CD chez The Ecstasy of Films.
Acteurs : Jack Hedley, Almanta Suska, Howard Ross, Andrea Occhipinti, Alexandra Delli Colli, Paolo Malco, Cosimo Cinieri, Cinzia De Ponti…
A New York, plusieurs femmes sont assassinées de manière atroce par un tueur en série, connu pour être doté d’une voix de canard. L’inspecteur Williams se charge de l’enquête alors que les meurtres sadiques s’enchaînent…
Nous avons déjà longuement parlé de Lucio Fulci (1927-1996) sur Homepopcorn.fr, mais comme nous aimons tout particulièrement le cinéaste, nous prendrons la peine de nous auto-citer. Lucio Fulci, qui se destinait d’abord au monde de la médecine, décide de se tourner vers le cinéma et intègre le Centro Sperimentale di Cinematografia de Rome, en suivant les cours de Michelangelo Antonioni et de Luchino Visconti. Il devient l’assistant du réalisateur Marcel L’Herbier pour Les Derniers Jours de Pompéi en 1950. Mais c’est avec le cinéaste Steno, de son vrai nom Stefano Vanzina, que Fulci fait réellement ses premières classes. Il s’agit de comédies, principalement avec Totò, aux titres aussi évocateurs que Totò et les femmes, L’uomo, la bestia e la virtù, Où est la liberté. Progressivement, Lucio Fulci devient scénariste et signe Une fille formidable de Mauro Bolognini, Un Americano a Roma de Steno avec l’immense Alberto Sordi. Il passe enfin derrière la caméra en 1959 avec I Ladri, une comédie interprétée par… Totò. La boucle est bouclée. Dans les années 1960, Lucio Fulci enchaîne moult comédies avec le duo célèbre en Italie, Franco Franchi et Ciccio Ingrassia. Si le succès est au rendez-vous, il commence sérieusement à vouloir changer son fusil d’épaule et démontrer qu’il est capable de réaliser autre chose que des comédies. Il signe un western avec Franco Nero (Le Temps du massacre, 1966), une comédie policière intitulée (Au diable les anges, 1967), un drame (Liens d’amour et de sang, 1969). Mais le véritable tournant s’opère en 1969 avec le giallo Pervertion Story – La Machination (Una sull’altra). Si Dario Argento et Mario Bava sont fréquemment annoncés comme étant les réalisateurs phares du giallo, ce genre italien de film d’exploitation, cocktail de cinéma d’horreur, de film policier et d’érotisme soft, il est grand temps aujourd’hui de réhabiliter Lucio Fulci, jusqu’ici surtout défendu par les amateurs de cinéma de genre. Un an après l’onirique, poétique, sensuel, cruel, oppressant, kafkaïen Le Venin de la peur – Una lucertola con la pelle di donna, et la même année que sa comédie érotique Obsédé malgré lui, Lucio Fulci signe un de ses films les plus célèbres, La Longue nuit de l’exorcisme – Non si sevizia un paperino. Suvront deux aventures de Croc-Blanc (1973 et 1974), Les Quatre de l’apocalypse (1975) et L’Emmurée vivante (1977). A la fin des années 1970, la carrière de Lucio Fulci bat de l’aile après quelques échecs successifs, tandis que sa fille connaît un très grave accident et que son divorce l’a laissé sur la paille. Contre toute attente, le producteur Fabrizio De Angelis lui confie les commandes de L’Enfer des Zombies, titre opportuniste surfant sur le triomphe du Zombie de George A. Romero, dont le montage européen avait été confié à Dario Argento. Sur un scénario écrit par Dardano Sacchetti (Le Chat à neuf queues, La Baie sanglante, Le cynique, l’infâme, le violent, L’emmurée vivante) même si crédité sous le nom de sa femme Elisa Brigranti, L’Enfer des Zombies va non seulement relancer la carrière de Lucio Fulci, comme il n’aurait jamais pu l’espérer, être à l’origine de tout un tas d’ersatz, et surtout devenir et rester un des films les plus emblématiques du genre. Nous voici donc rendu aux années 1980 où Lucio Fulci mettra les bouchées doubles et enchaînera La Guerre des gangs – Luca il contrabbandiere, Frayeurs – Paura nella città dei morti viventi, Le Chat noir – Il Gatto nero, L’Au-delà – …E tu vivrai nel terrore! L’aldilà et La Maison près du cimetière – Quella villa accanto al cimitero. L’année 1982 est celle de L’Éventreur de New York – Lo squartatore di New York, légendaire thriller, extrêmement violent, tourné à New York (sans autorisation, ou presque) par un Lucio Fulci très inspiré par la ville qu’il avait déjà filmée et qu’il met en valeur une fois de plus ici. Près de quarante ans après sa sortie, L’Éventreur de New York demeure d’une redoutable efficacité et met à rude épreuve les nerfs des spectateurs avec certaines séquences éprouvantes à ne pas mettre devant tous les yeux ! Et vous ne verrez plus Donald Duck de la même façon…
Simon, trentenaire, travaille à l’usine et vit reclus dans une ferme décrépite. C’est un homme solitaire, en charge de sa sœur Estelle, lourdement handicapée à la suite d’un jeu qui a mal tourné dans leur enfance. Malgré ses remords et l’agressivité du monde environnant, Simon garde au plus profond de sa chair le secret espoir de sauver sa sœur en la libérant de la pesanteur terrestre. Et si leur salut venait des cieux ?
Quarxx. Retenez-bien ce nom car vous risquez d’en entendre parler ces prochaines années. C’est ce qu’on se dit après avoir visionné Tous les dieux du ciel, le premier long-métrage d’Alexandre Claudin (qui se dissimule derrière cet étrange pseudo), version « étendue » de son court-métrage Un ciel bleu presque parfait. Ayant du mal à trouver les financements pour son long-métrage, Quarxx décide de tourner ce qui correspond à un tiers de son scénario, pour en tirer un court-métrage de 36 minutes, en espérant que celui-ci soit remarqué, afin d’obtenir le budget nécessaire pour aller au bout de son projet initial. Bien lui en a pris, car Un ciel bleu presque parfait a été un triomphe partout où le film a été projeté, de Sundance à Hollywood, en passant par Paris, Columbus, San Diego, Montréal, Clermont-Ferrand…Récompensé à de multiples reprises pour son film, Quarxx a réussi son pari et a pu obtenir les fonds nécessaires pour mettre en scène son premier long-métrage. Il en résulte un vrai coup de maître, une œuvre coup de poing, terrifiante et dérangeante qui nous serre les entrailles durant 1h35, qui nous effraie certes à plusieurs reprises en jouant sur la notion de l’horreur au quotidien, mais surtout qui n’oublie jamais l’émotion. C’est d’ailleurs sur ce dernier point où l’on ne s’attendait pas à être littéralement cueilli, car Tous les dieux du ciel a beau avoir l’apparence d’un (superbe) film fantastique et d’épouvante, le film de Quarxx est avant tout un vrai drame familial et psychologique, un conte macabre magistralement interprété par Jean-Luc Couchard et l’incroyable Melanie Gaydos.
L’HORRIBLE INVASION (Kingdom of the Spiders) réalisé par John « Bud » Cardos, disponible en DVD et Blu-ray le 3 novembre 2020 chez Sidonis Calysta.
Acteurs : William Shatner, Tiffany Bolling, Woody Strode, Lieux Dressler, David McLean, Natasha Ryan…
Scénario : Richard Robinson, Alan Caillou, Jeffrey M. Sneller & Stephen Lodge
Photographie : John Arthur Morrill
Musique : Dorsey Burnette
Durée : 1h37
Date de sortie initiale : 1977
LE FILM
Verde Valley, une petite communauté rurale d’Arizona où la vie s’écoule paisiblement. Ou, du moins, s’écoulait jusqu’à que des animaux ne meurent dans des circonstances étranges, victimes de doses massives de poison dont le vétérinaire Rack Hansen ne parvient pas à trouver l’origine. Quand il y réussit, avec l’aide de l’entomologiste Diane Ashley, il est trop tard. Des dizaines de milliers de mygales déferlent déjà sur la ville, rendues plus agressives encore par les produits chimiques que le maire déverse sur elles.
« Venimeuses, silencieuses, MONSTRUEUSES » ou « Des crochets pour MORDRE, du venin pour TUER » scandait l’affiche de L’Horrible invasion ou Kingdom of the Spiders pour les puristes, géniale série B réalisée par John « Bud » Cardos (né en 1929 et toujours de ce monde à l’heure de cette chronique) en 1977, alors son second long-métrage. Cascadeur (La Horde sauvage), acteur (Le Rescapé de la vallée de la mort), responsable des effets spéciaux, producteur, parfois décorateur, assistant-réalisateur, Cardos passe à la mise en scène en 1970 avec le western The Red, White, and Black. Mais parmi la dizaine de ses films, celui qui trouve grâce aux yeux des cinéphiles déviants (ou non) est donc L’Horrible invasion avec William Shatner, débarqué de l’Enterprise NCC-1701 depuis déjà six ans, ne sachant où aller depuis, avant de finalement remonter à bord de son vaisseau en 1979 pour le grand écran.
LE MONSTRE VIENT DE L’ESPACE (It Came from Beneath the Sea) réalisé par Robert Gordon, disponible uniquement dans le coffret Blu-ray Ray Harryhausen – Coffret n° 3 : Le Monstre vient de la mer + Les Soucoupes volantes attaquent + À des millions de kilomètres de la terre le 15 octobre 2020 chez Sidonis Calysta.
Acteurs : Kenneth Tobey, Faith Domergue, Donald Curtis, Ian Keith, Dean Maddox Jr., Chuck Griffiths, Harry Lauter, Richard W. Peterson…
Scénario : George Worthing Yates & Harold Jacob Smith
Photographie : Henry Freulich
Musique : Mischa Bakaleinikoff
Durée : 1h19
Date de sortie initiale : 1955
LE FILM
Découverte dans les grands fonds par un sous-marin chargé de torpilles nucléaires, une pieuvre géante sort de son territoire de chasse pour faire route vers San Francisco. Si l’armée tente de l’arrêter, la créature atteint bientôt la ville…
En 1955, le créateur des effets spéciaux Ray Harryhausen rencontre le producteur Charles H. Schneer. L’entente est immédiate entre les deux hommes, qui décident de s’associer. Leur collaboration durera un quart de siècle. Avec Sam Katzman, célèbre et prolifique producteur spécialisé dans les films à très petit budget, ils se lancent dans leur premier projet, qui deviendra Le Monstre vient de la mer – It Came from Beneath the Sea, inspiré par le succès du Monstre des temps perdus – The Beast from 20,000 Fathoms d’Eugène Lourié, sorti deux ans auparavant et pour lequel Ray Harryhausen s’était chargé de l’animation image par image de la Bête. Pour leur coup d’essai, l’artiste participe au scénario, même s’il n’est pas crédité, et créé bien évidemment la pieuvre gigantesque qui effraie les marins, avant de faire une entrée très remarquée au pied du Golden Gate de San Francisco. Si effectivement la thématique du film, projeté en double programme avec Le Tueur au cerveau atomique – Creature with the Atom Brain d’Edward L. Cahn, se rapproche de celle du Monstre des temps perdus, Le Monstre vient de la mer pâtit aujourd’hui d’un cruel manque de rythme, d’une mise en scène plate et figée de l’inconnu Robert Gordon (1913-1990), d’une photo et d’une musique passe-partout, ainsi que d’une direction d’acteurs aux abonnés absents. Seules les diverses apparitions de la créature valent le déplacement, mais celles-ci s’avèrent bien trop sporadiques, surtout durant la première heure. Le dernier acte est plus animé et permet d’apprécier la beauté de l’animation, mais il est déjà trop tard et en dépit de sa courte durée (à peine 80 minutes), on s’ennuie beaucoup…
DEATH WARMED UP réalisé par David Blyth, disponible en combo DVD/Blu-ray le 5 août 2020 chez Extralucid Films.
Acteurs : Michael Hurst, Margaret Umbers, William Upjohn, Norelle Scott, David Letch, Geoff Snell, Gary Day, Bruno Lawrence, Ian Watkin, David Weatherley, Tina Grenville…
Scénario : Michael Heath
Photographie : James Bartle
Musique : Mark Nicholas
Durée : 1h20
Année de sortie : 1984
LE FILM
Michael Tucker a été programmé par le chirurgien en génétique Archer Howell pour assassiner ses parents. Suite au massacre, il est incarcéré dans un asile psychiatrique. Des années plus tard, Michael et ses amis voyagent sur une île isolée sur laquelle Howell mène des expérimentations sur des humains pour les transformer en des machines à tuer. Michael doit se venger d’Howell pour le meurtre de ses parents mais aussi l’arrêter pour le bien de l’humanité.
Il existe un cinéma d’épouvante dans tous les pays du monde, ou presque. Souvenez-vous de Dracula au Pakistan (Khwaja Sarfraz, 1967) dont nous vous parlions il y a quelques mois ! Même chose en Nouvelle-Zélande ! Il n’y a pas que Martin Campbell, Peter Jackson, Geoff Murphy, Andrew Niccol, Lee Tamahori et Taika Waititi qui ont su démarquer dans ce pays d’Océanie, il y a aussi le dénommé David Blyth, né en 1956 à Auckland, qui reste l’un des fondateurs du cinéma d’horreur néo-zélandais, avec notamment son troisième long-métrage, Death Warmed Up, qui sort en 1984. Si le film se voit aujourd’hui comme une série B/Z, on ne pourra pas reprocher au réalisateur d’y mettre tout et n’importe quoi, avec une générosité de tous les instants et surtout de repousser les limites avec une noirceur franchement inattendue, surtout dans le traitement de ses personnages. Définitivement le genre de film qui devait s’arracher en VHS (René Chateau Vidéo présente…) dans les vidéoclubs avec sa jaquette au visuel forcément très attractif, Death Warmed Up fait toujours son petit effet 35 ans après sa sortie.