Test Blu-ray / USS Indianapolis, réalisé par Mario Van Peebles

USS Indianapolis (USS Indianapolis: Men of Courage) réalisé par Mario Van Peebles, disponible en DVD et Blu-ray le 4 janvier 2017 chez Marco Polo Production

Acteurs : Nicolas Cage, Tom Sizemore, Thomas Jane, James Remar, Matt Lanter, Brian Presley

Scénario : Cam Cannon, Richard Rionda Del Castro

Photographie : Andrzej Sekula

Musique : Laurent Eyquem

Durée : 2h09

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Juillet 1945. Le navire USS INDIANAPOLIS, commandé par le Capitaine McVay, avec à son bord 1196 marins, doit livrer des composants de la bombe atomique. Sur le retour, le navire est torpillé par un sous-marin japonais et sombre dans l’Océan Pacifique en moins de 12 minutes. 300 marins périssent sur le coup. Le reste de l’équipage affronte, pendant plus de 5 jours, les attaques de requins, la déshydratation, la faim, les hallucinations et le désespoir. Seuls 317 survivants sont alors secourus. Le lendemain, Hiroshima est bombardée. 10 jours plus tard, la Seconde Guerre mondiale prend fin. En novembre, le capitaine McVay est envoyé devant la cour martiale.

Mesdames, messieurs, Nicolas Cage est de retour aux affaires. Après le très bon Le Casse des frères Brewer et le très recommandable The Runner d’Austin Stark, Nicolas Cage semble avoir repris les choses en main. Certes, cela ne veut pas dire que l’un des meilleurs comédiens du monde ne se vautrera pas à nouveau dans le navet improbable ou dans le nanar fauché, mais notre bien-aimé Nicolas Kim Coppola, né le 7 janvier 1964 à Long Beach en Californie, signe dans Uss Indianapolis une excellente performance. Si les Direct-To-Video mettant en scène Nicolas Cage sont la plupart du temps risibles de nullité, à l’instar de Tokarev, The Wicker Man, Croisades et Le Chaos, USS Indianapolis est encore une fois très encourageant et aurait même mérité une sortie dans les salles.

Réalisé par Mario Van Peebles en 2015, le film raconte l’histoire du croiseur lourd USS Indianapolis pendant la Seconde Guerre mondiale, le fameux navire coulé par un sous-marin de la Marine impériale japonaise en 1945 dont Quint / Robert Shaw narre le récit dans Les Dents de la mer. Si le budget d’USS Indianapolis est estimé à 40 millions de dollars, la qualité des effets spéciaux laisse franchement à désirer, mais heureusement l’intérêt du film n’est pas là. Le film est avant tout une histoire humaine bien racontée, qui se focalise sur une poignée de personnages très attachants. Si Nicolas Cage a effectivement le premier rôle et s’en acquitte admirablement, il est excellemment entouré de Tom Sizemore, Thomas Jane, Matt Lanter, James Remar et bien d’autres jeunes comédiens très convaincants. Bien sûr, certains tiqueront devant le copier-coller de la scène du naufrage qui plagie ouvertement celle de Titanic, pas avec les mêmes moyens certes, mais quasiment plan par plan au moment où le navire se brise en deux, puis se redresse avant de sombrer.

Puis, le film prend des allures de survival puisque les 900 survivants (sur un équipage de 1200 hommes) se retrouvent au beau milieu de l’Océan Pacifique, livrés à eux-mêmes, entourés de requins. Le jour suivant, il ne reste plus que 692 hommes et les effets de la déshydratation se font ressentir. Les requins sont toujours plus nombreux. Le troisième jour, près de 200 soldats périssent à leur tour. Les secours arriveront par hasard au bout du cinquième jour. 317 âmes seront sauvées. Dans la première partie du film, Mario Van Peebles prend le temps de présenter les personnages sur lesquels l’action se focalisera, à l’instar du jeune Bama (Matt Lanter), qui pense épouser la femme qu’il aime à son retour de mission. La reconstitution est simple, mais efficace. La mise en scène est soignée et malgré un rythme inégal et quelques redondances, l’intérêt demeure soutenu grâce à l’interprétation tendue et le suspens entretenu.

Nicolas Cage n’est pas là pour tirer la couverture et laisse donc largement de la place à ses partenaires. Mais il faut bien dire que nous n’avons d’yeux que pour lui, surtout dans la dernière partie quand son personnage est traduit en justice. En effet, le Captain McVay a été accusé d’avoir mis le navire en péril en négligeant d’adopter la manœuvre adéquate et en donnant trop tard l’ordre d’abandonner le navire. La séquence qui s’ensuit est difficile et Nicolas Cage, magnifique, émeut aux larmes. Drame historique, USS Indianapolis est un très beau film qui mérite vraiment l’attention des spectateurs et qui saura autant combler les fans de Nicolas Cage que les passionnés d’Histoire.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’USS Indianapolis, disponible chez Marco Polo Production, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est fixe et muet. Le visuel de la jaquette se concentre sur Nicolas Cage et saura attirer l’oeil de ses admirateurs les plus fervents. Aucun supplément.

L’Image et le son

USS Indianapolis bénéficie d’un master HD 1080p qui remplit son cahier des charges sans se forcer, mais avec efficacité. Le piqué est probant et acéré, les effets numériques paraissent bien artificiels et ressemblent à des animatiques figés. Les séquences en extérieur sont mieux définies avec une profondeur de champ palpable, des contrastes assurés, une luminosité aveuglante et une colorimétrie riche, froide et métallique. Certains plans sont étrangement floutés, l’image est plus douce sur les scènes agitées qui entraînent une légère perte de la définition, mais ce serait vraiment chipoter car la compression AVC consolide l’ensemble avec brio et les détails sont légion sur le cadre large.

L’ensemble des enceintes sur les pistes anglaise et française DTS-HD Master Audio 5.1 est mis à contribution aux quatre coins cardinaux. Les ambiances fusent lors des attaques, la musique de Laurent Eyquem bénéficie d’un traitement de faveur avec une belle ouverture, plongeant constamment le spectateur dans l’ambiance. Les dialogues ne manquent pas d’ardeur sur la centrale qui délivre les voix avec plus de peps. Les effets sont souvent balancés de gauche à droite, et des enceintes avant vers les arrières. N’oublions pas le caisson de basses, qui se mêle ardemment à ce petit spectacle acoustique sur les séquences opportunes avec un beau fracas. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue verrouillé à la volée. La version française n’est pas québécoise et Dominique Collignon-Maurin double une fois de plus Nicolas Cage.

Crédits images : © Marco Polo Production / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Chronique du DVD / La Dernière orgie du IIIeme Reich, réalisé par Cesare Canevari

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LA DERNIERE ORGIE DU IIIeme REICH (L’ultima orgia del III Reich) réalisé par Cesare Canevari, disponible en DVD le 4 octobre 2016 chez Artus Films

Acteurs : Adriano Micantoni, Daniela Poggi, Maristella Greco, Fulvio Ricciardi, Antiniska Nemour, Caterina Barbero

Scénario : Cesare Canevari, Antonio Lucarella

Photographie : Claudio Catozzo

Musique : Alberto Baldan Bembo

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Pendant la guerre, la jolie Lise est envoyée dans un camp de concentration. Le commandant du camp, Conrad Von Starke, succombe à son charme et commence à entretenir une relation de maître à esclave avec elle. Capable d’endurer la souffrance, Lise subit les jeux de domination du SS de plus en plus cruels et sadiques. Quelques années après la fin de la guerre, les deux retournent dans le camp, afin de se remémorer ainsi des souvenirs troubles et malsains.

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Amis du cinéma déviant, bonjour ! La Dernière orgie du IIIème Reich est un des films « emblématiques » du sous-genre du film d’exploitation décrié appelé nazisploitation. Au début des années 1970, le cinéma Bis italien a trouvé un nouveau filon suite aux succès des Damnés de Visconti, de Salò ou les 120 Journées de Sodome de Pasolini, de Portier de nuit de Liliana Cavani et de Madame Kitty de Tinto Brass. Pour le meilleur pour les producteurs, mais surtout pour le pire pour les spectateurs et les critiques. En 1975, Ilsa, la louve des SS de Don Edmonds avec la très « émouvante » Dyanne Thorne dans le rôle principal pose les bases de ce genre éphémère, très vite récupéré par les italiens à qui rien ne fait peur. Toutefois, La Dernière orgie du IIIème ReichL’Ultima orgia del III Reich, également connu en France sous le titre Des filles pour le bourreau ou bien encore Bourreaux SS, fait partie du dessus du panier et s’avère un film tout à fait réussi dans le (sous) genre.

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Réalisé par Cesare Canevari (1927-2012), metteur en scène de Moi, Emmanuelle (1969), Parties déchaînées (1976) et surtout de Matalo, son chef d’oeuvre réalisé en 1970, cet opus n’est pas aussi irresponsable ou en roue libre comme pouvait l’être par exemple Holocauste nazi (Armes secrètes du IIIe Reich). On y retrouve les mêmes éléments indispensables, autrement dit des scènes sulfureuses durant lesquelles des nazis sont montrés en train de torturer leurs victimes, commettre des actes criminels, des viols, dans des décors souvent dépouillés supposés refléter des camps de concentration. Quelques années après la Seconde guerre mondiale, Conrad von Starke (Adriano Micantoni) arpente les ruines d’un camp d’extermination. Il doit y rencontrer Lise Cohen (Daniela Poggi), une ancienne détenue, qui jadis par son témoignage, a permis à Conrad d’échapper à la peine capitale. Ils font l’amour, et des souvenirs reviennent en mémoire à Lise, à l’époque où Conrad, officier SS, traitait Lisa comme son esclave sexuelle.

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Après une citation de Nietzsche en introduction, le film déroule tranquillement son récit. Une caméra embarquée dans une voiture place le spectateur à la place du mort, tandis que certains témoignages en voix-off, visiblement issus du Procès de Nuremberg, présentent les personnages Conrad Von Starker et de Lise. Le premier a été le bourreau de la seconde, prisonnière juive qui a subi toutes les brimades possibles et imaginables, mais la déclaration de Lise a blanchi Von Starker, qui échappe alors à la prison. Il a pu être réintégré dans la société, mais le souvenir de Lise demeure encore vif. Les deux ont visiblement décidé de se revoir, sur les lieux mêmes qui ont vu naître leur étrange relation.

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La Dernière orgie du IIIème Reich se compose de flashbacks et enchaîne les scènes érotiques et surtout d’humiliations. Certaines séquences sont largement déconseillées aux âmes sensibles, notamment une prisonnière suspendue et trempée dans de la chaux vive, ou bien encore celle – absolument repoussante – du banquet, à base d’aliments issus des corps des prisonniers exterminés, ici un fœtus. Même chose pour la scène de l’orgie qui s’ensuit qui voit les hôtes flamber au cognac une prisonnière en guise de dessert, avant de copuler près du corps calciné.

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La nazisploitation est un sous-genre tellement étrange et glauque, malsain, vicieux et provocateur, mais qui n’a aucune autre prétention que de « divertir » les spectateurs. La Dernière orgie du IIIème Reich ne laisse pas indifférent et n’est sûrement pas un navet, grâce à une solide interprétation, et encore moins un nanar avec une mise en scène tendue et appliquée, une partition soignée d’Alberto Baldan Bembo et une photographie inspirée de Claudio Catozzo.

LE DVD

Le DVD de La Dernière orgie du IIIème Reich, édité chez Artus Films, repose dans un boîtier Amaray classique. La jaquette, estampillée Guerre et barbarie, est très attractive avec un visuel clinquant. Le menu principal est fixe et musical.

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Aucune présentation de La Dernière orgie du IIIème Reich au programme ! Néanmoins, les spectateurs désireux d’en savoir plus sur le genre de la nazisploitation, pourront se reporter sur celle de Christophe Bier présente sur le DVD de Holocauste nazi (Armes secrètes du IIIe Reich).

En revanche, Artus Films propose une fin alternative (5’) durant laquelle – ATTENTION SPOILERS – Lise se relève après avoir assassiné Von Starker. Elle laisse le corps aux bons soins de l’homme aux tics aperçu au début du film, et sort en regardant la cheminée du camp qui crache une fumée noire.

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Cette section se clôt sur un diaporama de photos et d’affiches d’époque et de plusieurs bandes-annonces.

L’Image et le son

Le master 1.77 d’origine (16/9 compatible 4/3) est correct. Du moins le confort de visionnage est suffisant malgré des points blancs, de nombreux fourmillements, des griffures et autres rayures verticales. Les couleurs sont fanées, certains plans flous, mais étrangement, l’état de la copie accentue le malaise distillé par le film.

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La version française est sourde, ou au contraire parfois trop aigüe au point d’irriter les tympans. La piste italienne s’en sort bien mieux avec une plus grande clarté des voix et des effets annexes. Certains passages au doublage perdu passent directement en version originale sous-titrée en français.

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Crédits images : © Artus Films / Captures : Franck Brissard

Chronique du DVD / Holocauste nazi (Armes secrètes du IIIe Reich), réalisé par Luigi Batzella

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HOLOCAUSTE NAZI (ARMES SECRETES DU IIIe REICH) réalisé par Luigi Batzella, disponible en DVD le 4 octobre 2016 chez Artus Films

Acteurs : Macha Magall, Gino Turini, Edilio Kim, Xiro Papas, Salvatore Baccaro

Scénario : Luigi Batzella, Lorenzo Artale

Photographie : Ugo Brunelli

Musique : Giuliano Sorgini

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1965

LE FILM

Les Nazis recherchent les partisans réfugiés dans les montagnes. Pour obtenir des informations, ils séquestrent les femmes des villages alentour, qui sont faites prisonnières dans un camp, dirigé par la SS Ellen Kratsch. Cette dernière mène en parallèle une expérience scientifique, et a créé un monstre hybride mi-homme mi-singe, qu’elle garde en cage. Afin de les faire parler, elle n’hésite pas à lui donner les filles en pâture.

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Holocauste nazi (Armes secrètes du IIIe Reich) fait partie de cette douzaine de films issus du sous-genre du film d’exploitation décrié, appelé nazisploitation. Au début des années 1970, le cinéma Bis italien racle les fonds de tiroir pour lancer un nouveau courant et les succès des Damnés de Visconti, de Salò ou les 120 Journées de Sodome de Pasolini, de Portier de nuit de Liliana Cavani et de Madame Kitty de Tinto Brass vont lancer quelques idées auprès d’« irresponsables ». La nazisploitation est un courant cinématographique sulfureux dans lequel des nazis sont montrés en train de torturer leurs victimes, commettre des actes criminels, des viols, dans des décors souvent dépouillés supposés refléter des camps de concentration. En 1975, Ilsa, la louve des SS de Don Edmonds avec la très « émouvante » Dyanne Thorne dans le rôle principal pose les bases de ce genre éphémère. Si cette production canadienne sera précédée de deux suites, Ilsa, gardienne du harem en 1976 et Ilsa, la tigresse du goulag en 1977, les italiens plongent tête baissée et vont alors produire quelques longs métrages à ne pas mettre devant tous les yeux. Horreurs nazies (Sergio Garrone, 1976), La Dernière orgie du IIIème Reich (Cesare Canevari, 1977) débarquent sur les écrans, ainsi que Holocauste nazi (Armes secrètes du IIIe Reich).

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Egalement connu sous son titre original La Bestia in Calore, mais également sous The Beast in Heat, Horrifying Experiments in the Last Days of the SS ou SS Hell Camp, Holocauste nazi (Armes secrètes du IIIe Reich) est un fleuron du genre qui ne peut laisser indifférent. Même s’il s’agit du côté déviant du déviant, jusqu’au-boutiste, c’est avant tout une expérience de cinéma à part entière. Entre la série B et la série Z, Holocauste nazi (Armes secrètes du IIIe Reich) pousse tous les curseurs du mauvais goût à fond, à croire que le réalisateur Luigi Batzella (1924-2008), ici sous le pseudonyme Ivan Kathansky, a voulu livrer un des films les plus repoussants. Certes le film est réservé à un public averti et quelques séquences sadiques mettent toujours mal à l’aise aujourd’hui, mais l’ensemble est franchement ridicule et vulgaire. C’est surtout le cas de la bête du titre original « interprétée » par Salvatore Baccaro et son visage déformé par la maladie constamment filmé en gros plan. Pour les amateurs du Bis, Holocauste nazi (Armes secrètes du IIIe Reich) est évidemment un film inconfortable, laid, cruel, complètement crétin et inconscient, avec les atrocités nazies montrées de manière frontale. D’un autre côté, il y a aussi un côté « comics » pour adultes avec sa violence graphique hallucinante, qui n’a pas pour prétention de se montrer « réaliste », d’autant plus par l’expérience centrale du film.

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Les corps apparaissent nus, violentés, fouettés, rongés, meurtris, on y coupe des pénis (hors-champs), on électrocute des vagins (plein cadre), les femmes SS aussi savent être des boute-en-train quoi ! C’est le cas du Dr. Ellen Kratsch, interprétée par Macha Magall, qui rit à gorge déployée devant ses victimes, qui se fout à poil pour mieux les impressionner et qui est surtout contente d’avoir créé une redoutable (rires) bestiole mi-homme mi-primate, constamment assoiffée de sexe. Afin de bien conduire son expérience, la SS Kratsch enferme quelques donzelles fraîchement arrêtées dans la cage de ce surexcité, dont les grimaces éhontées entraînent inévitablement les rires.

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Luigi Batzella (Pour Django les salauds ont un prix, Les Vierges de la pleine lune) explose les frontières du mauvais goût, tout comme la musique de Giuliano Sorgini (Le Massacre des morts-vivants de Jorge Grau) qui met mal à l’aise dès les premières notes. On passe constamment du rire nerveux (les croix gammées apparaissent souvent à l’envers, la mise en scène part en vrille, l’ombre de la caméra apparaît) à l’écoeurement. On ne sait qu’en penser, on s’ennuie pas mal avec cette histoire de résistance, de sabotages et de fusillades dans les Abruzzes aussi rythmée qu’un épisode de Derrick et composée de nombreux stock-shots notamment du film Quand explose la dernière grenade du même réalisateur, mais impossible de rester de marbre devant un tel long métrage !

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LE DVD

Le DVD d’Holocauste nazi (Armes secrètes du IIIe Reich), édité chez Artus Films, repose dans un boîtier Amaray classique. La jaquette, estampillée Guerre et barbarie, est très attractive avec un visuel clinquant. Le menu principal est fixe et musical.

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Acteur vu chez Jean-Pierre Mocky, réalisateur, historien de cinéma et critique de cinéma, Christophe Bier propose une formidable et indispensable présentation d’Holocauste nazi (Armes secrètes du IIIe Reich) (33’). Bien plus passionnant que le film lui-même, cet exposé sur le sous-genre dit de la nazisploitation est brillant du début à la fin. Les titres alternatifs et l’historique de ce courant cinématographique ainsi que ses œuvres les plus célèbres sont d’abord passés en revue par Christopher Bier, qui en vient ensuite au film qui nous intéresse, considéré comme une œuvre culte en Italie et un des films les plus fous du genre. Au-delà de l’aspect « divertissant », notre interlocuteur indique y trouver du fond, notamment l’échec de la virilité et la régression totale de l’homme.

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Cette section se clôt sur un diaporama de photos et d’affiches d’époque et de plusieurs bandes-annonces.

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L’Image et le son

Le premier plan annonce la couleur. Le générique sur fond de croix gammée est tremblant, instable, poussiéreux avec des couleurs complètement fanées. Si cela s’améliore après, le teint des comédiens reste cireux, les raccords de montage subsistent, les tâches et points également. Les stock-shots se voient comme le nez au milieu de la figure avec un grain plus accentué et une gestion des contrastes encore plus aléatoire. Sur les plans «empruntés », les teintes paraissent même parfois en N&B. Le format original 1.77 (16/9 compatible 4/3) est respecté et l’état du master participe à cette sensation de malaise, comme un « documentaire » qui aurait été retrouvé après la Seconde Guerre mondiale.

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La version française s’accompagne d’un étrange écho sur les dialogues. De plus quelques grésillements se font entendre tout du long. La piste italienne s’en sort bien mieux avec une plus grande clarté des voix et des effets annexes. Certains passages jamais doublés en français passent directement en version originale sous-titrée en français.

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Crédits images : © Artus Films / Captures : Franck Brissard