Test 4K UHD / Crocodile Dundee 2, réalisé par John Cornell

CROCODILE DUNDEE 2 réalisé par John Cornell, disponible en Combo Blu-ray+4K UHD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Paul Hogan, Linda Kozlowski, John Meillon, Hechter Ubarry, Juan Hernandez, Charles Dutton, Kenneth Welsh, Luis Guzmán…

Scénario : Paul Hogan & Brett Hogan

Photographie : Russell Boyd

Musique : Peter Best

Durée : 1h52

Date de sortie initiale : 1988

LE FILM

Après avoir quitté la brousse pour sa belle, Mike « Crocodile Dundee » s’adapte difficilement à la jungle new-yorkaise. Sa compagne, Sue Charlton, une journaliste, enquête sur un vaste réseau de trafiquants colombiens. Malheureusement en possession de photos compromettantes, cette dernière est kidnappée. Mais, tel un chasseur, Crocodile Dundee se met à la poursuite de ses ravisseurs.

On prend les mêmes…mais on ne recommence pas vraiment, du moins pas de la même façon. En effet, Crocodile Dundee 2 (ou II, c’est selon vos envies), sort deux ans après le triomphe international du premier (328 millions de recettes, pour une mise de départ de 8 millions et quasiment six millions d’entrées en France) et présente aux spectateurs quelque chose de différent. Certes, nous retrouvons bel et bien Mike Dundee et Sue Charlton, mais cette fois, le couple est plongé dans une histoire plus « sérieuse », puisqu’ils font face à un cartel colombien très violent, dont le chef des trafiquants, le mafieux Rico (c’était soit ça ou « Sanchez » probablement), incarné par Hechter Ubarry (un clone de Frédéric François), est décidé à leur faire la peau s’il ne récupère pas un document sensible. De l’aveu de Paul Hogan lui-même, Crocodile Dundee 2 ne s’imposait pas sur le papier, mais devant l’engouement du public, qui le pressait pour renouer avec l’aventurier australien sur le grand écran, le film a été pensé et mis en route pour offrir au public une continuité, sans tomber dans le piège facile de la « suite-plagiat du premier ». Ainsi donc, il y a des assassinats dans ce second épisode, imputables aux méchants, tandis que Mike parvient constamment à les neutraliser grâce à sa ruse. Ce deuxième volet propose l’inverse du précédent, puisque toute la première partie se déroule à New York, territoire où Dundee commence à s’ennuyer ferme, avant de délocaliser le couple sur le sol natal du personnage principal, où chez lui, il pourra ainsi avoir l’avantage sur leurs ennemis. C’est pour cela que, une fois n’est pas coutume, beaucoup aiment autant cet opus, si ce n’est davantage que le premier. Si l’on peut ne pas être d’accord, une chose est sûre, Crocodile Dundee 2 est sans doute une des meilleures suites jamais réalisées et demeure un formidable divertissement.

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Test Blu-ray / On a volé la cuisse de Jupiter, réalisé par Philippe de Broca

ON A VOLÉ LA CUISSE DE JUPITER réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Annie Girardot, Philippe Noiret, Francis Perrin, Catherine Alric, Marc Dudicourt, Paulette Dubost, Roger Carel, Anna Gaylor…

Scénario : Philippe de Broca & Michel Audiard

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Giorgos Hatzinasios

Durée : 1h41

Année de sortie : 1980

LE FILM

Antoine Lemercier et Lise Tanquerelle passent leur voyage de noces en Grèce. Ils y font la rencontre de Charles-Hubert Pochet, un jeune archéologue qui fait bientôt une grande découverte, mais la pièce est dérobée. Lorsque le voleur est retrouvé mort, c’est Charles-Hubert Pochet qui est accusé de meurtre avec la complicité d’Antoine Lemercier.

Devant le succès de Tendre poulet en 1978 (1,8 million d’entrées) et surtout face au semi-échec du Cavaleur (un million de spectateurs) en 1979, Philippe de Broca décide de donner une suite aux tribulations de Tanquerelle et Lemercier. Annie Girardot et Philippe Noiret sont donc de retour pour On a volé la cuisse de Jupiter, qui débute par le mariage de la commissaire de police et du professeur de grec. Cette excellente séquelle propose un angle différent. Là où Tendre poulet combinait parfaitement la comédie et la trame policière, de Broca envoie son couple principal en voyage de noces en Grèce. Si nous retrouvons bien quelques éléments policiers, le ton est ici placé sous le signe de la comédie pure et surtout de l’aventure, genre de prédilection de Philippe de Broca. Aux côtés de Girardot/Noiret, toujours aussi formidables, Catherine Alric (encore plus exquise que dans le premier), interprète un personnage différent que dans Tendre poulet grâce à une petite pirouette (« Il y avait une fille comme elle, elle lui ressemblait, même genre, même style, copie conforme ! » dit Tanquerelle), ainsi que Francis Perrin, tout aussi irrésistible qu’irritant dans la peau de Charles-Hubert Pochet qui passe tout le film à se plaindre, la jambe dans le plâtre.

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Test Blu-ray / Le Bossu, réalisé par Philippe de Broca

LE BOSSU réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 20 août 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Daniel Auteuil, Marie Gillain, Fabrice Luchini, Vincent Perez, Philippe Noiret, Yann Collette, Jean-François Stévenin, Didier Pain…

Scénario : Jean Cosmos, Jérôme Tonnerre & Philippe de Broca, d’après le roman de Paul Féval

Photographie : Jean-François Robin

Musique : Philippe Sarde

Durée : 2h08

Année de sortie : 1997

LE FILM

« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! ». Telles sont les paroles en forme de serment lancées par Lagardère au comte de Gonzague, qui a ourdi un complot contre son ami, le brillant duc de Nevers, pour capter la fortune de son riche cousin. Il faudra seize ans au chevalier de Lagardère pour venger son ami, faire triompher la morale, sauver l’honneur et trouver l’amour.

Le début des années 1990 est difficile pour le cinéaste Philippe de Broca dont les deux derniers films, Les 1001 nuits (255.000 entrées) et Les Clés du paradis (300.000 spectateurs) ont été de sérieux échecs au box-office. Il se tourne alors vers la télévision et signe Regarde-moi quand je te quitte (1993), avec Isabelle Gélinas et Patrick Chesnais, Le Jardin des plantes (1994), sa seule collaboration avec Claude Rich, Les Hommes et les femmes sont faits pour vivre heureux… mais pas ensemble (1995), comédie-romantique avec Bernard Le Coq et Fanny Cottençon, et Le Veilleur de nuit (1996), sa sixième collaboration avec Philippe Noiret. En 1997, le producteur Patrick Godeau (Un héros très discret, Baxter) lui offre l’opportunité de revenir au cinéma avec une nouvelle adaptation du Bossu. Le roman de cape et d’épée écrit par Paul Féval en 1857, avait déjà connu plusieurs transpositions, en 1944 par Jean Delannoy avec Pierre Blanchar dans le rôle de Lagardère, et bien sûr en 1959 par André Hunebelle avec Jean Marais et Bourvil. Avec son budget conséquent de 143 millions de francs, soit plus de 20 millions d’euros aujourd’hui, Philippe de Broca revient à ses premières amours, le film d’aventures et le divertissement populaire, pour lequel il écrit le scénario avec Jean Cosmos (Le Colonel Chabert, La Fille de d’Artagnan) et Jérôme Tonnerre (Chouans !). Réalisé avec un panache contagieux, génialement interprété, Le Bossu est le chant du cygne du réalisateur des mythiques L’Homme de Rio, Les Tribulations d’un chinois en Chine, Le Diable par la queue, Tendre poulet et bien d’autres classiques et chefs d’oeuvres gravés dans les mémoires.

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Test 4K UHD / Crocodile Dundee, réalisé par Peter Faiman

CROCODILE DUNDEE réalisé par Peter Faiman, disponible en Combo Blu-ray+4K UHD chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Paul Hogan, Linda Kozlowski, John Meillon, David Gulpilil, Ritchie Singer, Maggie Blinco, Steve Rackman, Gerry Skilton…

Scénario : Paul Hogan, Ken Shadie & John Cornell

Photographie : Russell Boyd

Musique : Peter Best

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1986

LE FILM

Sue Charlton, une journaliste américaine du quotidien new-yorkais Newsday, se rend pour un reportage en Australie dans le bush du Territoire du Nord. Elle y rencontre Michael J. « Crocodile » Dundee, un chasseur de crocodiles. Sue ramène ensuite ce personnage atypique dans une jungle occidentale, New York, où il rencontrera quelques difficultés pour s’adapter à la vie urbaine moderne.

On peut aisément parler de film culte quand on évoque Crocodile Dundee, tourné avec un budget dérisoire de huit millions de dollars, qui deviendra le deuxième plus grand succès de l’année 1986, entre Top Gun de Tony Scott et Aliens, le retour de James Cameron. Mais au jeu des entrées en France (où il sortira en février 1987), c’est le film de Peter Faiman qui se taille largement la part du lion avec près de six millions d’entrées, où il arrive sur la première marche du podium. Diffusé pour ainsi dire chaque année à la télévision dans les années 1990, où il battait systématiquement des records d’audience, Crocodile Dundee demeure l’un des divertissements les plus prisés, les plus sympas, les plus attachants des eighties. On doit évidemment cette immense réussite à Paul Hogan, australien pur et dur, parti de pas grand-chose et qui a su (et pu) devenir l’une des plus grandes stars en son pays, pour ne pas dire la plus connue dans le monde entier, une icône indéboulonnable. Quand on aborde Crocodile Dundee, on pense immédiatement au tandem (qui allait devenir un couple dans la vraie vie et ce jusqu’en 2014) formé par Paul Hogan (Golden Globe du meilleur acteur) et la sublime Linda Kozlowski, aux potes tarés du personnage principal, mais aussi à la beauté de la photographie de Russell Boyd (Pique-nique à Hanging Rock, Gallipoli, Tendre bonheur), qui rend hommage aux somptueux décors naturels australiens, tout en mettant en valeur les rues et les avenues à angle droit de Manhattan, où se perd notre héros au chapeau noir. Succession ininterrompue de gags (coécrits par Paul Hogan et ses complices du Paul Hogan Show, Ken Shadie et John Cornell), de répliques drôles et vachardes (mais jamais vulgaires), de scènes anthologiques (le final dans le métro, sur la magnifique musique de Peter Best fait encore dresser les poils), sans oublier chez nous un extraordinaire doublage porté par le monumental Yves Rénier (« Ça flotte, pote ! »), Crocodile Dundee, sorte de relecture des Aventures de Tarzan à New YorkTarzan’s New York Adventure de Richard Thorpe, n’a absolument rien perdu de son charme dévastateur et reste un grand spectacle familial et ce depuis quarante ans.

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Test 4K UHD / Greenland 2 – Migration, réalisé par Ric Roman Waugh

GREENLAND 2 – MIGRATION (Greenland 2: Migration) réalisé par Ric Roman Waugh, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 15 mai 2026 chez Metropolitan Films.

Acteurs : Gerard Butler, Morena Baccarin, Roman Griffin Davis, Sophie Thompson, Amber Rose Revah, Rachael Evelyn, Tommie Earl Jenkins, William Abadie…

Scénario : Mitchell LaFortune & Chris Sparling

Photographie : Martin Ahlgren

Musique : David Buckley

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

5 ans après qu’un astéroïde ait frappé la Terre, les survivants essayent de continuer à vivre. La famille Garrity est dans un bunker souterrain de l’armée, au Groenland, avec une centaine d’autres personnes. Mais suite à un tremblement de terre qui détruit le bunker, ils sont contraints de fuir et décident de rejoindre le cratère Clark, au sud de la France qui offrirait un environnement naturel propice à un nouveau départ pour l’humanité…

Franchement, on ne s’attendait pas à se retrouver devant une suite de Greenland – Le Dernier refuge, qui était pour nous le blockbuster de cette fâcheuse année 2020, dans lequel Gerard Butler (qui remplaçait alors Chris Evans) livrait une solide performance et trouvait incontestablement ici l’un de ses plus beaux rôles. Privé d’une sortie dans les salles aux États-Unis en raison de la pandémie, Greenland – Le Dernier refuge avait remporté pas loin de 35 millions de dollars grâce à la VOD sur le marché américain, tandis que le reste du monde pouvait l’accueillir dans les cinémas, où il allait réaliser un score très honorable et ce en dépit des restrictions, pass-sanitaires et autres autorisations à remplir. La France était d’ailleurs le pays où le film avait été le mieux accueilli avec pas loin de 600.000 entrées. Cinq ans plus tard, le metteur en scène Ric Roman Waugh, Gerard Butler et Morena Baccarin remettent le couvert avec Greenland 2 – Migration, qui apparemment avait été annoncé dès 2021. Avec un budget bien plus conséquent que pour le premier volet (on parle ici de 90 millions de dollars, hors frais promotionnels), le film s’est planté partout où il est passé, ne récoltant en tout et pour tout que 45 millions de dollars dans le monde…Pour faire simple et direct, Greenland 2 – Migration n’arrive pas à la cheville du premier épisode et s’avère complètement anecdotique. Néanmoins, le film existe, les acteurs sont une fois de plus très bien, la réalisation est propre, les effets visuels réussis…mais les enjeux sont cette fois totalement réduits à un simple road-movie durant lequel il ne se passe pas grand-chose. Ça passe, mais limite. Bien, mais pas top, comme la moyenne de Patrick Humphrey Tiburce Bialès à l’école de police.

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Test Blu-ray / Insaisissables 3, réalisé par Ruben Fleischer

INSAISISSABLES 3 (Now You See Me: Now You Don’t) réalisé par Ruben Fleischer, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 17 mars 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco, Isla Fisher, Justice Smith, Dominic Sessa, Ariana Greenblatt, Rosamund Pike…

Scénario : Seth Grahame-Smith, Michael Lesslie & Rhett Reese

Photographie : George Richmond

Musique : Brian Tyler

Durée : 1h52

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Les « Cavaliers » sont de retour, lancés sur la piste du Diamant Cœur, un joyau dont la vente permettrait de blanchir l’argent du crime international. L’actuelle propriétaire, Veronica Vanderberg, ne veut pas s’en séparer, mais les magiciens n’ont pas dit leurs derniers mots. Tours de passe-passe, poursuites et faux-semblants rythment une chasse au trésor qui embarque les spectateurs de la France à l’Arabie saoudite.

À la sortie d’Insaisissables 2 il y a déjà dix ans, on écrivait « Les producteurs auraient dû savoir qu’il ne faut jamais demander à un magicien de refaire deux fois le même tour sous peine de découvrir le truc ». Cette suite avait par ailleurs connu un échec commercial aux États-Unis en récoltant un peu plus de 60 millions de dollars, soit deux fois moins que le premier, tandis que le film devait bien fonctionner dans le reste du monde avec notamment 2 millions d’entrées chez nous. Avant même la sortie du second, un troisième volet était déjà annoncé. Mais devant les chiffres décevant au box-office US, sa mise en route restait suspendue. On pensait le projet purement et simplement enterré définitivement. C’était sans connaître la machine hollywoodienne…Ainsi, Insaisissables 3 ou Now You See Me : Now You Don’t est arrivé dans les salles en 2025, signant le retour de tous les Cavaliers issus des deux premiers opus, y compris Isla Fisher, qui avait momentanément laissé sa place à Lizzy Caplan pour cause de maternité. Cette fois, le réchauffé s’installe dès la toute première scène et plus rien, ou presque, ne fonctionne à l’écran. Exit Louis Leterrier (hélas…) et Jon M. Chu (occupé avec ses deux opus de Wicked), place à Ruben Fleischer, ce qui sur le papier n’était pas une si mauvaise idée. Réalisateur prometteur avec son premier long-métrage, Bienvenue à Zombieland en 2009, qui s’est rapidement vautré dans la fange (Gangster Squad, Venom, Uncharted), malgré un espoir finalement déçu avec Retour à Zombieland (2019), Ruben Fleischer connaît bien une certaine partie du casting et laissait envisager un divertissement cool et pourquoi pas légèrement rétro. Il en résulte au contraire un film pesant et has-been, où même les véritables numéros de magie sont du niveau de Garcimore, quand il faisait exprès de les rater. La question qui se pose constamment est où est passé le budget de près de cent millions de dollars ? Dans le cachet des acteurs ?? Insaisissables n’appelait pas forcément de suite. Il y en a eu une, et déjà le scénario et la mise en scène allaient à contresens de ce que Louis Leterrier avait installé. On espérait que les inepties du précédent (à l’instar de l’utilisation des images de synthèse pour représenter les illusions) allaient être réparées et que l’équipe avait appris de ses erreurs pointées du doigt par la critique, mais aussi par celles et ceux qui avaient adoré le premier. Il n’en est rien. Pire que tout, le casting, en commençant par l’équipe originale, semble ne plus y croire du tout. Le comble, c’est que cette fois encore la fin ouverte qui convoque un des acteurs du premier (difficile de ne pas deviner qui) laisse entendre qu’un quatrième opus serait en préparation…Mais c’était encore anticiper la réception des spectateurs, puisque quand bien même Insaisissables 2 n’avait pas connu le même engouement que le premier, le film avait tout de même remporté la bagatelle de 330 millions de dollars, notamment grâce au marché Chinois. Ce troisième épisode a su amasser 222 millions de billets verts, tandis que les entrées en France ont cette fois encore été divisées par deux. On verra bien, ou plutôt si l’on tient compte du titre du dernier épisode en version originale, on ne verra plus rien.

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Test Blu-ray / Le Prince enchaîné, réalisé par Luis Lucia

LE PRINCE ENCHAÎNÉ (El Príncipe encadenado) réalisé par Luis Lucia, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 3 mars 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Antonio Vilar, María Mahor, Paul Naschy, Luis Prendes, Javier Escrivá, Javier Loyola, Luis Morris, Antonio Molino Rojo…

Scénario : José Rodulfo Boeta & Javier Escrivá, d’après la pièce de théâtre de Pedro Calderón de la Barca « La Vida es sueño »

Photographie : Alejandro Ulloa

Musique : Cristóbal Halffter

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1960

LE FILM

Le roi de Pologne Basilio a fait enchaîner son fils Segismundo dans une tour, suite à une prophétie qui prédit que le prince apporterait le désastre dans le pays et la mort du roi. Aimant malgré tout son fils, le roi ordonne sa libération le temps de le mettre à l’épreuve. Mais, ayant goûté à la liberté, Segismundo refuse de reprendre les chaînes.

Le Prince enchaîné El Príncipe encadenado est une des premières superproductions espagnoles. Alors que Le Bossu et Le Capitan triomphent en France (11 millions d’entrées à eux deux), tandis que Le Capitaine Fracasse et Le Miracle des loups sont en préparation, de l’autre côté des Pyrénées le cinéma souhaite surfer sur cet engouement des spectateurs pour le genre cape et d’épée. Le producteur Miguel A. Martin met à disposition un budget conséquent pour la libre adaptation de la pièce de théâtre de Pedro Calderón de la Barca intitulée La vida es sueño, jouée pour la première fois en 1630, transposée ici pour la première fois. L’oeuvre du célèbre auteur de L’Alcade de Zalamea est reprise par les deux scénaristes José Rodulfo Boeta et Javier Escrivá, qui incorporent à la trame originale tous les ingrédients à la mode à savoir décors naturels, reconstitution hésitant réalisme et fantasme lié au septième art, costumes clinquants, amourette et bien sûr héros aux épaules larges luttant contre l’injustice et l’infamie, méchants fourbes, cruels et arrivistes et si possible, bien sûr, quelques combats aux lames croisées. Il y a de tout dans Le Prince enchaîné, dont la couleur, élément alors encore rare dans le paysage cinématographique ibérique. Seulement voilà, le mélange n’est pas très équilibré. En effet, on aurait nettement préféré plus d’affrontements et donc d’action, trop rares et du coup les 84 minutes du film paraissent bien souvent longues, redondantes, surtout que l’ensemble s’avère bien trop bavard. Cela ne s’arrête jamais de bavasser, y compris durant les quelques duels dispersés ici et là, comme si les personnages ne pouvaient s’empêcher de la ramener. Si l’on ajoute à cela un acteur principal peu charismatique (Javier Escrivá, embarrassé par son brushing peroxydé et sa barbe taillée au pochoir), également co-scénariste et une rigidité générale, Le Prince enchaîné ne va pas au-delà de la simple curiosité et s’oublie malheureusement bien rapidement.

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Test Blu-ray / Zatoïchi – Les Années Daiei – Volume 1, réalisés par Kazuo Mori, Kenji Misumi & Tokuzo Tanaka

Les Origines de Zatoïchi – Le Bandit aveugle, La Légende de Zatoïchi – Le Masseur aveugle, La Légende de Zatoïchi – Le Secret, La Légende de Zatoïchi – Un nouveau voyage, La Légende de Zatoïchi – Le Fugitif (Shiranui kengyo + Zatoichi monogatari + Zoku Zatoichi monogatari + Shin Zatoichi monogatari + Zatoichi kyojo-tabi – 不知火検校 + 座頭市物語 + 続・座頭市物語 + 新・座頭市物語 + 座頭市兇状旅) réalisés par Kazuo Mori, Kenji Misumi & Tokuzo Tanak, disponibles en Blu-ray – Édition collector limitée le 18février 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Shintaro Katsu, Tamao Nakamura, Mieko Kondo, Masayo Banri, Ryuzo Shimada, Hajime Mitamura, Yaeko Mizutani, Tomisaburo Wakayama, Mikiko Tsubouchi, Seizaburo Kawazu, Fujio Suga, Miwa Takada…

Scénario : Minoru Inuzuka & Seiji Hoshikawa

Photographie : Soichi Aisaka, Chikashi Makiura & Shozo Honda

Musique : Ichiro Saito & Akira Ifukube

Durée : 1h31, 1h16, 1h12, 1h31, 1h26

Date de sortie initiale : 1960, 1962, 1963

LES FILMS

À peine foule-t-il pour la première fois le sol poussiéreux d’une petite ville lacustre, que le masseur aveugle répondant au nom de Zatoichi, errant dans le Japon gangrené de l’ère Edo, doit d’emblée faire face aux tricheries, aux féminicides et aux guerres de gangs. Mais ses ennuis ne font que commencer : poursuivi par des ennemis toujours plus nombreux à chaque étape de son voyage, il deviendra malgré lui le bras armé d’une justice qui se fait fort de protéger les faibles contre les daimyos indignes, les yakuzas sans honneur et les samurais sans gloire.

Sans doute, par convention, devrait-on d’abord présenter le personnage à ceux qui ne le connaissent pas encore. Puis les premiers cinéastes qui ont traduit ses hauts faits en images. Rendre compte de leurs principes esthétiques. Et puis, à un moment donné, se fendre d’une formule type : « L’évocation de Zatoichi ne saurait être complète sans revenir sur son interprète à l’écran, Katsu Shintarō », et cetera. Sauf c’est bel et bien par Katsu qu’il faut commencer ! Dans une épopée cinématographique qui nous a offert, en une grosse dizaine d’années, le même nombre de films que James Bond depuis soixante-cinq ans, celui qui en incarna le héros tragique et débonnaire du début à la fin ne saurait être relégué aux à-côtés. D’autant que Katsu, loin de se cantonner à son interprétation, finira par en assurer lui-même la production à partir du vingtième opus (suite au déclin de la Daiei) et même la réalisation par deux fois, obtenant peu à peu une mainmise sur le personnage qu’il convoitait peut-être depuis toujours. Issu d’une famille de théâtre kabuki, également musicien, Katsu fut autant une calamité à gérer sur le plan humain (ses problèmes d’alcoolisme et de drogue qui retardèrent certaines productions ; son insistance à combattre avec de vrais sabres lors de scènes aux chorégraphies périlleuses…) qu’une véritable bénédiction pour la série B japonaise de son temps : sa présence physique, sa voix, son charisme, sans compter cette démarche expérimentale qui le fit aussi bien produire la saga Baby Cart que celle, plus déviante encore, de Hanzo The Razor… Autant de choses à porter au crédit de sa contribution au chambara des années 1960-70. Et si Zatoichi est devenu une telle institution auprès des fans de genre, c’est d’abord du fait de la gestuelle, de la diction, de l’abattage passionné de Katsu Shintarō : le cinéma populaire nous fait redevenir des enfants et, de fait, l’incarnation du héros prime sur toute autre chose. Tournée de 1962 à 1973, flanquée d’une « odyssée finale » en 1989, la légende de Zatoichi ne pourra que continuer de séduire irrésistiblement le jeune public, génération après génération.

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Test 4K UHD / Danger : Diabolik!, réalisé par Mario Bava

DANGER: DIABOLIK! (Diabolik) réalisé par Mario Bava, disponible en Digibook 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 16 janvier 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : John Phillip Law, Marisa Mell, Michel Piccoli, Adolfo Celi, Claudio Gora, Mario Donen, Renzo Palmer, Caterina Boratto…

Scénario : Dino Maiuri, Brian Degas, Tudor Gates & Mario Bava, d’après le personnage et les personnages créés par Angela Giussani et Luciana Giussani

Photographie : Antonio Rinaldi

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

Convaincu d’avoir piégé le super criminel Diabolik, l’inspecteur Ginko tombe de haut en se rendant à l’évidence que son pire ennemi l’a, une fois de plus, roulé dans la farine. Diabolik récupère non seulement le butin, mais le ridiculise, lui et son ministre de l’Intérieur. Forts de leur succès, Diabolik et sa complice, Eva Kant, fomentent un nouveau coup d’éclat : le vol des émeraudes d’une milliardaire. Devinant les intentions du couple, Ginko prépare sa revanche, contraignant Valmont, le chef du syndicat du crime, à lui livrer celui qu’il traque depuis si longtemps…

Danger : Diabolik !, ou tout simplement Diabolik en version originale, est l’adaptation du légendaire fumetti italien du même nom, créé au début des années 1960 par les sœurs milanaises Angela et Luciana Giussani. À la barre, rien de moins que Mario Bava, qui après s’être un peu reposé des suites des quatre tournages successifs de Les Dollars du Nebraska Ringo del Nebraska, Duel au couteau I Coltelli del vendicatore, Opération PeurOperazione paura et le frappadingue L’Espion qui venait du surgelé Le Spie vengono dal semifreddo, obtient le plus gros budget de son éminente carrière pour Danger : Diabolik !, produit par le nabab Dino De Laurentiis. Féru de bandes-dessinées, Mario Bava s’en donne à coeur joie et livre un véritable fumetti-live, quand bien même il est obligé de revoir ses ambitions à la baisse, en raison du producteur, qui le freine dans sa représentation de la violence, par crainte de voir la censure s’en mêler et de voir son public restreint. Ce qui laissera un souvenir amer au cinéaste, qui parvient pourtant à terminer le tournage en avance et donc à faire faire des économies à ce cher Dino. Mario Bava passera le reste de sa carrière à se dire peu satisfait du résultat final. Nous spectateurs le prenons pour ce qu’il est, à savoir un immense divertissement pop et acidulé, une comédie d’espionnage cartoonesque qui ne se prend jamais au sérieux, un magnifique objet de cinéma aux couleurs étincelantes (un festival pour les rétines), parcouru d’un érotisme soft, blindé d’action (cela ne s’arrête pas une seconde), de poursuites, de punchlines et d’effets spéciaux. Les recettes dans les salles ayant été jugées décevantes (200 millions de lires investies, 65 millions de bénéfice), Danger : Diabolik !, par ailleurs accompagné de critiques négatives dans le New York Times et dans Variety, n’engendrera pas de suite (il semblerait que Mario en bava justement avec Di Laurentiis et aurait décliné la séquelle), pourtant annoncée dans le final et demeure un film unique en son genre, qui donnera lui-même naissance à moult ersatz et hommages, à l’instar de la trilogie Austin Powers L’Espion qui m’a tirée surtout – de Jay Roach et le méconnu, mais néanmoins formidable CQ de Roman Coppola. Une étape dans le parcours d’un cinéphile.

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Test Blu-ray / La Taverne de l’irlandais, réalisé par John Ford

LA TAVERNE DE L’IRLANDAIS (Donovan’s Reef) réalisé par John Ford, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 14 novembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : John Wayne, Lee Marvin, Elizabeth Allen, Jack Warden, Cesar Romero, Dick Foran, Dorothy Lamour, Marcel Dalio…

Scénario : Frank Nugent & James Edward Grant

Photographie : William H. Clothier

Musique : Cyril J. Mockridge

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Guns et Boats, deux anciens combattants du Pacifique se sont installés en Polynésie. La fille d’un troisième camarade, élévée dans la société puritaine de Boston, vient à la recherche de son père. Alors qu’ils se retrouvent, comme chaque année, dans l’île de Haleakaloa, où habite Guns, pour une rituelle bagarre, cet ancien marin irlandais va donner à la jeune héritière prude et pleine de préjugés une leçon de charité et de joie de vivre.

Le dernier baroud d’honneur ! La Taverne de l’irlandaisDonovan’s Reef est en effet l’ultime collaboration avec John Ford et John Wayne. On serait tenté de dire que le comédien doit tout au cinéaste, mais ce serait franchement réducteur, d’autant plus que Raoul Walsh avant lui avait confié son premier grand rôle au Duke dans La Piste des géants The Big Trail (1930). Cette association fut néanmoins décisive, marquée par un respect réciproque, des engueulades, des beuveries à n’en plus finir, mais aussi et surtout par un amour incommensurable qui devait lier à jamais les deux hommes. Environ 20 films, cela compte dans une carrière. Si John Wayne avait fait quelques panouilles chez John Ford de 1928 (Maman de mon coeur Mother Machree) à Born Reckless (1930), La Chevauchée fantastique Stagecoach va changer la donne en 1939. Suivront Les Hommes de la mer The Long Voyage Home (1940), Les Sacrifiés They Were Expendable (1945), Le Massacre de Fort Apache Ford Apache et Le Fils du désert3 Godfathers en 1948, La Charge héroïqueShe Wore a Yellow Ribbon (1949), Rio Grande (1950), L’Homme tranquille The Quiet Man (1952), La Prisonnière du désertThe Searchers (1956), L’Aigle vole au soleilThe Wings of Eagles (1957), Les CavaliersThe Horse Soldiers (1959), L’Homme qui tua Liberty ValanceThe Man Who Shot Liberty Valance et La Conquête de l’OuestHow the West Was Won en 1962, puis enfin La Taverne de l’irlandais en 1963. Et comme il s’agit plus ou moins d’une œuvre « testamentaire » sur leur relation et association, autant que cela finisse en beauté. Certes, Donovan’s Reef n’a pas et n’aura jamais l’aura, le prestige des monuments susmentionnés, mais le film agit comme un dernier verre avant que les deux John ne voient leur chemin se séparer. Si Wayne continuera encore d’incarner le cowboy pendant plus de dix ans, à quelques exceptions près (Le Plus Grand Cirque du monde de Henry Hathaway, Première victoire d’Otto Preminger, Les Feux de l’enfer d’Andrew V. McLaglen, Brannigan de Douglas Hickox), La Taverne de l’irlandais est l’antépénultième opus du réalisateur. Après celui-ci, John Ford ne reviendra derrière la caméra que pour Les CheyennesCheyenne Autumn (1964) et Frontière chinoiseSeven Women (1965). Grand succès au box-office, contrairement à ce qui a longtemps été dit, histoire d’enfoncer le clou sur le fait qu’il ne s’agissait que d’un « simple divertissement », La Taverne de l’irlandais, au-delà de son évidente légèreté, contient tout de même d’immenses séquences et mérite d’être largement redécouvert. D’autant plus que plastiquement, on en prend plein les mirettes. Alors pourquoi faire la fine bouche ?

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