Test Blu-ray / Insaisissables 3, réalisé par Ruben Fleischer

INSAISISSABLES 3 (Now You See Me: Now You Don’t) réalisé par Ruben Fleischer, disponible en DVD, Blu-ray & 4K UHD le 17 mars 2026 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco, Isla Fisher, Justice Smith, Dominic Sessa, Ariana Greenblatt, Rosamund Pike…

Scénario : Seth Grahame-Smith, Michael Lesslie & Rhett Reese

Photographie : George Richmond

Musique : Brian Tyler

Durée : 1h52

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Les « Cavaliers » sont de retour, lancés sur la piste du Diamant Cœur, un joyau dont la vente permettrait de blanchir l’argent du crime international. L’actuelle propriétaire, Veronica Vanderberg, ne veut pas s’en séparer, mais les magiciens n’ont pas dit leurs derniers mots. Tours de passe-passe, poursuites et faux-semblants rythment une chasse au trésor qui embarque les spectateurs de la France à l’Arabie saoudite.

À la sortie d’Insaisissables 2 il y a déjà dix ans, on écrivait « Les producteurs auraient dû savoir qu’il ne faut jamais demander à un magicien de refaire deux fois le même tour sous peine de découvrir le truc ». Cette suite avait par ailleurs connu un échec commercial aux États-Unis en récoltant un peu plus de 60 millions de dollars, soit deux fois moins que le premier, tandis que le film devait bien fonctionner dans le reste du monde avec notamment 2 millions d’entrées chez nous. Avant même la sortie du second, un troisième volet était déjà annoncé. Mais devant les chiffres décevant au box-office US, sa mise en route restait suspendue. On pensait le projet purement et simplement enterré définitivement. C’était sans connaître la machine hollywoodienne…Ainsi, Insaisissables 3 ou Now You See Me : Now You Don’t est arrivé dans les salles en 2025, signant le retour de tous les Cavaliers issus des deux premiers opus, y compris Isla Fisher, qui avait momentanément laissé sa place à Lizzy Caplan pour cause de maternité. Cette fois, le réchauffé s’installe dès la toute première scène et plus rien, ou presque, ne fonctionne à l’écran. Exit Louis Leterrier (hélas…) et Jon M. Chu (occupé avec ses deux opus de Wicked), place à Ruben Fleischer, ce qui sur le papier n’était pas une si mauvaise idée. Réalisateur prometteur avec son premier long-métrage, Bienvenue à Zombieland en 2009, qui s’est rapidement vautré dans la fange (Gangster Squad, Venom, Uncharted), malgré un espoir finalement déçu avec Retour à Zombieland (2019), Ruben Fleischer connaît bien une certaine partie du casting et laissait envisager un divertissement cool et pourquoi pas légèrement rétro. Il en résulte au contraire un film pesant et has-been, où même les véritables numéros de magie sont du niveau de Garcimore, quand il faisait exprès de les rater. La question qui se pose constamment est où est passé le budget de près de cent millions de dollars ? Dans le cachet des acteurs ?? Insaisissables n’appelait pas forcément de suite. Il y en a eu une, et déjà le scénario et la mise en scène allaient à contresens de ce que Louis Leterrier avait installé. On espérait que les inepties du précédent (à l’instar de l’utilisation des images de synthèse pour représenter les illusions) allaient être réparées et que l’équipe avait appris de ses erreurs pointées du doigt par la critique, mais aussi par celles et ceux qui avaient adoré le premier. Il n’en est rien. Pire que tout, le casting, en commençant par l’équipe originale, semble ne plus y croire du tout. Le comble, c’est que cette fois encore la fin ouverte qui convoque un des acteurs du premier (difficile de ne pas deviner qui) laisse entendre qu’un quatrième opus serait en préparation…Mais c’était encore anticiper la réception des spectateurs, puisque quand bien même Insaisissables 2 n’avait pas connu le même engouement que le premier, le film avait tout de même remporté la bagatelle de 330 millions de dollars, notamment grâce au marché Chinois. Ce troisième épisode a su amasser 222 millions de billets verts, tandis que les entrées en France ont cette fois encore été divisées par deux. On verra bien, ou plutôt si l’on tient compte du titre du dernier épisode en version originale, on ne verra plus rien.

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Test Blu-ray / Le Prince enchaîné, réalisé par Luis Lucia

LE PRINCE ENCHAÎNÉ (El Príncipe encadenado) réalisé par Luis Lucia, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 3 mars 2026 chez Artus Films.

Acteurs : Antonio Vilar, María Mahor, Paul Naschy, Luis Prendes, Javier Escrivá, Javier Loyola, Luis Morris, Antonio Molino Rojo…

Scénario : José Rodulfo Boeta & Javier Escrivá, d’après la pièce de théâtre de Pedro Calderón de la Barca « La Vida es sueño »

Photographie : Alejandro Ulloa

Musique : Cristóbal Halffter

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1960

LE FILM

Le roi de Pologne Basilio a fait enchaîner son fils Segismundo dans une tour, suite à une prophétie qui prédit que le prince apporterait le désastre dans le pays et la mort du roi. Aimant malgré tout son fils, le roi ordonne sa libération le temps de le mettre à l’épreuve. Mais, ayant goûté à la liberté, Segismundo refuse de reprendre les chaînes.

Le Prince enchaîné El Príncipe encadenado est une des premières superproductions espagnoles. Alors que Le Bossu et Le Capitan triomphent en France (11 millions d’entrées à eux deux), tandis que Le Capitaine Fracasse et Le Miracle des loups sont en préparation, de l’autre côté des Pyrénées le cinéma souhaite surfer sur cet engouement des spectateurs pour le genre cape et d’épée. Le producteur Miguel A. Martin met à disposition un budget conséquent pour la libre adaptation de la pièce de théâtre de Pedro Calderón de la Barca intitulée La vida es sueño, jouée pour la première fois en 1630, transposée ici pour la première fois. L’oeuvre du célèbre auteur de L’Alcade de Zalamea est reprise par les deux scénaristes José Rodulfo Boeta et Javier Escrivá, qui incorporent à la trame originale tous les ingrédients à la mode à savoir décors naturels, reconstitution hésitant réalisme et fantasme lié au septième art, costumes clinquants, amourette et bien sûr héros aux épaules larges luttant contre l’injustice et l’infamie, méchants fourbes, cruels et arrivistes et si possible, bien sûr, quelques combats aux lames croisées. Il y a de tout dans Le Prince enchaîné, dont la couleur, élément alors encore rare dans le paysage cinématographique ibérique. Seulement voilà, le mélange n’est pas très équilibré. En effet, on aurait nettement préféré plus d’affrontements et donc d’action, trop rares et du coup les 84 minutes du film paraissent bien souvent longues, redondantes, surtout que l’ensemble s’avère bien trop bavard. Cela ne s’arrête jamais de bavasser, y compris durant les quelques duels dispersés ici et là, comme si les personnages ne pouvaient s’empêcher de la ramener. Si l’on ajoute à cela un acteur principal peu charismatique (Javier Escrivá, embarrassé par son brushing peroxydé et sa barbe taillée au pochoir), également co-scénariste et une rigidité générale, Le Prince enchaîné ne va pas au-delà de la simple curiosité et s’oublie malheureusement bien rapidement.

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Test Blu-ray / Zatoïchi – Les Années Daiei – Volume 1, réalisés par Kazuo Mori, Kenji Misumi & Tokuzo Tanaka

Les Origines de Zatoïchi – Le Bandit aveugle, La Légende de Zatoïchi – Le Masseur aveugle, La Légende de Zatoïchi – Le Secret, La Légende de Zatoïchi – Un nouveau voyage, La Légende de Zatoïchi – Le Fugitif (Shiranui kengyo + Zatoichi monogatari + Zoku Zatoichi monogatari + Shin Zatoichi monogatari + Zatoichi kyojo-tabi – 不知火検校 + 座頭市物語 + 続・座頭市物語 + 新・座頭市物語 + 座頭市兇状旅) réalisés par Kazuo Mori, Kenji Misumi & Tokuzo Tanak, disponibles en Blu-ray – Édition collector limitée le 18février 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Shintaro Katsu, Tamao Nakamura, Mieko Kondo, Masayo Banri, Ryuzo Shimada, Hajime Mitamura, Yaeko Mizutani, Tomisaburo Wakayama, Mikiko Tsubouchi, Seizaburo Kawazu, Fujio Suga, Miwa Takada…

Scénario : Minoru Inuzuka & Seiji Hoshikawa

Photographie : Soichi Aisaka, Chikashi Makiura & Shozo Honda

Musique : Ichiro Saito & Akira Ifukube

Durée : 1h31, 1h16, 1h12, 1h31, 1h26

Date de sortie initiale : 1960, 1962, 1963

LES FILMS

À peine foule-t-il pour la première fois le sol poussiéreux d’une petite ville lacustre, que le masseur aveugle répondant au nom de Zatoichi, errant dans le Japon gangrené de l’ère Edo, doit d’emblée faire face aux tricheries, aux féminicides et aux guerres de gangs. Mais ses ennuis ne font que commencer : poursuivi par des ennemis toujours plus nombreux à chaque étape de son voyage, il deviendra malgré lui le bras armé d’une justice qui se fait fort de protéger les faibles contre les daimyos indignes, les yakuzas sans honneur et les samurais sans gloire.

Sans doute, par convention, devrait-on d’abord présenter le personnage à ceux qui ne le connaissent pas encore. Puis les premiers cinéastes qui ont traduit ses hauts faits en images. Rendre compte de leurs principes esthétiques. Et puis, à un moment donné, se fendre d’une formule type : « L’évocation de Zatoichi ne saurait être complète sans revenir sur son interprète à l’écran, Katsu Shintarō », et cetera. Sauf c’est bel et bien par Katsu qu’il faut commencer ! Dans une épopée cinématographique qui nous a offert, en une grosse dizaine d’années, le même nombre de films que James Bond depuis soixante-cinq ans, celui qui en incarna le héros tragique et débonnaire du début à la fin ne saurait être relégué aux à-côtés. D’autant que Katsu, loin de se cantonner à son interprétation, finira par en assurer lui-même la production à partir du vingtième opus (suite au déclin de la Daiei) et même la réalisation par deux fois, obtenant peu à peu une mainmise sur le personnage qu’il convoitait peut-être depuis toujours. Issu d’une famille de théâtre kabuki, également musicien, Katsu fut autant une calamité à gérer sur le plan humain (ses problèmes d’alcoolisme et de drogue qui retardèrent certaines productions ; son insistance à combattre avec de vrais sabres lors de scènes aux chorégraphies périlleuses…) qu’une véritable bénédiction pour la série B japonaise de son temps : sa présence physique, sa voix, son charisme, sans compter cette démarche expérimentale qui le fit aussi bien produire la saga Baby Cart que celle, plus déviante encore, de Hanzo The Razor… Autant de choses à porter au crédit de sa contribution au chambara des années 1960-70. Et si Zatoichi est devenu une telle institution auprès des fans de genre, c’est d’abord du fait de la gestuelle, de la diction, de l’abattage passionné de Katsu Shintarō : le cinéma populaire nous fait redevenir des enfants et, de fait, l’incarnation du héros prime sur toute autre chose. Tournée de 1962 à 1973, flanquée d’une « odyssée finale » en 1989, la légende de Zatoichi ne pourra que continuer de séduire irrésistiblement le jeune public, génération après génération.

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Test 4K UHD / Danger : Diabolik!, réalisé par Mario Bava

DANGER: DIABOLIK! (Diabolik) réalisé par Mario Bava, disponible en Digibook 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 16 janvier 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : John Phillip Law, Marisa Mell, Michel Piccoli, Adolfo Celi, Claudio Gora, Mario Donen, Renzo Palmer, Caterina Boratto…

Scénario : Dino Maiuri, Brian Degas, Tudor Gates & Mario Bava, d’après le personnage et les personnages créés par Angela Giussani et Luciana Giussani

Photographie : Antonio Rinaldi

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

Convaincu d’avoir piégé le super criminel Diabolik, l’inspecteur Ginko tombe de haut en se rendant à l’évidence que son pire ennemi l’a, une fois de plus, roulé dans la farine. Diabolik récupère non seulement le butin, mais le ridiculise, lui et son ministre de l’Intérieur. Forts de leur succès, Diabolik et sa complice, Eva Kant, fomentent un nouveau coup d’éclat : le vol des émeraudes d’une milliardaire. Devinant les intentions du couple, Ginko prépare sa revanche, contraignant Valmont, le chef du syndicat du crime, à lui livrer celui qu’il traque depuis si longtemps…

Danger : Diabolik !, ou tout simplement Diabolik en version originale, est l’adaptation du légendaire fumetti italien du même nom, créé au début des années 1960 par les sœurs milanaises Angela et Luciana Giussani. À la barre, rien de moins que Mario Bava, qui après s’être un peu reposé des suites des quatre tournages successifs de Les Dollars du Nebraska Ringo del Nebraska, Duel au couteau I Coltelli del vendicatore, Opération PeurOperazione paura et le frappadingue L’Espion qui venait du surgelé Le Spie vengono dal semifreddo, obtient le plus gros budget de son éminente carrière pour Danger : Diabolik !, produit par le nabab Dino De Laurentiis. Féru de bandes-dessinées, Mario Bava s’en donne à coeur joie et livre un véritable fumetti-live, quand bien même il est obligé de revoir ses ambitions à la baisse, en raison du producteur, qui le freine dans sa représentation de la violence, par crainte de voir la censure s’en mêler et de voir son public restreint. Ce qui laissera un souvenir amer au cinéaste, qui parvient pourtant à terminer le tournage en avance et donc à faire faire des économies à ce cher Dino. Mario Bava passera le reste de sa carrière à se dire peu satisfait du résultat final. Nous spectateurs le prenons pour ce qu’il est, à savoir un immense divertissement pop et acidulé, une comédie d’espionnage cartoonesque qui ne se prend jamais au sérieux, un magnifique objet de cinéma aux couleurs étincelantes (un festival pour les rétines), parcouru d’un érotisme soft, blindé d’action (cela ne s’arrête pas une seconde), de poursuites, de punchlines et d’effets spéciaux. Les recettes dans les salles ayant été jugées décevantes (200 millions de lires investies, 65 millions de bénéfice), Danger : Diabolik !, par ailleurs accompagné de critiques négatives dans le New York Times et dans Variety, n’engendrera pas de suite (il semblerait que Mario en bava justement avec Di Laurentiis et aurait décliné la séquelle), pourtant annoncée dans le final et demeure un film unique en son genre, qui donnera lui-même naissance à moult ersatz et hommages, à l’instar de la trilogie Austin Powers L’Espion qui m’a tirée surtout – de Jay Roach et le méconnu, mais néanmoins formidable CQ de Roman Coppola. Une étape dans le parcours d’un cinéphile.

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Test Blu-ray / La Taverne de l’irlandais, réalisé par John Ford

LA TAVERNE DE L’IRLANDAIS (Donovan’s Reef) réalisé par John Ford, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD le 14 novembre 2025 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : John Wayne, Lee Marvin, Elizabeth Allen, Jack Warden, Cesar Romero, Dick Foran, Dorothy Lamour, Marcel Dalio…

Scénario : Frank Nugent & James Edward Grant

Photographie : William H. Clothier

Musique : Cyril J. Mockridge

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1963

LE FILM

Guns et Boats, deux anciens combattants du Pacifique se sont installés en Polynésie. La fille d’un troisième camarade, élévée dans la société puritaine de Boston, vient à la recherche de son père. Alors qu’ils se retrouvent, comme chaque année, dans l’île de Haleakaloa, où habite Guns, pour une rituelle bagarre, cet ancien marin irlandais va donner à la jeune héritière prude et pleine de préjugés une leçon de charité et de joie de vivre.

Le dernier baroud d’honneur ! La Taverne de l’irlandaisDonovan’s Reef est en effet l’ultime collaboration avec John Ford et John Wayne. On serait tenté de dire que le comédien doit tout au cinéaste, mais ce serait franchement réducteur, d’autant plus que Raoul Walsh avant lui avait confié son premier grand rôle au Duke dans La Piste des géants The Big Trail (1930). Cette association fut néanmoins décisive, marquée par un respect réciproque, des engueulades, des beuveries à n’en plus finir, mais aussi et surtout par un amour incommensurable qui devait lier à jamais les deux hommes. Environ 20 films, cela compte dans une carrière. Si John Wayne avait fait quelques panouilles chez John Ford de 1928 (Maman de mon coeur Mother Machree) à Born Reckless (1930), La Chevauchée fantastique Stagecoach va changer la donne en 1939. Suivront Les Hommes de la mer The Long Voyage Home (1940), Les Sacrifiés They Were Expendable (1945), Le Massacre de Fort Apache Ford Apache et Le Fils du désert3 Godfathers en 1948, La Charge héroïqueShe Wore a Yellow Ribbon (1949), Rio Grande (1950), L’Homme tranquille The Quiet Man (1952), La Prisonnière du désertThe Searchers (1956), L’Aigle vole au soleilThe Wings of Eagles (1957), Les CavaliersThe Horse Soldiers (1959), L’Homme qui tua Liberty ValanceThe Man Who Shot Liberty Valance et La Conquête de l’OuestHow the West Was Won en 1962, puis enfin La Taverne de l’irlandais en 1963. Et comme il s’agit plus ou moins d’une œuvre « testamentaire » sur leur relation et association, autant que cela finisse en beauté. Certes, Donovan’s Reef n’a pas et n’aura jamais l’aura, le prestige des monuments susmentionnés, mais le film agit comme un dernier verre avant que les deux John ne voient leur chemin se séparer. Si Wayne continuera encore d’incarner le cowboy pendant plus de dix ans, à quelques exceptions près (Le Plus Grand Cirque du monde de Henry Hathaway, Première victoire d’Otto Preminger, Les Feux de l’enfer d’Andrew V. McLaglen, Brannigan de Douglas Hickox), La Taverne de l’irlandais est l’antépénultième opus du réalisateur. Après celui-ci, John Ford ne reviendra derrière la caméra que pour Les CheyennesCheyenne Autumn (1964) et Frontière chinoiseSeven Women (1965). Grand succès au box-office, contrairement à ce qui a longtemps été dit, histoire d’enfoncer le clou sur le fait qu’il ne s’agissait que d’un « simple divertissement », La Taverne de l’irlandais, au-delà de son évidente légèreté, contient tout de même d’immenses séquences et mérite d’être largement redécouvert. D’autant plus que plastiquement, on en prend plein les mirettes. Alors pourquoi faire la fine bouche ?

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Test Blu-ray / Le Hold-up du siècle, réalisé par Jack Donohue

LE HOLD-UP DU SIÈCLE (Assault on a Queen) réalisé par Jack Donohue, disponible en Combo Blu-ray + DVD depuis le 9 août 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Frank Sinatra, Virna Lisi, Anthony Franciosa, Richard Conte, Alf Kjellin, Errol John, Murray Matheson, Reginald Denny…

Scénario : Rod Serling, d’après le roman de Jack Finney

Photographie : William H. Daniels

Musique : Duke Ellington

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 1966

LE FILM

Un groupe de chasseurs de trésors planifie l’attaque à main armée du paquebot de croisière de luxe, Le Queen Mary, en utilisant un sous-marin allemand de la seconde guerre mondiale.

Depuis le Golden Globe et l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle obtenus pour sa prestation dans Tant qu’il y aura des hommes de Fred Zinnemann en 1954, la carrière au cinéma de Frank – The Voice – Sinatra a réellement pris son envol. Celui-ci délaissera volontiers la comédie-musicale (Escale à Hollywood, Un jour à New York, Tout le monde chante), pour embrasser d’autres genres et quelques collaborations avec divers réalisateurs de renom, Stanley Kramer (Pour que vivent les hommes), Otto Preminger (L’Homme au bras d’or), Vincente Minnelli (Comme un torrent), Frank Capra (Un trou dans la tête), John Frankenheimer (Un crime dans la tête) et bien d’autres. Frank Sinatra est très sollicité, tourne au minimum trois films par an, mais il commencera sérieusement à ralentir le rythme dans la deuxième partie des années 1960 et Le Hold-up du siècle Assault on a Queen, sorti en 1966 fait partie de sa dernière période sur grand écran. En effet, après ce film d’aventure, il n’apparaîtra plus que dans une demi-douzaine de longs-métrages, quelques séries et une poignée de téléfilms. Réalisé par Jack Donohue (1908-1984), Le Hold-up du siècle n’est assurément pas l’un des films les plus connus de la star et reste même aujourd’hui complètement oublié. Cette chasse au trésor « vintage » n’a d’ailleurs pas bien vieilli, en raison d’une mise en scène dite fonctionnelle, un manque de rythme flagrant, des effets spéciaux déjà datés à sa sortie et d’un récit peu crédible (euphémisme), sans parler d’un dernier acte que l’on pourrait qualifier de nawak. On ne dépasse pas le stade de la curiosité et Le Hold-up du siècle vaut uniquement le coup d’oeil pour revoir et admirer encore et toujours la sublime Verna Lisi.

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Test Blu-ray / Les Fuyards du Zahrain, réalisé par Ronald Neame

LES FUYARDS DU ZAHRAIN (Escape from Zahrain) réalisé par Ronald Neame, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 9 juillet 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Yul Brynner, Sal Mineo, Jack Warden, Madlyn Rhue, Anthony Caruso, Leonard Strong, Jay Novello…

Scénario : Robin Estridge, d’après le roman de Michael Barrett

Photographie : Ellsworth Fredericks

Musique : Lyn Murray

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

Dans une dictature du Moyen-Orient, un leader politique est libéré par de jeunes partisans qui décident de traverser le désert pour rejoindre un pays voisin. Le voyage s’annonce périlleux…

Il y a des films dont on aurait ignoré l’existence, s’il n’y avait pas eu le travail acharné de certains éditeurs, qui résistent encore et toujours pour nous faire découvrir quelques pépites complètement oubliées. C’est le cas des Fuyards du ZahrainEscape From Zahrain, sorti en 1962 qui vaut assurément le coup d’oeil et ce pour plusieurs raisons. D’une part, le film est réalisé par Ronald Neame (1911-2010), ancien scénariste et producteur de David Lean (Heureux Mortels, Brève rencontre, Les Grandes espérances) et même parfois directeur de la photographie, entré dans l’histoire du cinéma avec L’Aventure du Poséidon (1972), encore aujourd’hui LA référence du film catastrophe, d’autre part pour son casting mené par un Yul Brynner, tout juste consacré star internationale après le triomphe des Sept Mercenaires de John Sturges. Non seulement cela, Les Fuyards du Zahrain s’avère un road-movie rempli de rebondissements, mené sans temps mort, qui réserve de nombreuses surprises (y compris l’apparition non créditée d’un monstre du septième art…), qui rappelle parfois furieusement Le Désert de la peurIce Cold in Alex (1958) de J. Lee Thompson…

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Test DVD / Le Secret de Khéops, réalisé par Barbara Schulz

LE SECRET DE KHÉOPS réalisé par Barbara Schulz, disponible en DVD le 9 juillet 2025 chez M6 Vidéo.

Acteurs : Fabrice Luchini, Julia Piaton, Gavril Dartevelle, Camille Japy, Johann Dionnet, Romain Levi, Vincent Heneine, Marie Denarnaud, Arié Elmaleh, Jackie Berroyer…

Scénario : Barbara Schulz, Christophe Turpin & Jérôme Tonnerre

Photographie : Guillaume Schiffman

Musique : Audrey Ismaël & Olivier Coursier

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Durant des nouvelles fouilles archéologiques dans la ville du Caire, l’archéologue Christian Robinson est convaincu d’avoir découvert une mystérieuse inscription concernant le trésor du pharaon Khéops. Selon lui, il s’agit d’indices laissés par Dominique Vivant Denon, directeur de 1802 à 1815 du musée du Louvre. Accompagné de sa fille Isis et de son petit-fils Julien, il part à la recherche du trésor en espérant accomplir la plus importante découverte archéologique du XXIe siècle.

Aaaah le cinéma d’aventure hexagonal…Qui a pu prendre la relève d’un Jean-Paul Rappeneau ou d’un Philippe de Broca ? La comédienne Barbara Schulz (qui avait un court-métrage à son actif, Le Malheur des autres, en 2018) a voulu rendre hommage au cinéma qui l’a fait rêver en tant que spectatrice, à travers son premier long-métrage comme scénariste et réalisatrice, Le Secret de Kheops. Malheureusement, on est plus proche ici d’Amazone que de L’Homme de Rio et ce sans aucune commune mesure. Car ce premier coup d’essai derrière la caméra s’avère une catastrophe en tout point. Pourtant, on y croyait presque en voyant l’affiche qui promettait du « lourd » avec Fabrice Luchini et Julia Piaton, photoshopés à outrance, renvoyant presque à la campagne promotionnelle d’un nouveau roman de Dan Brown ou d’un énième opus des péripéties de Robert Langdon, auquel Tom Hanks a prêté ses traits (et ses cheveux gras) dans trois épisodes. Si la première séquence se déroulant au Caire est étonnamment prometteuse et rappelle même un épisode de Tintin (par ailleurs cité à la fin du film), on déchante très rapidement une fois que l’action revient à Paris, pour ne plus quitter la capitale durant les 90 minutes restantes, en dehors de l’épilogue. Avec sa mise en scène télévisuelle (pour ne pas dire inexistante), ses acteurs en roue libre, son scénario Toutankharton (elle était facile celle-là) et son rythme pantouflard, Le Secret de Khéops n’a guère rameuté les spectateurs dans les salles avec « seulement » 450.000 entrées. Pour un budget estimé à dix millions d’euros, c’est un peu limite…Quant à une suite envisagée par Barbara Schulz, il semble que le projet soit abandonné. Ou alors pour la petite lucarne, car après tout, on y verrait que du feu.

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Test Blu-ray / Hercule et la Reine de Lydie, réalisé par Pietro Francisci

HERCULE ET LA REINE DE LYDIE (Ercole e la regina di Lidia) réalisé par Pietro Francisci, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 4 mars 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Steve Reeves, Sylvia Lopez, Sylva Koscina, Gabriele Antonini, Sergio Fantoni, Mimmo Palmara, Primo Carnera, Andrea Fantasia, Patrizia Della Rovere, Carlo D’Angelo…

Scénario : Ennio De Concini a Pietro Francisci

Photographie : Mario Bava

Musique : Enzo Masetti

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1959

LE FILM

Hercule, sa femme Iole et son ami Ulysse, font route vers Thèbes. En découvrant que le trône est disputé entre les deux fils du roi Œdipe, Etéocle et Polynice, Hercule décide d’intervenir. Il se retrouve alors confronté à la terrible Omphale, reine de Lydie, connue pour faire perdre la mémoire à ses victimes.

Il fallait s’y attendre ! Après l’extraordinaire succès rencontré dans le monde par Les Travaux d’Hercule, le demi-Dieu revient sur les écrans, quasiment un an jour pour jour après sa sortie dans les cinémas italiens. Tout le monde ou presque fait son comeback devant comme derrière la caméra pour Hercule et la Reine de LydieErcole e la regina di Lidia, nouveau péplum franco-hispano-italien, toujours mis en scène par Pietro Francisci, avec l’aide de Mario Bava, officiellement comme directeur de la photographie, mais aussi coréalisateur sur certaines séquences. Devenu l’acteur le mieux payé de la planète, Steve Reeves se repasse de l’huile sur le corps et vient mouliner des (gros) bras, même s’il paraît moins concerné que dans le premier épisode. Il faut dire qu’il n’a pas grand-chose à faire dans celui-là, où il passe beaucoup de temps à manger, vautré dans les confortables intérieurs de la Reine de Lydie. Cependant, Pietro Francisci met le paquet et propose plus de…tout, plus d’humour, plus de couleurs, plus de muscles luisants, plus d’amazones. Et cela fonctionne encore aujourd’hui. Il se dégage un charme inaltérable de cette superproduction, qui connaîtra le même engouement que Les Travaux d’Hercule et même encore plus, étant donné que le phénomène n’était pas retombé suite aux sorties décalées à l’internationale. En l’état, Hercule et la Reine de Lydie est une suite tout à fait honorable, qui pousse les curseurs comme il se doit et qui visuellement s’avère plus recherchée.

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Test Blu-ray / Les Travaux d’Hercule, réalisé par Pietro Francisci

LES TRAVAUX D’HERCULE (Le Fatiche di Ercole) réalisé par Pietro Francisci, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livre le 4 mars 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Steve Reeves, Sylva Koscina, Gianna Maria Canale, Ivo Garrani, Mimmo Palmara, Arturo Dominici, Lidia Alfonsi, Gina Rovere, Luciana Paluzzi, Gabriele Antonini…

Scénario : Ennio De Concini, Pietro Francisci & Gaio Frattini

Photographie : Mario Bava

Musique : Enzo Masetti

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Le roi de Iolcos, Pellas, fait venir Hercule à sa cour pour lui confier l’éducation de son fils, Iphitos. Ce dernier, jaloux de la force de son précepteur, trouve la mort en affrontant le lion de Némée. Pellas envoie alors Hercule combattre le taureau de Crète. Mais le trône de Iolcos revient de droit à Jason, Pellos n’étant qu’un fourbe usurpateur. Hercule va s’embarquer avec Jason sur l’Argos à la recherche de la Toison d’or afin de l’aider à reconquérir son royaume.

C’est donc avec Les Travaux d’Hercule Le Fatiche di Ercole que tout a (re)commencé. En effet, si le péplum avait déjà connu un bel engouement au temps du cinéma muet (en France, en Italie et également à Hollywood), le film réalisé par Pietro Francisci (1906-1977) va relancer ce genre à travers le monde. Si juste avant celui-ci, UlysseUlisse de Mario Camerini avait attiré plus de 13 millions de spectateurs dans les salles en Italie (le film est encore le quinzième plus grand succès de tous les temps de l’autre côté des Alpes), point de Kirk Douglas à l’affiche des Travaux d’Hercule et pourtant près de six millions d’italiens se déplaceront pour découvrir les exploits de ce demi-Dieu. Ancêtre du blockbuster, Le Fatiche di Ercole fait de Steve Reeves (1926-2000), culturiste de son état, essayant alors de percer au cinéma, une star planétaire du jour au lendemain. Les producteurs voudront aussi profiter de cet engouement en mettant en route à leur tour un péplum et le public n’aura que l’embarras du choix. Ainsi, le personnage d’Hercule (pour ne citer que lui) sera décliné à toutes les sauces, La Vengeance d’Hercule, Les Amours d’Hercule, La Fureur d’Hercule, Hercule à la conquête de l’Atlantide, Hercule contre les vampires, Ulysse contre Hercule, Hercule se déchaîne, Samson contre Hercule, Hercule contre Moloch, Hercule contre les mercenaires, Hercule, Samson et Ulysse, Le Triomphe d’Hercule, Hercule contre Rome, Hercule contre les tyrans de Babylone…tout cela en l’espace de six ou sept ans seulement. Mais pour l’heure, Les Travaux d’Hercule demeure une pierre angulaire, une matrice, une étape indispensable pour le cinéphile, qui saura encore aujourd’hui apprécier le soin apporté à la mise en scène, aux décors, mais aussi et surtout à la photographie que l’on doit à l’un des plus grands artistes transalpins, Mario Bava, qui aurait également apporté son soutien à Pietro Francisci sur certaines séquences. Le divertissement reste assuré, le charme rétro fait son effet, tout comme les costumes courts et cintrés de la sublime Sylva Koscina, à se damner dans la peau de Iole fille de Pélias, pour laquelle Hercule est prêt à devenir un humain à part entière.

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