Test DVD / Mon année à New York, réalisé par Philippe Falardeau

MON ANNÉE À NEW YORK (My Salinger Year) réalisé par Philippe Falardeau, disponible en DVD le 6 janvier 2022 chez Metropolitan Video.

Acteurs : Margaret Qualley, Sigourney Weaver, Douglas Booth, Seána Kerslake, Brían F. O’Byrne, Colm Feore, Théodore Pellerin, Yanic Truesdale…

Scénario : Philippe Falardeau, d’après le livre de Joanna Smith Rakoff

Photographie : Sara Mishara

Musique : Martin Léon

Durée : 1h37

Année de sortie : 2020

LE FILM

1995. Joanna, jeune femme aspirant à devenir écrivain, quitte la Californie et son petit ami, Karl, pour aller s’installer à New York. Elle trouve un emploi au sein d’une agence littéraire réputée, dirigée par Margaret, qui la charge de répondre aux courriers adressés à l’écrivain J. D. Salinger, client de l’agence. Au lieu de renvoyer une réponse type, Joanna commence à écrire des courriers personnalisés à certains admirateurs. Par ailleurs, elle rencontre Don et accepte de s’installer avec lui…

Nous avions découvert le cinéaste québécois Philippe Falardeau en 2006 avec l’excellent Congorama. Si son film suivant, C’est pas moi, je le jure ! n’avait malheureusement pas bénéficié d’une sortie dans les salles françaises, Monsieur Lazhar s’était vu très largement récompensé en 2011, notamment par 7 Jutras, les équivalents québécois de nos Césars. Le réalisateur s’est souvent démarqué avec ses œuvres sensibles et délicates, mais aussi son humour décalé comme c’était le cas avec le méconnu et pourtant hilarant Guibord s’en va-t-en guerre, interprété par les explosifs Patrick Huard et Suzanne Clément. Six ans après un biopic consacré au boxeur Chuck Wepner, Outsider, Philippe Falardeau fait donc son retour avec Mon année à New York, librement adapté du livre autobiographique de Joanna Rakoff, My Salinger Year, et dirige rien de moins que la grande Sigourney Weaver et la lumineuse Margaret Qualley. Si la comparaison avec Le Diable s’habille en Prada et A la rencontre de Forrester semble inévitable, on oublie rapidement ce parallèle avec le film de David Frankel et celui de Gus Van Sant, car le cinéaste trouve un ton et une ambiance quasi-anachroniques, délicieusement rétros, comme si le temps s’était arrêté au début des années 1960, à l’image du bureau où officient nos deux protagonistes. L’ombre de J.D. Salinger plane évidemment sur tout le film, il y « apparaît » d’ailleurs à plusieurs reprises, à travers sa voix ou sa silhouette, mais Mon année à New York est avant tout le récit initiatique d’une jeune femme, qui en rencontrant son mentor, va non seulement découvrir le monde du travail, mais aussi décider de suivre sa passion, écrire. Très joli film, classique dans la forme, mais efficace, Mon année à New York, qui a fait l’ouverture de la Berlinale en 2020, repose sur l’excellence de son casting et des personnages attachants.

New York 1995. Joanna débarque à Manhattan des rêves plein la tête : elle espère devenir une grande romancière. La jeune femme décroche son premier job au sein d’une agence littéraire et devient l’assistante de la redoutable Margaret, l’agent de J.D. Salinger, l’auteur légendaire qui mène une vie recluse loin de New York. Très vite, Joanna comprend que sa principale mission consiste à répondre au courrier abondant des fans de Salinger. Incapable de leur renvoyer la lettre-type de l’agence, elle se met spontanément à personnaliser ses réponses. Tout en se faisant passer pour le grand écrivain, la jeune femme trouve peu à peu son propre style, à la fois drôle et émouvant… Mais en voulant bien faire, Joanna se met dans une situation qui pourrait bouleverser tout ce qu’elle a accompli…

Production canado-irlandaise, My Salinger Year est une comédie-dramatique parcourue d’un spleen, d’une douce mélancolie qui renvoie les spectateurs à l’aube de leurs vingt ans, l’âge où tout est possible, mais aussi celui où l’on est peut être le plus perdus à cette croisée des chemins. Philippe Falardeau offre le rôle principal à la divine Margaret Qualley, née en 1994, fille de l’actrice américaine Andie MacDowell, que nous avions découvert dans Palo Alto (2013) de Gia Coppola, qui a très vite confirmé son talent et sa présence dans The Nice Guys (2016) de Shane Black et surtout dans la série d’HBO The Leftovers, où elle incarnait la fille de Justin Theroux. Nouvel astre du cinéma US, elle a d’ailleurs fait une apparition remarquée dans Once Upon a Time… in Hollywood de Quentin Tarantino, la comédienne illumine Mon année à New York, dans lequel elle est pratiquement de chaque plan. Sa beauté est bien mise en valeur par la directrice de la photographie Sara Mishara, dont les partis-pris chatoyants, presque ouatés par moments, créent comme un écrin de velours, renforçant le côté décor « fictionnel » et intemporel de la ville de New York dans lequel déambule notre protagoniste. Face à elle, Sigourney Weaver s’impose évidemment sans mal dans le rôle d’Anna Wintour de Margaret, directrice d’une agence littéraire, qui va engager Joanna comme assistante et l’épauler dans ce qui va devenir pour elle l’école de la vie.

Si la mise en scène de Philippe Falardeau s’efface quelque peu devant ses comédiens, il se dégage un vrai charme de ce petit film, une poésie, qui prend le temps de bien développer ses personnages, séparés par plusieurs générations, mais qui ont pourtant beaucoup de points communs et qui ont tout à apprendre de l’autre. On oublie finalement la « présence » de J.D. Salinger, moins inscrit dans l’imaginaire français qu’aux Etats-Unis, d’ailleurs Joanna avoue elle aussi ne pas avoir lu L’Attrape-coeur et donc ne porte pas aux nues le mythique écrivain que tout le monde adule, même si ce dernier contribuera également à encourager la jeune femme dans son envie d’écrire.

Chronique indépendante légère, fraîche, bien écrite et élégante, Mon année à New York est une récréation comme on les aime, où tout le monde pourra se reconnaître, en se souvenant de ce moment clé où les choix importants doivent se faire, ou tout simplement donner cette impulsion en montrant à certains spectateurs qu’il n’est jamais trop tard pour vivre ses rêves.

LE DVD

Privé d’une sortie dans les salles hexagonales initialement prévue le 13 janvier 2021, mais finalement annulée en raison de la pandémie , Mon année à New York débarque directement en DVD chez Metropolitan Vidéo. Joli visuel, repris sur le surétui cartonné, ainsi que sur le menu principal, très légèrement animé et musical.

En plus de la bande-annonce, l’éditeur livre une petite série d’entretiens avec Philippe Falardeau, Sigourney Weaver et Margaret Qualley (13’). Le réalisateur s’exprime sur le livre de Joanna Rakoff et sur ce qui lui a donné envie de l’adapter, mais aussi sur sa rencontre avec l’écrivaine, sur les éléments qu’il a dû inventer pour cette transposition, avec l’aval de l’auteure, tout en indiquant qu’à l’instar de Joanna, il n’avait jamais lu J.D. Salinger. Les comédiennes reviennent quant à elles sur leur collaboration avec le Philippe Falardeau, sur l’histoire et les personnages. On apprend également que l’équipe était essentiellement composée de femmes, à la photographie, au montage, aux décors, ainsi qu’aux costumes.

L’Image et le son

Bien que le film arrive directement dans les bacs, sans passer par la case cinéma en France, Mon année à New York bénéficie d’un master SD au transfert soigné et très élégant. Le piqué est éloquent, la clarté de mise sur les séquences en extérieur avec de superbes panoramas sur la Grosse Pomme, un léger grain se fait ressentir sur les intérieurs ambrés, feutrés et chauds, le cadre offre un lot conséquent de détails et la colorimétrie de la photographie, opposant les teintes claires et les gammes automnales, est habilement restituée. Evidemment, la copie est d’une propreté immaculée, les contrastes sont denses, et malgré un sensible bruit vidéo, les meilleures conditions techniques sont réunies et la définition est exemplaire.

En anglais comme en français, les mixages Dolby Digital 5.1 parviennent à créer un bon confort acoustique, avec une plus grande homogénéité pour la version originale. Certes, la balance frontales-latérales profite surtout à la musique de Martin Léon, fidèle collaborateur de Philippe Falardeau, mais quelques ambiances naturelles parviennent à percer sur les séquences en extérieur avec les bruits de la circulation new-yorkaise. Les voix sont claires, distinctes, solidement plantées sur la centrale, la spatialisation musicale systématique et le confort acoustique solide. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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