Test DVD / Lovecraft Country – Saison 1

LOVECRAFT COUNTRY – SAISON 1, disponible en DVD et Blu-ray le 17 février 2021 chez HBO et Warner Bros.

Acteurs : Jurnee Smollett, Jonathan Majors, Aunjanue Ellis, Wunmi Mosaku, Abbey Lee, Jamie Chung, Jada Harris, Michael Kenneth Williams, Jordan Patrick Smith…

Scénario : Misha Green, Shannon Houston, Kevin Lau, Matt Ruff, Wes Taylor, Ihuoma Ofordire, Jonathan I. Kidd & Sonya Winton, d’après le roman de Matt Ruff.

Musique : Laura Karpman & Raphael Saadiq

Durée : 10 épisodes de 55 minutes

Date de sortie initiale : 2020

LA SAISON 1

Atticus Freeman, un jeune homme de 25 ans, son amie Letitia et son oncle George embarquent dans un road trip, à travers les États-Unis des années 1950 durant les lois Jim Crow (qui introduisaient la ségrégation dans les services publics, les lieux de rassemblement et restreignaient les interactions sociales entre Blancs et gens de couleur au strict minimum), dans l’objectif de retrouver son père disparu. Commence alors une bataille pour survivre et surpasser le racisme de l’Amérique blanche, tout en affrontant des monstres terrifiants qui semblent tout droit sortis des écrits de Lovecraft.

« H.P. Lovecraft était un écrivain d’horreur extrêmement influent, populaire et talentueux, mais aussi un suprémaciste blanc notoire. Les gens de couleur étaient jusqu’à présent privés des fictions populaires dites de genre, réservées au monde des blancs ». Voilà l’extrait d’une interview de la showrunneuse Misha Green, réalisée à l’occasion de la diffusion sur HBO de la série Lovecraft Country dès août 2020. N’y allons pas par quatre chemins, cette adaptation du roman éponyme de Matt Ruff (2016) est un plantage monumental, qui partait pourtant sur de très bonnes bases et un épisode pilote très intéressant et prometteur, par ailleurs mis en scène par le français Yann Demange (‘71). Malheureusement, on déchante dès le deuxième épisode, d’une part parce que la série bifurque brutalement vers le fantastique et le pseudo-épouvante, d’autre part pour son aspect gloubi-boulga, sa morale douteuse (Jordan Peele étant de la partie, il n’y a donc aucune surprise et tous les blancs sont les vrais monstres de la série), l’absence de charisme de l’acteur principal Jonathan Majors, la laideur des effets spéciaux, son scénario qui vire au nawak et qui s’apparente finalement plus à un ersatz de The Mortal Instruments qu’à un hommage aux films de monstres des années 1950-60. Alors oui, on a déjà vu pire, mais allez au bout des dix épisodes de Lovecraft Country est pénible et harassant, surtout que la série ne va sûrement pas en s’améliorant au fil d’une intrigue qui devient incompréhensible, prétentieuse et involontairement comique. Passez votre chemin.

De retour à Chicago, le vétéran de la guerre de Corée Atticus Freeman trouve une lettre de son père disparu, Montrose, l’invitant à découvrir son héritage familial à Ardham, situé dans le Massachusetts. Atticus, son oncle George (qui rédige un guide de voyage destiné à la population noire) et son amie Leti partent pour un road trip dans le comté de Devon. Un groupe d’hommes blancs meurtriers les chassent de la première ville dans laquelle ils s’arrêtent, mais ils s’échappent grâce à l’intervention d’une femme blanche inconnue, en entraînant un accident qui renverse leur voiture. Peu de temps après, ils rencontrent le shérif raciste du comté de Devon, Eustice Hunt, qui est impatient de faire appliquer la loi dite « sur le coucher du soleil du comté ». Juste après les dernières lueurs du jour, les adjoints du shérif entraînent les voyageurs dans les bois avec l’intention de les lyncher, mais le groupe est soudainement attaqué par des monstres appelés shoggoths. Atticus, George et Leti se battent pour s’en sortir, tandis que les policiers périssent. Les shoggoths sont rappelés par un coup de sifflet. Dans la matinée, le trio découvrent un énorme manoir, où ils sont accueillis par un mystérieux homme blanc, William, qui les salue chaleureusement. Ce dernier explique que la demeure est Ardham Lodge, conçue par Titus Braithwhite, un marchand d’esclaves et le fondateur d’une société secrète occulte de sorciers appelée les Fils d’Adam. George se rend compte qu’Atticus est un descendant de Titus et donc un membre premier des Fils. En raison de ce puissant héritage, Samuel Braithwhite, l’actuel propriétaire de la Loge et chef des Fils, prévoit d’utiliser – et potentiellement de sacrifier – Atticus dans un rituel à venir.

Enfin bref, on va s’arrêter là, car la série devient ensuite un mélange des genres, où la sauce ne prend jamais. Parfois gore (pas mal de sang et de chair), marqué par quelques scènes érotiques (soft, mais quand même) et violentes (un viol au talon aiguille…), un humour raté (être drôle ne s’improvise pas), des références historiques (on revit le massacre de Tulsa en 1921) , Lovecraft Country, ne fait que s’enliser d’épisode en épisode, jusqu’au dernier dont le suspense est aussi prenant qu’un opus de Twilight ou de Divergente. On ne sait pas vraiment à qui s’adresse le show en fait, peut-être aux adolescents, mais dans ce cas les scènes de baise paraissent quelque peu déplacées, sûrement pas aux fans de H.P. Lovecraft dont rien de l’univers ne saute aux yeux, encore moins aux spectateurs adultes qui s’ennuieront à mourir devant le traitement immature, pour ne pas dire débile, des personnages. Écrit à la va-comme-je-te-pousse, Lovecraft Country prend de temps en temps des airs d’Harry Potter (du pauvre), des Goonies et de Benjamin Gates (la séquence du musée dans l’épisode 4), avec un peu de Code Quantum (l’épisode 7, pour lequel on suppute que les scénaristes ont abusé de substances illicites), de Charmed, de Supernatural, de Dangereuse alliance, mais sans convaincre, en perdant à la fois ses personnages qui semblent ne rien comprendre à ce qu’ils sont en train de faire, et de ce fait les spectateurs qui commencent à regarder ce spectacle en trouvant le temps long.

Le casting fait pourtant le job, mais sans se forcer. S’il y a bien un intérêt à Lovecraft Country, c’est la présence de la belle et sexy Jurnee Smollett-Bell, qui interprétait récemment Black Canary dans Birds of Prey de Cathy Yan et Rosalee dans la série Underground, série aussi créée par Misha Green. Au-delà du fait que le costume d’époque lui sied à ravir, la comédienne campe le personnage le plus attachant du show, probablement celui par qui le spectateur peut se sentir un tant soit peu concerné par ce qui arrive aux protagonistes. D’ailleurs, ce sont bel et bien les personnages féminins (Hippolyta interprétée par Aunjanue Ellis, ou Ruby incarnée par Wunmi Mosaku) qui s’avèrent mieux écrits, les hommes de la série passant leur temps à s’engueuler et à taper sur le système. Mais cela ne sauve pas Lovecraft Country, production J.J. Abrams (qui ferait mieux d’ouvrir un garage), drame familial historique et fantastico d’épouvante fourre-tout et caricatural, du marasme le plus complet.

LE COFFRET DVD

Lovecraft Country arrive dans les bacs français, en DVD et en Blu-ray chez HBO / Warner. Nous avons eu en main l’édition Standard qui se compose de trois disques, le premier comprenant les trois premiers épisodes, le second les quatre suivants, et le troisième les trois derniers, ainsi que les suppléments. Le menu principal, fixe et muet, est identique sur les trois disques. Le boîtier Amaray est glissé dans un fourreau cartonné.

L’interactivité se compose essentiellement de trois modules (11’, 12’ et 27’) qui reviennent tour à tour sur l’adaptation du roman de Matt Ruff (également présent au fil des bonus), sur les thèmes de la série, les personnages, le casting, la création des monstres, celle des décors, des costumes, en compagnie des comédiens, de l’artiste de comic-books Afua Richardson, de l’accessoiriste JP Jones, des responsables des effets visuels et de la chef décoratrice Kalina Ivanov. Les propos de la showrunneuse Misha Green sont parfois franchement limites ou infondés (à l’entendre, les acteurs afro-américains n’ont jamais eu de place importante dans les fictions de genre réservées au « monde des blancs »), d’autres insistent sur le racisme de Lovecraft (« suprémaciste blanc »). Quelques images de tournage dévoilent l’envers du décor.

L’interactivité se clôt sur une douzaine de très courtes interviews de l’équipe, chacune d’une durée moyenne d’une minute. Les acteurs interviennent à tour de rôle pour parler de leurs personnages respectifs, tout en indiquant que Lovecraft Country est « un hommage à l’identité sociale ». Les quatre derniers entretiens donnent la parole à Afua Richardson, Eric Yamamoto (story-boarder), Carey Jones (maquilleur des effets spéciaux) et JP Jones (accessoiriste).

L’Image et le son

Alors évidemment ce n’est pas de la Haute-Définition, mais cette édition DVD s’en sort avec les honneurs, même si le piqué est complètement aléatoire et l’ensemble approximatif sur les séquences agitées. Mais heureusement le reste du temps les détails sont appréciables, notamment sur les gros plans des comédiens, les textures se font ressentir et les contrastes sont élégants.

Les versions anglaise et française sont présentées en Dolby Digital 5.1. Le confort acoustique est total pour ces deux options acoustiques ! Ces deux mixages parviennent sans mal à créer une spatialisation avec des dialogues exsudés avec force, moins en français sans doute, des effets et des ambiances annexes riches, amples et variés. Nul besoin de monter le volume pour profiter pleinement de la bande-son. Le caisson de basses intervient aux moments opportuns et les sous-titres sont amovibles.

Crédits images : © Home Box Office / Warner Bros. / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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