Test Blu-ray / Rogue, réalisé par M.J. Bassett

ROGUE réalisé par M.J. Bassett, disponible en DVD et Blu-ray le 3 mars 2021 chez AB Vidéo.

Acteurs : Megan Fox, Philip Winchester, Greg Kriek, Brandon Auret, Jessica Sutton, Kenneth Fok, Isabel Bassett, Adam Deacon…

Scénario : Isabel et M.J. Bassett

Photographie : Brendan Barnes

Musique : Jack Halama & Scott Shields

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 2020

LE FILM

Samantha et son équipe de mercenaires sont envoyés en Afrique pour sauver la fille d’un diplomate ayant été kidnappée, avec d’autres jeunes filles. Une fois arrivés, ils parviennent à récupérer les otages mais sont obligés de prendre la fuite à travers la savane. Pourchassés par ceux qu’ils viennent d’attaquer, ils vont devoir faire face à un autre danger tout aussi mortel…

Tiens, revoilà Megan Fox, celle qui changeait son joint de culasse en posture du chien tête en bas et en jean slim dans Transformers ! Elle revient en haut de l’affiche d’un film où cette fois elle ne donne pas la réplique à des Tortues Ninja, mais bel et bien à quelques acteurs en chair et en os. D’ailleurs, de la chair et des os il y en a dans Rogue, dernier long-métrage de M.J. Bassett, révéléE en 2002 avec son film d’horreur La Tranchée – Deathwatch. On ajoute le e en majuscule, car depuis Michael J. Bassett est devenue une femme, mais ça c’est une autre histoire. La réalisatrice (donc) a toujours aimé le genre fantastique et l’épouvante, signant Solomon Kane (2009) et surtout Silent Hill: Revelation 3D en 2012, la suite du film de Christophe Gans. Ensuite, M.J. Bassett a délaissé quelque peu le cinéma pour la télévision, pour se consacrer aux séries Strike Back, Ash vs Evil Dead, Altered Carbon et Power. Puis, elle revient avec Inside Man : Most Wanted, suite du phénoménal Inside Man : L’Homme de l’intérieur (2006) de Spike Lee, qui sort directement en format direct-to-video. Ce qui nous amène donc à Rogue, très bon survival, souvent conspué par la critique, qui s’avère pourtant une excellente série B dans laquelle Megan Fox, à l’instar de Nicolas Cage dans Primal et Sophie van Winden dans Prédateur de Dick Maas, affronte un félin entièrement réalisé en (mauvaises) images de synthèse. Si la créature est indéniablement ratée, cela n’empêche pas de prendre un sacré pied devant ce Rogue, qui offre aux spectateurs des séquences de fusillades et d’affrontements particulièrement brutaux. Alors si vous cherchez un divertissement franchement pas honteux pour votre samedi soir et bien plus sanglant qu’un duo Florent Pagny – Amel Bent (quoique), faites confiance à Rogue !

Dans les prairies de l’Afrique de l’Est, une équipe de mercenaires, dirigée par Samantha O’Hara, parvient à sauver la fille d’un gouverneur sud-africain, ainsi que deux autres prisonnières, qui ont été enlevées par un certain Zalamm, un seigneur de guerre extrémiste, et ses sbires qui sont spécialisés dans la traite d’êtres humains. Après une fusillade, dans laquelle plusieurs de ses soldats perdent la vie, O’Hara et ses hommes sont aussitôt traqués et n’ont pas d’autre choix que de fuir dans la savane, avant de sauter dans une rivière pour leur échapper. En attendant une extraction organisée par leurs employeurs, le groupe de mercenaires trouve refuge temporairement dans une ferme abandonnée qui s’avère appartenir à des braconniers experts dans le trafic d’animaux sauvages et exotiques. Or, ils y découvrent des traces de sang à l’intérieur. Dès lors, ils se rendent compte qu’ils vont devoir survivre face à une lionne vorace qui a dévoré les anciens propriétaires…

On ne misait pas un kopeck sur Rogue, énième DTV, que rien ne semblait distinguer du tout-venant. Après une scène d’exposition où la réalisatrice montre frontalement le commerce illégal auquel se livrent quelques personnages à la mine patibulaire en Afrique de l’Est, qui précède l’évasion d’une lionne prête à en découdre avec ceux qui lui ont volé ses petits, on passe à la préparation d’un assaut d’une bande de mercenaires menés par Samantha O’Hara, alias Megan Fox, qui dans le feu de l’action restera toujours aussi bien maquillée et coiffée, les sourcils dessinés, la duck-face proéminente, le mascara bien appliqué, avec un léger sébum qui contrarie le fond de teint. Puis, c’est parti pour une vingtaine de minutes d’action non-stop, menée sans temps mort et surtout très bien filmée, des gunfights bien bourrins, une évasion qui s’enchaîne avec une poursuite en véhicules tout-terrain où ceux que l’on pensait être les héros du film aux côtés de Megan Fox commencent à tomber comme des mouches. Puis, nos protagonistes se retrouvent dans une impasse et sont obligés de sauter d’une falaise dans une rivière pour échapper à leurs poursuivants, des terroristes au sourire carnassier. Quelques heures plus tard, nos soldats et les jeunes nanas qu’ils ont réussi à arracher aux griffes de leurs tortionnaires, et croisé la route d’un crocodile également en images de synthèse (aussi foirées que celui de L’Effaceur avec Schwarzy il y a vingt-cinq ans) trouvent refuge dans une ferme isolée. Ce qu’ils ne savent pas, contrairement aux spectateurs, c’est qu’il s’agit du lieu présenté dans la première scène du film, le repaire des braconniers déchiquetés par la lionne. Ils ne vont pas tarder à regretter leurs premiers ennemis, car la lionne est bien décidée à faire de nouvelles victimes…

Loin d’être une série Z ou un nanar comme certains ont pu le déclarer ici et là, et qui feraient mieux de revoir leur définition d’un mauvais film sympathique ou même d’un navet, Rogue est une pure série B, un petit spectacle qui remplit largement son contrat, généreux avec son audience complice et qui n’attendait rien de plus que de voir Megan Fox moulée dans son treillis, se retrouver face-à-face avec un félin vraisemblablement confectionné en CGI sur un Amstrad 6128+. De plus, le reste du casting est impeccable, notamment Philip Winchester, déjà présent dans Solomon Kane et Strike Back (à laquelle on peut penser ici), qui s’impose sans mal dans la peau du mercenaire Joey avec son charisme bourru et son humour pince-sans-rire. Une belle révélation.

Rogue bifurque du film de guerre diurne au survival nocturne, avant de mixer un peu le tout dans un dernier tiers diablement agité qui repose aussi bien sur une mise en scène inventive, un montage nerveux (et compréhensible) et des acteurs convaincants avec leur pétoire. On n’en demandait pas plus et on est finalement conquis.

LE BLU-RAY

C’est grâce à AB Vidéo que Rogue débarque dans nos bacs, aussi bien en DVD qu’en Haute-Définition. Le visuel de la jaquette met évidemment Megan Fox au premier plan, et son adversaire principal, une lionne, dans le petit coin en bas à droite. Le menu principal est animé et musical.

L’interactivité se résume à la bande-annonce du film.

L’Image et le son

Le Blu-ray est au format 1080p. Les partis pris sont respectés une gestion des contrastes (tranchants) fabuleuse, et des séquences sombres aussi soignées. Le piqué est ciselé, y compris sur les scènes les plus agitées du film. La photo pas dégueu du chef opérateur Brendan Barnes (Mia et le Lion Blanc de Gilles de Maistre) est habilement retranscrite avec un beau lot de détails sur les séquences diurnes, aux quatre coins du cadre large. Ces dernières sont d’ailleurs lumineuses, la profondeur appréciable, la colorimétrie beaucoup plus vive, souvent chatoyante ou froide (dès que la nuit tombe), et le relief y est palpable. N’oublions pas la densité des noirs. Au final, en dehors de quelques petites saccades sur les mouvements rapides, AB Vidéo nous livre un remarquable master HD de Rogue.

Le film profite à fond de l’apport HD pour en mettre plein les oreilles grâce à une piste DTS-HD Master Audio 5.1 anglaise spectaculaire. Le score très présent de Scott Shields (Strike Back) est délivré par l’ensemble des enceintes, les basses sont souvent sollicitées, tout comme les latérales qui créent un environnement acoustique percutant. Les dialogues sont dynamiques et solidement délivrés par la centrale, jamais noyées par les nombreux effets sonores – les balles qui fusent de partout lors des fusillades – et la musique. Que ceux qui ne seraient pas habitués à la version originale se rassurent, le spectacle est également largement assuré avec la piste française DTS-HD Master Audio 5.1. L’éditeur joint également deux pistes Stéréo. Le changement de langue est impossible à la volée et nécessite le recours au menu contextuel. Les sous-titres français sont imposés sur la piste anglaise.

Crédits images : © AB Vidéo / Mannequin Phoenix (Pty) Ltd, and Phoenix Wallace Limited / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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