Test Blu-ray / Reminiscence, réalisé par Lisa Joy

REMINISCENCE réalisé par Lisa Joy, disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD le 23 décembre 2021 chez Warner Bros.

Acteurs : Hugh Jackman, Rebecca Ferguson, Thandiwe Newton, Cliff Curtis, Marina de Tavira, Daniel Wu, Mojean Aria, Brett Cullen…

Scénario : Lisa Joy

Photographie : Paul Cameron

Musique : Ramin Djawadi

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 2021

LE FILM

Dans un futur proche, Miami a été submergé par les flots, suite aux effets du changement climatique. Un enquêteur privé, Nick Bannister, est engagé par des clients afin de retrouver leurs précieux souvenirs. Au cours de sa dernière affaire, il tombe éperdument amoureux de sa cliente. A sa disparition, le détective est désemparé et se lance à sa recherche. Il se retrouve alors perdu dans une boucle temporelle et découvre des aspects de sa personnalité qu’il ne connaissait pas auparavant.

Une bande-annonce, un concept et même une affiche qui fait bougrement penser à Inception…et quand on creuse, on se rend compte que Reminiscence est le premier long-métrage de Lisa Joy, qui n’est autre qu’une des créatrices, scénaristes et réalisatrices de la série HBO Westworld et la compagne de Jonathan Nolan, le frère de celui dont on ne doit pas prononcer le nom sur Homepopcorn. Et on est conquis. Pas de style boursouflé à la Christopher Nolan (ah zut, on l’a dit), aucun ennui non plus, rien de prétentieux, Reminiscence est un film de science-fiction néo-noir qui repose sur un scénario très intelligent, qui comblera à la fois les amateurs de SF sophistiquée, mais aussi les cinéphiles nourris de références au cinéma américain des années 1940-50. Porté par un casting quatre étoiles, avec Hugh Jackman en tête, Reminiscence s’est mangé un sacré bide au box-office, ne rapportant que 15 millions de dollars dans le monde entier, pour une mise de départ (hors promotion) de 70 millions. Pourtant, il s’agit de ce qu’on a vu de plus enthousiasmant ces derniers mois dans le genre, d’autant plus que Reminiscence mise sur ce qui a systématiquement fait défaut dans la famille Nolan, l’émotion. Une bien belle découverte.

Dans un avenir proche, le changement climatique a provoqué la montée des eaux et inondé Miami. Les températures diurnes extrêmes ont forcé la majeure partie de la population à vivre la nuit. Nick Bannister (Hugh Jackman) et son ami Watts (Thandiwe Newton) exploitent une entreprise qui permet aux gens de revivre leurs souvenirs. Un jour, une cliente sans rendez-vous, Mae (Rebecca Ferguson), demande leur aide pour retrouver ses clés. Nick est instantanément attiré par elle; en observant ses souvenirs de cette soirée, il apprend qu’elle est chanteuse de boîte de nuit et ressent un lien avec elle lorsqu’elle chante sa chanson préférée. Nick et Mae commencent une relation, bien que Watts se méfie d’elle. Des mois plus tard, Mae disparaît. Espérant trouver un indice, Nick passe des heures à revivre ses souvenirs de leur relation, une pratique dangereuse qui pourrait le piéger à jamais dans sa mémoire. Le procureur Avery Castillo (Natalie Martinez) engage Nick et Watts pour récupérer les souvenirs d’un suspect tombé dans le coma, qui travaillait pour un baron de la drogue nommé Saint Joe (Daniel Wu) à la Nouvelle-Orléans. Dans les souvenirs de l’homme, Nick apprend que Mae était autrefois la maîtresse de Saint Joe et était devenue accro au Baca, une drogue locale. Les souvenirs révèlent également que Mae a volé la réserve de Baca de Saint Joe avant de s’enfuir. Nick est dévasté d’apprendre que la femme dont il était amoureux était toxicomane, ce que Watts savait déjà. Nick se rend à la Nouvelle-Orléans et rencontre Saint Joe, qui lui apprend que Mae n’est jamais réapparue. Saint Joe demande à ses hommes de se débarrasser de Nick, mais Watts le sauve de justesse. De retour à Miami, Nick fait revivre à Watts sa dernière rencontre avec Mae et découvre que Mae a fait irruption dans le coffre-fort où ils stockent les enregistrements des souvenirs de leurs clients. Ils découvrent que Mae a volé des enregistrements d’Elsa Carine (Angela Sarafyan), une cliente qui a revécu à plusieurs reprises ses rendez-vous avec un amant plus âgé et riche. Nick reconnaît la voix de son amant en tant que Walter Sylvan (Brett Cullen), un riche homme d’affaires récemment décédé. Et si tout était lié depuis le début ? Mae a-t-elle jamais aimé Nick ? Quels étaient les rapports entre Mae et Sylvan ?

Reminiscence est un savoureux mélange des genres, qui impose d’emblée un univers singulier, une vision originale d’un futur proche ancrée dans une science-fiction parasitée par le film noir. La voix-off, souvent rattachée aux enquêtes des détectives privés à galurin et gabardine, est très présente, sans être envahissante, et s’intègre parfaitement à cette intrigue mystérieuse, qui rappelle certains classiques comme Le Faucon maltais et Le Grand sommeil. Lisa Joy fait preuve d’un réel talent comme directrice d’acteurs, tous exceptionnels dans Reminiscence. Hugh Jackman est une fois de plus formidable, un monstre de charisme qui livre une nouvelle performance quatre ans après Logan de James Mangold et deux ans après Bad Education de Cory Finley, production HBO inspirée d’une histoire vraie. Il donne ici la réplique à la magnifique Thandiwe Newton, l’une des stars de la série Westworld, dans laquelle elle interprète Maeve Millay. La confrontation entre les deux comédiens est l’un des gros points forts de Reminiscence. De Westworld, Lisa Joy a aussi transféré la superbe Angela Sarafyan, l’une des grandes révélations de la série, dans laquelle elle joue l’inoubliable Clementine Pennyfeather. Enfin, le comédien est décidément bien entouré, puisque son personnage tombe amoureux (et on le comprend) de Rebecca Ferguson, qui avait explosé dans Mission impossible : Rogue Nation de Christopher McQuarrie, dans lequel elle volait la vedette à Tom Cruise, qui a ensuite largement confirmé son potentiel dans Life : Origine inconnue de Daniel Espinosa, Doctor Sleep de Mike Flanagan et Dune de Denis Villeneuve, qui avait déjà croisé à Hugh Jackman dans le ronflant The Greatest Showman de Michael Gracey. Elle est l’incarnation rêvée de l’envoûtante femme fatale.

De l’autre côté de la caméra, Lisa Joy a pu compter sur ses complices de Westworld, avec le surdoué Ramin Djawadi à la baguette, Paul Cameron (The Passenger, Déjà vu, Collateral, Opération Espadon) à la photographie, Mark Yoshikawa au montage, Howard Cummings aux décors, bref, la réalisatrice a préféré faire confiance à son équipe habituelle. Bien lui en a pris, car Reminiscence est un premier film très prometteur, beau à regarder hormis quelques plans plus bancals en images de synthèse, à l’instar du (faux) travelling et plan-séquence qui ouvre l’histoire et plante le décor impressionnant de Miami envahi par les flots. Hugh Jackman a toujours eu cette capacité à rendre ses personnages à fleur de peau, fragiles comme du cristal derrière une forte carapace et sa taille imposante d’1m88. Celui de Nick ne déroge pas à la règle. Il est immédiatement attachant et même bouleversant au fur et à mesure que le spectateur découvre ses failles, ses blessures, ses cicatrices jamais refermées. Le récit à tiroirs se suit sans difficultés, sur un rythme maîtrisé, les rebondissements et retournements de situation s’enchaînent du début à la fin et l’ensemble s’avère suffisamment complexe, sans dialogues pompeux (coucou les Nolan !), avec un fond social qui n’est pas sans rappeler les romans de James Lee Burke. On se dit d’ailleurs que Hugh Jackman aurait fait un parfait Dave Robicheaux.

Le tout se double d’une réflexion sur cet attachement aux souvenirs, aux images et donc au cinéma d’antan forcément, auquel les spectateurs semblent de plus en plus attachés (il n’y a qu’à voir le triomphe insensé du dernier Spiderman), comme si le fait de revenir à ce qui a fait son bonheur d’autrefois était synonyme de réussite et donc de succès. Et si le monde de plus en plus englouti dans le film de Lisa Joy était en réalité le cinéma ? Si l’on accepte les partis pris parfois très romanesques, Reminiscence s’avère sans nul doute un des plus beaux et ambitieux divertissements de l’année 2021.

LE BLU-RAY

Disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD, Reminiscence nous a été confié en Haute Définition par Warner. Le disque repose dans un boîtier écologique (moins de plastique donc) de couleur bleue. Le visuel de la jaquette reprend celui de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est fixe et musical.

L’éditeur livre un making of éclaté en quatre modules (27′ au total), composés d’entretiens avec les comédiens, la réalisatrice, le chef opérateur, le monteur, la créatrice des costumes, les responsables des décors et des effets visuels, ainsi que de nombreuses images de tournage. Tout est ici en mode promo, mais l’ensemble se suit agréablement. On apprend entre autres que l’équipe des effets spéciaux ont créé un véritable dispositif appelé « hologauze », grâce auquel les souvenirs des personnages étaient projetés directement sur une installation constituée de nylon, devant lesquels les acteurs pouvaient interagir en direct, sans avoir à tourner devant un fond vert. Un effet holographique en 3D impressionnant.

L’interactivité se clôt sur un clip vidéo, dans lequel apparaît Thandiwe Newton dans la peau de son personnage.

L’Image et le son

Comme d’habitude, Warner soigne son master HD qui se révèle exemplaire. Les contrastes sont d’une densité rarement démentie, y compris sur séquences sombres, avec une image sans cesse affûtée. La clarté demeure frappante, le piqué est acéré, les gros plans riches, les contrastes denses et la colorimétrie reste chatoyante. Les détails sont légion aux quatre coins du cadre large et la copie restitue les volontés artistiques du chef opérateur Paul Cameron. Ce Blu-ray offre de fabuleuses conditions pour revoir le film de Lisa Joy et profiter de la superbe photographie. L’apport HD sur ce titre est évidemment indispensable.

Le mixage français Dolby Digital 5.1 laisse pantois par sa pauvreté acoustique. Aucune dynamique, soutien classique des latérales, basses légères. Elle n’arrive évidemment pas à la cheville de l’explosive piste anglaise Dolby Atmos-TrueHD avec ses dialogues remarquablement placés sur la centrale, les frontales saisissantes, les effets et ambiances riches et explosives, les enceintes arrière instaurent constamment un environnement musical, tout comme le caisson, mis à rude épreuve, qui n’en finit pas de marteler les séquences les plus mouvementées ou même quand les véhicules ne font que rouler tranquillement. Un grand spectacle acoustique.

Crédits images : © Warner Bros. / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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