
RED SONJA réalisé par M.J. Bassett, disponible en DVD & Blu-ray le 11 septembre 2026 chez Metropolitan Film & Video.
Acteurs : Matilda Lutz, Robert Sheehan, Wallis Day, Luca Pasqualino, Michael Bisping, Martyn Ford, Eliza Matengu, Danica Davis…
Scénario : Tasha Huo, d’après l’oeuvre de Robert E. Howard & Roy Thomas
Photographie : Lorenzo Senatore
Musique : Sonya Belousova & Giona Ostinelli
Durée : 1h51
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Réduite en esclavage par un tyran maléfique qui souhaite détruire son peuple, Sonja la barbare doit réunir un groupe de guerriers improbables afin d’affronter Draygan et son épouse impitoyable, Annisia.

Attention, la voilà, elle arrive, elle est là, les amis tous avec moi…Red Sonja, Red Sonja, Red Sonja (air connu). Elle revient au cinéma et elle n’est pas contente. Vous non plus d’ailleurs une fois que vous aurez découvert le résultat…Le personnage créé par Roy Thomas et Barry Windsor-Smith, inspiré par les nouvelles de Robert E. Howard, relayé par Marvel et Dynamite Entertainment sous la forme de comics avait déjà connu les « honneurs » d’une adaptation au cinéma en 1985 dans Kalidor de l’immense Richard Fleischer, alors en fin de carrière, interprétée par Brigitte Nielsen. Si les années ont principalement retenu la participation d’Arnold Schwarzenegger, et ce qui aurait dû être sa troisième prestation dans la peau (de bête) de Conan, l’actrice n’avait pas à rougir de la sienne et a tout de même réussi à marquer l’esprit des spectateurs. Tourné en 2022, Red Sonja est cette fois emballé par M.J. Bassett (après que le projet soit passé entre les mains de Robert Rodriguez, Simon West, Bryan Singer), réalisatrice (anciennement Michael J. Basset) qui a oeuvré sur quelques séries (NCIS : Tony & Ziva, Strike Back, Ash vs Evil Dead, Reacher), mais aussi pour le cinéma avec Solomon Kane (2009) et surtout Silent Hill: Revelation 3D (2012) et Inside Man : Most Wanted, suite du phénoménal Inside Man : L’Homme de l’intérieur (2006) de Spike Lee. Après Rogue, très bon survival et même excellente série B dans laquelle Megan Fox, à l’instar de Nicolas Cage dans Primal et Sophie van Winden dans Prédateur de Dick Maas, affrontait un félin entièrement réalisé en (mauvaises) images de synthèse, « iel » revient (on ne sait jamais comment dire ou écrire) avec cette production Millennium Media au budget estimé à 17 millions de dollars. Alors autant le dire d’emblée, le manque de moyens se sent instantanément et le film n’aura de cesse d’essayer de faire passer des vessies pour des lanternes. Rien ne fonctionne dans cette tentative de reboot, qui aura mis au moins une bonne décennie pour éclore aux yeux (qui saignent) des spectateurs, tourné en 2022 (avec une équipe qui arborait encore les masques FFP2 des suites de la Covid-19), puis resté dans l’ombre jusqu’en 2025-2026. On ne dira pas que le résultat est catastrophique, on a vu bien pire, le choix de Matilda Lutz (révélée dans le lénifiant Revenge de Coralie Fargeat) était plutôt une bonne idée (avant elle, Rose McGowan et Amber Heard avaient été envisagées), mais tout ce qui tourne autour (le reste quoi) fait constamment osciller le film entre le navet et le nanar. À vous de juger certes, mais vous ne pourrez pas dire que vous n’aviez pas été prévenus !


Après le massacre de son peuple et des années d’esclavage, Red Sonja s’évade et prend la tête d’une horde de guerriers pour affronter le tyran Dragan. Entre magie noire, créatures fantastiques et batailles épiques, elle s’engage dans une quête de vengeance qui pourrait changer le destin de tout un royaume.


On ne retient évidemment pas grand-chose de Red Sonja, à part sa tête d’affiche, filmée sous tous les angles (bien arrondis), en (très) petite tenue, arborant presque un string en cotte de mailles et un soutif en aluminium renforcé. À un moment donné, il faut savoir renoncer au comic accurate. Elle donne du sien Matilda Lutz dans la peau de la guerrière d’Hyrkania, galope sur son fidèle destrier (le plus convaincant du film), manie l’arme blanche, fronce le sourcil droit quand elle a peur, le gauche quand elle est en colère, ferme les yeux quand elle se souvient de son enfance, avant de trancher dans le lard de celles et ceux qui l’importunent et marchent sur les champignons dont elle était en train de humer le bon parfum d’humus.


L’un des grands problèmes de Red Sonja est son absence de grand méchant, rôle tenu ici par Robert Sheehan, vu dans Le Dernier des Templiers – Season of the Witch de Dominic Sena, The Mortal Instruments : La Cité des ténèbres – The Mortal Instruments: City of Bones de Harald Zwart et la série Umbrella Academy, qui ressemble plus à un candidat de la Star Academy ou de The Voice, qu’à un oppresseur persécuteur. Quelques éléments sortent du lot, à l’instar de Wallis Day, qui vole quasiment la vedette dans le rôle d’Annisa, personnage « tragique » (les guillemets étant tout de même de rigueur), indéniablement le plus intéressant du récit par son ambiguïté, l’actrice étant d’ailleurs plus charismatique que Matilda Lutz. Les « à mateurs » reconnaîtront le buste de Rhona Mitra, qui a autant à défendre dans ce film que dans Beowulf il y a un quart de siècle. C’est dire si elle a fait du chemin depuis.


Le scénario compile tous les poncifs du genre, cette fois passés à la sauce féministe (nous sommes dans les années 2020 tout de même), autrement dit qui alourdissent constamment le message du type Miss France « L’amour, c’est mieux que la guerre, surtout quand c’est une femme qui mène la bataille ». Ajoutons à cela des effets spéciaux standards, pour ne pas dire sans âme, des décors en carton-pâte, des dialogues dignes d’une série AB Vidéo et des séquences d’affrontements qui nous font vraiment regretter que Warcraft : Le Commencement de Duncan Jones n’ait jamais eu de séquelle, tout comme Les Barbarians de Ruggero Deodatro (si si)…


Si la production a été houleuse et interminable, la sortie de Red Sonja a été sacrifiée avec une sortie (très) limitée dans les salles et une distribution principalement en VOD…Le tout aurait rapporté à peine 300.000 dollars à travers le monde (oups) et on est prêt à parier que la suite teasée dans le générique de fin n’aura jamais lieu…On dira que le film reste divertissant si vous avez pris soin de vous armer avant d’une Belzebuth 13°…


LE BLU-RAY
C’est chez Metropolitan Film & Video que Red Sonja débarque finalement en France, en DVD et en Blu-ray. Le visuel de la jaquette ne manquera pas de taper dans l’oeil des amateurs de jolies nanas et/ou d’heroic fantasy. Le menu principal est animé et musical.

Si vous désirez en savoir plus sur le film, dirigez-vous sur le making of d’une durée de huit minutes. De nombreuses images de tournage illustrent les propos de l’équipe (acteurs, producteurs, les responsables techniques, mais aucune trace de la réalisatrice). Chaque intervenant s’exprime sur ce qui fait « l’originalité » de leur version cinématographique de la célèbre héroïne aux cheveux flamboyants, même s’ils n’ont pas l’air d’y croire eux-mêmes. Mais il faut bien défendre son steak comme on dit ma bonne dame ! On y évoque aussi brièvement les personnages et leurs motivations, ainsi que le boulot de la metteuse en scène, visiblement très impliquée sur le plateau comme on peut le constater à plusieurs reprises. Mais tout ça pour ça, mieux vaut ne pas s’agiter autant…














L’autre module d’une durée de 23 minutes est une compilation d’images de tournage et de plateau, non sous-titrées, mais qui donne un réel aperçu de cette production, notamment les conditions de prises de vues dans les forêts bulgares.











L’Image et le son
Comme d’habitude, l’éditeur soigne son master HD qui se révèle quasi-exemplaire. Le label « Qualité Metropolitan » est donc encore une fois au rendez-vous pour le Blu-ray de Red Sonja. L’image bénéficie d’un codec AVC de haut niveau, les contrastes sont d’une densité rarement démentie, tandis que les détails impressionnent aux quatre coins du cadre large. Certains plans étendus sont magnifiques et tirent entièrement parti de cette « indispensable » élévation en Haute définition. La silhouette de Matilda Lutz peut être analysée sous toutes ses coutures, les ombres et les lumières s’accordent parfaitement avec des scènes ambrées en extérieur et plus froides en intérieur, le tout ayant été entièrement repris au niveau de l’étalonnage en postproduction. La clarté demeure frappante, le piqué est affûté et les partis pris esthétiques spécifiques restitués. En dépit de quelques fléchissements et des images numériques très médiocres qui tendent à ressortir (durant l’affrontement dans l’arène), ce Blu-ray est évidemment une franche réussite technique.

Les mixages anglais et français DTS-HD Master Audio 5.1 assurent un maximum, le spectacle acoustique est total. Il faut dire que la musique est omniprésente et jouit d’une spatialisation constante grâce au soutien énergique des latérales, qui fourmillent d’effets dès le prologue. Les dialogues sont toujours nets, la balance frontale est puissante et tout se met enfin en branle lors des séquences d’action, affrontements en tous genres, avec un beau ramdam de tous les diables. Le caisson de basses peut enfin se réveiller ! Au jeu des différences, la piste française au doublage rigolo se révèle peut-être moins riche et naturelle dans son rendu que son homologue. La version originale est donc plus fluide et homogène.



Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
