Test Blu-ray / L’Intérêt d’Adam, réalisé par Laura Wandel

L’INTÉRÊT D’ADAM réalisé par Laura Wandel, disponible en DVD et Blu-ray le 20 août 2026 chez Memento Distribution.

Acteurs : Léa Drucker, Anamaria Vartolomei, Jules Delsart, Alex Descas, Laurent Capelluto, Claire Bodson, Sonia Bekam, Max Robin…

Scénario : Laura Wandel

Photographie : Frédéric Noirhomme

Durée : 1h18

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Adam, 4 ans, est hospitalisé pour malnutrition à la suite d’une décision de justice. Lucy, l’infirmière en chef autorise la mère d’Adam à rester auprès de son fils au-delà des heures de visite fixées par le juge. Mais la situation se complique quand celle-ci refuse une nouvelle fois de quitter son fils. Dans l’intérêt de l’enfant, Lucy fera tout pour venir en aide à cette mère en détresse.

Si on le pouvait, on décernerait bien un César de la meilleure actrice tous les ans à Léa Drucker. Quand bien même la comédienne a été couronnée cette année pour Dossier 137 de Dominik Moll, elle l’aurait tout autant mérité pour L’Intérêt d’Adam, sorti en septembre 2025. Deuxième long-métrage de la réalisatrice belge – comme les frères Dardenne, qui produisent d’ailleurs le film – Laura Wandel (née en 1984), remarquée en 2021 avec le superbe Un monde (Prix Fipresci Un certain regard, 7 Magritte et multi-récompensé à travers le monde), qui traitait à hauteur d’enfant du harcèlement en jeune milieu scolaire, L’Intérêt d’Adam est une autre nouvelle immersion, cette fois dans le milieu hospitalier. À l’instar d’Hippocrate de Thomas Lilti, Voir le jour de Marion Laine, Sage-homme de Jennifer Devoldère, En première ligne de Petra Volpe et Au bord du monde de Guérin van de Vorst et Sophie Muselle, sans parler de la dernière série en date The Pitt, la caméra suit le personnage principal le temps d’une nuit, en flirtant parfois avec le documentaire, avec une mise en scène – souvent composée de plans-séquences- qui épouse le rythme de celle que la caméra (portée) suit de couloir en couloir, de chambre en chambre. La cinéaste place son récit au sein d’une unité pédiatrique, où les tensions sont sans doute les plus exacerbées, les patients les plus fragiles, leurs parents à fleur de peau. Le spectateur retient son souffle durant ces folles, passionnantes et déchirantes 75 minutes. Laura Wandel filme l’hôpital comme un vaisseau, comme une entité qui regroupe les différents milieux sociaux, où le degré d’urgence doit être décidé en un quart de seconde, sachant que le personnel, réduit, en crise, doit accueillir tous ceux qui se présentent. Comme dans Un monde, Laura Wandel s’intéresse encore une fois au monde de l’enfance, à un petit garçon et donc à sa mère, que la vie est peut-être sur le point de séparer. On ressort lessivé et bouleversé de L’Intérêt d’Adam, ébloui par la performance de Léa Drucker et d’Anamaria Vartolomei et certain d’avoir assisté à l’explosion d’une immense metteuse en scène.

À l’hôpital, Lucie, infirmière en chef du service pédiatrique, est témoin de la rigidité du système face à une femme qui n’est autorisée à visiter son fils, Adam, 4 ans, considéré comme ayant un problème de malnutrition, que deux fois par jour, celui-ci refusant de s’alimenter sans la présence de sa mère, Rebecca. Mais la mère, qui demande une autorisation exceptionnelle pour rester dormir avec Adam, ne semble pas se rendre compte que son comportement n’arrange pas les choses et qu’elle pourrait bien perdre tout droit de visite…

Je ne veux pas être mort !

Le rôle principal a été spécialement écrit pour Léa Drucker. Nous en parlions dans notre article consacré à Dossier 137, la comédienne a sérieusement pris du galon depuis Jusqu’à la garde de Xavier Legrand. Sa récente prestation dans L’Été dernier de Catherine Breillat a laissé pantois, tout comme dernièrement dans La Vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet. Dans L’Intérêt d’Adam, elle est de toutes les séquences, de tous les plans, elle éblouit, subjugue, épate par son naturel, sa beauté diaphane, son regard laser, en infirmière dévouée et empathique. À ses côtés, on est tout autant envoûté par la présence d’Anamaria Vartolomei. Celle que l’on avait découvert en 2011 dans My Little Princess d’Eva Ionesco est devenue l’une des actrices les plus convoitées du cinéma français. Présente aussi bien dans le domaine du blockbuster (le merveilleux diptyque La Bataille de Gaulle, Le Comte de Monte-Cristo) que dans le cinéma d’auteur plus confidentiel comme c’est le cas ici, elle crève l’écran systématiquement et son regard affolé dans L’Intérêt d’Adam, celui d’une mère vulnérable, mais forte, qui a perdu ses repères et pense faire le bien de son petit garçon, est de ceux qu’on ne saurait oublier.

C’est aussi l’occasion de parler d’un comédien précieux, présent dans le paysage cinématographique depuis une vingtaine d’années, Laurent Capelluto. Celui qui a tout de même à son C.V. des réalisateurs de renom comme Arnaud Desplechin, Jaco Van Dormael, Michael Haneke, Jérôme Bonnell, Hirokazu Kore-eda, Pierre Salvadori, excusez du peu, retrouve Laura Wandel, avec laquelle il avait déjà collaboré sur Un monde. Il est encore une fois impeccable, tout comme le trop rare Alex Descas, que l’on n’avait pas vu au cinéma depuis Maya de Mia Hansen-Løve en 2018. Et puis n’oublions pas le petit Jules Delsart, vraiment bluffant pour son premier rôle au cinéma.

L’Intérêt d’Adam est un sacré, éprouvant et percutant tour de force, un rollercoaster émotionnel, qui nous emmène auprès d’un service qui doit s’occuper de maltraitance envers les enfants, sujet ô combien casse-gueule, mais magistralement traité par Laura Wandel, maîtresse de son récit qu’elle ne perd jamais, dirigeant sa distribution (qu’elle n’a pas épargné avec parfois 40 prises par scène) avec virtuosité, le tout soutenu par une photographie élégante du talentueux Frédéric Noirhomme (Jouer avec feu, Paul Sanchez est revenu !) et un montage aussi nerveux que pour un film d’action, ce que le film est d’une certaine façon.

LE BLU-RAY

L’Intérêt d’Adam aura mis quasiment un an pour sortir en DVD et en Blu-ray en France ! Sorti en septembre 2025, le film de Laura Wandel aura réussi à attirer près de 100.000 spectateurs. C’est chez Memento Distribution que vous trouverez cette précieuse galette. Le visuel de ce boîtier Slim Digipack reprend celui de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est fixe et musical.

Aucun supplément. Quel dommage…

L’Image et le son

Les volontés artistiques du réalisateur et du chef opérateur Frédéric Noirhomme sont heureusement préservées à travers cet élégant master HD. La photographie est habilement retranscrite grâce à un encodage costaud. Le cadre subjugue dès les premiers plans, les couleurs froides et même glacées flattent la rétine, le piqué s’en sort avec les honneurs. Les contrastes sont assurés, les détails ne manquent pas, les blancs sont éblouissants.

Le confort acoustique est largement assuré grâce au mixage français DTS HD Master Audio 5.1. Point de musique parasite, L’Intérêt d’Adam fait place aux ambiances naturelles de l’hôpital, qui bénéficient d’une très belle spatialisation, les dialogues sont solidement plantés sur la centrale et la balance frontale fluide et limpide. Les plages de silence sont impressionnantes et les effets annexes sont omniprésents. Présence d’une piste Audiodescription, ainsi que des sous-titres français destinés aux spectateurs sourds et malentendants.

Crédits images : © Memento Distribution / Laura Wandel / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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