
LE VIRTUOSE (Tuner) réalisé par Daniel Roher, disponible en DVD le 23 octobre 2026 chez Metropolitan Films.
Acteurs : Leo Woodall, Dustin Hoffman, Havana Rose Liu, Lior Raz, Tovah Feldshuh, Nissan Sakira, Gil Cohen, Jean Reno…
Scénario : Daniel Roher & Robert Ramsey
Photographie : Lowell A. Meyer
Musique : Will Bates
Durée : 1h43
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Doté d’une ouïe exceptionnelle, un jeune accordeur de piano voit sa vie basculer lorsque son talent attire l’attention de criminels qui l’entraînent dans une série de cambriolages de plus en plus risqués. Malgré lui, il s’enfonce dans un engrenage dangereux qui pourrait lui coûter bien plus que sa liberté.

Né en 1993, le réalisateur canadien Daniel Roher, remarqué en 2023 pour avoir remporté l’Oscar du meilleur documentaire pour Navalny, centré sur les événements liés à l’empoisonnement d’Alexeï Navalny, le chef de l’opposition russe, signe son premier long-métrage de fiction avec Le Virtuose ou Tuner en version originale, qui signifie « Accordeur ». C’est ce qu’on aime dans le cinéma, être surpris par un film dont on n’attendait rien ou pas grand-chose, et qui se révèle être un vrai petit bijou. Le Virtuose est ce qu’on appelle un « grand petit film », qui nous cueille dès l’introduction et qui ne nous lâche plus jusqu’à la dernière seconde. Remarquablement mis en scène, Tuner est un polar à l’ancienne teinté de romance, le tout nappé de piano et de jazz, qui réserve son lot de surprises et qui possède un charme qu’on pourrait aussi qualifié de rétro. Enfin, il confirme le talent et le charisme d’un acteur qui a le vent en poupe, le britannique Leo Woodall, remarqué dans la saison 2 de la série The White Lotus, vu au cinéma dans Bridget Jones : Folle de lui – Bridget Jones: Mad About the Boy, Nuremberg de James Vanderbilt et qui aura bientôt l’un des rôles principaux dans The Lord of the Rings: The Hunt for Gollum d’Andy Serkis. Si vous avez l’occasion, n’hésitez pas une seule seconde et donnez une chance à ce Virtuose, vous ne le regretterez pas !



Niki White est l’apprenti de Harry Horowitz, un accordeur de pianos new-yorkais et ami de son défunt père. Harry lui enseigne que les notes relèvent davantage du ressenti que du simple son. Bien que musicien doué, Niki souffre d’hyperacousie ; il ne peut plus jouer du piano et doit porter en permanence des protections auditives pour se prémunir contre les bruits trop intenses. Lorsque Harry oublie la combinaison de son coffre-fort, Niki parvient à l’ouvrir en s’appuyant sur son ouïe exceptionnellement fine, se découvrant ainsi un talent pour le crochetage de coffres. Alors qu’il travaille dans un conservatoire de musique, Niki rencontre Ruthie, une pianiste qui aspire à devenir compositrice. Cherchant à la séduire, il l’impressionne par son acuité auditive et ses capacités de mémorisation hors du commun. Plus tard, alors qu’il accorde un piano chez un client fortuné, Niki est gêné par le vacarme de travaux ; il interrompt les ouvriers — un trio en train d’installer un nouveau coffre-fort — pour leur demander quand ils auront terminé. Les trois hommes, originaires d’Israël, se sentent offensés et répondent sèchement que cela prendra des heures, à moins que l’ancien coffre ne soit ouvert. Pour gagner du temps, Niki ouvre le coffre lui-même. Impressionnés, les hommes — menés par un certain Uri — lui proposent de gagner « beaucoup d’argent ».


C’est le type de divertissement qui fleure bon le vintage, qui ne se la ramène pas et qui pourtant épate par l’efficacité de son montage (la présentation des personnages est parfaite), la beauté discrète de sa photographie (Lowell A. Meyer, chef opérateur de Knock at the Cabin et Thunder Road), puis par la fluidité du récit, qui joue habilement avec les genres. On est pris à la fois par la tension qui se resserre sur Niki au fur et à mesure qu’il se retrouve dans quelques affaires louches concoctées par Uri (excellent Lior Raz, vu dans Six Underground de Michael Bay et Gladiator 2 de Ridley Scott), puis par l’histoire d’amour entre Niki et Ruthie (Havana Rose Liu, L’I.A. du mal de Chris Weitz, Her Private Hell de Nicolas Winding Refn), par l’émotion distillée par la relation entre Niki et Harry. Ce dernier est incarné par l’immense Dustin Hoffman, qui aura bientôt 90 ans (oui oui), et qui chose étonnante avait déjà joué dans un autre film baptisé Le Virtuose (Boychoir de François Girard) en France en 2014. Le passage de relais fonctionne, l’alchimie est indéniable et même bouleverse dans Tuner, même si le monstre hollywoodien passe une bonne partie du film allongé dans son lit à l’hôpital.


Niki se révèle petit à petit. Il se confie à sa compagne, lui confesse qu’il a dû suivre des années de thérapie pour apprendre à gérer son hypersensibilité sonore. Il se retrouve alors à un carrefour de son existence, puisque son mentor étant alité, Niki accepte finalement la proposition d’Uri, espérant ainsi racheter l’entreprise d’accordage et épargner à Harry et à son épouse, Marla, des dettes médicales qui les ruineraient. Sous couvert d’une société de sécurité, la bande d’Uri cambriole les demeures luxueuses de ses propres clients.


L’hyperacousie du personnage principal est représentée à l’écran par un grand travail sur le son, qui permet au spectateur de se mettre dans la peau de Niki, tiraillé entre son don et sa malédiction. Une véritable expérience sensorielle et immersive, inattendue, aussi élégante que marquante. Le Virtuose a étonnamment eu une exploitation dans les salles françaises et n’aura attiré que 58.000 spectateurs dans nos contrées. Il vous appartient désormais de découvrir ce petit trésor caché.



LE DVD
Après une sortie très discrète au cinéma chez nous, Le Virtuose apparaît en DVD chez Metropolitan. Le visuel de la jaquette reprend celui de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Seule la bande-annonce est proposée comme supplément.
L’Image et le son
Bien que le film soit complètement passé inaperçu dans nos salles, Le Virtuose bénéficie d’un master SD au transfert soigné et très élégant. Le piqué est soigné, la clarté de mise sur les séquences en extérieur, un léger grain se fait ressentir sur les intérieurs ambrés, feutrés et chauds, le cadre offre un lot conséquent. Évidemment, la copie est d’une propreté immaculée, les contrastes sont denses, et malgré un sensible bruit vidéo, les meilleures conditions techniques sont réunies et la définition est exemplaire.

En anglais comme en français, les mixages Dolby Digital 5.1 parviennent à créer un bon confort acoustique, avec une plus grande homogénéité pour la version originale. Certes, la balance frontales-latérales profite surtout à la superbe musique, mais quelques ambiances naturelles parviennent à percer sur les séquences en extérieur avec les bruits de la circulation new-yorkaise. Les voix sont claires, distinctes, solidement plantées sur la centrale, la spatialisation musicale systématique et le confort acoustique solide. L’éditeur joint également une piste Audiodescription, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.




Crédits images : © Metropolitan FilmExport / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
