Test 4K UHD / 2019 après la chute de New York, réalisé par Sergio Martino

2019 APRÈS LA CHUTE DE NEW YORK (2019 – Dopo la caduta di New York) réalisé par Sergio Martino, disponible en Combo 4K Ultra HD + Blu-ray chez Pulse Vidéo.

Acteurs : Michael Sopkiw, Valentine Monnier, Anna Kanakis, Romano Puppo, Paolo Maria Scalondro, Luigi D’Ecclesia, Edmund Purdom, Serge Feuillard…

Scénario : Ernesto Gastaldi, Sergio Martino & Gabriel Rossini

Photographie : Giancarlo Ferrando

Musique : Guido & Maurizio De Angelis

Durée : 1h35

Année de sortie : 1983

LE FILM

La troisième guerre mondiale a eu lieu. Le souffle de l’atome a ravagé la planète Terre et l’humanité devenue stérile, n’a plus d’avenir. Un aventurier nommé Parsifal va pénétrer dans un New York dévasté pour un y trouver la dernière femme en état de procréer. Mais dans les ruines de la mégapole, les dangers sont nombreux et la mission ne sera pas de tout repos.

Nous sommes en 2019 à New York. Mais avant cela, d’autres dystopies avaient prévu un autre futur. 2019, c’est aussi l’année durant laquelle se déroule Akira de Katsuhiro Ōtomo (1988), The Island (2005) de Michael Bay et Blade Runner (1984) de Ridley Scott. 2019 après la chute de New York doit beaucoup (euphémisme) à la trilogie Mad Max de George Miller, en particulier le deuxième opus et bien sûr à New-York 1997Escape from New York de John Carpenter, avec une petite touche de Star Wars. C’est de l’autre côté des Alpes que ce caro Sergio Martino – sous le pseudo de Martin Dolman – décide de se lancer dans la science-fiction, en surfant sur la vague post-nuke, mais en faisant en sorte que rien ne laisse transparaître que le film a été en grande partie réalisé en Italie. 2019 – Dopo la caduta di New York est un nanar pur et dur, pour lequel les spectateurs ont toujours eu une grande affection, parce que le réalisateur croit en ce qu’il fait et que cela participe mine de rien à sa réussite. Car le spectacle est assuré et si l’on rit plus de raison, quand bien même le metteur en scène était loin de se douter de ce genre de réaction en le faisant, cela ne se fait jamais avec mépris.2019 après la chute de New York est emballé par Sergio Martino, qui depuis le début des années 1980 s’adonne principalement à la comédie, voire à la comédie-érotique aux titres qui vendent du rêve (Les Zizis baladeurs, Sucre, Miel et Piment, Spaghetti a mezzanotte, Croissants à la crème…). 2019 – Dopo la caduta di New York pioche donc par ci par là, comme le cinéma d’exploitation “spaghetti” l’a toujours fait sans vergogne et ceci très souvent pour notre plus grand plaisir. Sergio Martino est malin, il ne laisse aucun répit aux spectateurs pour se rendre compte de la supercherie du scénario. Cependant, son film date de 1983 et annonce étrangement, toutes proportions gardées bien sûr, Les Fils de l’homme de P.D. James, écrit en 1992, dans lequel, dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, une femme parvenait à tomber enceinte, un fait qui ne s’est pas produit depuis une vingtaine d’années, devenant ainsi par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Dans cette histoire aussi, un homme se voyait chargé de sa protection. Avouez qu’il y a de quoi se poser des questions tout de même ! Raison de plus pour se refaire une bonne soirée bière-pizza devant ce divertissement haut de gamme !

Après la Troisième Guerre Thermo-nucléaire, New York n’est plus qu’un camp de concentration dans lequel les despotes recherchent des cobayes humains pour vaincre la stérilité d’une espèce humaine, vouée à une disparition prochaine. Pendant ce temps, dans l’Antarctique, la confédération panaméricaine contacte Arsifal, un aventurier spécialisé dans les combats de gladiateurs motorisés. Aidé de deux mercenaires, celui-ci doit s’introduire dans Manhattan pour y retrouver la dernière femme féconde encore en vie et la ramener…

N’est pas Snake Plissken qui veut ! D’ailleurs, dans le rôle principal, Michael Sopkiw, mannequin américain repéré en Italie, que l’on reverra immédiatement après dans les inénarrables Blastfighter, l’exécuteur et Shark : Le monstre de l’apocalypse de Lamberto Bava, en fait des caisses, roule des mécaniques, en observant les décors au rabais (réalisés à partir de cageots de légumes volés sur un marché) de son regard de poisson mort. Une voix-off installe le récit, au milieu de maquettes naïves. On nous donne quelques informations, très vite, à retenir au risque de ne rien comprendre par la suite. On y parle de monarchie, l’Eurak (ou la réunion de l’Europe, de l’Afrique et du Tibet), qui a déclaré la guerre au reste du monde, devenu par la suite un désert radioactif. Tout ce bordel a entraîné des transformations génétiques, l’infertilité. 20 ans de guerre atomique les enfants ! Pas étonnant qu’aucun bébé n’ait vu le jour depuis dix piges !

Heureusement, la Fédération veille au grain et décide d’engager un mercenaire, qui s’amuse à faire des courses de bagnole tunées dans une carrière pour passer le temps, afin d’infiltrer la ville de New York. La Grosse Pomme est devenue un trognon bien pourri, surtout depuis que ce qui reste de la ville est dirigé par les Euraks, montés sur leurs grands chevaux, au sens propre comme au figuré. Tout cela pour de venir en aide à la dernière femme fertile de la Terre. Une fois celle-ci récupérée, elle devra s’envoyer au septième ciel, ou plutôt quitter la planète, pour repeupler la race humaine ailleurs que sur ce gros caillou dégarni et puant. Et pourquoi pas sur Alpha du Centaure ?

2019 après la chute de New York est un festival. Les bruitages et la musique des frères Guido et Maurizio De Angelis font saigner les tympans, la photo de Giancarlo Ferrando (La Montagne du dieu cannibale, Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé, Toutes les couleurs du vice, Mort suspecte d’une mineure) rend compte du manque de budget, mais conserve un charme inaltérable, qui participe au sincère attachement que l’on peut ressentir pour le film, tandis que les costumes, les coupes de cheveux, les accessoires, les effets spéciaux et les maquillages piquent bien les yeux comme il faut dans ce genre de production. Outre Michael Sopkiw, qui mine de rien fait le taf, le reste de la distribution se met au diapason avec Valentine Monnier (Le Bar du téléphone, Trois hommes et un couffin), Anna Kanakis (Miss Italie 1977, vue aussi dans Les Nouveaux Barbares d’Enzo G. Castallari), Romano Puppo (Le Dernier Jour de la colère, Le Blanc, le Jaune et le Noir, Big Racket), Edmund Purdom (Le Sadique à la tronçonneuse, Horrible) et bien sûr George Eastman aka Big Ape dans le film, dont la présence est très souvent marquante.

Ils s’y sont mis à trois pour pondre ce 2019 post-apocalyptique, Sergio Martino bien sûr, qui mettait systématiquement la main à la pâte, mais aussi Ernesto Gastaldi (dans quel générique n’est-il pas mentionné ?) et Gabriel Rossini, qui deviendra finalement producteur de Jours tranquilles à Clichy de Claude Chabrol et de…Mon curé chez les nudistes de Robert Thomas. Les auteurs ont encore eu le nez creux (ou plein de poudre blanche, c’est selon), puisque le film parviendra non seulement à se vendre aux États-Unis, mais aussi à attirer un large public des deux côtés de l’Atlantique, y compris en France avec plus de 600.000 entrées, dont plus de 120.000 spectateurs – appâtés par la superbe affiche – sur la capitale. Devenu culte,2019 après la chute de New York n’a pas démérité d’être entièrement restauré en 4K et peut même se targuer d’être plus divertissant que la plupart des blockbusters contemporains à 200 millions de dollars de budget.

LE COMBO 4K – BLU-RAY

Mine de rien, le catalogue de Pulse Video commence à être chargé. 2019 après la chute de New York rejoint ainsi Les Prédateurs du futur, Les Rats de Manhattan, Les Nouveaux Barbares, Les Guerriers du Bronx (et sa suite), Le Gladiateur du futur et bien d’autres titres tout aussi affriolants. Aujourd’hui, nous nous penchons sur le Combo 4K Ultra HD + Blu-ray proposé par l’éditeur. La jaquette, réversible, glissée dans un boîtier classique de couleur noire, reprend le somptueux visuel de l’affiche française d’exploitation. Le menu principal est animé et musical. Vive la collection Atomic Future !

Le premier supplément (56’) croise les interviews de Sergio Martino (réalisateur), Giancarlo Ferrando (directeur de la photographie, mort en 2020), Massimo Antonello Geleng (chef décorateur), Eugenio Alabiso (monteur) et Roberto Ricci (effets spéciaux). Le metteur en scène démarre par un petit retour en arrière, revient sur ses débuts dans le cinéma, sur les étapes de sa carrière, avant d’en venir plus précisément à 2019 après la chute de New York. Puis, toute l’équipe se penche sur cette « réponse italienne au film New York 1997 de John Carpenter », qui s’est vendue dans le monde entier, rien que sur le nom de Sergio Martino et sur l’affiche déjà réalisée, alors que le scénario n’était même pas écrit. Le casting, le grand succès du film, la création des accessoires et des maquettes, les conditions de tournage (essentiellement dans les studios De Paolis à Rome), les effets visuels et bien d’autres sujets sont abordés ici sans langue de bois et avec une nostalgie contagieuse pour ce genre de divertissement.

En plus de cela, l’éditeur joint un montage d’une demi-heure des bandes-annonces des films de Sergio Martino (intitulé Martinorama), dont celle de 2019 après la chute de New York.

Et si vous le désirez, Pulse Video vous propose de revoir encore le film en VHS-Vision !

L’Image et le son

Alors là, chapeau bas ! Pulse Video présente un nouveau master 4K réalisé pour l’occasion par StudioCanal. La galette UHD de 2019 après la chute de New York est une première mondiale et une première pour l’éditeur qui s’en sort haut la main. Le film de Sergio Martino avait jadis été exploité en VHS chez UGC Vidéo, mais n’avait jamais trouvé preneur pour une sortie en DVD depuis le début du support. Pour son dernier titre annoncé de cette fantastique anthologie, Pulse Video frappe fort, puisqu’il s’agit ni plus ni moins d’une véritable résurrection qui s’opère devant nos yeux ébahis. Le travail est impressionnant et l’image est très propre, débarrassée de toutes scories, poussières, griffures et autres résidus imaginables. Un soin particulier a été apporté afin que la texture originale du film, les détails, la structure du grain ne soient pas affectés par le traitement numérique. Ce nouveau transfert permet de redécouvrir le film de Sergio Martino sous toutes ses coutures avec une magnifique patine argentique. Cette élévation UHD offre à la colorimétrie un nouveau lifting et un éclat tout aussi inédit. La gestion des contrastes demeure solide, y compris sur les très nombreuses scènes sombres. Pas de réduction de bruit à l’horizon et le piqué est très élégant. N’oublions pas la stabilité de la copie.

Vous avez le choix, an anglais, en italien et en français bien entendu. La question qui se pose est, en quelle langue avez-vous découvert 2019 après la chute de New York ? Si, comma la majorité d’entre nous, vous avez vu et revu le film en langue française, alors vous ne serez pas déçu. L’éditeur ne s’encombre pas de remixages inutiles et les trois options acoustiques sont présentées en Mono 1.0. N’hésitez pas à découvrir cet opus en anglais et en italien, histoire de voir la « sensibilité » des doubleurs et le ton adopté. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

© Visuels : Studio Canal, Nuova Dania Cinematografica, Medusa Distribuzione. Tous droits réservés. / Captures du film et des suppléments : Franck Brissard (JamesDomb) pour Homepopcorn.fr

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