Test 4K UHD / Marche ou crève, réalisé par Francis Lawrence

MARCHE OU CRÈVE (The Long Walk) réalisé par Francis Lawrence, disponible en DVD, Blu-ray & Édition collector limitée – 4K Ultra HD + Blu-ray – Boîtier SteelBook le 14 février 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Cooper Hoffman, David Jonsson, Garrett Wareing, Tut Nyuot, Charlie Plummer, Ben Wang, Jordan Gonzalez, Joshua Odjick…

Scénario : J.T. Mollner, d’après le roman de Stephen King

Photographie : Jo Willems

Musique : Jeremiah Fraites

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Le jeune Garraty va concourir pour  » La Longue Marche « , une compétition qui compte cent participants. Cet événement sera retransmis à la télévision, suivi par des milliers de personnes. Mais ce n’est pas une marche comme les autres, plutôt un jeu sans foi ni loi…

Il aura fallu attendre près d’un demi-siècle pour que Marche ou crève The Long Walk, roman d’anticipation dystopique de Richard Bachman, aka Stephen King bien évidemment, soit adapté au cinéma. Longtemps envisagé par Frank Darabont (et même George A. Romero avant lui dans les années 1980), qui avait déjà signé Les Évadés, La Ligne verte, The Mist et qui avait acheté les droits du livre dans le but de le transposer lui-même (on parle d’une bonne douzaine d’années), Marche ou crève change de crèmerie en 2018, débarque chez New Line où le projet prend enfin forme. James Vanderbilt se penche sur le scénario et commence à donner quelques sérieux signes de fatigue (The Amazing Spider-Man, Total Recall : Mémoires programmées, The Amazing Spider-Man : Le Destin d’un héros), puis son travail est finalement oublié. C’est son confrère JT Mollner (inconnu au bataillon) qui se charge du script. Le nom d’André Øvredal (Le Dernier voyage du Demeter, Scary Stories, The Jane Doe Identity) circule pour réaliser le film, avant que LionsGate ne confie définitivement Marche ou crève à Francis Lawrence, qui vient de connaître à nouveau le succès avec Hunger Games : La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteurThe Ballad of Songbirds and Snakes, que personne n’attendait réellement et qui a enthousiasmé à la fois la critique et le public. Changement radical pour le metteur en scène révélé en 2005 avec Constantine, puis qui a signé d’immenses hits (Je suis une légende, De l’eau pour les éléphants, Red Sparrow et quatre opus de la saga Hunger Games donc, bientôt cinq d’ailleurs), sans connaître un seul échec depuis vingt ans. Habitué aux budgets conséquents de cent millions de dollars (au minimum), il se retrouve doté ici de « seulement » 20 millions de billets verts pour restituer la moelle épinière d’un des romans les plus célèbres et emblématiques de la carrière de Stephen King. Un pari qu’il relève une fois de plus haut la main et qui tombe à point nommé, politiquement parlant on va dire, qui démontre que certains écrits du Maître de l’horreur, surtout à la fin des années 1970, s’accompagnaient d’un caractère prophétique, d’un appel à la vigilance quant à l’avenir des États-Unis, de la montée des extrêmes, de la politique-spectacle. Marche ou crève est un huis clos à ciel ouvert, qui respecte le matériel original, mais l’adapte aussi intelligemment pour au final livrer un divertissement malin, qui en a dans la caboche, qui fait appel à la matière grise du spectateur, qui contente à la fois celles et ceux qui sont venus pour avoir des sueurs froides et les autres qui veulent également ce petit truc en plus qui distinguerait ce film du tout-venant. Une grande réussite et assurément un classique en devenir.

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Test Blu-ray / La Créature du cimetière, réalisé par Ralph S. Singleton

LA CRÉATURE DU CIMETIÈRE (Graveyard Shift) réalisé par Ralph S. Singleton, disponible en Combo Blu-ray + DVD – Édition Limitée le 14 février 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : David Andrews, Kelly Wolf, Stephen Macht, Andrew Divoff, Vic Polizos, Brad Dourif, Robert Alan Beuth, Ilona Margolis…

Scénario : John Esposito, d’après la nouvelle Poste de nuit de Stephen King

Photographie : Peter Stein

Musique : Brian Banks & Anthony Marinelli

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 1990

LE FILM

Le propriétaire d’une vieille usine de textile décide d’engager quelques ouvriers pour nettoyer la cave, encombrée d’un bric-à-brac et envahie par les rats. Mais l’un des travailleurs, effrayé par quelque chose, trébuche et périt broyé dans une machine. Un singulier dératiseur, Tucker Cleveland, entre alors en action…

Où se place La Créature du cimetièreGraveyard Shift dans les adaptations de Stephen King au cinéma et à la télévision ? Nous sommes en 1990 et Simetierre Pet Semetary de Mary Lambert vient de remporter un très grand succès dans le monde entier. Alors que Ça / « Il » est revenuStephen King’s It, mini-série en deux parties réalisée par Tommy Lee Wallace est sur le point d’être diffusée sur ABC et de traumatiser la première génération de téléspectateurs, une autre transposition du maître de l’horreur voit le jour, celle de la nouvelle Poste de nuit, tirée du recueil Danse macabre, mais écrite en 1970, ce qui en fait une œuvre de jeunesse de l’auteur, qui s’inspirait de son expérience dans une filature de textile infestée par les rats. Surfant ouvertement sur le triomphe de Simetierre, Graveyard Shift, autre production Paramount, ne connaîtra pas le même engouement, de la critique comme du public. Remboursant tout juste son budget de 10 millions de dollars, La Créature du cimetière passe plus ou moins inaperçu et le film restera obscur, même encore aujourd’hui. Pourtant, il s’agit d’une honnête série B, emballée par Ralph S. Singleton, alors solide assistant-réalisateur ayant oeuvré sur quelques films de prestige (Un justicier dans la ville, Les 3 jours du Condor, Taxi Driver, Le Prête-nom, Network : Main basse sur la TV), mais également comme assistant de production (Klute, French Connection) et surtout en tant que producteur à succès (Cagney et Lacey, Kojak). Une belle carte de visite qui lui permet de prendre les manettes de La Créature du cimetière, d’autant plus qu’il était lui-même producteur associé sur…Simetierre. Ralph S. Singleton signe son unique long-métrage comme metteur en scène, après s’être fait la main sur deux épisodes de Cagney et Lacey. Si la réalisation ne brille pas de mille feux dans La Créature du cimetière, ce petit film d’épouvante remplit son contrat, sans se forcer, mais avec une certaine efficacité, en exploitant habilement un décor réduit, renforçant ainsi une impression d’étouffement qui se resserre sur les personnages dans une deuxième partie assez généreuse en hémoglobine. S’il n’est assurément pas indispensable, Graveyard Shift saura contenter les aficionados du King, toujours curieux de voir les écrits de leur auteur favori prendre vie sur le petit comme sur le grand écran.

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Test Blu-ray / Les Démons du maïs – La Trilogie d’origine, réalisés par Fritz Kiersch, David F. Price & James D.R. Hickox

LES DÉMONS DU MAÏS – LES DÉMONS DU MAÏS 2 : LE SACRIFICE FINAL – LES DÉMONS DU MAÏS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR (Children of the Corn – Children of the Corn II: The Final Sacrifice – Children of the Corn III: Urban Harvest) réalisé par Fritz Kiersch, David F. Price & James D.R. Hickox, disponible en Combo Coffret DVD ou Blu-ray depuis le 16 octobre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Peter Horton, Linda Hamilton, R.G. Armstrong, John Franklin, Robby Kiger, Courtney Gains, Anne Marie McEvoy, Julie Maddalena, Terence Knox, Paul Scherrer, Ryan Bollman, Ned Romero, Christie Clark, Rosalind Allen, Ed Grady, John Bennes, Daniel Cerny, Ron Melendez, Jim Metzler, Nancy Lee Grahn, Jon Clair, Mari Morrow, Michael Ensign, Duke Stroud…

Scénario : George Goldsmith, A.L. Katz, Gil Adler, Dode B. Levenson, d’après la nouvelle de Stephen King

Photographie : João Fernandes, Levie Isaacks, Gerry Lively

Musique : Jonathan Elias, Daniel Licht

Durée : 1h32, 1h33 & 1h31

Date de sortie initiale : 1984, 1993 & 1995

LES FILMS

Les Démons du maïsChildren of the Corn (1984) réalisé par Fritz Kiersch Galtin :

Une petite ville du Nebraska, est le théâtre d’une horreur sans nom lorsqu’un jeune prédicateur de 12 ans, Isaac, avec l’aide de son âme damnée Malachi, convint les enfants d’assassiner tous les adultes. Ses ordres démoniaques sont exécutés, les jeunes se retrouvent alors rois et maîtres des lieux et se réfugient dans un immense champ de maïs. Trois ans plus tard, Burt Stansor et sa fiancée Vicky Baxter traversent le village désert à la recherche du shérif, croyant avoir renversé quelqu’un sur la route. Dans cette ville fantôme, le jeune couple égaré rencontre deux enfants qui désirent échapper au culte de Isaac. Bientôt pris au piège de cet enfer, l’horrible vérité se précise et ils se rendent compte que leurs vies sont menacées. La lutte sera terrible, car ils doivent affronter la force démoniaque dissimulée au milieu des champs de maïs…

Les Démons du maïs 2 : Le Sacrifice final Children of the Corn 2: The Final Sacrifice (1992) réalisé par David F. Price :

Après les macabres découvertes qui avaient mis en émoi la petite ville de Gatlin, le journaliste John Garrett se rend sur les lieux, espérant relancer sa carrière grâce à ce terrifiant fait divers. Il s’installe avec son fils Danny chez Angela, propriétaire du Bed & Breakfast local. Micah, un orphelin recueilli par Angela, relance le sanguinaire culte du maïs : à nouveau, des adultes sont assassinés dans d’horribles conditions…

Les Démons du maïs 3 : Les Moissons de la terreurChildren of the Corn 3: Urban Harvest (1995) réalisé par James D. R. Hickox en 1995 :

Gatlin, petite bourgade campagnarde de l’ouest américain… Après l’étrange et dramatique mort du fermier Earl Hutch, ses deux fils, Joshua et Eli, sont placés dans une famille adoptive à Chicago, dont le chef de famille est négociant en maïs. Les deux enfants découvrent alors un monde entièrement nouveau, un monde de gangs, de tags et de musique rap à l’image de la vie urbaine. Peu à peu, Joshua s’adapte à cette nouvelle vie, tandis qu’Eli s’y refuse complètement. Doué d’étranges pouvoirs, il parvient à rallier d’autres enfants à sa terrifiante façon de penser, n’hésitant pas à tuer tous ceux qui s’opposent à lui…

Tout est parti d’une nouvelle de Stephen King, publiée pour la première fois en mars 1977 dans le magazine Penthouse, avant de rejoindre l’anthologie intitulée Danse macabre, sortie l’année suivante. Une adaptation sous forme de court-métrage, quasi-invisible, emballé par John Woodward sous le titre des Disciples du corbeauDisciples of the Crow, est mise en scène en 1983 et distribuée en VHS en 1986 aux côtés de deux autres histoires rebaptisées à cette occasion Contes macabresNight Shift Collection. Une cassette aujourd’hui très recherchée, puisque retirée des bacs en raison de problèmes de droits d’exploitation. La transposition officielle de l’écrit du King sort en 1984, un an après celles de Cujo (par Lewis Teague), Dead Zone (par David Cronenberg) et Christine (par John Carpenter). La même année que CharlieFirestarter de Mark L. Lester, cette petite production de trois millions de dollars trouve immédiatement son public et remporte un joli succès avec près de 15 millions de recette, rien que sur le sol américain. Aux commandes, Fritz Kiersch s’en tire fort honorablement et c’est surtout sa sobriété, ce que ne retiendront pas ses successeurs dans les innombrables suites qui s’enchaîneront, qui participe à l’immersion du spectateur dans cette histoire étouffante, en privilégiant le hors-champ, plutôt que le gore et les effets spéciaux, qui n’interviennent d’ailleurs que dans la dernière partie.

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Test 4K UHD / The Monkey, réalisé par Osgood Perkins

THE MONKEY réalisé par Osgood Perkins, disponible en DVD, Blu-ray et 4K UHD depuis le 12 juillet 2025 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Theo James, Elijah Wood, Tatiana Maslany, Osgood Perkins, Sarah Levy, Laura Mennell, Christian Convery, Rohan Campbell…

Scénario : Osgood Perkins, d’après la nouvelle The Monkey de Stephen King

Photographie : Nico Aguilar

Musique : Edo Van Breemen

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Lorsque Bill et Hal, des jumeaux, trouvent dans le grenier un vieux jouet ayant appartenu à leur père, une série de morts atroces commence à se produire autour d’eux…

À l’origine, Frank Darabont détenait les droits cinématographiques de la nouvelle de Stephen King intitulée The Monkey, et prévoyait de l’adapter après avoir terminé The Mist. Ce projet n’a jamais vu le jour…avant de revenir sur le devant de la scène en 2023, année où cette transposition est officiellement relancée avec Osgood Perkins (le fils d’Anthony Perkins) aux manettes, au scénario et à la mise en scène, le tout produit par James Wan sous sa bannière Atomic Monster. Une fois la grève des scénaristes passée, le tournage principal est enfin lancé début 2024. Le résultat est à la hauteur des espérances et le réalisateur de l’acclamé Longlegs livre une fois de plus un film quasi-inclassable, véritable comédie noire, fantastique et d’horreur qui confirme la singularité du cinéaste. Il est certain qu’avec son style si particulier, qui fait continuellement le yoyo entre une froideur souvent glaciale et un humour très sombre, The Monkey, qui rappelons-le avait été publié en 1985 dans le recueil Brume, et même avant cela en 1980 dans le magazine Gallery, ne plaira pas à tout le monde. Et c’est tant mieux, car comme Longlegs, The Monkey n’a rien du produit standardisé et fabriqué à la chaîne. Véritable film d’auteur, cet opus ne cesse d’étonner à chaque scène, assume pleinement sa nature de série B titillant le genre Z. Le film offre aux spectateurs de savoureux moments gores, mais toujours marqués par une ironie singulière, comme si Oz Perkins nous disait chaque fois « Je vous ai encore bien eu hein ? », et cela jusqu’à la toute dernière scène. Un vrai train-fantôme à la fois vintage et avant-gardiste.

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Test Blu-ray / La Peau sur les os, réalisé par Tom Holland

LA PEAU SUR LES OS (Thinner) réalisé par Tom Holland, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 17 novembre 2022 chez Rimini Editions.

Acteurs : Robert John Burke, Lucinda Jenney, Bethany Joy Lenz, Time Winters, Howard Erskine, Joe Mantegna, Terrence Garmey, Randy Jurgensen…

Scénario : Tom Holland & Michael McDowell, d’après le roman de Stephen King

Photographie : Kees Van Oostrum

Musique : Daniel Licht

Durée : 1h28

Année de sortie : 1996

LE FILM

L’histoire de Billy Halleck, avocat rondouillard habitué au succès… jusqu’au jour où, par accident, il percute une vieille gitane avec sa voiture, la tuant sur le coup ! Halleck ressort vainqueur du procès truqué qui s’en suit. Les gitans décident alors de faire leur propre justice et un sort est jeté sur Halleck qui commence alors à perdre du poids de façon incontrôlée, le conduisant vers une mort certaine…

Où en est-on dans les adaptations cinématographiques des écrits de Stephen King dans les années 1990 ? La décennie démarre sur les chapeaux de roue avec Misery de Rob Reiner, qui vaut à Kathy Bates l’Oscar de la meilleure actrice. S’ensuivent La Nuit déchirée Sleepwalkers de Mick Garris (d’après un scénario original du maître de l’horreur), l’excellent La Part des ténèbres The Dark Half de George A. Romero, le solide Needful ThingsLe Bazaar de l’épouvante de Fraser Clarke Heston, le mythique The Shawshank Redemption Les Évadés de Frank Darabont et le méconnu (et pourtant superbe) Dolores Claiborne de Taylor Hackford. La télévision n’est évidemment pas en reste avec le légendaire Ça (ou « Il » est revenu) de Tommy Lee Wallace, Les Tommyknockers de John Power et Le Fléau The Stand de Mick Garris. À l’instar de Mick Garris et Frank Darabont, Tom Holland (né en 1943) signera deux transpositions de Stephen King, la première pour la petite lucarne avec le rigolo Les Langoliers, mini-série en deux parties tirée d’une nouvelle du recueil Minuit 2, l’autre pour le grand écran, La Peau sur les osThinner. S’il n’est assurément pas l’opus le plus célèbre tiré d’un roman de Stephen King (qui fait une apparition dans le rôle d’un pharmacien), de Richard Bachman plutôt d’ailleurs, le cinquième long-métrage du réalisateur Vampire, vous avez dit vampire ? Fright Night, Beauté fatale Fatal Beauty et bien sûr de Jeu d’enfant Child’s Play a su marquer l’esprit des spectateurs et demeure prisé par les aficionados.

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Test 4K UHD / Cat’s Eye, réalisé par Lewis Teague

CAT’S EYE réalisé par Lewis Teague, disponible en Combo Blu-ray+4K UHD le 25 mai 2022 chez Studiocanal.

Acteurs : Drew Barrymore, James Woods, Alan King, Kenneth McMillan, Robert Hays, Candy Clark, James Naughton, Tony Munafo…

Scénario : Stephen King

Photographie : Jack Cardiff

Musique : Alan Silvestri

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Trois histoires dont le point commun est un chat errant qui a des visions d’une petite fille l’appelant au secours :

  • Un homme qui a décidé d’arrêter de fumer et qui s’inscrit pour cela dans une clinique spécialisée, avec des méthodes plutôt… étonnntes.
  • Un joueur de tennis rattrapé par le mari de sa maîtresse, un gangster d’Atlantic City, et contraint, pour sauver sa peau, de faire le tour d’un immeuble en marchant sur la corniche.
  • Une petite fille est terrorisée par un lutin nocturne sanguinaire. Son chat, baptisé General, tente de la protéger du mieux qu’il peut malgré l’incrédulité des parents de la fillette, désireux de se débarrasser de lui à tout prix.

Quand Cat’s Eye sort au cinéma en 1985, les adaptations de Stephen King ne sont pas rares, aussi bien sur le grand que sur le petit écran. En 1985, l’écrivain a déjà publié Carrie, Salem, Shining, Le Fléau, Dead Zone, Charlie, Cujo, Christine, Simetierre…et parmi ces romans sept ont connu une transposition par Brian De Palma, Stanley Kubrick, David Cronenberg, John Carpenter, Mark L. Lester, Tobe Hooper et Lewis Teague, sans oublier George A. Romero et son film à sketches Creepshow. Autant dire que le phénomène King est omniprésent. Emballé par sa version de Cujo (malgré son dénouement optimiste), le producteur italien Dino De Laurentiis (qui venait de financer Dead Zone et Charlie), confie au réalisateur Lewis Teague (né en 1938) les manettes de Cat’s Eye, anthologie comprenant les adaptations des nouvelles Desintox, Inc. et La Corniche, issues du recueil Danse macabre Night Shift, ainsi que d’une histoire inédite créée spécialement à cette occasion par le maître de l’horreur. Rôle-titre de Charlie, Drew Barrymore, propulsée par E.T. l’extra-terrestre de Steven Spielberg tient cette fois encore le haut de l’affiche de Cat’s Eye, au même titre que James Woods et Robert Hays, le film ayant été mis en route rien que pour elle par Dino De Laurentiis, raison pour laquelle elle joue d’ailleurs deux rôles différents ici. Il en résulte un savoureux opus du genre, composé de trois sketches très réussis, excellemment mis en scène et interprétés, devenu culte avec les années, après un succès somme toute modeste et en dessous des espérances du nabab transalpin.

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Test Blu-ray / Le Bazaar de l’épouvante, réalisé par Fraser C. Heston

LE BAZAAR DE L’ÉPOUVANTE (Needful Things) réalisé par Fraser C. Heston, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 22 novembre 2021 chez Rimini Editions.

Acteurs : Max von Sydow, Ed Harris, Bonnie Bedelia, Amanda Plummer, J.T. Walsh, Ray McKinnon, Duncan Fraser, Valri Bromfield…

Scénario : W.D. Richter, d’après le roman de Stephen King

Photographie : Tony Westman

Musique : Patrick Doyle

Durée : 2h + version longue TV 3h

Année de sortie : 1994

LE FILM

Dans l’échoppe de l’aimable Leland Gaunt, chacun peut y trouver ce dont il a toujours rêvé pour un prix dérisoire. Mais ces acquisitions sont empoisonnées et réveillent haines et jalousies. Les conflits insignifiants tournent au meurtre, à l’apocalypse. Seul le shérif Pangborn échappe aux ruses de celui qui pourrait bien être le Diable…

S’il n’est définitivement pas le meilleur film adapté d’une œuvre de Stephen King, Le Bazaar de l’épouvante Needful Things n’en reste pas moins très aimé des fans du maître de l’horreur. Produit par la société Castle Rock Entertainment, créée en 1987 entre autres par Rob Reiner, cet opus tiré du roman du même nom publié en 1991 s’en tire fort honorablement, ce qui n’était pas une mince affaire compte tenu de la densité conséquente de l’ouvrage original. Mais comment transposer près de 700 pages en deux heures de film ? Le scénariste W. D. Richter, réalisateur du légendaire Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension (1984), également l’auteur de Nickelodeon (1976) de Peter Bogdanovich, de L’Invasion des profanateurs (1978) de Philip Kaufman, du Dracula (1979) de John Badham, mais aussi l’un des créateurs des Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (1986) de John Carpenter s’en est admirablement bien tiré et parvient à restituer l’âme du roman, malgré quelques inévitables coupes drastiques. Alors que les adaptations des livres de Stephen King se multipliaient dans les années 1980-1990, Le Bazaar de l’épouvante, situé entre La Part des ténèbres The Dark Half de George A. Romero et Les Évadés The Shawshank Redemption de Frank Darabont parvient à tirer son épingle du jeu. La preuve en est que le premier long-métrage mis en scène Fraser Clarke Heston (fils du grand Charlton) est devenu un petit film culte près de trente ans après sa sortie.

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Test Blu-ray / La Nuit déchirée, réalisé par Mick Garris

LA NUIT DÉCHIRÉE (Sleepwalkers) réalisé par Mick Garris, disponible en DVD et Blu-ray le 24 février 2021 chez BQHL Editions.

Acteurs : Brian Krause, Mädchen Amick, Alice Krige, Jim Haynie, Cindy Pickett, Ron Perlman, Mark Hamill…

Scénario : Stephen King

Photographie : Rodney Charters

Musique : Nicholas Pike

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

Charles Brady et sa mère Mary sont les derniers survivants d’une race de chasseurs nocturnes, qui n’appartient pas à notre monde, entretenant aussi des relations incestueuses. Ce sont des félidés ne pouvant rester en vie qu’en se nourrissant de la force vitale d’une jeune vierge. Capables de se métamorphoser et de cacher leur apparence de fauve sous un aspect humain rassurant, ils s’installent à Travis, petite ville tranquille de l’Indiana, et se mettent en chasse. Une seule chose peut les tuer : les chats.

Le réalisateur Mick Garris (né en 1951) est un habitué de l’univers de Stephen King et détient probablement le record d’adaptations à l’écran des œuvres du maître de l’horreur ! C’est en 1992 qu’il démarre sa collaboration avec le romancier, qui lui écrit le film La Nuit déchiréeSleepwalkers, un scénario original et non tiré d’un de ses livres. Suivront l’ambitieuse transposition du FléauThe Stand, minisérie diffusée dès 1994, une nouvelle adaptation de Shining en 1997, Quicksilver Highway, téléfilm à la fois basé sur les nouvelles Le Dentier claqueur (parue en 1993 dans le recueil Rêves et Cauchemars) de Stephen King et Le Corps politique de Clive Barker, Riding the Bullet (2004) d’après la nouvelle Un tour sur le Bolid’, puis DésolationDesperation en 2006, et enfin La Maison sur le lacBag of Bones réalisé pour la télévision en 2011. Mais pour l’heure, La Nuit déchirée est un thriller fantastique lorgnant vers la comédie, ou une comédie-fantastique c’est selon, qui commence de façon sérieuse et qui bifurque petit à petit vers le second degré. Il s’en dégage un côté nawak voire inclassable, qui rappelle l’univers de la série des Contes de la crypte, où brille la beauté insolente de la sublime Mädchen Amick, qui sortait alors de l’univers de Twin Peaks. Auréolé d’un joli succès commercial à sa sortie, La Nuit déchirée est rapidement devenu un petit film culte, sur lequel les années glissent doucement et qui demeure un divertissement quelque peu frappadingue et souvent jubilatoire.

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Test Blu-ray / Sac d’os – La Maison sur le lac, réalisé par Mick Garris

SAC D’OS – LA MAISON SUR LE LAC (Bag of Bones) réalisé par Mick Garris, disponible en DVD et Blu-ray le 5 décembre 2020 chez Condor Entertainment.

Acteurs : Pierce Brosnan, Melissa George, Annabeth Gish, Anika Noni Rose, Matt Frewer, Jason Priestley, Caitlin Carmichael, Peter MacNeill…

Scénario : Matt Venne, d’après le roman Sac d’os de Stephen King.

Photographie : Barry Donlevy

Musique : Nicholas Pike

Durée : 2 épisodes de 75 minutes.

Date de sortie initiale : 2011

LA MINISÉRIE

Mike Noonan, auteur de romans à succès, vient de perdre son épouse Jo dans un accident. Pour préparer son prochain livre, il décide de se retirer dans sa résidence secondaire, un chalet situé sur les bords d’un lac du Maine. Il fait aussi la connaissance de Mattie, une jeune veuve, et de sa petite fille Kayla. Or Max Devore, le beau-père de Mattie, un multimillionnaire, cherche à obtenir la garde de la fillette. Bientôt Mike se trouve confronté à la fois à des fantômes hantant sa maison dont celui de sa défunte femme et ainsi qu’à Max Devore qui est prêt à tout pour parvenir à ses fins.

Le réalisateur Mick Garris (né en 1951) est un habitué de l’univers de Stephen King et détient probablement le record d’adaptations à l’écran des œuvres du maître de l’horreur ! C’est en 1992 qu’il démarre sa collaboration avec Stephen King, qui lui écrit le film La Nuit déchiréeSleepwalkers, un scénario original et non tiré d’un de ses romans. Deux ans plus tard, les deux hommes remettent le couvert avec l’ambitieuse transposition du FléauThe Stand, minisérie devenue culte déclinée en quatre parties de 90 minutes, avec Gary Sinise, Molly Ringwald, Jamey Sheridan, Miguel Ferrer et Rob Lowe. Fier de leur association, Stephen King confie à Mick Garris sa propre version de Shining en 1997, toujours sous la forme d’une mini-série, cette fois en trois parties de 85 minutes. La même année, le réalisateur signe Quicksilver Highway, téléfilm à la fois basé sur les nouvelles Le Dentier claqueur (parue en 1993 dans le recueil Rêves et Cauchemars) de Stephen King et Le Corps politique de Clive Barker. Suivront Riding the Bullet (2004) d’après la nouvelle Un tour sur le Bolid’, puis DésolationDesperation en 2006. A ce jour, La Maison sur le lac Bag of Bones est la dernière adaptation de Stephen King mise en scène par Mick Garris. Cette minisérie en deux parties est l’adaptation du roman Sac d’os, paru en 1998, récompensé à sa sortie par le prix Locus du meilleur roman d’horreur, le prix Bram Stoker et le prix British Fantasy, en d’autres termes, il s’agit du livre le plus récompensé de l’écrivain. Sur un scénario de Matt Venne, qui a récemment signé le sympathique Acts of Vengeance d’Isaac Florentine, avec Antonio Banderas qui distribue des bourre-pifs, Sac d’os ou La Maison sur le lac donc (puisqu’il a été diffusé à la télévision sous ce titre en France), est une transposition honnête, qui ne fait pas d’éclats, mais qui se concentre étonnamment sur ce qui faisait la moelle du roman, l’histoire du deuil du personnage principal. Ce dernier est campé avec élégance par Pierce Brosnan, qui venait de tourner The Ghost Writer, dernier chef d’oeuvre en date de Roman Polanski, qui porte le récit à bout de bras, en étant quasiment de tous les plans. Si le rythme est somme toute assez lent, les fans du King retrouveront l’âme de leur écrivain préféré, tandis que Mick Garris soigne sa réalisation et exploite intelligemment ses superbes décors.

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Test Blu-ray / Doctor Sleep, réalisé par Mike Flanagan

DOCTOR SLEEP réalisé par Mike Flanagan, disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra HD chez Warner Bros. le 11 mars 2020

Avec : Ewan McGregor, Rebecca Ferguson, Kyliegh Curran, Cliff Curtis, Carl Lumbly, Zahn McClarnon, Emily Alyn Lind, Bruce Greenwood…

Scénario : Mike Flanagan d’après le roman Doctor Sleep de Stephen King

Photographie : Michael Fimognari

Musique : The Newton Brothers

Durée : 2h32

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Encore profondément marqué par le traumatisme qu’il a vécu, enfant, à l’Overlook Hotel, Dan Torrance a dû se battre pour tenter de trouver un semblant de sérénité. Mais quand il rencontre Abra, courageuse adolescente aux dons extrasensoriels, ses vieux démons resurgissent. Car la jeune fille, consciente que Dan a les mêmes pouvoirs qu’elle, a besoin de son aide : elle cherche à lutter contre la redoutable Rose Claque et sa tribu du Nœud Vrai qui se nourrissent des dons d’innocents comme elle pour conquérir l’immortalité. Formant une alliance inattendue, Dan et Abra s’engagent dans un combat sans merci contre Rose. Face à l’innocence de la jeune fille et à sa manière d’accepter son don, Dan n’a d’autres choix que de mobiliser ses propres pouvoirs, même s’il doit affronter ses peurs et réveiller les fantômes du passé…

Doctor Sleep est un double pari. D’une part, livrer une suite au film Shining (1980) de Stanley Kubrick, référence du film d’épouvante, un film culte, un chef d’oeuvre intemporel. D’autre part, transposer à l’écran le roman éponyme de Stephen King, considéré, à juste titre, comme étant l’un si ce n’est le plus mauvais livre du maître de l’horreur. Et c’est une très grande réussite que l’on doit à un seul homme, le monteur, producteur, scénariste et réalisateur Mike Flanagan. L’auteur de l’exceptionnelle série The Haunting of Hill House, disponible sur la plateforme Netflix, s’empare du roman de Stephen King, probablement conscient des très nombreux points faibles du récit, l’adapte en essayant d’en retranscrire la trame originale, tout en tenant compte des modifications apportées par Stanley Kubrick au roman Shining, par ailleurs très décrié par Stephen King depuis sa sortie. Mike Flanagan a su en retirer la moelle et s’approprier cette histoire, tout en rendant un hommage fabuleux à l’un des films qui lui ont donné envie de passer lui-même derrière la caméra. Doté d’un budget confortable de 45 millions de dollars, Doctor Sleep a connu une carrière difficile au cinéma. Certains spectateurs n’ont pu s’empêcher de comparer le film à celui de Stanley Kubrick, une connerie soit dit en passant, tandis que d’autres ont été quelque peu décontenancé par son rythme lent et sa longue durée de 2h30. Pourtant, contre toute attente, Doctor Sleep est probablement l’une des meilleures transpositions d’un roman de Stephen King à l’écran. Bien supérieur en qualité, en émotions fortes et surtout en virtuosité que le deuxième chapitre de Ça, que le remake affreux de Simetierre, que l’inénarrable Tour Sombre, que le soporifique Cell Phone, Doctor Sleep (un film culotté haha) est l’une des plus belles surprises du genre. C’est même un film magistral.

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