
LE CRIMINEL AUX ABOIS (Nowhere to Go), réalisé par Seth Holt & Basil Dearden, disponible en combo Blu-ray/DVD le 29 avril 2026 chez Studiocanal.
Acteurs : George Nader, Maggie Smith, Bernard Lee, Geoffrey Keen, Bessie Love, Harry H. Corbett, Andree Melly, Michael Collins…
Scénario : Donald MacKenzie, d’après son roman
Photographie : Paul Beeson
Musique : Dizzy Reece
Durée : 1h40
Date de sortie initiale : 1958
LE FILM
Paul Gregory s’apprête à voler à Harriet Jefferson, la précieuse collection de pièces anciennes et rares de son mari défunt. Par une suite de malentendus, Gregory finit par se croire « doublé » par quelqu’un qu’il croyait son allié. Le temps qu’il réalise son erreur, il est trop tard.

Quand on s’intéresse à Nowhere to Go, plus connu en France sous son titre Le Criminel aux abois, on constate que deux réalisateurs sont crédités. Il y a tout d’abord l’éminent Basil Dearden (1911-1971), sur lequel nous sommes déjà revenus à l’occasion de nos articles consacrés à Khartoum, Au coeur de la nuit, Un si noble tueur – The Gentle Gunman et The Ship that Died of Shame. Le second metteur en scène à la barre est Seth Holt (1923-1971), habituellement monteur (De l’or en barre, Tortillard pour Tietfield, La Loterie de l’amour et La Bataille des sexes) qui signera le formidable Hurler de peur – Taste of Fear (1961), thriller dramatico-psychologique, ainsi Confession à un cadavre – The Nanny (1965), tous les deux pour le compte de la Hammer. Si Seth Holt est cité en premier, il y a fort à parier que Le Criminel aux abois doit plus au second, dont l’efficacité et la virtuosité, qui ont souvent été prouvées, sont ici évidentes à plusieurs reprises. C’est le cas pour l’incroyable séquence d’ouverture, celle de l’évasion de prison, cinq minutes sans aucun dialogue (ou presque, juste quelques bribes avec les matons), une vraie leçon de cadrage, de montage, de rythme. Si la suite du film n’aura pas la même puissance, il n’en reste pas moins que Nowhere to Go demeure un superbe exercice de style, qui oscille entre le film de casse et de cavale, et qui marque aussi la première apparition au cinéma d’une des plus grandes comédiennes britanniques, Maggie Smith.


