
PHANTASM IV : AUX SOURCES DE LA TERREUR (Phantasm IV: Oblivion) réalisé par Don Coscarelli, disponible en DVD et Blu-ray en coffret Intégrale Collector le 31 octobre 2017 chez ESC Editions et Sidonis Calysta
Acteurs : A. Michael Baldwin, Reggie Bannister, Angus Scrimm, Bill Thornbury, Heidi Marnhout, Bob Ivy…
Scénario : Don Coscarelli
Photographie : Chris Chomyn
Musique : Christopher L. Stone
Durée : 1h30
Date de sortie initiale : 1998
LE FILM
Séparément perdus dans l’immense Vallée de la Mort, Mike et Reggie tentent de percer les secrets du sinistre Tall Man. En franchissant les limites d’un portail spatio-temporel, Mike découvre que son ennemi juré n’est plus la créature démoniaque qu’il paraît être. Enfin, pas tout à fait…


Où en étions-nous ? Ne vous inquiétez pas, Don Coscarelli résume les trois épisodes précédents au moyen de quelques extraits et d’une voix-off, ici celle de Reggie (Reggie Bannister). Car oui, nous en arrivons au quatrième volet de la saga Phantasm. Phantasm IV : Aux sources de la Terreur – Phantasm IV : Oblivion, le « IV » du sous-titre Oblivion marquant alors le 4e épisode. Et c’est dans cet excellent opus que le réalisateur-scénariste dévoile le passé et les origines de son boogeyman, le Tall Man, toujours interprété par Angus Scrimm, âgé ici de 72 ans. Bien que chaque histoire commence là où la précédente s’était arrêtée, Don Coscarelli ne s’est jamais préoccupé du fait que ses personnages prenaient un sacré coup de vieux entre deux chapitres. Rappelons tout de même que le premier Phantasm avait été réalisé en 1979, le second en 1988 et le troisième en 1994 ! Mais cela fait partie de la mythologie Phantasm, puisque Don Coscarelli s’amuse à jouer avec les dimensions et le vieillissement « accéléré » des protagonistes rajoute un côté fantastique à l’ensemble.





Le cinéaste se fait ici plaisir en signant un vrai western métaphysique et quasi-abstrait, qui encore une fois apporte de nombreuses réponses sur le Tall Man, mais qui pose de nouvelles bases pour ainsi relancer la machine. Ou ses sphères métalliques tueuses plutôt. On prend les mêmes alors et on recommence. Terrassé par le désespoir en apprenant qu’il est lui aussi devenu une créature au sang jaune du Tall Man, Mike a décidé de fuir loin de Reggie, son meilleur ami, par peur de ses propres réactions peut-être, mais aussi pour lui épargner d’être traqué comme il l’est lui-même. De son côté, Reggie est acculé par le Tall Man qui est une fois de plus revenu à la vie. Pour une raison connue de lui seul, le boogeyman décide d’épargner Reggie et même de le relâcher. Il semble que la partie ne fasse que commencer…Don Coscarelli sépare ses personnages pendant quasiment l’intégralité du film. Si la quête de Reggie, ancien vendeur de glaces devenu soldat par la force des choses, est somme toute classique et proche de celles des épisodes précédents, c’est ici Mike (A. Michael Baldwin) qui importe et le réalisateur ne s’en cache pas.





Phantasm IV : Aux sources de la Terreur déploie un nouvel univers, principalement en plein jour. Mike abandonne sa voiture dans la Vallée de la Mort (en fait les scènes ont été tournées à Lone Pine en Californie) et erre comme un zombie, qu’il est d’ailleurs devenu en partie, en tâchant de conserver son libre-arbitre et de ne pas devenir l’un des pantins et serviteurs du Tall Man. Les décors déserts sont magnifiques, excellemment filmés, ce décalage avec l’univers original du film emporte alors l’adhésion. Evidemment, les spectateurs qui s’attendaient à voir un nouveau spectacle avec de l’humour noir et des effets gore seront probablement déçus, mais Don Coscarelli, ambitieux, prend l’audience au dépourvu en privilégiant la psychologie et le côté introspectif de ses personnages. Il se rapproche ainsi du premier épisode et chef d’oeuvre de la franchise, ce qui est tout autant inattendu que bienvenue. De là à dire que Phantasm IV : Aux sources de la Terreur est le meilleur film de la franchise après le premier et l’aboutissement de cette longue histoire, il n’y a qu’un pas. Ceci d’autant plus que Coscarelli utilise des scènes coupées du premier film (ou filmées pour être utiliser plus tard), pour les intégrer ici sous forme de flashbacks.




Tandis que Reggie continue sa route et rencontre une mignonne petite blonde qui l’excite d’emblée et que Mike commence à prendre conscience que son suicide pourrait mettre fin aux noirs desseins du Tall Man, Don Coscarelli décide de dévoiler les origines du Tall Man, grâce aux passages entre deux mondes et deux époques disséminés sur Terre. Un Tall Man Begins en quelque sorte. Mais alors pourquoi Mike est-il persuadé d’avoir rencontré le Tall Man durant la Guerre de Sécession ? Comment son frère présumé décédé parvient-il à survivre entre deux univers et se transforme également en sphère ? Autant de nouvelles questions que l’on se pose à la fin de Phantasm IV : Aux sources de la Terreur et auxquelles Don Coscarelli ne répondra que…18 ans plus tard dans Phantasm V : Revenger, à ce jour le seul épisode non mis en scène par le cinéaste, mais pour lequel il signe néanmoins le scénario. Ce sera également le dernier tour de piste d’Angus Scrimm, décédé juste après le tournage à l’âge de 89 ans.




LE BLU-RAY
Phantasm IV : Aux sources de la Terreur est donc disponible en Blu-ray, mais pour l’instant uniquement en coffret intégrale (5 films) édité par ESC Editions. Aujourd’hui, nous ne sommes pas en mesure de dire si ce titre sera édité à l’unité, mais puisque les deux premiers le sont déjà, il n’y a pas de raison d’en douter. Le menu principal est animé sur le célèbre thème du film.



En plus de réunir les cinq films de la saga, ce coffret collector intégrale propose également un DVD Bonus, contenant un documentaire rétrospectif de la franchise “Phantasmagoria” (97’), Phantasmagorical Mystery Tour (14′), des scènes coupées de Phantasm (3′), sans oublier un livre inédit de 152 pages par Marc Toullec sur la genèse et la réalisation de la saga. Ces suppléments seront chroniqués ultérieurement.
Le Blu-ray de Phantasm IV : Aux sources de la Terreur contient également quelques bonus.
En plus de la bande-annonce et d’une galerie de photos, nous disposons ici d’un documentaire sur le tournage du film (11’), composé d’images de tournage, directement suivies par le résultat final à l’écran. A signaler que d’autres images du plateau se trouvent dans le documentaire proposé en bonus sur le Blu-ray de Phantasm III : Le Seigneur de la Mort !




L’Image et le son
Du point de vue qualité, le master HD de Phantasm IV : Aux sources de la Terreur est sans aucun doute le plus beau du coffret intégrale. Encore plus aiguisé que l’image du troisième épisode, celle-ci sublime les plans tournés dans le désert avec un ciel bleu immaculé, une profondeur de champ inouïe et une luminosité qui flatte les rétines. La texture argentique est heureusement préservée et excellemment gérée, la copie est d’une propreté immaculée, le cadre stable, les gros plans détaillés à souhait, bref c’est superbe. Le Blu-ray est au format 1080p (AVC).

Comme sur les précédents Blu-ray, la version originale bénéficie d’un mixage DTS-HD Master Audio 5.1. Cette option acoustique séduisante permet à la composition d’environner une fois de plus le spectateur pour mieux le plonger dans l’atmosphère du film. Les effets latéraux sont très convaincants, à l’instar des ambiances naturelles dans les paysages désertiques. De plus, les dialogues ne sont jamais noyés et demeurent solides, la balance frontale assurant de son côté le spectacle acoustique, riche et dynamique, surtout lors du passage des sphères métalliques, évidemment toujours présentes dans ce quatrième épisode. Les fans de la version française devront se contenter d’une piste mono DTS-HD Master Audio 2.0. Cette version se révèle assez percutante et propre, mais certains dialogues s’avèrent sensiblement grinçants. Les sous-titres ne sont pas imposés sur la version originale. Aucun souffle constaté.




Crédits images : © ESC Editions / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr































Crédits images : © ESC Editions / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
























Crédits images : © Fox / ESC Editions / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr











































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Dans le second reportage, Jane Birkin répond entre autres aux questions du journaliste avec son sourire contagieux et évoque ses prochains tournages, La Course à l’échalote de Claude Zidi et Je t’aime moi non plus de Serge Gainsbourg. 




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Mis en scène par le canadien Mark Robson (1913-1978), ancien monteur de Jacques Tourneur sur La Féline et Vaudou, mais aussi d’Orson Welles sur La Splendeur des Amberson, Plus dure sera la chute offre à Bogey l’un de ses plus beaux rôles. Eclectique, mais aussi inégal, on doit à Mark Robson Le Champion avec Kirk Douglas (1949), déjà un film sur le milieu de la boxe, Le Procès avec Glenn Ford (1955), ainsi que deux films de guerre très célèbres, L’Express du colonel Von Ryan avec Frank Sinatra (1965) et Les Centurions avec Anthony Quinn et Alain Delon (1966). L’un de ses derniers films, Tremblement de terre (1974) demeure l’un des fleurons du genre catastrophe. Bon technicien, il signe avec Plus dure sera la chute un de ses meilleurs films, peut-être même son chef d’oeuvre. 














Fils d’émigrants polonais, ce dernier demeure un mystère pour les spécialistes du cinéma puisque le scénariste en apparence « prolifique » a longtemps fait travailler d’autres écrivains à sa place et certains scénaristes inscrits sur la tristement célèbre liste noire lors du Maccarthysme. Un prête-nom avoué certes, mais Philip Yordan n’hésitait pas non plus à s’attribuer certains succès qu’il n’avait pas écrits. Pour Bertrand Tavernier, qui avait interviewé Philip Yordan (« j’ai rarement entendu autant de bobards de ma vie » dit d’ailleurs le réalisateur) c’est le cas pour Plus dure sera la chute, dont il attribue la paternité au romancier Budd Schulberg, qui avait adapté lui-même son livre en 1947, qui devait ensuite être mis en scène par Edward Dmytryk.
Le projet tombe à l’eau, mais la Columbia rachète le scénario à la RKO, qui atterrit ensuite sur le bureau de Philip Yordan. Bertrand Tavernier suppose que le scénario original a dû n’être que très légèrement retouché, Yordan y couchant ensuite sa signature. Bertrand Tavernier en vient au casting en revenant sur la dernière apparition d’Humphrey Bogart à l’écran, ainsi que sur le jeu de Rod Steiger, qui avait quelque peu décontenancé Bogey. L’historien du cinéma évoque deux points du récit qui le laissent quelque peu perplexe, mais loue la grande réussite de Plus dure sera la chute, encense la photo du chef opérateur Burnett Guffey, la mise en scène et le montage rapide, l’utilisation des décors et l’attention aux petits détails. Voilà une remarquable présentation !





























Crédits images : © FULL MOON FEATURES. ALL RIGHTS RESERVED / Movinside / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr






















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