Test Blu-ray / Ninja III, réalisé par Sam Firstenberg

NINJA III (Ninja III : The Domination) réalisé par Sam Firstenberg, disponible en coffret DVD et coffret Blu-ray le 28 mars 2017 chez ESC Editions

Acteurs : Shô Kosugi, Lucinda Dickey, Jordan Bennett, David Chung, Dale Ishimoto, James Hong, Bob Craig, Pamela Ness, Roy Padilla

Scénario : James R. Silke

Photographie : Hanania Baer

Musique : Udi Harpaz, Misha Segal

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 1984

LE FILM

Une femme, employée des télécommunications de Phoenix et passionnée d’aérobic, vient en aide à un assassin ninja plutôt efficace. Malheureusement il meurt devant ses yeux en lui léguant son katana. Cette dernière arme se révèle possédée par un esprit séculaire conférant des pouvoirs d’assassins ninjas.

Nous avions laissé Shô Kosugi en haut d’un building de Salt Lake City à la fin d’Ultime Violence – Ninja II. Après avoir eu le temps d’emballer une petite série intitulée L’Homme au katana, le comédien est rappelé par les cousins Golan et Globus pour Ninja III – The Domination, troisième volet de la saga initiée en 1981 avec L’Implacable Ninja. Les yeux toujours plus gros que le ventre, les allumés de la Cannon sont bien décidés à surfer sur cette déferlante de ninjas dans le cinéma américain. Le réalisateur Sam Firstenberg est également de retour derrière la caméra, mais le scénariste James R. Silke souhaite emmener la franchise vers quelque chose de nouveau. C’est peu dire que l’histoire concoctée pour ce troisième opus part dans tous les sens, mais ce qui interpelle et inquiète surtout les producteurs, c’est que le rôle principal de Ninja III est confié à une jeune actrice, Lucinda Dickey, tête d’affiche d’une autre production de la Cannon, un film musical, Break Street 84.

Emballés par la performance physique de la comédienne, Golan et Globus l’engagent, mais restent perplexes quant au « réalisme » de montrer une jeune femme ninja. Comme si les histoires plausibles les avaient jusqu’alors dérangé…Il n’empêche que Lucinda Dickey, que l’on verra juste après dans le cultissime Breakin’ 2: Electric Boogaloo, y va à fond dans les scènes d’action et s’avère beaucoup plus convaincante quand elle donne des coups de tatane que dans les scènes dramatiques.

Ninja III est un sommet du nanar. La première séquence, au cours de laquelle un ninja s’en prend à quelques gardes du corps pour visiblement atteindre un homme d’affaires durant sa partie de golf est immense dans le genre. S’ensuit une course-poursuite entre le ninja et des flics, le ninja trouvant refuge sur une de leurs bagnoles avant de s’accrocher à un hélicoptère, puis de terminer à la flotte et de se faire flinguer par toute la horde de policiers lancés à ses trousses. Une exécution aussi efficace que celle de Murphy au début de RoboCop, sauf que malgré les bastos envoyées, le corps du ninja reste propre (évitons la censure que diable ! ), avant de disparaître à l’insu des tireurs. Quelques minutes plus tard, nous découvrons que le ninja, toujours pas mort malgré les dizaines de balles reçues en pleine poire, s’était en fait enterré en quelques secondes afin de tromper ses ennemis. Les flics se barrent. C’est alors que nous découvrons Christie, tranquillement en train de bosser sur un poteau téléphonique. En haut de son perchoir, elle aperçoit un individu en mauvais point. Elle descend et s’approche de lui pour lui venir en aide. Le ninja lui saute dessus, Christie parvient à se tirer d’affaire, puis revient vers son agresseur qui finalement ne semble pas si méchant que ça. Grâce à son katana magique, le ninja survit à sa propre mort en se réincarnant dans le corps de Christie, qui devient alors dotée, sans le savoir, de capacités surhumaines, faisant d’elle une tueuse invulnérable qui possède le pouvoir, la puissance et la maîtrise des arts martiaux des ninjas. Objet d’une vengeance absolue, Christie remplit la mission que lui assigne le diabolique guerrier, jonchant son parcours de cadavres, en suivant les « ordres » de l’esprit du défunt enfermé dans le katana. Désormais, seul un autre ninja pourrait la délivrer du démon qui la hante. Heureusement, Christie sera aidée par un flic gominé, en marcel et aux épaules velues, qui en pince pour elle et qu’il ne laissera pas filer, quitte à participer à un de ses cours d’aérobic en short fluo moulant.

Et encore ce n’est qu’un début ! Résumer Ninja III est aussi poilant que le flic improbable interprété par Jordan Bennett. Tous les genres y passent, même une séquence d’exorcisme durant laquelle Christie, possédée par l’âme du ninja, tournoie sur elle-même. Et Shô Kosugi dans tout ça ? Bah il apparaît de temps en temps, affublé d’un bandeau sur un œil – coucou Quentin Tarantino – et qui se prépare pour le combat final contre un mannequin en mousse. Le pire, c’est que Ninja III est pensé comme un film sérieux. Heureusement pour nous, car le film vieillit très bien comme ça. Cette fois, le film pioche dans les films d’horreur, fantastiques et d’arts martiaux, à la va comme je te pousse. Incroyable, mais vrai, Ninja III est bien foutu. Les scènes s’enchaînent sur un rythme soutenu, les scènes d’action sont certes risibles, mais généreuses et on se marre du début à la fin. Les décors et les costumes très ancrés dans leur époque raviront les amateurs du genre, comme de voir également une arcade de jeu vidéo dans l’appartement de l’héroïne, fringuée comme si elle débarquait de Flashdance. Ninja III reste un divertissement de haute volée, dont on ressort euphorique.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Ninja III, disponible chez ESC Conseils dans le coffret Trilogie Ninja avec également L’Implacable Ninja et Ultime Violence – Ninja 2, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé sur la musique du film.

L’indéboulonnable Nico Prat, journaliste chez RockyRama, présent sur les trois titres du coffret Ninja de la Cannon, se lâche durant la présentation de Ninja III (7’). « Le film de trop, un film boursouflé, ridicule, rempli de mauvaises idées, qui mélange beaucoup trop de genres et d’éléments de l’époque », voilà comment Nico Prat introduit le film de Sam Firstenberg, mais avec le sourire bien entendu. Le journaliste se penche sur la production de Ninja III, évoque le casting, l’échec à sa sortie, puis aborde l’héritage du film de ninjas au cinéma en parlant bien évidemment de Godfrey Ho, spécialiste du cinéma 2 en 1, avant que le genre meurt de sa belle mort à cause de l’arrivée de JCVD et de son Bloodsport – Tous les coups sont permis, qui ouvrait la voie à un nouveau style de films de bastons.

Vous avez aimé les deux fausses bandes-annonces de Ninja Eliminator présentes sur les deux titres précédents ? Alors vous serez ravis d’apprendre que l’éditeur en présente ici deux pour le prix d’une ! Ninja Eliminator III : Le Gardien du médaillon (4’) et Ninja Eliminator IV : The French Connection (8’). La même bande d’allumés est de retour pour notre plus grand plaisir. C’est encore complètement dingue et porté par un véritable amour du nanar.

L’Image et le son

Au jeu des comparaisons, l’image de Ninja III est la plus belle de la trilogie disponible en Blu-ray. Comme L’Implacable Ninja et Ultime Violence – Ninja II, ESC soigne son master HD (1080p). Un lifting numérique a été effectué, avec un résultat plus que probant et flatteur pour les mirettes. Si le générique s’accompagne de fourmillements et d’un grain parfois hasardeux, cela s’arrange immédiatement après. L’encodage AVC est de haute tenue et la promotion HD indéniable. Les détails sont appréciables, le piqué et la clarté sont aléatoires mais plus nets sur les séquences diurnes, la colorimétrie retrouve une nouvelle jeunesse et les contrastes affichent une petite densité inattendue. Les quelques rares scories aperçues demeurent subliminales.

Les versions française et originale sont proposées en DTS-HD Master Audio 2.0, dépourvues du moindre souffle. Les deux versions s’avèrent propres, naturelle pour la piste anglaise, dynamique et évidemment plus artificielle pour l’amusant doublage français. Les sous-titres français ne sont pas imposés, contrairement au changement de langue verrouillé à la volée.

Crédits images : © ESC Conseils / Captures du Blu-ray :  Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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