Test Blu-ray / Provincia violenta, réalisé par Mario Bianchi

PROVINCIA VIOLENTA réalisé par Mario Bianchi, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Calogero Caruana, Antonella Dogan, Alicia Leoni, Spartaco Battisti, Al Cliver, Richard Harrison, Simonetta Marini, Daniela Codini…

Scénario : Mario Bianchi

Photographie : Umberto Galeassi

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h20

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

Franco Sereni, capitaine de carabiniers, est démis de ses fonctions pour avoir défendu « la loi des armes ». Il est chargé de mener une enquête privée sur plusieurs cas de chantage de femmes fortunées. Sereni découvre bientôt qu’il y a bien plus que cela.

Il y a un peu plus d’un an, nous parvenions à défendre L’Enfant de Satan – La Bimba di Satana (1977), réalisé par Mario Bianchi (1939-2022) et ce malgré ses défauts apparents. Ce ne sera pas le cas pour Provincia violenta (1978), dernier baroud d’honneur du metteur en scène dans le genre poliziottesco, qui commençait d’ailleurs sérieusement à battre de l’aile à la fin des années 1970. Rien, absolument rien ne fonctionne dans cet opus qui sent le réchauffé, qui est moche à regarder, pénible à suivre et interprété par des comédiens dépourvus du moindre charisme. C’est bien simple, on a l’impression que tous se sont donné rendez-vous afin d’offrir au public ce qui pouvait se faire de pire dans le genre, en espérant pouvoir ainsi se démarquer du tout-venant. Écrit et mis en scène par Mario Bianchi, avant qu’il prenne les pseudos de Jim Reynolds, Arthur Wolf, Mark B. Light, Nicholas Moore, Martin White et bien d’autres pour signer des œuvres aux titres aussi explicites que Francesca: Sinfonia anale, Doppio contatto anale, La clinica delle ispezioni anali), Provincia violenta devient une comédie involontaire, qui rappelle un épisode de Derrick, tant sur le fond que sur la forme. Pris ainsi, ce « thriller » fauché, extrêmement maladroit, neurasthénique et aux couleurs aussi éteintes que les papiers peints et la moquette murale qui ornaient les murs remplit son contrat et fera le bonheur des adeptes de mauvais films sympathiques.

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Test Blu-ray / La Cité des dangers, réalisé par Robert Aldrich

LA CITÉ DES DANGERS (Hustle) réalisé par Robert Aldrich, disponible en Combo Blu-ray + DVD + Livret le 11 septembre 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Burt Reynolds, Catherine Deneuve, Ben Johnson, Paul Winfield, Eileen Brennan, Eddie Albert, Ernest Borgnine, Catherine Bach…

Scénario : Steve Shagan, d’après son roman City of Angels

Photographie : Joseph F. Biroc

Musique : Frank De Vol

Durée : 2h

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Gloria Hollinger est retrouvée morte sur une plage de Los Angeles. La police conclut rapidement à un suicide et le père de cette dernière ne l’accepte pas. Poussé par ce dernier, le lieutenant Phil Gaines, flic cynique et désabusé, décide de creuser l’affaire. Ses investigations le font remonter aux intouchables de la ville, dont le puissant avocat qui emploie la call-girl de luxe avec qui Gaines entretient une liaison passionnée. Pris au piège entre un père assoiffé de vengeance et une élite corrompue et ses propres contradictions morales, Gaines s’enfonce dans les ténèbres du rêve californien.

Au début des années 1970, Robert Aldrich cumule les échecs cuisants au box-office (Trop tard pour les héros, Pas d’orchidées pour miss Blandish, Fureur apache, L’Empereur du Nord), ce qui contrarie son désir d’indépendance. Il doit donc se refaire au niveau des studios et accepte de réaliser Plein la gueule – The Longest Yard (1974) avec la star Burt Reynolds, qui lui vient d’enchaîner les triomphes de Délivrance de John Boorman et Les Bootleggers – White Lightning de Joseph Sargent. C’est un immense succès pour le réalisateur, son plus gros depuis Les 12 Salopards – The Dirty Dozen, puisque produit pour 3 millions de dollars, le film en rapporte près de 45 millions uniquement sur le sol américain. Cette affaire très lucrative va donner envie au cinéaste et au comédien de renouveler immédiatement leur collaboration et pour cela ils créent leur société de production, la RoBurt Productions. Si celle-ci sera éphémère, leur deuxième long-métrage, La Cité des dangers – Hustle est une nouvelle réussite commerciale, certes moins conséquente que Plein la gueule avec « seulement » dix millions de dollars de recette aux États-Unis, mais cela conforte encore la position de Robert Aldrich dans l’industrie. Le tandem délaisse la comédie sportive et plonge cette fois dans le polar néo-noir, sombre, désabusé, cynique, dont le tournage a été marqué par de vives frictions, mais aussi par des désaccords artistiques entre le metteur en scène et Burt Reynolds. À l’écran, La Cité des dangers est un quasi-chant du cygne, puisque Robert Aldrich ne tournera plus que quatre longs-métrages, qui ne rencontreront pas le public. Hustle est un très grand film pessimiste où les personnages semblent englués dans la fange, celle de Los Angeles, un monde à part entière, pourri jusqu’à l’os. Un mirage d’espoir apparaît à travers un calendrier décoré des monuments de Rome, mais la réalité rattrape toujours les personnages déjà condamnés. Le personnage de Catherine Deneuve, que Burt Reynolds était allé convaincre lui-même d’aller tourner de l’autre côté de l’Atlantique, rappelle celui qu’elle campait chez Jean-Pierre Melville dans Un flic. Une beauté solaire qui contraste avec le monde dans lequel elle évolue et qui représente également une possibilité de rédemption. Et Burt Reynolds est somptueux. On pense à un chaînon manquant entre Les Flics ne dorment pas la nuit – The New Centurions de Richard Fleischer et The Offence de Sidney Lumet. C’est dire si La Cité des dangers est une œuvre importante dans la carrière de Robert Aldrich, le dernier sommet d’une impressionnante chaîne de hautes montagnes.

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Test 4K UHD / L’Effaceur, réalisé par Chuck Russell

L’EFFACEUR (Eraser) réalisé par Chuck Russell, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray – Boîtier SteelBook limité le 29 juillet 2026 chez Warner Bros.

Acteurs : Arnold Schwarzenegger, James Caan, Vanessa L. Williams, James Coburn, Robert Pastorelli, James Cromwell, Danny Nucci, Andy Romano…

Scénario : Tony Puryear & Walon Green

Photographie : Adam Greenberg

Musique : Alan Silvestri

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 1996

LE FILM

Lee Cullen, cadre de la Cyrez, importante société d’armement américaine, découvre par hasard que ses patrons sont impliqués dans un trafic d’armes et s’apprêtent à livrer des armes très sophistiquées à des trafiquants russes. Elle prévient aussitôt le FBI et réussit à recopier sur deux disquettes les preuves de ce trafic. Surprise, elle prend la fuite sous la protection du FBI. John Kruger, surnommé l’Effaceur, qui assure la sécurité d’informateurs impliqués dans les grandes affaires criminelles, va la prendre sous sa protection.

En 1994, Arnold Schwarzenegger sort du carton mondial de True Lies (près de 400 millions de dollars de recette). La cinquantaine se rapprochant à grands pas, le Chêne autrichien tente un petit détour par la comédie. Ce sera Junior d’Ivan Reitman, qui ne rencontre pas le même accueil que Jumeaux, malgré le duo reformé avec Danny DeVito et qui s’avère même un sacré flop aux États-Unis avec seulement 36 millions de dollars au box-office. Les fans hurlent au scandale, Arnold les rassure en disant qu’il fera bientôt son retour dans un film d’action. Le réalisateur Chuck Russell (1952-2026) vient lui de connaître un triomphe inattendu avec The Mask, faisant de Jim Carrey une star planétaire. Scénariste de Dreamscape (1984) de Joseph Ruben, metteur en scène en 1987 de Freddy 3 : Les Griffes du cauchemar – A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors (le meilleur de la saga au passage) et de l’excellent remake Le Blob (1988), la Warner lui confie la direction du thriller d’action intitulé L’Effaceur –Eraser, véritable véhicule de star pour Schwarzy. Doté d’un budget de 100 millions de dollars et d’un script écrit par Walon Green, le scénariste de La Horde sauvage – The Wild Bunch (1969) de Sam Peckinpah, du Convoi de la peur – Sorcerer (1977) de William Friedkin, du méconnu Police frontière – The Border (1982) de Tony Richardson et même de RoboCop 2 (1990) d’Irvin Kershner, L’Effaceur, auquel John Milius aurait filé un coup de main au script, est désormais considéré comme un film culte. Trente ans après sa sortie, certains le considèrent même comme étant l’un des meilleurs films de la carrière d’Arnold Schwarzenegger. Une chose est sûre, le spectacle est encore plus que garanti et l’on prend un immense plaisir à le revoir. Vous venez d’être effacé.

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Test Blu-ray / On a volé la cuisse de Jupiter, réalisé par Philippe de Broca

ON A VOLÉ LA CUISSE DE JUPITER réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Annie Girardot, Philippe Noiret, Francis Perrin, Catherine Alric, Marc Dudicourt, Paulette Dubost, Roger Carel, Anna Gaylor…

Scénario : Philippe de Broca & Michel Audiard

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Giorgos Hatzinasios

Durée : 1h41

Année de sortie : 1980

LE FILM

Antoine Lemercier et Lise Tanquerelle passent leur voyage de noces en Grèce. Ils y font la rencontre de Charles-Hubert Pochet, un jeune archéologue qui fait bientôt une grande découverte, mais la pièce est dérobée. Lorsque le voleur est retrouvé mort, c’est Charles-Hubert Pochet qui est accusé de meurtre avec la complicité d’Antoine Lemercier.

Devant le succès de Tendre poulet en 1978 (1,8 million d’entrées) et surtout face au semi-échec du Cavaleur (un million de spectateurs) en 1979, Philippe de Broca décide de donner une suite aux tribulations de Tanquerelle et Lemercier. Annie Girardot et Philippe Noiret sont donc de retour pour On a volé la cuisse de Jupiter, qui débute par le mariage de la commissaire de police et du professeur de grec. Cette excellente séquelle propose un angle différent. Là où Tendre poulet combinait parfaitement la comédie et la trame policière, de Broca envoie son couple principal en voyage de noces en Grèce. Si nous retrouvons bien quelques éléments policiers, le ton est ici placé sous le signe de la comédie pure et surtout de l’aventure, genre de prédilection de Philippe de Broca. Aux côtés de Girardot/Noiret, toujours aussi formidables, Catherine Alric (encore plus exquise que dans le premier), interprète un personnage différent que dans Tendre poulet grâce à une petite pirouette (« Il y avait une fille comme elle, elle lui ressemblait, même genre, même style, copie conforme ! » dit Tanquerelle), ainsi que Francis Perrin, tout aussi irrésistible qu’irritant dans la peau de Charles-Hubert Pochet qui passe tout le film à se plaindre, la jambe dans le plâtre.

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Test Blu-ray / Tendre poulet, réalisé par Philippe de Broca

TENDRE POULET réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : Annie Girardot, Philippe Noiret, Catherine Alric, Hubert Deschamps, Paulette Dubost, Roger Dumas, Raymond Gérôme, Guy Marchand…

Scénario : Philippe de Broca & Michel Audiard, d’après le roman Le Commissaire Tanquerelle et le Frelon de Jean-Paul Rouland et Claude Olivier

Photographie : Jean-Paul Schwartz

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h46

Année de sortie : 1978

LE FILM

Tanquerelle, commissaire de police, a la surprise de constater que le cyclomotoriste qu’elle vient de heurter avec sa voiture n’est autre qu’Antoine Lemercier, un ancien camarade de classe qu’elle n’a pas vu depuis 20 ans. Ces retrouvailles donnent lieu à un coup de foudre, mais Lise cache sa profession à Antoine, devenu professeur de grec et farouchement anti-police. Parallèlement à cette romance naissante, Lise doit enquêter sur une série de meurtres bizarres : trois députés assassinés successivement, un poinçon planté dans le dos.

Philippe de Broca (1933-2004) vient d’enchaîner deux gros succès avec Le Magnifique (1973, 2,8 millions d’entrées) et L’Incorrigible (1975, 2,6 millions d’entrées), mais Julie pot de colle est une déception au box-office en 1977 et n’attire que 645.000 spectateurs dans les salles. L’année suivante, le cinéaste retrouve Michel Audiard, scénariste et dialoguiste de L’Incorrigible, pour Tendre poulet, une comédie policière pour laquelle il confie les rôles principaux à Philippe Noiret, rencontré en 1970 sur le tournage des Caprices de Marie, et Annie Girardot (qui pour l’anecdote incarne ici la première commissaire de police du cinéma français), avec qui la première collaboration remonte à 1964 pour Un monsieur de compagnie. Petit bijou de scénario, interprétation divine, rythme effréné, comédie-policière (les meurtres peuvent faire leur effet sur le jeune public) à l’humour noir, tendre et dévastateur, Tendre poulet est un joyau du cinéma français des années 70, du pur Philippe de Broca.

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Test Blu-ray / Un aller simple, réalisé par José Giovanni

UN ALLER SIMPLE réalisé par José Giovanni, disponible en DVD & Blu-ray le 21 juillet 2026 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Jean-Claude Bouillon, Maurice Garrel, Rufus, Nicoletta, Ottavia Piccolo, Paola Pitagora, Jean Gaven, Alain Mottet…

Scénario : José Giovanni, d’après le roman The Chair for Martin Rome de Henry Edward Helseth

Photographie : Pierre-William Glenn

Musique : François de Roubaix

Durée : 1h56

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

À la suite du meurtre d’un policier lors d’une attaque de banque ratée, un truand entame une cavale à travers la Belgique pour échapper à la police, rétablir la vérité sur un crime passé qu’il n’a pas commis et protéger son amie des manœuvres d’un avocat véreux.

Suite aux succès du Rapace (1968) et de Dernier domicile connu (1970), José Giovanni délaisse le cinéma « pour les autres », pour se consacrer pleinement à son activité de metteur en scène. C’est ainsi qu’il décide d’adapter un roman de l’auteur américain Henry Edward Helseth, The Chair for Martin Rome, publié en France en 1950 dans la mythique collection Série Noire. Chose étonnante, le livre avait déjà été l’objet d’une transposition à Hollywood en 1948, sous le titre Cry of the City (ou La Proie en version française), par Robert Siodmak, avec Victor Mature,Richard Conte, Shelley Winters et Debra Paget, rien que ça. Point de casting étincelant dans la mouture de José Giovanni et Un aller simple sera finalement tenu par le jeune Jean-Claude Bouillon, qui deviendra célèbre par la suite pour avoir campé le commissaire Valentin dans la série télévisée Les Brigades du tigre, de 1974 à 1983, au fil d’une trentaine d’épisodes. Après Made in USA (1966) de Jean-Luc Godard, dans lequel il faisait ses débuts devant la caméra, et Tout peut arriver (1969), premier long-métrage de Philippe Labro, le comédien se voit confier le premier rôle dans ce thriller méconnu qui témoigne du talent de José Giovanni comme réalisateur, en pleine possession de ses moyens, brillant formaliste et directeur d’acteurs. Un aller simple est assurément une curiosité doublée d’une réelle découverte, qui annonce l’un de ses chefs d’oeuvres à venir, Deux Hommes dans la ville, qui sortira deux ans plus tard.

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Test Blu-ray / Maigret et le mort amoureux, réalisé par Pascal Bonitzer

MAIGRET ET LE MORT AMOUREUX réalisé par Pascal Bonitzer, disponible en DVD & Blu-ray le 7 juillet 2026 chez Pyramide Vidéo.

Acteurs : Denis Podalydès, Anne Alvaro, Manuel Guillot, Irène Jacob, Dominique Reymond, Laurent Poitrenaux, Micha Lescot, Julia Faure…

Scénario : Pascal Bonitzer, d’après le roman Maigret les vieillards de Georges Simenon

Photographie : Pierre Milon

Musique : Alexei Aigui

Durée : 1h16

Date de sortie initiale : 2026

LE FILM

Le commissaire Maigret est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné. Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes, dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant aux membres des deux familles et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise…

Tiens, revoilà Maigret au cinéma ! Première chose, si vous désirez en savoir plus sur les différentes incarnations du célèbre commissaire, sur le petit comme sur le grand écran, reportez-vous à notre article consacré à l’excellent Maigret de Patrice Leconte sorti en 2022. On vous laisse un peu de temps. Ça y est ? Très bien, on peut désormais se pencher sur Maigret et le mort amoureux, adaptation du roman Maigret et les vieillards de Georges Simenon (est-il utile de le préciser ?), publié en 1960. C’est Pascal Bonitzer, qui à l’aube de ses 80 printemps a mis les bouchées doubles en sortant pas moins de trois films en l’espace de deux années, Le Tableau volé, Maigret et le mort amoureux et Victor comme tout le monde (sur lequel nous reviendrons prochainement). Soyons honnêtes, il n’y a rien de véritablement cinématographique dans cette nouvelle proposition du légendaire commissaire et ce dixième long-métrage de Pascal Bonitzer s’apparente, comme c’était déjà le cas pour Le Tableau volé, à un téléfilm de grand luxe, le faste provenant essentiellement pour ne pas dire uniquement, de sa distribution. Rien à redire sur ce point. Si on l’imaginait mal dans l’imperméable aux épaules larges de son personnage, Denis Podalydès, qui retrouve le cinéaste plus d’un quart de siècle après Rien sur Robert, s’en tire à merveille, quand bien même celui-ci est obligé de revêtir le vêtement en question, le chapeau et la pipe, codes ô combien reconnaissables, histoire de bien rappeler qu’il incarne le mythe en question. Mais comme dans tous les romans ou presque de Simenon, ce sont les personnages satellites qui importent peut-être plus que l’atome central autour duquel ils gravitent. Pascal Bonitzer soigne une fois de plus son casting, chaque comédien ayant du grain à moudre, beaucoup de répliques (le film est très bavard, peut-être trop d’ailleurs), au second comme au troisième plan. Aussi, la grande Anne Alvaro (Boléro, Le Goût des autres) se taille la part du lion et fait jeu égal avec son partenaire. Jolie présence d’Irène Jacob dans le rôle de madame Maigret. Les aficionados de Simenon retrouveront cette petite musique, ce ton implacable, cette ironie mordante, les non-dits, l’attente, le faux rythme qui font des enquêtes de Maigret ce qu’elles sont et pourquoi celles-ci ont connu un triomphe dans le monde entier. Dommage que la mise en scène, qui se contente souvent de simples champs-contrechamps, ne parvienne pas à dynamiser une histoire somme toute intéressante, mais qui paraît bien plus longue que ses 72 minutes !

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Test Blu-ray / Hold-up, réalisé par Alexandre Arcady

HOLD-UP, réalisé par Alexandre Arcady, disponible en Blu-ray le 3 juin 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Jean-Paul Belmondo, Kim Cattrall, Guy Marchand, Jean-Pierre Marielle, Jacques Villeret, Jean-Claude de Goros, Tex Konig, Raymond Aquilon…

Scénario : Alexandre Arcady, Daniel Saint-Hamont & Francis Veber, d’après le roman Quick Change de Jay Cronley

Photographie : Richard Ciupka

Musique : Serge Franklin

Durée : 1h53

Date de sortie initiale : 1985

LE FILM

Afin de dévaliser une grande banque à Montréal, un voleur professionnel décide de se déguiser en clown. Grâce à deux complices à l’intérieur de la banque, il réussit son coup. Pourtant, alors qu’il croyait que le plus dur était fait, les ennuis vont s’amonceler.

Au début des années 1980, le succès est toujours au rendez-vous pour Jean-Paul Belmondo. Le Guignolo (2,9 millions d’entrées), Le Professionnel (5,2 millions), L’As des as (5,5 millions), Le Marginal (4,9 millions), Les Morfalous (3,6 millions) et Joyeuses Pâques (3,4 millions) confirment encore l’engouement des spectateurs pour Bebel. En 1985, le comédien rompt son association avec René Chateau au moment du tournage de Joyeuses Pâques. C’est un nouveau départ pour la star du cinéma français. C’est là que déboule le scénario de Hold-up, adaptation du roman Quick Change (publié en français sous le titre La Java des loquedus en 1982) de Jay Cronley, co-écrit par Alexandre Arcady et Daniel Saint-Hamont, qui avaient signé Le Grand Pardon (1981) et Le Grand Carnaval (1983). Belmondo se voit proposer Hold-up par Alexandre Mnouchkine, mais l’acteur demande de nombreuses modifications, trouvant que son personnage disparaît quelque peu dans la deuxième partie. C’est là que Francis Veber, qui sort du triomphe de La Chèvre, débarque, remanie le scénario, ajoute quelques mots d’auteur, ainsi qu’une nouvelle dynamique à l’ensemble. Cela n’était pas arrivé depuis 1977 avec L’Animal de Claude Zidi, Jean-Paul Belmondo se voit diriger pour la première fois par un autre metteur en scène que Georges Lautner, Henri Verneuil, Jacques Deray et Gérard Oury qui l’ont tous fait tourner précédemment à plusieurs reprises. Résultat des courses, Hold-up est une comédie policière et d’action rudement menée, dépaysante avec son décor canadien, la présence de la divine Kim Cattrall, tout juste sortie du carton planétaire de Police Academy de Hugh Wilson et avant Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin – Big Trouble in Little China de John Carpenter. L’auteur de ces mots conserve une immense affection pour Hold-up, l’un des films avec Belmondo qui a sûrement tourné le plus dans le magnétoscope quand il était gamin. Aujourd’hui encore, le plus grand succès au box-office d’Alexandre Arcady demeure un savoureux divertissement dans lequel Bebel semble prendre beaucoup de plaisir à se déguiser, à donner la réplique à Guy Marchand, à jouer le gentleman braqueur avec sa belle partenaire canadienne et à s’adonner à quelques cascades, qui seront d’ailleurs parmi les dernières de son illustre carrière.

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Test Blu-ray / Le Criminel aux abois – Nowhere to Go, réalisé par Seth Holt & Basil Dearden

LE CRIMINEL AUX ABOIS (Nowhere to Go), réalisé par Seth Holt & Basil Dearden, disponible en combo Blu-ray/DVD le 29 avril 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : George Nader, Maggie Smith, Bernard Lee, Geoffrey Keen, Bessie Love, Harry H. Corbett, Andree Melly, Michael Collins…

Scénario : Donald MacKenzie, d’après son roman

Photographie : Paul Beeson

Musique : Dizzy Reece

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Paul Gregory s’apprête à voler à Harriet Jefferson, la précieuse collection de pièces anciennes et rares de son mari défunt. Par une suite de malentendus, Gregory finit par se croire « doublé » par quelqu’un qu’il croyait son allié. Le temps qu’il réalise son erreur, il est trop tard.

Quand on s’intéresse à Nowhere to Go, plus connu en France sous son titre Le Criminel aux abois, on constate que deux réalisateurs sont crédités. Il y a tout d’abord l’éminent Basil Dearden (1911-1971), sur lequel nous sommes déjà revenus à l’occasion de nos articles consacrés à Khartoum, Au coeur de la nuit, Un si noble tueur – The Gentle Gunman et The Ship that Died of Shame. Le second metteur en scène à la barre est Seth Holt (1923-1971), habituellement monteur (De l’or en barre, Tortillard pour Tietfield, La Loterie de l’amour et La Bataille des sexes) qui signera le formidable Hurler de peur – Taste of Fear (1961), thriller dramatico-psychologique, ainsi Confession à un cadavre – The Nanny (1965), tous les deux pour le compte de la Hammer. Si Seth Holt est cité en premier, il y a fort à parier que Le Criminel aux abois doit plus au second, dont l’efficacité et la virtuosité, qui ont souvent été prouvées, sont ici évidentes à plusieurs reprises. C’est le cas pour l’incroyable séquence d’ouverture, celle de l’évasion de prison, cinq minutes sans aucun dialogue (ou presque, juste quelques bribes avec les matons), une vraie leçon de cadrage, de montage, de rythme. Si la suite du film n’aura pas la même puissance, il n’en reste pas moins que Nowhere to Go demeure un superbe exercice de style, qui oscille entre le film de casse et de cavale, et qui marque aussi la première apparition au cinéma d’une des plus grandes comédiennes britanniques, Maggie Smith.

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Test Blu-ray / Le Tueur frappe trois fois, réalisé par Massimo Dallamano

LE TUEUR FRAPPE TROIS FOIS (La Morte non ha sesso) réalisé par Massimo Dallamano, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 15 mai 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : John Mills, Luciana Paluzzi, Robert Hoffmann, Renate Kasché, Carlo Hintermann, Tullio Altamura, Enzo Fiermonte, Loris Bazzocchi…

Scénario : Giuseppe Belli, Vittoriano Petrilli, Massimo Dallamano & Audrey Nohra

Photographie : Angelo Lotti

Musique : Giovanni Fusco & Gianfranco Reverberi

Durée : 1h25

Année de sortie : 1968

LE FILM

L’inspecteur Franz Bulon dirige la brigade des stupéfiants de la police de Hambourg. Il soupçonne sa femme, Lisa, une ex-voleuse, de poursuivre ses activités criminelles. Incapable de la confondre, il propose un échange à Max Lindt, un tueur à gages qu’il vient d’arrêter. Contre sa remise en liberté, il doit supprimer Lisa.

Celles et ceux qui voudraient, à juste titre, en savoir plus sur le réalisateur Massimo Dallamano (1917-1976) et ancien chef opérateur (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus) pourront se rediriger vers nos articles consacrés à Vénus en fourrure – Venere in peliccia – Le Malizie di Venere (1969), Section de choc – Quelli della calibro 38 (1976) et Mais…qu’avez-vous fait à Solange ? – Cosa avete fatto a Solange? (1972). Le film qui nous intéresse s’intitule Le Tueur frappe trois fois – La Morte non ha sesso et n’est que le second long-métrage du cinéaste, mis en scène un an après son premier coup d’essai Bandidos. Si on le classe aujourd’hui dans le genre giallo, Le Tueur frappe trois fois appartient surtout au Krimi, mais reprend il est vrai certains codes déjà installés dans Six femmes pour l’assassin – Sei donne per l’assassino (1964) de Mario Bava. Ainsi, la même année que La Mort a pondu un œuf – La Morte ha fatto l’uovo de Giulio Questi, Le Sadique de la treizième heure – Nude… si muore d’Antonio Margheriti, mais deux ans avant l’avènement de L’Oiseau au plumage de cristal – L’Uccello dalle piume di cristallo de Dario Argento, Massimo Dallamano se concentrait sur un tueur vêtu d’un imper, tenant dans sa main gantée une arme blanche dont la lame est destinée à être enfoncée dans la chair de victimes déterminées. L’intrigue est un rien poussive, mais cet opus vaut le coup d’oeil pour son trio vedette Luciana Paluzzi, Robert Hoffman et John Mills, et s’avère étonnamment plus convaincant dans sa partie dramatique que policière, qui quant à elle tend à s’essouffler.

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