Test Blu-ray / L’Invasion des profanateurs, réalisé par Philip Kaufman

L’INVASION DES PROFANATEURS (Invasion of the body snatchers) réalisé par Philip Kaufman, disponible en DVD et Blu-ray le 25 avril 2017 chez Rimini Editions

Acteurs : Donald Sutherland, Brooke Adams, Leonard Nimoy, Jeff Goldblum, Veronica Cartwright, Art Hindle, Kevin McCarthy, Don Siegel, Tom Luddy

Scénario : W.D. Richter d’après le roman de Jack Finney

Photographie : Michael Chapman

Musique : Denny Zeitlin

Durée : 1h55

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

Elizabeth s’aperçoit un jour du comportement étrange de son ami. Puis, peu à peu, d’autres personnes se transforment ainsi bizarrement. Pendant leur sommeil, une plante fabrique leur double parfait, tandis que l’original disparaît.

L’Invasion des profanateursInvasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman est bien plus qu’un simple remake du film culte réalisé par Don Siegel en 1956. C’est une fabuleuse relecture du livre original de Jack Finney paru en 1955 (mais publié en 1977 en France sous le titre Graines d’épouvante) qui s’inscrit dans le cinéma hollywoodien des années 1970 placé sous le signe de la paranoïa. De mystérieuses particules venues de l’espace arrivent sur la Terre. A San Francisco, Elizabeth Driscoll (Brooke Adams) cueille une fleur étrange sur un arbre de son quartier et tente de l’identifier, en vain. Intriguée, elle s’en ouvre à son compagnon, sans réussir à éveiller son intérêt. De plus en plus inquiète, Elizabeth se confie à Matthew Bennell (Donald Sutherland), son collègue de bureau au ministère de la Santé. Plus tard, lors d’une réception, Jack (Jeff Goldblum), un ami de Matthew, décide de rentrer chez lui se reposer. Quelques heures après, son épouse constate avec un légitime effroi qu’il s’est transformé en une énorme «cosse», semblable à un embryon.

Près de 40 ans après sa sortie, L’Invasion des profanateurs demeure une référence de la science-fiction. Anxiogène, sombre, le film malmène son audience du début à la fin. Le dénouement aura traumatisé plus d’un spectateur et fait toujours son effet, y compris sur celles et ceux qui connaissent pourtant l’épilogue du film. En transposant ce récit à San Francisco, le réalisateur Philip Kaufman, qui avait auparavant signé en 1972 La Légende de Jesse James avec Cliff Robertson et Robert Duvall (qui fait ici un étrange caméo au début du film dans le rôle du prêtre sur la balançoire), ainsi que le scénario de Josey Wales hors-la-loi de Clint Eastwood en 1976, étend la folie et le danger de son invasion éponyme. Paradoxalement, cela renforce l’enfermement des personnages qui tentent de s’échapper. Cette ville extraordinaire et l’une des plus belles filmées au cinéma, s’apparente alors à un terrain de jeu dangereux, où les derniers êtres humains doivent fuir dans des rues souvent désertées. La tension est maintenue tout du long, l’attachement envers les personnages est trouble puisque chacun peut avoir été « répliqué » à un moment ou à un autre.

Le scénario de W.D. Richter, futur réalisateur des Aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension (1984) et scénariste des Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin de John Carpenter (1986) est un bijou et réserve son lot de surprises. Du point de vue technique, outre la virtuosité de Philip Kaufman et la grande réussite des effets visuels, la photographie de Michael Chapman, l’un des plus grands chefs opérateurs de l’histoire du cinéma (Taxi Driver, Raging Bull, Le Fugitif), renforce cette impression de claustration qui se resserre à mesure que les personnages se voient obliger de courir sans cesse pour échapper aux griffes des envahisseurs. N’oublions pas la partition de Denny Zeitlin, la seule incursion au cinéma du compositeur, qui donne des frissons et envoûte toujours les spectateurs. Evidemment, nous retenons aussi et surtout la performance de comédiens immenses, dominés par un Donald Sutherland en état de grâce et qui passait de grands films en grands rôles, de M*A*S*H de Robert Altman, en passant par Klute d’Alan J. Pakula, Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg, 1900 de Bernardo Bertolucci ou bien encore Le Casanova de Fellini de Federico Fellini. Cependant, sa prestation n’éclipse jamais celle de ses partenaires, notamment une Brooke Adams intrigante et débarquant des Moissons du ciel de Terrence Malick, un Jeff Goldblum âgé de 25 ans et déjà pince-sans-rire, une Veronica Cartwright affrontait déjà des aliens avant celui de Ridley Scott, et surtout un Leonard Nimoy froid comme la glace, qui impressionne à chaque regard ou réplique. Deux apparitions de premier choix sont également au programme, celle de Don Siegel en personne, dans le rôle d’un chauffeur de taxi ambigu, et celle de Kevin McCarthy, premier rôle du film original, qui fait ici le lien avec L’Invasion des profanateurs de sépultures.

A la fois thriller, film d’horreur et de science-fiction, L’Invasion des profanateurs est aussi un film politique angoissant et redoutablement pessimiste, parfait reflet d’une Amérique post-Watergate, en manque de repère et livrée à elle-même, alors que le Siegel reflétait plutôt la peur héritée du maccarthysme. Les derniers êtres humains sont ici les derniers représentants de l’individualité et du libre-arbitre, qui doivent lutter pour préserver ce qu’il leur reste de plus cher, pour ne pas être dupliqué et remplacé par un être programmé, sans haine et sans amour, né dans une cosse, métaphore de la standardisation. Après cette fabuleuse adaptation, Abel Ferrara y reviendra en 1993 avec Body Snatchers, ainsi qu’Oliver Hirschbiegel en 2007 avec Daniel Craig et Nicole Kidman dans Invasion. Les profanateurs feront sûrement leur retour un jour ou l’autre…

LE BLU-RAY

Le Blu-ray de L’Invasion des profanateurs, disponible chez Rimini Editions, repose dans boîtier classique de couleur noire. Le visuel de la jaquette est très élégant, jouant sur la duplicité du personnage joué par Donald Sutherland. Le menu principal est animé et musical. L’éditeur joint également un livret de 12 pages rédigé par Pascal Montéville et intitulé Invasion(s), que nous retrouvons au cours d’un des suppléments détaillés ci-dessous.

Nous commençons cette large interactivité par l’entretien avec Brooke Adams (9’-2016). Chaleureuse, drôle et visiblement ravie de partager ses souvenirs liés au tournage de L’Invasion des profanateurs, la comédienne entame cette interview en indiquant qu’elle ne connaissait pas le film de Don Siegel. La rencontre et le travail avec Philip Kaufman, la scène de nu, la psychologie des personnages, la collaboration avec ses partenaires de jeu, la photographie de Michael Chapman, Brooke Adams aborde tous ces sujets, sans oublier de nous refaire son « truc avec les yeux » qui a marqué tant de spectateurs.

Dans un module réalisé en 2007, le scénariste W.D. Richter, le réalisateur Philip Kaufman, le directeur de la photographie Michael Chapman, les comédiens Donald Sutherland et Veronica Cartwright reviennent à leur tour sur leur adaptation du livre de Jack Finney (15’). Ces intervenants mentionnent les thèmes du film, les partis pris, les différences avec le film de Don Siegel, le tournage à San Francisco et la surprise de la scène finale.

Ne manquez pas le segment intitulé Une invasion signée Jack Finney (28’), qui donne la parole à Pascal Montéville, enseignant en Sciences Politiques à School Year Abroad de Rennes et qui propose un formidable comparatif entre les films de Don Siegel et Philip Kaufman, mais également des films avec le roman original de Jack Finney, tout en évoquant rapidement les deux adaptations suivantes. Notre interlocuteur passe en revue les thèmes du livre et la façon dont les réalisateurs ont su chacun refléter le climat politique et social de leur époque. Vous en saurez beaucoup plus sur la publication de ce roman qui a su marquer l’histoire de la science-fiction des années 1950. Enfin, Pascal Montéville donne également son point de vue sur le film qui nous intéresse.

Les suppléments suivants sont uniquement disponibles sur l’édition Blu-ray :

On passe à l’interview du comédien canadien Art Hindle, l’interprète du Dr. Geoffrey Howell dans L’Invasion des profanateurs (25’). Aujourd’hui paumé dans les séries B et Z au cinéma et à la télévision, Art Hindle ne cache pas son enthousiasme à évoquer sa participation au film de Philip Kaufman, tout en rappelant qu’il avait également participé au classique Black Christmas (1974) de Bob Clark puis juste après dans Chromosome 3 de David Cronenberg (1979). Très attachant l’acteur parle de son amour pour la science-fiction depuis son enfance et se souvient également que sa mère cinéphile l’avait emmené voir la version de Don Siegel au cinéma. A son tour, Art Hindle aborde le travail avec Philip Kaufman, sa découverte du scénario, les partis pris, le travail du chef opérateur, son personnage, ses partenaires (avec un « Leonard Nimoy merveilleux », une « Brooke Adams formidable» et un « Donald Sutherland froid, distant et un peu dédaigneux »), tout en avouant que L’Invasion des profanateurs est le film sur lequel il a préféré travailler.

C’est ensuite au tour du scénariste W.D. Richter de se pencher sur son travail (16’). Comment transposer le roman original, sans copier le travail déjà effectué par Don Siegel dans sa version du livre de Jack Finney ? Comment le tournage s’est-il déroulé ? W.D. Richter répond à ces questions, tout en avouant que le script était modifié en permanence. Les thèmes, mais aussi les effets visuels, le choix des comédiens, l’apparition de Don Siegel et de Kevin McCarthy, ainsi que la fin tenue secrète jusqu’au dernier moment, y compris pour les acteurs, sont également passés au peigne fin.

Dernier bonus tout aussi indispensable de cette édition HD, celui de la rencontre avec le compositeur Denny Zeitlin (15’). Chose rare dans l’histoire du cinéma, notre interlocuteur, enseignant en psychanalyse n’a composé qu’une seule partition, celle de L’Invasion des profanateurs de Philip Kaufman ! L’intéressé explique comment il est arrivé sur ce projet et comment il a relevé le défi d’écrire la musique du film qui nous intéresse. S’il se dit toujours très fier d’avoir participé à L’Invasion des profanateurs, Denny Zeitlin revient sur la difficulté de cette tâche à laquelle il consacrait entre 18 à 22 heures par jour pendant 10 semaines. Ce documentaire se clôt sur une petite démo au piano, tandis que Denny Zeitlin indique avoir reçu de nombreuses propositions à la sortie du film, mais qu’il a poliment décliné pour se consacrer à sa véritable vie professionnelle.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce. Un très grand merci à Rimini Editions !

L’Image et le son

L’éditeur nous permet de redécouvrir L’Invasion des profanateurs dans de belles conditions techniques, même si les partis pris esthétiques du chef opérateur Michael Chapman, donnent constamment du fil à retordre au codec AVC. Quelques séquences nocturnes demeurent altérées avec des noirs poreux virant au bleu, une baisse de la définition avec des plans flous, un grain plus hasardeux et une gestion des contrastes déséquilibrée. En dépit de diverses scènes à la définition aléatoire et de sensibles fourmillements, la propreté est indéniable et le dépoussiérage conséquent, la copie demeure très appréciable, et l’apport HD (1080p) est loin d’être négligeable. Les séquences diurnes lumineuses sont bien restituées avec parfois un halo de lumière vaporeux fort plaisant. On découvre aussi un lot de détails inédits qui flatte la rétine, d’autant que le cadre est stable et superbement exploité.

Malgré ce qui est mentionné sur la jaquette, point de piste anglaise en 5.1 ! La version originale bénéficie d’un mixage Stéréo qui instaure un confort acoustique convaincant. Cette option séduisante permet à la composition enivrante de Denny Zeitlin de s’étendre convenablement afin de mieux plonger le spectateur dans l’atmosphère du film. Les effets annexes ne tombent jamais dans la gratuité ni dans l’artificialité. De plus, les dialogues ne sont jamais noyés, bien qu’ils auraient pu être un poil plus relevés. Même chose pour la balance frontale, qui assure correctement le spectacle, même si l’on pouvait cependant espérer un ensemble plus riche et dynamique. Les fans de la version française devront se contenter d’une piste mono qui fait ce qu’elle peut pour imposer ses ambiances, les dialogues et la musique. Dommage que les sous-titres français soient imposés sur la version originale. Le changement de langue est impossible à la volée et nécessite le retour au menu contextuel. Dans les deux cas, aucun souffle constaté.

Crédits images : © Rimini Editions / MGM / Captures du Blu-ray :  Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / La Plage sanglante, réalisé par Jeffrey Bloom

LA PLAGE SANGLANTE (Blood Beach) réalisé par Jeffrey Bloom, disponible en DVD chez Zylo

Acteurs : David Huffman, Marianna Hill, Burt Young, Otis Young, Lena Pousette, John Saxon, Darrell Fetty, Stefan Gierasch

Scénario : Jeffrey Bloom

Photographie : Steven Poster

Musique : Gil Melle

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

En Californie, une femme disparaît mystérieusement en se promenant sur la plage. Le capitaine Pearson et Harry Caulder veulent résoudre cette énigme, d’autant qu’on retrouve sur la plage le corps sans tête du chien de la disparue. Les phénomènes étranges se multiplient comme une adolescente qui a les jambes lacérées. Une enquête est alors ouverte.

Cette fois-ci, le danger ne vient pas de la mer…

Quelle petite pépite que cette Plage sanglante ! Réalisé par Jeffrey Bloom en 1980, Blood Beach est un modèle du genre horreur Bis et tient toutes ses promesses, à savoir offrir quelques savoureux moments d’épouvante, de jolies nanas bronzées sous le soleil californien, des kékés habillés en fluo dans un coin et un humour décalé qui indique que tout ceci n’est pas à prendre au sérieux. Jeffrey Bloom est avant tout scénariste. On lui doit entre autres un étonnant (ou improbable c’est selon) 28 Secondes pour un hold-up de George Englund, interprété par Jean-Claude Killy, notre skieur national et médaillé d’or aux Jeux Olympiques, dans sa seule incursion au cinéma. La Plage sanglante arrive cinq ans après que Steven Spielberg ait fichu la trouille au monde entier, tout en faisant déserter les plages à cause de son requin affamé. Le film de Jeffrey Bloom s’engouffre dans la brèche, mais propose un divertissement intelligent puisque la menace est non seulement invisible et ne provient pas d’un squale ou d’un piranha.

N’attendez pas une débauche d’hémoglobine et les spectateurs avides de sang risquent de trouver le temps long puisque le réalisateur joue avant tout sur la tension et les effets inattendus, tout en ajoutant une petite pincée sexy. Les effets spéciaux sont très réussis et les effets d’aspiration des victimes dans le sable font encore leur effet aujourd’hui. De plus, Jeffrey Bloom use de la présence du comédien Burt Young, bien connu des cinéphiles pour son rôle de Paulie dans la saga Rocky, qui avec son galurin vissé sur la tête donne un côté film-noir parasité par un élément d’horreur. Un peu comme si le détective d’un polar des années 1940 se retrouvait catapulté en plein cinéma d’exploitation. Au-delà de son aspect divertissant, La Plage sanglante repose également sur une très bonne mise en scène. Le cinéaste parvient à rendre son décor inquiétant et angoissant.

Le film vaut également pour la très belle photo luminescente signée Steven Poster, chef opérateur qui faisait ici ses débuts au cinéma et qui allait par la suite collaborer avec Ridley Scott (Traquée), Richard Kelly (Donnie Darko et Southland Tales)…et Patrice Leconte (1 chance sur 2). En ce qui concerne l’interprétation, David Huffman incarne le héros du film, qui ne fait pas grand-chose certes, mais qui attire la sympathie avec son personnage qui semble plus intéressé par une ancienne conquête que par ce qui se passe sur la plage dont il a la garde. Après quelques apparitions dans F.I.S.T. de Norman Jewison et Firefox, l’arme absolue de Clint Eastwood, le comédien est malheureusement assassiné en 1985 à l’âge de 39 ans. N’oublions pas la tronche de l’excellent John Saxon, aujourd’hui toujours en activité à plus de 80 ans et 200 films à son actif, qui a connu son heure de gloire auprès de Bruce Lee dans Opération Dragon (Roper, c’était lui !) et vu plus tard dans Les Griffes de la nuit de Wes Craven (encore un rôle de flic) puis Une nuit en enfer de Robert Rodriguez dans le rôle de l’agent Stanley Chase.

Alors venez planter votre parasol sur cette plage Bis infiniment sympathique et maligne, en aucun cas un nanar, et qui mérite vraiment d’être reconsidéré dans nos contrées où La Plage sanglante est malheureusement et injustement méconnue.

LE DVD

La Plage sanglante bénéficie d’un tout petit tirage très limité à 500 exemplaires grâce à Zylo. Le DVD est entre autres disponible sur Ulule, ainsi que chez les vendeurs spécialisés suivants : Sin’Art, Metaluna store, Ciel Rouge, Cine-matouvu, sans oublier leurs sites internet correspondants. Le DVD repose dans un boîtier Amaray classique et le menu principal est quant à lui fixe et musical. La jaquette reprend le visuel de l’affiche originale, particulièrement efficace.

Dans la section Interactivité, nous trouvons la bande-annonce originale, un spot TV, un diaporama de photos et d’affiches, ainsi qu’une scène coupée. Un carton en introduction indique que cette séquence « Visite à la police » se situait dans le film juste après la disparition de Hoagy et approfondissait le travail entre Harry Caulder et le Lieutenant Piantadosi (2′).

L’Image et le son

Ce master repris du DVD allemand (voir le titre pendant le générique), comporte encore des raccords de montage, des tâches, des points, des rayures et certaines séquences s’avèrent plus altérées. Néanmoins, la copie proposée ne démérite pas et ne manque pas d’élégance. La stabilité est de mise, tout comme la gestion du grain original. Même si La Plage sanglante est proposée dans un format 1.33 (le film a été tourné en 1.85…), le « confort » de visionnage est assuré, la clarté est évidente. L’image trouve un équilibre convenable. L’éditeur indique que le montage proposé est la version dite « européenne ».

Les versions anglaise, française et espagnole sont disponibles. Elles disposent toutes d’un mixage Dolby Digital Mono 2.0 relativement efficace, sans souffle, même si certains échanges résonnent quelque peu et s’avèrent quelque peu métalliques. Les conditions sont remplies pour apprécier pleinement le film et ses dialogues, dynamiques et propres, ainsi que la composition de Gil Melle (Le Mystère Andromède). La piste anglaise est évidemment la plus naturelle et la plus aérée du lot.

Crédits images : © Zylo / Captures du DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Monstres invisibles, réalisé par Arthur Crabtree

MONSTRES INVISIBLES (Fiend Without a Face) réalisé par Arthur Crabtree, disponible en DVD le 9 mai 2017 chez Movinside

Acteurs : Marshall Thompson, Kynaston Reeves, Kim Parker, Stanley Maxted, Terry Kilburn, James Dyrenforth, Robert MacKenzie

Scénario : Herbert J. Leder d’après la nouvelle « The Thought Monster » d’Amelia Reynolds Long

Photographie : Lionel Banes

Musique : Buxton Orr

Durée : 1h14

Date de sortie initiale : 1958

LE FILM

Durant les essais d’un radar expérimental dans une base militaire au Manitoba, des fermiers du voisinage meurent dans d’étranges circonstances. L’autopsie révèle que les cadavres n’ont plus de cerveau ni moelle épinière et, pour toute blessure, un tout petit trou à la base de la nuque. Le major Jeff Cummings va mener une enquête afin de comprendre les raisons de ce phénomène.

C’est un petit film de science-fiction horrifique qui pourrait paraître banal au milieu de toutes les productions britanniques indépendantes du genre dans les années 1950 et pourtant Monstres invisiblesFiend Without a Face se démarque par ses effets spéciaux et son quart d’heure final peuplé de créatures qui ne sont pas sans rappeler celles du premier Alien au premier stade de leur évolution. Produit par Amalgamated Productions pour un budget de 50.000 livres, écrit par Herbert J. Lederpar (The Frozen Dead), d’après une nouvelle d’Amelia Reynolds Long publiée dans les années 1930, réalisé en 1958 par Arthur Crabtree (Crimes au musée des horreurs), ancien chef opérateur passé à la mise en scène après la Seconde Guerre mondiale, Monstres invisibles fonctionne encore bien aujourd’hui. D’une part pour son message d’avertissement contre les dangers du nucléaire dans un premier acte « documentaire » avec les séquences montrant les diverses tâches spécifiques des navigateurs et tout ce qui touche à la conquête de l’air, d’autre part dans la partie horreur plus singulière avec la traque de ces étranges cerveaux à queue et aux antennes d’escargots, qui ont la capacité de se rendre invisibles.

En plus de cela, ces êtres difformes s’attaquent aux êtres humains en s’enroulant autour de leur cou pour leur planter un dard dans la nuque, afin de leur aspirer le cerveau et la moelle épinière ! Autant dire que notre héros, le major Jeff Cummings, va avoir du pain sur la planche quand les morts suspectes s’accumulent autour de la base dont il est l’un des responsables. Il faut dire que cette station expérimentale américaine installée près d’une petite ville canadienne a entraîné quelques tensions entre l’armée et les locaux. Les fermiers se plaignent du bruit causé par les nombreux décollages et atterrissages, cause de stress pour leurs vaches, et les gens ne voient pas d’un bon oeil l’utilisation du nucléaire requise pour les essais d’un radar expérimental. Ces divisions entre les deux partis ne vont pas aider Cummings. Arthur Crabtree s’en sort très bien derrière la caméra et parvient à créer un certain suspens grâce à beaucoup d’inventivité, la suggestion et les bruitages inquiétants particulièrement réussis quand les vampires cérébraux sont à l’oeuvre.

Les crimes sont très efficaces puisque les créatures sont, comme le titre français l’indique, invisibles. De ce fait, les victimes entendent un bruit de succion, rampant, puis se tiennent la gorge en hurlant en tentant d’écarter quelque chose qui semble leur serrer le cou, avant de s’écrouler les yeux révulsés. Ces monstres ne seront donc visibles que dans le dernier quart d’heure, où multipliés, avides de chair humaine et de matière grise, animés par l’énergie atomique, ils se jetteront l’un après l’autre sur nos héros un rien désappointés de voir des cervelets vivants, autonomes et grouillants dans les fougères. Heureusement, ils vont résister en leur tirant dessus et même à coups de hache avec du bon gros sang (en N&B) qui bouillonne et qui brûle comme de l’acide.

Popularisé grâce à la série Daktari, le comédien Marshall Thompson tourne alors depuis une quinzaine d’années quand on lui propose le rôle principal de Monstres invisibles. Un an plus tard, il retrouvera un rôle quasi-similaire dans un film du même genre dans le célèbre et aussi culte Pionnier de l’espace de Robert Day. Les effets spéciaux de Monstres invisibles, révolutionnaires à l’époque et réalisés par des spécialistes au moyen d’ordinateurs perfectionnés dans l’animation image par image, possèdent encore une vraie magie poétique et participent à la réussite ainsi qu’à la postérité de cette série B.

LE DVD

Le DVD de Monstres invisibles, disponible chez Movinside, a été testé à partir d’un check-disc. Le film d’Arthur Crabtree intègre la collection « Trésors du fantastique » dirigée par Marc Toullec et Jean-François Davy. Le menu principal est quant à lui animé et musical.

A l’occasion de la sortie de Monstres invisibles en DVD, Marc Toullec, journaliste et ancien co-rédacteur en chef de Mad Movies, propose une présentation du film d’Arthur Crabtree (16’). Très informative, cette introduction en apprend beaucoup sur le statut culte du film (en raison de son dernier acte anthologique), les conditions de production, l’écriture du scénario, le casting, la réalisation des effets spéciaux et le remake avorté du film dans les années 80-90. Marc Toullec enchaîne les anecdotes sur Monstres invisibles pour notre plus grand plaisir.

L’Image et le son

Jusqu’alors inédit en DVD en France, Movinside offre un master au format original un peu fatigué de Monstres invisibles, bien que l’encodage tente de consolider l’ensemble. Le titre du film est étonnamment en allemand, ce qui indique où l’éditeur a pu mettre la main sur la copie. La gestion des contrastes est aléatoire, la copie laisse encore passer de nombreuses poussières, scories, rayures verticales, raccords de montage, surtout durant la première partie et les divers stock-shots. Le piqué est donc médiocre, mais les noirs ne manquent pas de concision et la copie est lumineuse sur les séquences diurnes.

Le confort acoustique est de mise, rarement parasité par quelques fluctuations ou chuintements, par ailleurs imputables aux conditions de conservation ou tout simplement aux affres du temps. Les sous-titres français ne sont pas verrouillés et seule la version originale Dolby Digital mono est proposée ici. Les dialogues sont clairs et distincts, tout comme les effets sonores à l’instar des bruits de succion assez dérangeants.

Crédits images : © Movinside – MGM / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

 

Test Blu-ray / Incarnate, réalisé par Brad Peyton

INCARNATE réalisé par Brad Peyton, disponible en DVD et Blu-ray le 26 avril 2017 chez Wild Side Video

Acteurs : Aaron Eckhart, Carice van Houten, Catalina Sandino Moreno, David Mazouz, Keir O’Donnell, Matt Nable

Scénario : Ronnie Christensen

Photographie : Dana Gonzales

Musique : Andrew Lockington

Durée : 1h26

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Lindsay, mère célibataire, est le témoin de très inquiétants phénomènes entourant son fils de 11 ans Cameron. Persuadée qu’il s’agit d’un cas de possession démoniaque, Lindsay et une envoyée du Vatican font appel au scientifique Seth Ember pour s’en débarrasser. Cloué dans une chaise roulante après la disparition tragique de sa famille, il est capable de s’introduire dans le subconscient de la personne possédée. En pénétrant celui du jeune Cameron, Ember se retrouve confronté à un démon de son passé…

Agé d’à peine 50 ans, Jason Blum a déjà produit plus de 115 films en passant allègrement d’un genre à l’autre comme à la bonne époque de la Cannon, du petit film de genre fauché au film indépendant. S’il a commencé sa carrière en 1995, c’est en 2009 que Blumhouse Productions prend son envol avec le triomphe inattendu de Paranormal Activity. Produit pour 13.500 dollars, le film en rapporte près de 200 millions dans le monde ! Depuis, Jason Blum n’aura de cesse de reprendre la même recette. Un budget souvent dérisoire, la plupart du temps autour de 5 millions de dollars, afin de maximiser le retour de billets verts à travers le monde, tout en créant des franchises avec des épisodes récurrents tombant à point nommé pour Halloween. A côté des cinq épisodes Paranormal Activity, Jason Blum a également produit en vrac The Reader de Stephen Daldry (Oscar de la meilleure actrice pour Kate Winslet), les deux Sinister, la trilogie Insidious, Des hommes sans loi de John Hillcoat, The Lords of Salem de Rob Zombie, The Bay de Barry Levinson, Whiplash de Damien Chazelle, la trilogie American Nightmare, The Green Inferno d’Eli Roth, sans oublier The Visit et Split de M. Night Shyamalan ! Si Jason Blum a de la suite dans les idées, dans tous les sens du terme avec un quatrième épisode pour American Nightmare et Insidious, le producteur prolifique et inclassable a su également attirer des acteurs de renom dans ses derniers films. L’un des derniers en date est Incarnate.

A la barre de ce petit film d’épouvante au budget modeste, on trouve le réalisateur Brad Peyton, un « faiseur » honnête qui compte quelques succès commerciaux à son actif comme les sympathiques Comme chiens et chats: La revanche de Kitty Galore, Voyage au centre de la Terre 2: L’île mystérieuse et dernièrement San Andreas avec Dwayne Johnson et Alexandra Daddario. Il bénéficie également de têtes d’affiche prestigieuses avec Aaron Eckhart, Carice van Houten et Catalina Sandino Moreno. Malheureusement, le scénario est signé Ronnie Christensen, coupable de grosses séries B, ou plutôt de séries Z du style Instinct mortel – Menace terroriste, Le Mur du secret avec Nicole Eggert, le très mauvais Les Passagers de Rodrigo García avec Anne Hathaway et Patrick Wilson ou le « fameux » Dark Tide avec Halle Berry et Olivier Martinez. Le scénariste ne se gêne pas pour piller ses idées à droite à gauche, sur Constantine de Francis Lawrence, Inception de Christopher Nolan, qui s’était déjà bien servi sur Le Monde sur le fil de Fassbinder, mais aussi directement dans les productions Bloom, notamment Insidious.

Rien, absolument rien ne fonctionne dans Incarnate, thriller horrifique de bas étage, resucée sans imagination de tous les films de genre sortis depuis plus de dix ans. Aaron Eckhart semble être le seul à croire à cette sempiternelle histoire de gamin possédé par un être diabolique. Son personnage Seth Ember est cloué dans une chaise roulante suite à la mort de sa famille. Scientifique aidé par deux comparses, il est appelé par le Vatican pour exorciser un petit garçon. Le docteur est un « Incarné », capable de s’introduire dans le subconscient des personnes possédées pour chasser leurs démons. Il découvre que l’enfant (David Mazouz, le jeune Bruce Wayne de la série Gotham) qu’il doit exorciser est habité par le démon (qu’il doit « expulser ») responsable de la mort de sa femme et de son enfant quelques années auparavant. L’affaire devient alors personnelle et Ember est cette fois prêt à y laisser sa vie pour ramener le garçon à la raison, mais surtout à chasser et tuer définitivement l’entité maléfique.

Sur la forme, Incarnate est correct. Le film – tourné en trois semaines – se passe principalement de nuit, la photographie de Dana Gonzales (les séries Legion et Fargo) est soignée et la mise en scène passe-partout est correcte, même si Peyton ne fait rien pour insuffler du suspense ou une réelle tension. Ce qui coince c’est au niveau du scénario qui cumule les poncifs du genre, tout est usé et archi-usé, prévisible, sans aucune surprise, y compris le twist final qui peut même se deviner dès le début du film. La talentueuse et divine Carice van Houten n’a rien à défendre dans le rôle de la mère dépassée par les événements et se contente de rouler des yeux en regardant son fils assis en tailleur, en train de psalmodier, sur les images provenant des caméras de surveillance. Aaron Eckhart qui s’est fait la tronche de Sean Bean fait le boulot dans le rôle de Leonardo DiCaprio et de Keanu Reeves ce mec porté sur la bibine, mais qui reste professionnel pour entrer dans les rêves des gens, surtout qu’il y apparaît beaucoup plus classe et sur ses deux jambes. Mais cela ne sauve en rien Incarnate du marasme.

On ne sait pas si Bloom tient ici une nouvelle franchise, on espère que non, toujours est-il qu’il semble désormais pourvu lui aussi du désormais célèbre générateur de scénarios aléatoires de Luc Besson version Mozinor.

LE BLU-RAY

Incarnate est un DTV disponible chez Wild Side Video. Le test du Blu-ray a été effectué à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

L’interactivité ne va pas aider à relever le niveau du film puisque l’éditeur ne fournit qu’un lot de bandes-annonces et les credits du disque.

L’Image et le son

Comme pour ses sorties traditionnelles, Wild Side Video soigne autant le transfert de ce Direct-to-Video qu’un blockbuster. Ce master HD (1080p, AVC) d’Incarnate ne déçoit pas et se révèle même superbe. Le piqué et le relief sont acérés tout du long et permet d’apprécier les visages des comédiens, le cadre large offre un lot confondant de détails y compris sur les très nombreuses scènes sombres et la belle photographie de Dana Gonzales marquée par des teintes alliant le chaud et le froid est habilement restituée. Evidemment, la copie est d’une propreté immaculée, les contrastes sont denses. Les meilleures conditions techniques sont réunies et la définition est exemplaire.

Vous pouvez compter sur les mixages DTS-HD Master Audio 5.1 anglais et français pour vous plonger dans l’ambiance du film, bien que l’action demeure souvent réduite. La bande originale est la mieux lotie. Toutes les enceintes sont exploitées, les voix sont très imposantes sur la centrale et se lient à merveille avec la balance frontale, riche et dense, ainsi que les enceintes latérales qui distillent quelques effets étonnants qui vous feront sursauter. Le caisson de basses se mêle également à la partie, notamment lors de l’affrontement final. Notons que la version originale l’emporte sur la piste française, se révèle plus naturelle et homogène, y compris du point de vue de la spatialisation musicale. Les sous-titres français sont imposés sur la piste anglaise et le changement de langue impossible à la volée.

Crédits images : © Wild Side / Captures du Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Viral, réalisé par Henry Joost et Ariel Schulman

VIRAL réalisé par Henry Joost et Ariel Schulman, disponible en DVD et Blu-ray le 1er mars 2017 chez Wild Side Video

Acteurs : Sofia Black-D’Elia, Analeigh Tipton, Travis Tope, Michael Kelly, Colson Baker, John Cothran

Scénario : Christopher Landon, Barbara Marshall

Photographie : Magdalena Górka

Musique : Rob Simonsen

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

2016. Le monde est subitement infecté par un mystérieux virus… Dans une petite ville des États-Unis, Emma et sa sœur Stacey découvrent horrifiées que les habitants contaminés se transforment en créatures féroces. Coupées du monde extérieur et prises au piège dans la ville, elles vont tenter de trouver un abri en attendant les secours. Mais le danger est partout…

Les auteurs (ou responsables, c’est selon) de Paranormal Activity 3 et 4, Henry Joost et Ariel Schulman sont de retour ! Après Nerve, avec Emma Roberts et Dave Franco, joli succès dans les salles (y compris françaises), les deux compères qui ne se quittent plus depuis plus de dix ans, ont immédiatement enchaîné avec Viral, un nouveau film d’horreur qui cible les spectateurs adolescents et qui s’avère une très agréable surprise. Premièrement parce que le film est soigné dans sa mise en scène et dans sa photographie, deuxièmement parce que Viral fait penser à quelques classiques du genre, à l’instar de The Faculty de Robert Rodriguez mâtiné des films de contagion et de zombies, avec un soupçon de The Bay de Barry Levinson.

Installée depuis peu avec son père et sa sœur dans une ville californienne, la vie d’Emma, adolescente timide, est bouleversée lorsqu’un virus terrifiant venu de l’étranger balaie désormais les USA et commence à transformer les habitants du pays, y compris quelques-uns de ses amis et voisins en monstres vicieux. Mise en quarantaine avec sa famille, Emma pense qu’ils sont hors de danger, mais quand la contagion s’infiltre jusque dans leur maison, Emma devra faire face à une décision difficile. Le générique malin constitué de discours diffusés à la radio et à la télévision, indique qu’une épidémie, la « grippe du ver » en l’occurrence, serait en train de s’étendre depuis Taïwan. Les frontières de certains pays sont déjà fermées. Les Etats-Unis limitent l’entrée sur leur territoire, la paranoïa s’installe, Barack Obama (il nous avait caché cela) tente d’être rassurant. La maladie se transmettrait par le sang. Si votre appétit augmente de façon inquiétante, que vous vomissez du sang et que vous êtes pris de convulsions, c’est que vous êtes mal barrés et il est fort probable que votre corps soit devenu le foyer d’un parasite.

Voilà, le tableau est dressé, ainsi que le lieu de l’action (une petite bourgade de la vallée de San Fernando) et les personnages principaux (Emma, sa sœur Stacey, l’amoureux d’Emma, le père). Les cinéastes déroulent tranquillement leur récit, en prenant soin de développer suffisamment les enjeux pour Emma et Stacey, livrées à elles-mêmes après que le couvre-feu ait été installé et empêche quiconque (y compris leur père) d’entrer ou de sortir de la ville. Viral ne repose pas uniquement sur l’horreur, mais aussi et surtout – et c’est là un de ses solides atouts – sur la solide interprétation de Sofia Black-D’Elia, vue dans la série Gossip Girl, mais aussi dans le superbe The Immigrant de James Gray et le nanar Ben-Hur de Timur Bekmambetov, qui porte le film du début à la fin. A ses côtés, la géniale et divine Analeigh Tipton (Crazy, Stupid, Love, Warm Bodies) incarne la sœur aînée extravertie, qui malheureusement va être victime de ce virus.

Si Viral ne révolutionnera pas le genre, le film s’avère plutôt élégant dans sa forme avec un montage habile qui distille ses effets chocs, sans avoir recours à l’effet gratuit du jump scare. La belle photo contrastée et l’atmosphère étouffante avec cette petite ville isolée au pied des montagnes participent à la réussite de Viral, qui curieusement et malgré le grand manitou Jason Blum (les franchises Paranormal Activity, Insidious, American Nightmare, Sinister, mais aussi The Visit, Whiplash, Split) à la production, n’a connu aucune sortie dans les salles françaises…ni aux Etats-Unis par ailleurs où il est également sorti dans les bacs directement après un mois de dispo en e-cinéma.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Viral, DTV disponible chez Wild Side Video, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

L’éditeur est radin et ne propose que la bande-annonce en guise de supplément.

L’Image et le son

Wild Side livre un master HD soigné de Viral, pour ne pas dire superbe, qui instaure de belles et élégantes conditions pour se plonger dans le film de Henry Joost et Ariel Schulman. Le cadre large et les contrastes sont ciselés, les détails abondent, la colorimétrie chaude à dominante jaune est habilement restituée avec un piqué aiguisé et des noirs denses. La copie respecte toutes les volontés artistiques de la directrice de la photographie Magdalena Górka, le relief est omniprésent, le léger grain respecté et l’encodage AVC solide comme un roc.

Sans réelle surprise, la piste DTS-HD Master Audio 5.1 anglaise se révèle plus homogène, naturelle et dynamique que son homologue française, plus dirigée sur les bruitages que les dialogues. La version originale n’est pas avare en petits effets, bien que les latérales aident surtout à créer un environnement musical. Viral se déroule essentiellement dans une maison et donc les ambiances surround sont plutôt limitées. En revanche, il n’y a rien à redire concernant la balance frontale, en anglais comme en français, qui bénéficie en plus d’une large ouverture des enceintes. Les sous-titres français sont imposés sur la version originale et le changement de langue verrouillé.

Crédits images : © Blumhouse Productions / Captures du Blu-ray :  Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / La Nuit des vers géants, réalisé par Jeff Lieberman

LA NUIT DES VERS GEANTS (Squirm) réalisé par Jeff Lieberman, disponible en DVD et Blu-ray le 28 février 2017 chez Movinside

Acteurs : Don Scardino, Jean Sullivan, Patricia Pearcy, R.A. Dow, Peter MacLean, Fran Higgins

Scénario : Jeff Lieberman

Photographie : Joseph Mangine

Musique : Robert Prince

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1976

LE FILM

La petite ville de Fly Creek, dans le vieux sud des États Unis, est la proie d’une terrible tempête nocturne. Une ligne électrique « haute tension » se décroche en pleine campagne et déverse son courant dans la terre. Le lendemain, le citadin Mick arrive à Fly Creek pour passer quelques jours chez son amie Geri Sanders. Des évènements insolites éveillent leurs soupçons, particulièrement en ce qui concerne la ferme voisine, spécialisée dans l’élevage de vers pour la pêche…

Réalisé par Jeff Lieberman (Le Rayon bleu, Survivance) en 1976, La Nuit des vers géantsSquirm est un petit film de genre sympathique devenu culte auprès des nombreux cinéphiles amateurs d’horreur bis. Egalement scénariste, il signera d’ailleurs le troisième volet de la franchise L’Histoire sans fin sous-titré Retour à Fantasia, Jeff Lieberman tient à ce que son premier long métrage avec des vers de terre, qui n’ont rien de géant mais qui sont enragés (oui), soit le plus « scientifiquement plausible ». Efficacement mis en scène, La Nuit des vers géants se voit aujourd’hui comme une curiosité au charme vintage lui-même inspiré par les productions du même acabit qui fleurissaient dans les années 1950, ponctuée par des effets d’horreur efficaces.

Une très violente tempête éclate dans une petite ville du Sud des Etats-Unis. Les lignes de haute tension sont détruites, et l’électricité qui en émane fait sortir de terre une colonie de vers affamés en quête de chair humaine. Mick, un New-Yorkais, se rend dans cette ville pour y retrouver Geri, la jeune femme dont il est épris. C’est lui qui découvre la présence de ces nombreuses créatures gluantes devenues enragées et imprévisibles. La Nuit des vers géants se suit sans déplaisir, même si l’ensemble manque singulièrement de rythme – surtout que les vers se mettent vraiment à l’oeuvre que dans la deuxième partie – et de rebondissements. Ce qui fait également le sel de La Nuit des vers géants, est son tournage effectué dans un coin paumé de la Géorgie avec le soutien des gens du coin, ravis de pouvoir participer à cette expérience et en offrant quelques numéros authentiques bien gratinés devant la caméra.

Les vers sont bien dégueulasses et donc la partie frissons est réussie, surtout lorsqu’ils se multiplient et s’emparent littéralement d’une maison (en référence aux Oiseaux d’Alfred Hitchcock), sans véritable explication, si ce n’est que des milliers de volts ont pénétré dans les sols boueux à cause de la tempête. Du point de vue technique, la réalisation, la photo, la musique sont très soignées et permettent à Squirm de passer les années sans trop d’embûches. N’oublions pas les effets spéciaux et maquillages, certains créés par un débutant du nom de Rick Baker, notamment pour la scène où un individu se fait littéralement manger le visage par les vers, devenant par la suite un zombie sous l’emprise des invertébrés avides de chair humaine. Les comédiens font le boulot honnêtement, entre un jeune naïf qui se révèle être le héros de l’histoire (Don Scardino, vu dans Cruising – La Chasse de William Friedkin), accompagné de l’inévitable jeune fille qui crie et qui s’enfuit en moulinant des bras (Patricia Pearcy).

N’attendez surtout pas un chef d’oeuvre du genre ou un film angoissant, mais un honnête représentant d’un cinéma d’exploitation post-Dents de la mer aujourd’hui disparu, qui n’avait aucune autre prétention que de divertir avec des moyens limités (produits par American International Pictures, spécialiste du Bis au rabais), mais qui ne manquait pas d’imagination, quitte à multiplier les invraisemblances scénaristiques. Cela autant pour faire rire les spectateurs (la confrontation entre ruraux et citadins) que pour leur inspirer suffisamment de dégoût avec ces créatures visqueuses agitées dans tous les sens (d’où le titre original Squirm, qui signifie « se tortiller ») et filmées en gros plan.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray de La Nuit des vers géants, disponible chez Movinside dans une collection dirigée par Marc Toullec et Jean-François Davy, repose dans un boîtier classique de couleur bleue, contrairement au visuel qui montre un boîtier noir. L’élégante jaquette saura immédiatement taper dans l’oeil des Bisseux, et des autres, puisqu’elle reprend le visuel de l’affiche originale. Le menu principal est tout aussi classe, animé et musical.

A l’instar des Blu-ray de Nuits de cauchemar et Soudain…les monstres !, et de l’édition DVD de Corridors of Blood, cette édition HD ne contient qu’un seul supplément, une présentation du film par le journaliste Marc Toullec (8’). L’ancien co-rédacteur en chef de Mad Movies replace La Nuit des vers géants dans son contexte cinématographique, à savoir le courant horrifique post-Jaws, qui voyait naître de nombreux films de genre spécialisés des êtres humains affrontant des animaux. Marc Toullec nous parle du réalisateur Jeff Lieberman, des conditions de production, du maquillage de Rick Baker, des effets visuels, du casting et indique que Kim Basinger avait passé les tests pour le premier rôle, mais avait été renvoyée sous prétexte qu’elle était trop belle pour incarner le personnage.

L’Image et le son

Contrairement aux autres Blu-ray de la collection déjà chroniqués, celui de La Nuit des vers géants est proposé au format 1080i. Malgré tout, nous n’attendions pas une copie aussi belle ! L’image s’avère plutôt impressionnante. Le master (1.85, 16/9) affiche une indéniable propreté, le grain est habilement géré excepté durant les credits en ouverture et en fin de film. En effet, la texture y est plus grumeleuse, les contrastes aléatoires, les poussières se multiplient (points, tâches, griffures, tout y passe) et la luminosité décline. Mais en dehors de cela, la stabilité est de mise, la définition est plaisante, les couleurs sont au top et les détails sont très agréables.

Les versions française et originale sont proposées en DTS-HD Dual Mono, dépourvues du moindre souffle. Les deux versions s’avèrent propres, naturelle pour la piste anglaise, dynamique et évidemment plus artificielle pour l’amusant doublage français. Cette dernière s’en sort d’ailleurs mieux avec des dialogues plus vifs. Les sous-titres français sont imposés sur la piste anglaise et le changement de langue est verrouillé à la volée.

Crédits images : © MGM – Movinside / Captures du Blu-ray :  Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Don’t breathe – La Maison des ténèbres, réalisé par Fede Alvarez

DON’T BREATHE – LA MAISON DES TENEBRES (Don’t Breathe) réalisé par Fede Alvarez, disponible en DVD et Blu-ray le 15 février 2017 chez Sony Pictures

Acteurs : Stephen Lang, Jane Levy, Dylan Minnette, Daniel Zovatto, Emma Bercovici, Franciska Töröcsik

Scénario : Fede Alvarez, Rodo Sayagues

Photographie : Mark Patten

Musique : Pedro Luque

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 2016

LE FILM

Pour échapper à la violence de sa mère et sauver sa jeune sœur d’une existence sans avenir, Rocky est prête à tout. Avec ses amis Alex et Money, elle a déjà commis quelques cambriolages, mais rien qui leur rapporte assez pour enfin quitter Détroit. Lorsque le trio entend parler d’un aveugle qui vit en solitaire et garde chez lui une petite fortune, ils préparent ce qu’ils pensent être leur ultime coup. Mais leur victime va se révéler bien plus effrayante, et surtout bien plus dangereuse que ce à quoi ils s’attendaient…

Encouragés par le succès du remake d’Evil Dead en 2013, le réalisateur uruguayen Fede Alvarez, le scénariste Rodolfo Sayagues, les producteurs Sam Raimi et Rob Tapert, le compositeur Roque Baños et la comédienne Jane Levy sont à nouveau réunis pour un film de genre, La Maison des ténèbres – Don’t Breathe. Pure série B, tout est réuni ici pour faire de ce petit thriller d’épouvante un futur classique du genre avec son intrigue resserrée et prétexte à donner les frissons aux spectateurs pendant 85 minutes non-stop, son boogeyman impitoyable, ici un homme d’âge mûr, ancien soldat revenu aveugle de la guerre en Irak, qui vit seul cltré chez lui, dans un quartier déserté de la ville de Detroit laissée à l’abandon. Après l’accident qui a coûté la vie à sa fille, renversée par une voiture conduite par une jeune femme de bonne famille, que la justice a déclarée non-coupable, cet homme atteint de cécité s’est vu offrir une somme importante de la part de la famille de la partie adverse. Trois jeunes, Rocky, Alex et Money, spécialisés dans les petits casses, décident de passer aux choses sérieuses en rentrant par effraction, désireux de mettre la main sur le magot pour pouvoir se barrer au plus vite de cette ville fantôme. Mais c’était sans compter sur les redoutables réflexes de leur adversaire.

Don’t Breathe s’avère un habile tour de force, immersif et intense. Rien n’est réaliste, le réalisateur n’a d’ailleurs pas cette prétention, mais tout est fait pour offrir aux spectateurs un savoureux tour de rollercoaster, génialement mis en scène et très bien photographié avec des partis pris stylisés et élégants. Fede Alvarez joue avec les codes du genre ainsi que la géographie de la maison. Une fois entrés dans l’antre de l’homme aveugle, les trois jeunes deviennent de vrais rats lâchés et affolés dans un labyrinthe et deviennent eux-mêmes la proie de celui qu’ils comptaient dépouillés, sans oublier le rottweiler furieux de celui-ci, prêt à leur sauter à la gorge. Cet homme inquiétant et troublant est interprété par l’excellent Stephen Lang (Avatar, Public Enemies), grand habitué des seconds rôles du cinéma américain, qui a peu à faire pour s’imposer et surtout pour rendre son personnage charismatique, inquiétant et ambigu. Fede Alvarez s’amuse à renverser l’empathie de son audience envers les personnages, en inversant les rôles, les jeunes passant du statut de criminels à celui de victimes. Et ça fonctionne, très bien même, à condition de laisser son raisonnement logique pour mieux se laisser embarquer dans ce jeu de cache-cache mortel qui dissimule en plus un secret dans son sous-sol.

Par ailleurs, en parlant de sous-sol, les habitués du genre penseront au Sous-sol de la peur de Wes Craven, visible source d’inspiration du home-invasion ingénieux et généreux de Fede Alvarez. Tourné à Detroit (pour les extérieurs), ce qui fait parfois penser au sublime It Follows, mais aussi et surtout à Budapest pour un budget dérisoire d’à peine 10 millions de dollars, Don’t Breathe a cumulé près de 90 millions de dollars de recette sur le sol américain et plus de 60 millions dans le reste du monde. Un triomphe commercial qui impose définitivement Fede Alvarez dans le cercle des nouveaux réalisateurs prometteurs.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de La Maison des ténèbres – Don’t Breathe, disponible chez Sony Pictures, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est fixe et musical.

Ne manquez pas le commentaire audio (vostf) du réalisateur Fede Alvarez, du scénariste Rodolfo Sayagues et du comédien Stephen Lang. Posément, les trois collaborateurs dissèquent le film, avant sa sortie au cinéma comme nous l’apprenons en cours de route, avec complicité et visiblement heureux du travail fini. Le metteur en scène donne sa vision du thriller et de la peur au cinéma, le rapport des spectateurs avec ce genre de film, tandis que le scénariste revient sur l’évolution de l’histoire et Stephen Lang sur son approche du personnage. Les conditions de tournage entre Budapest et Detroit sont passées au peigne fin, les anecdotes s’enchaînent sur un rythme soutenu (Alvarez rêvait de réaliser ce film en N&B), pour un commentaire au final divertissant et toujours intéressant.

S’ensuivent cinq modules de courte durée, consacrées à l’esthétique du film, aux personnages, au décor principal et à la musique. Ces suppléments d’environ 3 minutes chacun, compilent rapidement les images de tournage et les interviews de l’équipe.

L’éditeur joint également un petit quart d’heure de scènes coupées, également disponibles avec les commentaires audio de Fede Alvarez. Ces séquences valent le détour, notamment une confrontation d’Alex avec son père, durant laquelle on apprend que l’adolescent souhaiterait faire du droit pour devenir avocat, ambition tuée dans l’oeuf par son père, agent de sécurité, qui lui conseille de s’engager dans la police puisqu’il n’a pas les moyens de lui financer ses études. C’est pourquoi Alex accepte finalement le casse chez l’homme aveugle. Une scène de baiser entre Rocky et Alex est également disponible.

L’Image et le son

Don’t Breathe est un film sombre et la Haute définition restitue habilement la photo du chef opérateur Pedro Luque. Les volontés artistiques sont donc respectées, sans aucune perte du piqué et des détails dans les scènes les moins éclairées. Ce master HD demeure impressionnant de beauté, le cadre est sublime, les contrastes affichent une densité remarquable (du vrai goudron en ce qui concerne les noirs) et la colorimétrie froide est optimale. Bien que tourné en numérique avec la caméra Arri Alexa Plus, un léger et très beau grain donne une patine élégante à l’image du début à la fin. Un vrai régal pour les yeux.

Les deux versions DTS-HD Master Audio 5.1 font quasiment match nul en ce qui concerne la délivrance des ambiances sur les enceintes latérales, la restitution des dialogues et la balance frontale. Le spectateur est littéralement plongé dans ce huis clos, la spatialisation reste solide tout du long et le caisson de basses est utilisé à bon escient. Sans surprise, la version originale l’emporte de peu sur l’homogénéité et la fluidité acoustique, ainsi que sur le report des voix.

Crédits images : © Sony Pictures / Captures du Blu-ray :  Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

Test Blu-ray / Soudain…les monstres !, réalisé par Bert I. Gordon

SOUDAIN…LES MONSTRES ! (The Food of the Gods) réalisé par Bert I. Gordon, disponible en DVD et Blu-ray le 28 février 2017 chez Movinside

Acteurs : Marjoe Gortner, Pamela Franklin, Ralph Meeker, Jon Cypher, Ida Lupino, Belinda Balaski

Scénario : Bert I. Gordon d’après le roman de H.G. Wells

Photographie : Reginald H. Morris

Musique : Elliot Kaplan

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1976

LE FILM

Morgan et ses amis partent chasser sur une île canadienne isolée, quand ils sont attaqués par un essaim de guêpes géantes. Alors qu’il cherche de l’aide, Morgan tombe par hasard sur une grange habitée par un énorme poulet tueur. Peu à peu, il découvre que l’île est devenue le territoire d’animaux géants, les plus dangereux étant les rats, qui n’entendent pas laisser leur île aux intrus humains…

Pour beaucoup de cinéphiles, Soudain…les monstres !, The Food of the Gods, demeure une véritable madeleine. Réalisé par l’américain Bert I. Gordon (né en 1922), ce petit film fantastique sorti en 1976 reflète la fascination et la passion du cinéaste pour le gigantisme. Révélé en 1955 avec King Dinosaur, Bert I. Gordon est ensuite devenu le spécialiste du genre humain face à des créatures géantes, dans des œuvres aux titres explicites : The Cyclops (1957), The Amazing Colossal Man (1957), War of the Colossal Beast (1958), Village of the Giants (1965), Soudain…les monstres ! (1976), L’Empire des fourmis géantes (1977). Par ailleurs, ses initiales font que le monde du cinéma le surnommait tout simplement « BIG ». Le film qui nous intéresse est tiré du roman La Nourriture des dieux (également connu sous le titre Place aux Géants) de H.G. Wells publié en 1904, ou tout du moins « basé sur une partie du roman » comme l’indique le générique.

Morgan, un joueur de football professionnel et son ami Davis ont décidé de passer quelques jours de détente sur une île canadienne quasiment déserte. Rapidement, Davis disparaît mystérieusement. Morgan décide alors d’examiner les alentours et se fait attaquer par un poulet géant. S’étant sorti difficilement des ergots acérés du gigantesque volatile, notre héros fait la connaissance d’une fermière des environs qui lui fait une bien étrange révélation. En effet, la terre de l’île recèle une étrange matière étrange qui, mélangée aux aliments, a la particularité de faire grandir tout animal qui l’absorbe. Morgan, comprenant vite que l’île est infestée de bêtes aux proportions inimaginables va tenter, en compagnie des autochtones, touristes et autres financiers peu scrupuleux désirant exploiter la substance extraite du sol, de survivre aux assauts des bestioles affamées devenues très agressives. Soudain…les monstres ! montre le savoir-faire de Bert I. Gordon, également en charge de la plupart des effets spéciaux, mais force est d’admettre qu’il n’est guère aidé par un casting particulièrement mauvais, ce qui toutefois n’est en rien dérangeant pour un film de cet acabit, bien au contraire. Nous sommes ici en plein film Bis avec des comédiens qui en font des tonnes, mention spéciale à l’acteur principal Marjoe Gortner, spécialiste du genre, que nous verrons plus tard dans Starcrash, le choc des étoiles, Les Guerriers de la jungle et American Ninja 3: Blood Hunt. Il faut le voir rouler des yeux, en hyperventilation du début à la fin, que ça soit en chassant, en conduisant, en prises avec un poulet géant, ou en tirant sur des rats surdimensionnés. Un vrai bonheur pour les bisseux que nous sommes.

Bert I. Gordon fait fi d’un budget somme toute modeste et prend soin des effets spéciaux, certes naïfs comme les rats supposés géants qui s’avèrent de mignons rongeurs filmés en gros plan en train d’escalader une maquette ou une voiture Majorette, mais qui n’en demeurent pas moins bourrés de charme. Ces bestioles sont aussi remplacées par des têtes animées pour les plans où ils se retrouvent face aux humains. Finalement, Soudain…les monstres ! se révèle être un film bien mené doublé d’un message écologique simple mais pas bête, où l’on se prend beaucoup plus d’affection pour les rats géants que pour les insupportables et idiots personnages. On prend d’ailleurs beaucoup de plaisir à les voir se faire bouffer. Le film se permet même un petit hommage aux Oiseaux d’Alfred Hitchcock. Néanmoins, il semble que les rats aient subi pas mal de mauvais traitements, à l’instar des éclats de confiture de fraise supposés être des blessures causées par les balles, ou tout simplement les pauvres bêtes quasi-noyées dans le déluge final. Hormis des guêpes géantes franchement ratées et transparentes, des vers et chenilles dégoûtants (que combat la mythique Ida Lupino), ainsi qu’un poulet rigolo de deux mètres, Soudain…les monstres fonctionne fonctionne bien. Même s’il faut accepter le fait que les personnages trouvent cette situation quasi-normale, sans se poser de questions ou tout simplement en prenant l’air surpris quelques secondes avant d’accepter de se retrouver face à des poulets que n’aurait pas renié le Tricatel de L’Aile ou la cuisse de Claude Zidi.

Soudain…les monstres ! deviendra rapidement un film culte (qui a dit un chef d’oeuvre du nanar ?), récompensé par la Licorne d’or au Festival international de Paris du film fantastique et de science-fiction, et connaîtra même une suite en 1989 intitulée La Malédiction des rats, réalisé par Damian Lee.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray de Soudain…les monstres !, disponible chez Movinside dans une collection dirigée par Marc Toullec et Jean-François Davy, repose dans un boîtier classique de couleur bleue, contrairement au visuel qui montre un boîtier noir. L’élégante jaquette saura immédiatement taper dans l’oeil des Bisseux, et des autres, puisqu’elle reprend le visuel de l’affiche originale. Le menu principal est tout aussi classe, animé et musical.

A l’instar du Blu-ray de Nuits de cauchemar, cette édition HD ne contient qu’un seul supplément, une présentation du film par le journaliste Marc Toullec. L’ancien co-rédacteur en chef de Mad Movies se focalise essentiellement sur le réalisateur Bert I. Gordon dont il dresse le portrait et détaille la filmographie placée sous le signe du gigantisme. Puis, notre interlocuteur revient sur Soudain…les monstres !, avec notamment quelques informations sur les conditions de tournage.

L’Image et le son

Si l’on excuse les points, une rayure verticale à droite de l’écran qui subsiste en ouverture et diverses scories qui demeurent occasionnelles du début à la fin, alors ce master HD (au format 1080p) de Soudain…les monstres ! tient ses promesses. Il ne faudra pas être trop exigeant, mais la copie trouve rapidement une stabilité convenable, les couleurs sont correctes et les détails appréciables. Certains plans, notamment à effets spéciaux, avec les rats géants incrustés aux côtés des comédiens, s’avèrent plus altérés avec un grain plus accentué et une perte de la définition. Un côté système D qui ne dérange cependant pas outre mesure et qui en rajoute dans le côté Bis.

Les versions française et originale sont proposées en DTS-HD Dual Mono. Comme pour l’image, l’écoute rappelle les séances en VHS avec un son plutôt étouffé pour la piste française, qui bénéficie du doublage d’époque très réussi et amusant. La version anglaise s’en sort mieux et s’avère plus riche dans ses effets et la délivrance de la musique. Les sous-titres français sont imposés sur la piste anglaise et le changement de langue est verrouillé à la volée.

Crédits images : © Movinside  / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Nuits de cauchemar, réalisé par Kevin Connor

NUITS DE CAUCHEMAR (Motel Hell) réalisé par Kevin Connor, disponible en DVD et Blu-ray le 28 février 2017 chez Movinside

Acteurs : Rory Calhoun, Paul Linke, Nancy Parsons, Nina Axelrod, Wolfman Jack, Elaine Joyce

Scénario : Robert Jaffe, Steven-Charles Jaffe

Photographie : Thomas Del Ruth

Musique : Lance Rubin

Durée : 1h42

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Bienvenue dans ce petit motel accueillant, un peu à l’écart des grandes artères routières, tenu par un couple des plus folkloriques, Vincent et Ida Smith. Ici on offre tout pour attirer le client en manque de tranquillité et de dépaysement. En prime, la maison fabrique un superbe saucisson, dont la qualité est reconnue dans toute la région environnante. Mais les paisibles tenanciers ont une drôle de recette secrète pour obtenir avec amour et dévouement le plus succulent des produits régionaux !

Un souvenir d’enfance revenait souvent dans la tête de l’auteur de ces mots. Agé de dix ans, je passe devant la télévision où passait un film étrange. Les images montraient des personnes enterrées dans une sorte de jardin, où ne dépassaient que leurs têtes. A cela s’ajoutaient les râles et grognements, comme si ces personnes, visiblement prisonnières, ne pouvaient plus parler. Ces images sont restées très longtemps dans ma mémoire et m’avaient valu quelques mauvais rêves. Quelques années plus tard, au fil de recherches grâce aux débuts d’internet, j’avais pu enfin mettre un titre sur ce film. Mais il aura fallu attendre 2017 pour que je puisse enfin voir ce long métrage d’horreur qui s’intitule Nuits de cauchemar ou Motel Hell en version originale. Moi qui croyais que Nuits de cauchemar était un film d’épouvante, je suis finalement tombé sur une vraie comédie d’horreur, réalisée par le cinéaste, producteur et scénariste britannique Kevin Connor, né en 1937, dont le premier film Frissons d’outre-tombeFrom Beyond the Grave démontrait déjà son goût pour le cinéma de genre. Metteur en scène touche-à-tout, capable de passer d’un film d’horreur à la série télévisée L’Amour en héritage, Kevin Connor est appelé pour réaliser Nuits de cauchemar, après que les producteurs aient un temps envisagé de faire appel à Tobe Hooper. Le cinéaste accepte à condition que le scénario très premier degré soit revu et surtout que de l’humour soit injecté. Les studios United Artists acceptent. Pour le meilleur et pour le rire.

Vincent Smith et sa sœur Ida sont des fermiers qui tiennent par ailleurs un motel, attenant à leur ferme. Vincent propose en outre à la vente de la viande fumée très réputée. Mais l’origine de sa viande est inhabituelle, car il s’agit en fait de viande humaine qu’il arrive à se procurer en kidnappant puis en tuant des touristes de son motel. Vincent, c’est Rory Calhoun (1922-1999), mythique comédien de westerns de séries B vu dans Le Gaucho de Jacques Tourneur, Crépuscule sanglant de Jack Arnold, Vengeance à l’aube de George Sherman, et deux fois aux côtés de Marilyn Monroe dans Comment épouser un millionnaire et La Rivière sans retour. S’il s’est fait plus rare dans les années 1970, le comédien trouve dans Nuits de cauchemar ce qui est considéré par certains cinéphiles comme étant son plus grand rôle. Il faut dire qu’il est excellent, brillant, charismatique en diable avec son sourire chevalin inquiétant et qu’il a l’air de prendre un malin plaisir à jouer ce redneck, accueillant au premier abord, qui se révèle être un psychopathe et tueur en série. On le voit kidnapper les clients de son motel (le fantôme de Norman Bates n’est pas loin), les endormir, leur couper les cordes vocales et les planter comme des carottes dans son potager pour ensuite les gaver comme des oies, afin de les dépecer ensuite avec l’aide de sa sœur Ida (démente Nancy Parsons), pour transformer les corps en viande fumée, particulièrement appréciée dans toute la région.

Rapidement devenu un film culte, Nuits de cauchemar a profité des belles heures de la VHS. Plus de 35 ans après la sortie du film, l’humour noir et sarcastique fonctionne encore à plein régime, la photo de Thomas Del Ruth (Breakfast Club, Running Man) est très riche et participe, comme la musique de Lance Rubin, à la plongée du spectateur dans ce coin paumé et glauque de l’Amérique profonde. Motel Hell est un film qui ne se prend pas au sérieux, mais qui n’est en rien bâclé malgré son manque évident de moyens. On rit tout autant qu’on frissonne et l’affrontement final à la tronçonneuse dans l’abattoir peut autant faire glousser que donner la chair (fumée) de poule quand on voit le fermer péter littéralement les plombs – alors qu’il pensait avoir trouvé la solution pour lutter contre la surpopulation et le manque de nourriture – et arborer une tête de porc en poussant un rire machiavélique.

Le film de Kevin Connor tient une place à part dans le coeur des cinéphiles, d’autant plus qu’il traverse les années sans prendre de rides et qu’il peut être vu encore différemment à l’heure où les Etats-Unis viennent de commencer un nouveau et angoissant chapitre.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray de Nuits de cauchemar, disponible chez Movinside dans une collection dirigée par Marc Toullec et Jean-François Davy, repose dans un boîtier classique de couleur bleue, contrairement au visuel qui montre un boîtier noir. L’élégante jaquette saura immédiatement taper dans l’oeil des nombreux fans du film de Kevin Connor, et des autres, puisqu’elle reprend le visuel de l’affiche originale. Le menu principal est tout aussi classe, animé et musical.

Un seul supplément au programme, une présentation du film par le journaliste Marc Toullec. L’ancien co-rédacteur en chef de Mad Movies passe en revue l’histoire de Nuits de cauchemar, les références à Massacre à la tronçonneuse et à Psychose, la genèse du film, le fait que Tobe Hooper ait été un temps pressenti pour le réaliser, le choix de Kevin Connor pour le remplacer, la révision du scénario par celui-ci, qu’il trouvait trop déviant (la sœur couchait avec un porc et un dindon) et l’ajout d’humour noir, sans oublier le casting (Harry Dean Stanton a été envisagé) et les conditions de tournage. Ne visionnez pas ce bonus si vous n’avez jamais vu Nuits de cauchemar puisque Marc Toullec évoque de nombreuses séquences y compris le dénouement de l’intrigue.

L’Image et le son

Cette édition HD redonne un petit coup de jeune à Motel Hell, tout en respectant son caractère vintage. La restauration de ce master au format 1080p – AVC, 1.85 compatible 16/9, semble dater et quelques tâches et points subsistent, surtout lors du générique en ouverture. Le grain est heureusement conservé, la plupart du temps bien géré, sauf sur divers plans, plus grumeleux, en particulier lors des séquences plus sombres. Nuits de cauchemar est un film essentiellement nocturne, mais les couleurs froides signées Thomas Del Ruth, à tendance verdâtre et jaune, sont bien restituées, à l’instar de l’éclairage spécifique du potager. La stabilité est de mise, les noirs profonds, l’ensemble est plus que correct, comme les contrastes, même s’il ne faut pas non plus demander des miracles pour un film tourné avec peu de moyens et doté d’une image déjà « sale » à l’origine. Mais le confort de visionnage est indéniable.

Les versions française et originale sont proposées en DTS-HD Dual Mono. Comme pour l’image, l’écoute rappelle les séances en VHS avec un son plutôt étouffé pour la piste française, qui bénéficie d’un doublage très réussi et amusant. La version anglaise s’en sort mieux et s’avère plus riche dans ses effets, la délivrance de la musique et des grognements contestataires de nos pauvres touristes enterrés. Les sous-titres français sont imposés sur la piste anglaise et le changement de langue est verrouillé à la volée.

Crédits images : © Movinside – MGM / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Le Chien des Baskerville, réalisé par Terence Fisher

LE CHIEN DES BASKERVILLE (The Hound of the Baskervilles) réalisé par Terence Fisher, disponible en DVD et Blu-ray le 6 décembre 2016 chez The Corporation

Acteurs : Peter Cushing, André Morell, Christopher Lee, Maria Landi, David Oxley

Scénario : Peter Bryan d’après le roman de Sir Arthur Conan Doyle

Photographie : Jack Asher

Musique : James Bernard

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 1959

LE FILM

S’élevant dans les brouillards de Darmootor, Baskerville Hall se dresse fièrement dans les ténèbres. Son occupant, Charles Baskerville est retrouvé mort sur la lande sauvage dans de mystérieuses circonstances. Sir Charles aurait pu être la victime de la soi-disant « malédiction des Baskerville » selon laquelle une bête mortelle erre dans la campagne environnante. Imperturbable face à cette légende, l’héritier Sir Henry Baskerville décide d’accepter la succession de la famille, sous l’égide du célèbre détective Sherlock Holmes et de son associé le Dr Watson…

Apparu en 1887 dans le roman Une étude en rouge, le personnage de Sherlock Holmes a été le héros de 4 romans et 56 nouvelles signés Sir Arthur Conan Doyle (1859-1930). Ce dernier a également mis en scène son héros dans 3 pièces de théâtre et 2 textes parodiques.

Le Chien des Baskerville est un roman publié dans le Strand Magazine en 1901 et 1902. Pourtant, Sherlock Holmes était mort dix ans plus tôt dans la nouvelle Le Dernier problème (recueil Les Mémoires de Sherlock Holmes). Mais Sir Arthur Conan Doyle cédera aux pressions de ses lecteurs et lui rendra la vie avec cette enquête, devenue la plus célèbre qu’il ait écrite.

Le roman ne s’inscrit pas dans la chronologie des aventures de Holmes, et ne fait aucune référence à la mort supposée du détective. Les lecteurs devront attendre 1903 et la parution de la nouvelle La Maison vide (recueil Le Retour de Sherlock Holmes) pour avoir l’explication de la fausse mort de leur héros.

Le Chien des Baskerville est sans doute l’aventure de Sherlock Holmes qui a connu le plus grand nombre d’adaptations, 9 pour le cinéma (entre 1914 et 1978), 13 pour la télévision (entre 1955 et 2011), sans compter celles réalisées pour la radio, les bandes dessinées et les pièces de théâtre ! L’adaptation qui nous intéresse est mise en scène par le célèbre réalisateur Britannique Terence Fisher (1904-1980), grande figure de la Hammer Film Productions, qui venait de signer Frankenstein s’est échappé (1957), Le Cauchemar de Dracula (1958) et La Revanche de Frankenstein (1958). Après avoir remis au goût du jour (et en couleur) ces quelques monstres qui ont fait les belles heures des Studios Universal dans les années 1930-40, le cinéaste s’attaque au mythe de Sherlock Holmes.

Réalisé en 1959, Le Chien des BaskervilleThe Hound of the Baserkervilles reste aujourd’hui un des fleurons du genre et un des films les plus célèbres du studio. Alors qu’il vient d’incarner le Baron Victor Frankenstein, le docteur Van Helsing et Dr Victor Stein dans les trois films mentionnés, l’immense comédien anglais Peter Cushing, qui tournera près d’une quinzaine de fois avec Terence Fisher, prête ses traits singuliers et son immense talent au célèbre détective, rôle qu’il reprendra dix ans plus tard dans la saison 2 d’une série télévisée de la BBC, puis en 1984 dans le téléfilm Les Masques de la mort. Il est l’incarnation idéale du personnage. Son célèbre compère, le Docteur Watson est quant à lui incarné par l’excellent André Morell, vu dans Le Pont de la rivière Kwai et Ben-Hur. Les deux comédiens sont également épaulés par l’illustre Christopher Lee, qui de son côté venait d’incarner à l’écran la créature de Frankenstein et le Comte Dracula, rôles qui l’avaient lancé deux ans plus tôt après une dizaine d’années de figuration.

Merveilleusement photographié en Technicolor par le chef opérateur Jack Asher et mis en musique par James Bernard, deux grands noms de la Hammer, Le Chien des Baskerville est un chef d’oeuvre du genre et également la première adaptation cinématographique en couleur du roman éponyme de Sir Arthur Conan Doyle. Pensé d’abord comme le premier volet d’une nouvelle saga de films consacrés à Sherlock Holmes avec Peter Cushing dans le rôle principal, Le Chien des Baskerville est finalement resté une adaptation unique en raison du mécontentement des cinéphiles adeptes des monstres de la Hammer, qui déploraient alors l’absence de créatures horrifiques. Cela n’empêche pas le film d’être un savoureux whodunit teinté de fantastique, filmé dans des décors gothiques sublimes. Le malaise est palpable dès l’installation particulièrement sadique de dix minutes, qui invite le spectateur à prendre connaissance de l’origine de la malédiction qui pèse sur les Baskerville.

En dépit des digressions avec le roman original, le récit se tient admirablement et tous les éléments fusionnent pour notre plus grand plaisir. Le mystère est prenant, l’atmosphère est suintante à souhait, les couleurs stylisées (mention spéciale aux giclées de sang), les immenses acteurs bouffent l’écran et prennent un évident plaisir à se renvoyer la balle.

LE BLU-RAY

Le Blu-ray du Chien des Baskerville, disponible chez The Corporation, repose dans un boîtier classique de couleur bleue. A l’intérieur, nous trouvons un livret de 12 pages, proposant la fiche technique du film, les suppléments disponibles sur le disque, ainsi que les adaptations du Chien des Baskerville au cinéma et à la télévision. Le boîtier est glissé dans un surétui qui reprend le même visuel, élégant, de la jaquette. Le menu principal est animé et musical.

Pour cette sortie sur le territoire français du Blu-ray du Chien des Baskerville, The Corporation a repris un documentaire présent sur l’édition HD disponible outre-Manche chez Arrow Films. Il s’agit du Chien des studios HammerRelease the Hound ! (30’), réalisé en 2015 par Ewan Cant. Composé d’entretiens de l’acteur et écrivain Mark Gatiss, de l’auteur et critique Kim Newman, du troisième assistant-réalisateur Hugh Harlow, de Margaret Robinson, créatrice du masque du chien, ce module ne propose pas vraiment d’analyse sur l’oeuvre qui nous intéresse, mais revient surtout sur la figure de Sherlock Holmes. Certains propos, notamment tout ce qui concerne la création du maquillage du chien, sont vraiment trop longs, l’ensemble manque de rythme et peu d’anecdotes retiennent finalement d’attention. Cocréateur et coproducteur de la série Sherlock (avec Benedict Cumberbatch et Martin Freeman), dans laquelle il interprète également le rôle de Mycroft Holmes, Mark Gatiss s’avère le plus intéressant du lot.

Le trésor de cette interactivité demeure l’interview de Sir Arthur Conan Doyle (11’), réalisée en 1928 par Fox Movietone News, qui constitue l’un des premiers enregistrements synchronisant son et image. L’auteur et scientifique, s’exprime ici sur la création de son personnage mythique, avec un air quelque peu blasé et dépassé par ce succès (selon lui, certains croient même que le détective est une personne réelle) qui l’a contraint à écrire de nouvelles aventures après avoir fait mourir Sherlock Holmes. On sent l’écrivain beaucoup plus heureux de parler de son autre passion, le spiritualisme. Egalement scientifique, Sir Arthur Conan Doyle étudie alors cette branche depuis plus de 40 ans au moment de cet entretien et déclare vouloir y consacrer le reste de sa vie.

Un petit plus pour les amateurs de Sherlock Holmes, l’éditeur joint également un deuxième film consacré aux aventures de notre cher détective. Il s’agit de Silver Blaze ou Murder at the Baskervilles, Sherlock Holmes contre Moriarty dans nos contrées. D’une durée de 65 minutes, ce film est l’adaptation de la nouvelle Flamme d’argent, écrite en 1892 par Sir Arthur Conan Doyle pour le Strand Magazine, puis publiée dans le recueil Les Mémoires de Sherlock Holmes. Proposé comme une suite du Chien des Baskerville, ce film introduit les personnages de Sir Henry Baskerville, ainsi que le professeur Moriarty. C’est également le dernier d’une série de cinq films adaptés des aventures de Sherlock Holmes où Arthur Wontner joue le rôle du détective. Le favori d’un grand steeple est enlevé la veille de la course : le jockey et l’entraîneur sont trouvés assassinés. Sherlock Holmes est chargé de découvrir l’auteur de cette tragédie qui n’est autre que son ennemi Moriarty à qui il doit laisser la vie sauve en échange de celle du maladroit professeur Watson, tombé entre ses mains.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce originale et sur les cinq premières minutes de la version du Chien des Baskerville réalisée en 1939 par Sidney Lanfield, avec Basil Rathbone et Nicgel Bruce.

Dommage que l’éditeur n’ait pas pu récupérer les droits de l’interview de Christopher Lee sur le film, ainsi que deux extraits du roman lu par ce dernier.

L’Image et le son

Ce master HD 1.66 (16/9) au format 1080p du Chien des Baskerville présente une propreté quasi-irréprochable et les mêmes particularités que le Blu-ray Arrow. La magnifique photographie du film est signée par Jack Asher (Les Deux visages du Dr Jekyll, Les Maîtresses de Dracula, La Malédiction des pharaons), qui fait la part belle aux éclairages rouges, marrons, verts, roux, que l’on croirait parfois inspirés par certaines oeuvres du Caravage. Les décors gothiques bénéficient d’un nouveau relief et certains détails inédits sont appréciables. Les contours peuvent manquer de précision, même si les gros plans sont bien restitués. Les noirs paraissent tantôt concis tantôt poreux. Un léger grain cinéma est heureusement conservé donnant une texture non déplaisante à l’image, les contrastes paraissent raffermis et équilibrés, le piqué est souvent plaisant. Le codec AVC consolide l’ensemble avec brio et évite au maximum les fourmillements intempestifs, surtout sur les nombreuses scènes sombres, tandis que les fondus enchaînés demeurent fluides, sans décrochages. Un nouvel écrin idéal pour redécouvrir ce chef-d’oeuvre de la Hammer, présenté ici dans les meilleures conditions techniques à ce jour, à défaut d’être réellement optimales, à l’instar de la profondeur de champ qui déçoit quelque peu.

En anglais comme en français, les deux mixages sont proposés en DTS-HD Master Audio Mono 2.0. Ces deux options acoustiques s’avèrent dynamiques et limpides, avec une belle restitution des dialogues et de la musique. Les effets sont solides bien que certains paraissent plus étouffés, mais le confort est assuré. Pas de souffle constaté. Au jeu des différences, la version originale l’emporte car plus riche et précise, même si son homologue s’avère peut-être plus propre. Mais cette dernière se focalise trop sur le report des voix et le doublage laisse quelque peu à désirer. Dans les deux cas, l’écoute demeure très correcte, parfois chuintante, sans véritable souffle parasite.

Crédits images : © MGM – The Corporation / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr