Test 4K UHD / Gamera – Les Années Showa – Partie 1

GAMERA / GAMERA CONTRE BARUGON / GAMERA CONTRE GYAOS (Daikaiju Gamera – Daikaiju ketto: Gamera tai Barugon – Daikaiju kuchusen: Gamera tai Gyaosu) réalisés par Noriaki Yuasa & Shigeo Tanaka, disponibles en Blu-ray & 4K Ultra HD – Coffret collector limité le 25 février 2026 chez Roboto Films.

Acteurs : Eiji Funakoshi, Harumi Kiritachi, Junichiro Yamashita, Yoshiro Uchida, Michiko Sugata, Yoshiro Kitahara, Jun Hamamura, Kenji Oyama, Kojiro Hongo, Kyoko Enami, Yuzo Hayakawa, Takuya Fujioka, Koji Fujiyama, Sho Natsuki, Ichiro Sugai, Kichijiro Ueda, Reiko Kasahara, Naoyuki Abe, Taro Marui, Yukitaro Hotaru, Yoshiro Kitahara, Sho Natsuki…

Scénario : Niisan Takahashi

Photographie : Nobuo Munekawa, Michio Takahashi & Akira Uehara

Musique : Tadashi Yamauchi & Chuji Kinoshita

Durée : 1h21, 1h40 & 1h27

Date de sortie initiale : 1965, 1966 & 1967

LES FILMS

Gamera – Daikaijū Gamera (1965) : Des avions militaires russes chargés de bombes nucléaires s’écrasent au Pôle Nord. L’explosion atomique réveille Gamera, un monstre préhistorique ressemblant à une tortue qui se nourrit de chaleur et commence à attaquer les villes pour se recharger. L’armée tente désespérément de trouver une solution pour en venir à bout.

Gamera contre Barugon Daikaijū kettō: Gamera tai Barugon (1966) : Une petite île dans le sud du Pacifique. Quatre aventuriers trouvent une opale. L’un seul survit aux dangers de la jungle et ramène la pierre précieuse au Japon. Bientôt, les scientifiques découvriront qu’il s’agit en fait d’un oeuf de lézard. Soumis aux radiations, le petit animal se transforme en monstre géant. Surnommé « Barugon », il émet une raie de lumière destructrice et attaque le pays. Gamera, un autre géant qui s’est échappé de sa prison spatiale, revient sur Terre afin d’aider les humains dans leur combat…

Gamera contre Gyaos Daikaijū kūchūsen: Gamera tai Gyaosu (1967) : Une éruption volcanique réveille un monstre ailé assoiffé de sang nommé Gyaos. Alors que tous les plans de l’armée – qui utilisaient la lumière du soleil comme arme pour détruire la bête – tombent à l’eau, Gamera tente une fois de plus de défendre le Japon.

Gamera, ou la réponse de la Daiei à la Toho. Depuis 1954, Godzilla ou Gojira pour les intimes, déferle sur les écrans. Monstre expiatoire, icône populaire, symbole du trauma collectif japonais dix ans après les bombes qui ont ravagé Nagasaki et Hiroshima, Godzilla marque l’émergence d’un genre à lui tout seul, le Kaigu eiga, «  le cinéma de monstre  », qui allait engendrer près de trente suites dans lesquelles Godzilla sera confronté à Mothra, Hedora, Gigan, Megalon, Mecanik Monster, Biollante, King Ghidorag, Mechagodzilla, Space Mechagodzilla, Destroyah, Megaguirius. Pacific Rim de Guillermo Del Toro et Cloverfield de Matt Reeves lui doivent tout. Dix ans plus tard, la Daiei décide de s’y coller également. Doté d’un budget moyen, Gamera, largement inspiré par le film Le Monstre des temps perdusThe Beast from 20,000 Fathoms d’Eugène Lourié (1953), connaîtra un succès sans précédent. Dernier Kaiju eiga à avoir été tourné en N&B, ceci afin d’économiser au maximum, cette première aventure mettant en scène la tortue de 60 mètres de haut, sera surtout un triomphe auprès du jeune public, l’un des personnages principaux étant justement un enfant (souvent plus malin que les scientifiques et les militaires), pensant que le monstre est son animal devenu gigantesque, après avoir été exposé à des radiations. Un mythe est né aussi et Gamera engendrera une douzaine de suites jusqu’en 2006, ainsi qu’une série animée en 2023 et un jeu vidéo sur Super Nintendo dans les années 1990. Chacun des trois premiers opus, Gamera, Gamera contre Barugon (ou Les Monstres attaquent) et Gamera contre Gyas, rend compte de l’évolution des studios, des goûts des spectateurs, mais aussi des questions sociales qui animent le Japon d’alors. Si le troisième est souvent loué pour la réussite de l’adversaire de Gamera, Gyas donc, le second volet qui voit affronter la tortue géante à Barugon est sans doute le plus réussi du lot. Néanmoins, cette superproduction ne connaîtra pas le même succès que le premier film, ayant même du mal à rentabiliser sa mise de départ. Les productions suivantes seront indéniablement plus modestes, mais n’en restent pas moins divertissantes. En l’état, découvrir les trois premiers épisodes de la franchise Gamera est un vrai plaisir, surtout dans leur version entièrement restaurée 4K, qui donnent un nouvel éclat à ces divertissements rétros et au charme désuet.

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Test 4K UHD / Danger : Diabolik!, réalisé par Mario Bava

DANGER: DIABOLIK! (Diabolik) réalisé par Mario Bava, disponible en Digibook 4K Ultra HD + Blu-ray + Livret le 16 janvier 2026 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : John Phillip Law, Marisa Mell, Michel Piccoli, Adolfo Celi, Claudio Gora, Mario Donen, Renzo Palmer, Caterina Boratto…

Scénario : Dino Maiuri, Brian Degas, Tudor Gates & Mario Bava, d’après le personnage et les personnages créés par Angela Giussani et Luciana Giussani

Photographie : Antonio Rinaldi

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

Convaincu d’avoir piégé le super criminel Diabolik, l’inspecteur Ginko tombe de haut en se rendant à l’évidence que son pire ennemi l’a, une fois de plus, roulé dans la farine. Diabolik récupère non seulement le butin, mais le ridiculise, lui et son ministre de l’Intérieur. Forts de leur succès, Diabolik et sa complice, Eva Kant, fomentent un nouveau coup d’éclat : le vol des émeraudes d’une milliardaire. Devinant les intentions du couple, Ginko prépare sa revanche, contraignant Valmont, le chef du syndicat du crime, à lui livrer celui qu’il traque depuis si longtemps…

Danger : Diabolik !, ou tout simplement Diabolik en version originale, est l’adaptation du légendaire fumetti italien du même nom, créé au début des années 1960 par les sœurs milanaises Angela et Luciana Giussani. À la barre, rien de moins que Mario Bava, qui après s’être un peu reposé des suites des quatre tournages successifs de Les Dollars du Nebraska Ringo del Nebraska, Duel au couteau I Coltelli del vendicatore, Opération PeurOperazione paura et le frappadingue L’Espion qui venait du surgelé Le Spie vengono dal semifreddo, obtient le plus gros budget de son éminente carrière pour Danger : Diabolik !, produit par le nabab Dino De Laurentiis. Féru de bandes-dessinées, Mario Bava s’en donne à coeur joie et livre un véritable fumetti-live, quand bien même il est obligé de revoir ses ambitions à la baisse, en raison du producteur, qui le freine dans sa représentation de la violence, par crainte de voir la censure s’en mêler et de voir son public restreint. Ce qui laissera un souvenir amer au cinéaste, qui parvient pourtant à terminer le tournage en avance et donc à faire faire des économies à ce cher Dino. Mario Bava passera le reste de sa carrière à se dire peu satisfait du résultat final. Nous spectateurs le prenons pour ce qu’il est, à savoir un immense divertissement pop et acidulé, une comédie d’espionnage cartoonesque qui ne se prend jamais au sérieux, un magnifique objet de cinéma aux couleurs étincelantes (un festival pour les rétines), parcouru d’un érotisme soft, blindé d’action (cela ne s’arrête pas une seconde), de poursuites, de punchlines et d’effets spéciaux. Les recettes dans les salles ayant été jugées décevantes (200 millions de lires investies, 65 millions de bénéfice), Danger : Diabolik !, par ailleurs accompagné de critiques négatives dans le New York Times et dans Variety, n’engendrera pas de suite (il semblerait que Mario en bava justement avec Di Laurentiis et aurait décliné la séquelle), pourtant annoncée dans le final et demeure un film unique en son genre, qui donnera lui-même naissance à moult ersatz et hommages, à l’instar de la trilogie Austin Powers L’Espion qui m’a tirée surtout – de Jay Roach et le méconnu, mais néanmoins formidable CQ de Roman Coppola. Une étape dans le parcours d’un cinéphile.

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Test Blu-ray / Attention, on va s’fâcher!, réalisé par Marcello Fondato

ATTENTION, ON VA S’FÂCHER! (…altrimenti ci arrabbiamo!) réalisé par Marcello Fondatto, disponible en DVD & Blu-ray, le 22 octobre 2025 chez BQHL Éditions.

Acteurs : Bud Spencer, Terence Hill, Patty Shepard, Deogratias Huerta, John Sharp, Manuel de Blas, Luis Barbero, Donald Pleasence…

Scénario : Marcello Fondato & Francesco Scardamaglia

Photographie : Arturo Zavattini

Musique : Guido & Maurizio De Angelis

Durée : 1h42

Date de sortie initiale: 1974

LE FILM

Ayant gagné une course de stock-car, Toto et Ben remportent un superbe Buggy. Mais, peu après, des malfrats détruisent la voiture. Toto et Ben rendent visite au chef de la bande pour réclamer réparation, celui-ci envoie ses hommes de main dont Ben ne fait qu’une bouchée. Le chef décide finalement de faire appel à un tueur à gages pour éliminer les deux compères.

Étrangement moins diffusé à la télévision française que d’autres de leurs célèbres opus (Pair et impair, Deux super-flics !, Salut l’ami, adieu le trésor !), Attention, on va s’fâcher !…altrimenti ci arrabbiamo! reste le second plus grand succès du tandem Terence Hill & Bud Spencer sur le sol italien. Avec 11,250,000 d’entrées cumulées en 1974, ce film réalisé cette fois par Marcello Fondato (1924-2008) n’est dépassé que par On continue à l’appeler Trinita avec ses 14,5 millions de spectateurs. C’est d’ailleurs dans Attention, on va s’fâcher ! que l’on retrouve peut-être le plus de photogrammes emblématiques du duo, visuels souvent tirés de la superbe affiche créée par Renato Casaro. Ancien scénariste de Luigi Comencini (La Grande pagaille), Mario Bava (Les Trois visages de la peur, Six femmes pour l’assassin), Dino Risi (pour son segment des Complexés), Marcello Fondato est un véritable artisan du cinéma, connaît la dynamique et l’efficacité d’un récit, et sait aussi mettre ses comédiens en valeur. Passé derrière la caméra à la fin des années 1960 avec Les Protagonistes I Protagonisti, drame avec la sublime Sylva Koscina, il dirigera également d’autres pointures comme Claudia Cardinale et Catherine Spaak dans Certain, probable et même possibleCerto, certissimo, anzi… probabile, Monica Vitti dans Nini TirebouchonNinì Tirabusciò, la donna che inventò la mossa et “s’empare” du duetto Hill&Spencer en 1974. Les deux viennent de connaître un autre succès foudroyant avec Maintenant, on l’appelle PlataPiù forte, ragazzi! de Giuseppe Colizzi (plus de dix millions d’entrées), tandis que Terence Hill sort du triomphe international de Mon nom est PersonneIl mio nome è Nessuno de Tonino Valerii. De son côté, Bud Spencer devait s’allier le temps d’un film avec le légendaire Giuliano Gemma, pour Les anges mangent aussi des fayotsAnche gli angeli mangiano fagioli d’Enzo Barboni (7,5 millions de spectateurs), qui le confortait au box-office. Autant dire qu’ils sont au top de leur popularité, de leur talent, de leur forme, de leur charisme (ils n’ont jamais été aussi bien filmés qu’ici) et de leur alchimie quand Hill&Spencer entreprennent leur huitième collaboration. Comédie d’action menée à cent à l’heure, impeccablement et même élégamment mise en scène, Attention, on va s’fâcher! demeure un grand spectacle pour petits et grands et démontre une fois de plus le caractère intemporel des films d’un des plus grands duos de tous les temps.

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Test Blu-ray / Shadow Force, réalisé par Joe Carnahan

SHADOW FORCE réalisé par Joe Carnahan, disponible en DVD & Blu-ray le 18 septembre 2025 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Kerry Washington, Omar Sy, Jahleel Kamara, Mark Strong, Da’Vine Joy Randolph, Method Man, Marshall Cook, Ed Quinn…

Scénario : Leon Chills & Joe Carnahan

Photographie : Juan Miguel Azpiroz

Musique : Craig DeLeon

Durée : 1h44

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Un couple séparé dont la tête est mise à prix, doit s’enfuir avec leur fils pour éviter une milice qui a été envoyée pour les tuer.

Depuis le triomphe mondial d’Intouchables, Omar Sy s’est vu proposer quelques films outre-Atlantique. Cela a commencé il y a dix ans avec X-Men: Days of Future Past de Bryan Singer, dans lequel il ne faisait qu’une petite participation anecdotique. Ont suivi Dangerous People de Henrik Ruben Genz, Jurassic World et Jurassic World : Le Monde d’aprèsJurassic World: Dominion de Colin Trevorrow , À vif !Burnt de John Wells, Inferno de Ron Howard , L’Appel de la forêtThe Call of the Wild de Chris Sanders et The Killer de John Woo. Si l’on ajoute à cela le carton remporté par la série Lupin aux États-Unis, tout va pour le mieux pour le comédien. Mais du point de vue qualité il y a mieux comme dirait l’autre et ce n’est pas Shadow Force qui va arranger les choses. C’est dommage d’ailleurs, car le film est signé Joe Carnahan, dont on avait loué la virtuosité à plusieurs reprises, notamment sur Narc (2002), avant d’enchaîner les trois forts sympathiques Mise à prixSmokin’ Aces, L’Agence tous risquesThe A-team et Le Territoire des LoupsThe Grey. Depuis, le bonhomme s’est quelque peu perdu, même si nous avions défendu Boss Level. Pour l’heure, Shadow Force est assurément le pire film de sa carrière. C’est bien simple, rien, absolument rien ne fonctionne sur le fond, sur la forme, le vide abyssal. Le pire, c’est qu’Omar Sy n’est pas le plus à blâmer dans toute cette histoire. On est ici en quasi-nanar de luxe (40 millions de budget tout de même), qui lorgne plus sur Delta Force 2 d’Aaron Norris, saupoudré de Mr. et Mrs. Smith de Doug Liman. Le souci, c’est que pour un mauvais film sympathique, on ne se marre pas autant qu’on l’aurait souhaité et on en vient même à trouver le temps devant la médiocrité de cette entreprise nappée d’émotion digne de celle des Mystères de l’amour. At the secours.

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Test Blu-ray / Syndicat du meurtre, réalisé par John Guillermin

SYNDICAT DU MEURTRE (P.J.) réalisé par John Guillermin, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 26 août 2025 chez Elephant Films.

Acteurs : George Peppard, Raymond Burr, Gayle Hunnicutt, Brock Peters, Wilfrid Hyde-White, Jason Evers, Coleen Gray, Susan Saint James…

Scénario : Philip H. Reisman Jr.

Photographie : Loyal Griggs

Musique : Neal Hefti

Durée : 1h44

Année de sortie : 1968

LE FILM

Quand P.J. Detweiler, détective privé sans le sou, se voit offrir le poste de garde du corps de la belle Maureen Preble, il n’a d’autres choix que d’accepter le boulot. La jeune femme, maîtresse du mystérieux William Orbison, est victime de menaces de mort et de tentatives d’assassinat. Mais les apparences sont trompeuses et ce cas cache peut-être de sombres machinations.

Quand on évoque George Peppard (1928-1994), on pense évidemment tout de suite à L’Agence tous risquesThe A-Team, dans lequel il incarnait le Colonel John « Hannibal » Smith, pendant cinq saisons et dans près de cent épisodes. On oublie aussi curieusement qu’en dehors de sa carrière dans d’autres séries, notamment Banacek, le comédien a aussi beaucoup roulé sa bosse et promené son regard bleu laser au cinéma. Si son rôle le plus célèbre reste celui qu’il campait face à Audrey Hepburn dans Diamants sur canapéBreakfast at Tiffany’s de Blake Edwards, il a également tourné pour Lewis Milestone (La Gloire et la peur), Vincente Minnelli (Celui par qui le scandale arrive), John Ford (pour son segment de La Conquête de l’Ouest) et Edward Dmytryk (Les Ambitieux). En cette fin des années 1960, George Peppard a le vent en poupe et il n’est pas rare de le retrouver en haut de l’affiche. En 1968, il porte même deux films réalisés par John Guillermin, Un cri dans l’ombreHouse of cards, dont l’auteur de ces mots vous a déjà parlé en 2021, et Syndicat du meurtreP.J. (titre provenant des initiales du prénom de Detweiler, personnage principal), qui nous intéresse donc aujourd’hui. Thriller quelque peu paranoïaque, mais dont l’intrigue reste assez plan-plan, Syndicat du meurtre n’atteint pas la réussite d’Un cri dans l’ombre, mais reste cependant très regardable, ne serait-ce que pour la classe de George Peppard, qui traverse tout le film en totale décontraction et qui donne la réplique à la sublime Gayle Hunnicutt, avant d’aller donner du poing et de swinguer avec sa belle. Rien de mémorable, mais le spectacle vaut le coup d’oeil.

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Test Blu-ray / L’Héritier de la violence, réalisé par Ronny Yu

L’HÉRITIER DE LA VIOLENCE / LÉGITIME VENGEANCE (Legacy of Rage – Long zai jiang hu) réalisé par Ronny Yu, disponible en Blu-ray le 12 juillet 2025 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Brandon Lee, Michael Wong, Regina Kent, Chan Wai-Man, Kirk Wong, Bolo Yeung, Shing Fui-On, Chung Lam…

Scénario : Raymond Fung & Clifton Ko

Photographie : Chan Hau-Ming

Musique : Richard Yuen

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 1986

LE FILM

Brandon mène une vie paisible entre ses deux emplois et sa fiancée May. Un jour, il est pris au piège par son ami dealer Michael qui le fait accuser de meurtre d’un policier corrompu. Après huit ans de prison ferme, Brandon en sort, bien déterminé à se venger après avoir appris la vérité.

L’Héritier de la violence, Le Soldat, ou bien encore Légitime vengeance et même Legacy of Rage en anglais, est le premier long-métrage interprété par Brandon Lee (1965-1993), ainsi que son seul et unique réalisé à Hong Kong. Le fils de Bruce Lee, né aux États-Unis, mais qui a grandi en Chine dans ses très jeunes années, où son père tournait Big Boss et La Fureur de vaincre, démarre d’abord sur les planches, puis prend des cours à l’académie Actors Studio du légendaire Lee Strasberg. L’aventure démarre en 1986, quand on lui propose le rôle principal de L’Héritier de la vengeance, mis en scène par Ronny Yu. Film d’action et d’arts martiaux, Legacy of Rage joue évidemment à fond la carte de la ressemblance entre Brandon Lee et son mythique paternel (décédé en 1973), au point de lui faire adopter plusieurs postures héritées de son géniteur, à l’instar du fameux doigt pointé vers son adversaire, destiné à le mettre en garde, ou l’incitant à le lui tirer pour faire une blague, c’est possible aussi. En l’état, L’Héritier de la violence est un pur produit de son époque, clipesque à souhait, qui annonce les montages hachés (ou à ch*er, c’est selon) de certains opus de Jean-Marie Poiré, furieusement kitsch, un divertissement honnête, qui anticipe aussi quelque part le génial Haute sécuritéLock Up de John Flynn avec Sylvester Stallone, avant de s’en donner à coeur joie dans une dernière partie bien explosive et pétaradante.

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Test Blu-ray / Mark la gâchette, réalisé par Stelvio Massi

MARK LA GÂCHETTE (Mark il poliziotto spara per primo) réalisé par Stelvio Massi, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 6 mai 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Franco Gasparri, Lee J. Cobb, Massimo Girotti, Ely Galleani, Nino Benvenuti, Andrea Aureli…

Scénario : Stelvio Massi, Dardano Sacchetti, Teodoro Corrà & Raniero Di Giovanbattista, d’après une histoire originale de Dardano Sacchetti

Photographie : Federico Zanni

Musique : Adriano Fabi

Durée : 1h40

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Le commissaire Mark Terzi est envoyé à Gênes pour enquêter sur une série de meurtres sordides revendiqués par un certain « Sphinx ». Il va y retrouver l’homme d’affaires Benzi, qui pourrait avoir un lien avec ces crimes.

Si Stelvio Massi ne s’attendait pas à un ras de marée à la sortie d’Un flic voit rouge à la fin de l’été 1975, le réalisateur était loin de se douter que son polar allait créer l’événement et même devenir un véritable phénomène. Du coup, une suite devait être pensée dans l’urgence, au point que tout le monde (ou presque), tant devant que derrière la caméra, était rappelé pour reprendre là où l’enquête de Mark Terzi s’était arrêtée dans un moment suspendu. Résultat des courses, Mark la gâchetteMark il poliziotto spara per primo, connu aussi en France sous le titre Justice sans sommation, parvenait à sortir sur les écrans pour Noël 1975, alors qu’Un flic voit rouge était toujours à l’affiche dans certains cinémas et allait connaître le même triomphe avec près d’1,3 milliards de lires récoltées. Si l’effet de surprise est passé et malgré sa production éclaire, Mark la gâchette n’est pas une suite décevante et encore moins bâclée. Franco Gasparri est encore plus à l’aise que dans le premier, conforté sans doute par le box-office de la première aventure et Stelvio Massi n’attend pas les cinq premières minutes pour lancer sa première et longue course-poursuite sur le port de Gênes, ainsi que dans ses environs. Si l’ambition première est évidemment d’amasser à nouveau le maximum de billets, le cinéaste est à son affaire et soigne autant la forme que le fond de son spectacle populaire, ce qui n’était pas forcément le cas de certains de ses confrères ès cinéma Bis.

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Test Blu-ray / Un flic voit rouge, réalisé par Stelvio Massi

UN FLIC VOIT ROUGE (Mark il poliziotto) réalisé par Stelvio Massi, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 6 mai 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Franco Gasparri, Lee J. Cobb, Sara Sperati, Giorgio Albertazzi, Giampiero Albertini, Lucio Como, Carlo Duran, Andrea Aureli…

Scénario : Adriano Bolzoni, Stelvio Massi, Dardano Sacchetti & Raniero di Giovanbattista, d’après une histoire originale de Dardano Sacchetti

Photographie : Marcello Gatti

Musique : Stelvio Cipriani

Durée : 1h27

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Le commissaire Mark Terzi de la brigade des stupéfiants de la ville de Milan enquête sur les activités de l’homme d’affaires Benzi. Il le soupçonne d’être à la tête d’une organisation de trafiquants d’héroïne, mais les preuves sont minces.

Qu’est ce qu’on l’aime Stelvio Massi (1929-2004) ! Quand on entend parler d’Un flic explosif Un poliziotto scomodo, de Magnum 44 spécial La Legge violenta della squadra anticrimine ou de Cinq Femmes pour l’assassin 5 donne per l’assassino, quelque chose de nerveux, d’hormonal, accélère instantanément notre rythme cardiaque. On imagine mal aujourd’hui le succès, le triomphe même, rencontré par Un flic voit rougeMark il poliziotto, qui a rapporté plus d’un milliard et demi de lires, quelques mois après le hit rencontré par Brigade volanteSquadra volante. Ce thriller surfait alors sur la grande popularité rencontrée par Franco Gasparri, star du roman-photos, qui faisait fantasmer des millions d’italiennes. Au cinéma, il était apparu avant ses quinze ans dans une poignée de péplums (Goliath contre les géantsGoliath contro i giganti de Guido Malatesta, Samson contre HerculeSansone et Hercule se déchaîneLa Furia di Ercolede Gianfranco Parolini), avant de revenir en 1974 avec La ProieLa Preda de Domenico Paolella, qui étonnamment n’avait guère attiré les foules. Un flic voit rouge allait alors changer son destin. Belle gueule, le regard laser, le flingue dans le caleçon, distribuant des bourre-pifs et imitant constamment Clint Eastwood en Harry Callahan, Franco Gasparri crève l’écran et des gangsters. Mark il poliziotto est une institution de l’autre côté des Alpes et le phénomène sera tel à la fin de l’été 1975, qu’une suite (Mark la gâchette Mark il poliziotto spara per primo) sera mise en chantier immédiatement et sortira quatre mois plus tard, soit pile poil pour les fêtes de Noël. Un record en la matière. Aujourd’hui, Un flic voit rouge reste un formidable représentant du poliziottesco, qui n’avait pas besoin de faire dans la surenchère pour accrocher le spectateur à son siège et qui savait doser ses ingrédients afin de contenter tous les publics. Une référence.

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Test Blu-ray / Horizons lointains, réalisé par Rudolph Maté

HORIZONS LOINTAINS (The Far Horizons) réalisé par Rudolph Maté, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD depuis le 15 novembre 2024 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Fred MacMurray, Charlton Heston, Donna Reed, Barbara Hale, William Demarest, Alan Reed, Eduardo Noriega, Larry Pennell.…

Scénario : Winston Miller & Edmund H. North, d’après le roman de Della Gould Emmons

Photographie : Daniel L. Fapp

Musique : Hans J. Salter

Durée : 1h48

Date de sortie initiale : 1955

LE FILM

Lewis et Clark se rendent en Louisiane peu après le rachat de la colonie française par les États-Unis. Leur expédition débarque sur des terres sur lesquelles aucun homme blanc n’a circulé… Sacajawea a toujours vécu ici et se révèle être une alliée de taille face au danger qu’encourent les nouveaux venus à cause des natifs.

Parmi les grands noms oubliés du western, celui de Rudolph Maté (1898-1964) est sans doute l’un de ceux à réhabiliter. Tout d’abord directeur de la photographie très convoité, ayant officié chez Carl Theodor Dreyer (La Passion de Jeanne d’Arc, Vampyr), René Clair (Le Dernier Milliardaire), Fritz Lang (Liliom), il débarque à Hollywood au milieu des années 1930 où il collabore là aussi avec les plus grands, de William Wyler à George Marshall, en passant par King Vidor, Leo McCarey, Alfred Hitchcock, Ernst Lubitsch et Orson Welles. Il passe naturellement derrière la caméra à la fin des années 1940 et signera une trentaine de longs-métrages, dont une poignée de westerns on ne peut plus conseillés, Les Années sauvages The Rawhide Years avec Tony Curtis, Le Souffle de la violence The Violent Men avec rien de moins que Glenn Ford, Barbara Stanwyck et Edward G. Robinson, Le Gentilhomme de la Louisiane The Mississippi Gambler avec Tyrone Power et Piper Laurie. Celui qui nous intéresse (beaucoup) aujourd’hui s’intitule Horizons lointains The Far Horizons et sort en 1955, quelques semaines après Le Souffle de la violence. Celui-ci se démarque par son sujet singulier, l’achat de la Louisiane à la France par les États-Unis et plonge les spectateurs au début du XIXe siècle. S’il n’est pas exempt de petits défauts, le film vaut non seulement pour la confrontation de ses deux stars, Charlton Heston et Fred MacMurray, mais aussi et surtout pour ses magnifiques décors naturels et costumes. Un très bon divertissement.

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Test Blu-ray / Le Chasseur, réalisé par Buzz Kulik

LE CHASSEUR (The Hunter) réalisé par Buzz Kulik, disponible en DVD & Combo Blu-ray + DVD + Livret depuis le 12 septembre 2024 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Steve McQueen, Eli Wallach, Kathryn Harrold, LeVar Burton, Ben Johnson, Richard Venture, Tracey Walter, Thomas Rosales Jr.…

Scénario : Ted Leighton & Peter Hyams, d’après le roman de Christopher Keane

Photographie : Fred J. Koenekamp

Musique : Michel Legrand (version US) et Charles Bernstein (version européenne)

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1980

LE FILM

Ralph Thorson est un chasseur de primes d’un autre temps. Quoique habile à pourchasser les repris de justice, il est peu en phase avec son époque. Au volant d’une voiture, c’est un véritable danger de la route. Sa maison ressemble davantage à un saloon qu’à un foyer. Tandis qu’il vaque à ses engagements, sa femme tente de l’intéresser à la naissance de leur enfant.

Si Le Chasseur The Hunter est plus ou moins entré dans l’histoire du cinéma, c’est parce qu’il s’agit du dernier long-métrage interprété par Steve McQueen, avant le décès prématuré de la star à l’âge de 50 ans des suites d’un cancer du poumon, diagnostiqué peu de temps après le tournage, où il se sentait étrangement fatigué. Réalisé par Buzz Kulik (1922-1999), connu pour avoir écumé les séries télévisées (Climax !, Rawhide, Perry Mason, Gunsmoke, La Quatrième dimension), mais aussi fait tourner d’autres grands noms comme Yul Brynner, Robert Mitchum et Charles Bronson (Pancho Villa), Burt Reynolds (Le Fauve), Gene Hackman (La Mutinerie), sans oublier Pierce Brosnan dans une adaptation en mini-série du Tour du monde en quatre-vingts jours à la fin des années 1980, Le Chasseur est un thriller que l’on pourrait qualifier de sympathique, qui ne vole pas haut la plupart du temps certes, mais qui divertit plus qu’honorablement et qui a même tendance à devenir de mieux en mieux au fil du récit, par ailleurs bien rythmé. Il est vrai que Steve McQueen paraît souvent fatigué à l’écran, comme vieilli avant l’heure, l’acteur s’étant quelque peu laissé aller depuis le triomphe international de La Tour infernale en 1974. Depuis, comme si son éternelle rivalité avec Paul Newman avait pris fin en partageant l’affiche à ses côtés, Steve McQueen a délaissé le cinéma, pris du poids, s’adonne à la drogue, au sexe, à l’alcool, tout en refusant les projets qu’on lui présente sur un plateau d’argent, comme Apocalypse Now, Superman, Rencontres du troisième type, Sorcerer et Un Pont trop loin. Ses apparitions deviendront alors très rares. Avant Le Chasseur, il tourne Un ennemi du peupleAn Enemy of the People de George Schaefer, d’après une pièce d’Henrik Ibsen, dans lequel il est méconnaissable, puis dans le western Tom Horn …sa véritable histoire de William Wiard. Deux metteurs en scène venus de la télévision, plus « malléables » que les pointures qui refusaient de s’associer avec le comédien, en raison de son caractère jugé irascible et incontrôlable. Mais pour l’heure, Le Chasseur est un chant du cygne modeste, une œuvre testamentaire qui ne manque pas d’humour (voir McQueen mauvais conducteur est un running-gag directement adressé aux fans), qui s’avère même plutôt attachant et qui contient une ou deux séquences marquantes, pour qu’on se penche à nouveau sur son cas.

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