Test DVD / Le Défi du champion, réalisé par Leonardo D’Agostini

LE DÉFI DU CHAMPION (Il Campione) réalisé par Leonardo D’Agostini, disponible en DVD le 2 décembre 2020 chez Destiny Films.

Acteurs : Stefano Accorsi, Andrea Carpenzano, Massimo Popolizio, Anita Caprioli, Mario Sgueglia, Ludovica Martino, Gabriel Montesi, Giorgio Ridarelli, Mariano Coletti…

Scénario : Giulia Louise Steigerwalt, Leonardo D’Agostini & Antonella Lattanzi

Photographie : Michele Paradisi

Musique : Carratello & Ratchev

Durée : 1h46

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Christian, jeune star du football de l’AS Roma, est un joueur rebelle, indiscipliné et immensément riche. Suite à de nouvelles frasques, le président du club doit rapidement remettre son champion dans le rang : s’il veut continuer à jouer, il doit étudier et passer son bac ! Valerio, un homme solitaire et fauché, est embauché comme professeur particulier. Ils vont apprendre l’un de l’autre et, entre les deux, va naître une amitié inattendue…

Pendant l’été 2020, fleurissaient les affiches d’un film italien qui tentait de se faire une place entre les sorties repoussées et annulées. Le Défi du championIl Campione est le premier long-métrage du réalisateur Leonardo D’Agostini, jusqu’alors metteur en scène de deux courts-métrages La via del successo (2005) et Sangre de perro (2007). Ayant d’abord fait ses classes comme assistant, il devient ensuite scénariste sur quelques séries télévisées, principalement policières à l’instar d’Il tredicesimo apostolo et Au coeur de la mafia. Avec Le Défi du champion, Leonardo D’Agostini change radicalement de registre et livre une comédie tendre et fort sympathique, qui prend le football comme toile de fond, sujet ô combien important, pour ne pas dire primordial et même vital de l’autre côté des Alpes. Si comme bien souvent au cinéma ce sport est égratigné, notamment au niveau de la gestion des clubs, Il Campione est aussi et avant tout une histoire d’amitié originale entre un jeune prodige du ballon rond, autant célèbre pour ses exploits sur le terrain que pour ses frasques qui font la une des journaux à scandales, et un professeur de littérature, de philosophie et d’histoire, qui s’est vu confier la mission d’éduquer ce jeune freluquet, qui doit tout faire pour obtenir son baccalauréat, au risque de rester sur le banc de touche s’il n’obtient pas son diplôme. Ce qui nous vaut une très belle confrontation entre le bien connu Stefano Accorsi, qui a pris de la bouteille et à qui cela va bien, et Andrea Carpenzano, LA révélation du film, confondant dans la peau du phénomène de la Roma ! Le Défi du champion est un petit coup de coeur, un film qui fait du bien à l’âme, une histoire simple, dont certains critiqueront sans doute le manque de surprises, mais qui traite de beaux sentiments et dresse une galerie de personnages marqués par la vie et qui trouvent un réconfort inespéré auprès de la personne qui lui semblait au premier abord la plus opposée.

Christian Ferro (Andrea Carpenzano) est un jeune joueur de l’équipe de la Roma, un champion qui alterne une vie privée pleine de réjouissances et d’excès, au talent montré sur le terrain. À la suite d’un autre coup, un vol de vêtements au centre commercial pour prouver à ses amis qu’il n’est pas une mauviette, le club demande au garçon de se tenir à carreau. Tito (Massimo Popolizio), le président de la Roma, charge ses subordonnés de choisir un professeur qui l’aidera à obtenir la maturità, l’équivalent transalpin du baccalauréat. Parmi les différents candidats, Tito est frappé par Valerio Fioretti (Stefano Accorsi), un enseignant qui a perdu son poste de professeur, qui ne connaît rien au monde du football, et encore moins Christian Ferro. Tito veut que Valerio soit le tuteur de Christian, le convaincant d’accepter le poste avec un salaire élevé. Le début est chaotique. Christian est tout sauf un élève attentif, luttant pour mémoriser des informations historiques et étant continuellement distrait par la pléthore de personnes autour de lui, entre une petite amie malade des réseaux sociaux, des amis qui viennent squatter, des fêtes et des événements publics divers. Le premier test est un véritable échec, Christian remettant une feuille vierge. Valerio reçoit un ultimatum pour le faire réviser avec succès la semaine suivante. Tito décide également de punir Christian, l’envoyant dans les tribunes lors du match attendu contre le Lazio. Après avoir assisté à une leçon de stratégie avec l’entraîneur de l’équipe, Valerio a une idée, celle d’enseigner à Christian les événements de la Première Guerre mondiale en utilisant les méthodes de l’entraîneur. La nouvelle méthode de Valerio combinée à la volonté de retrouver sa place dans l’équipe, conduit Christian à passer le premier test avec une très bonne note. La sérénité retrouvée se reflète sur les performances sur le terrain et est également due à la rencontre avec Alessia (Ludovica Martino), une étudiante en médecine qui fournit le distributeur automatique du centre sportif de Trigoria pour le travail, une personne humble de la banlieue romaine et assez éloignée du stéréotype de filles gâtées qui tombent à ses pieds.

Visiblement inspiré par deux histoires vraies liées aux joueurs Mario Balotelli lorsqu’il jouait pour le AC Milan et Antonio Cassano de l’AS Roma, Le Défi du champion est ce qu’on appelle vulgairement un feel good movie, un film très agréable, qui caresse les spectateurs dans le sens du poil et leur donne envie d’être un peu meilleurs en sortant de la salle qu’ils ne l’étaient en y entrant deux heures avant. En période de pandémie, un divertissement de cet acabit parvient à faire oublier les soucis du quotidien et apporte un vent de fraîcheur qui manque cruellement à une audience qui étouffe derrière des masques encombrants. Rien à redire sur la prestation des comédiens, tous impeccables et sur lesquels trône l’impérial Stefano Accorsi, qui à bientôt 50 ans et presque 30 ans de carrière, s’est toujours imposé dans le peloton de tête des meilleurs acteurs italiens de sa génération, aux côtés de Pierfrancesco Favino et Kim Rossi Stuart. Les rides se sont creusées, les cheveux ont grisonné et sont plus clairsemés, mais son charisme est intact et son jeu n’a jamais été aussi précis et racé. Néanmoins, son partenaire Andrea Carpenzano, que certains auront pu voir dans Tutto quello che vuoi (2017) de Francesco Bruni, qui lui a valu le Prix de la révélation de l’année au Bari International Film Festival, lui tient la dragée haute et le duel, qui mute ensuite en tandem, fonctionne à plein régime.

Pas besoin d’être fan du ballon rond pour apprécier Il Campione, d’ailleurs l’auteur de ces mots voue une aversion pour sport, qui repose sur ses protagonistes attachants, séduisants, émouvants et inoffensifs, qui parviennent à nous faire oublier les quelques ficelles plutôt épaisses d’un récit somme toute classique. Alors non, ce n’est pas Coup de tête ou A mort l’arbitre, mais c’est quand même largement et sans aucune commune mesure au-dessus de 3 zéros !

LE DVD

Nous inaugurons un nouveau partenariat avec l’éditeur Destiny Films, qui s’est lancé sur le marché du DVD en décembre 2019 et qui compte déjà quasiment une dizaine de titres à son catalogue physique, dont Femmes d’Argentine de Juan Solanas, Vous êtes jeunes, vous êtes beaux de Franchin Don et Une Part d’ombre de Samuel Tilman. Le DVD du Défi du champion apparaît sous la forme d’un slim Digipack à deux volets, qui reprend le visuel de l’affiche – recouverte des critiques très positives – d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

En plus de la bande-annonce en version originale STF et version française, l’éditeur joint un tout petit making of (5’30) composé d’images de tournage et des propos de l’équipe (acteurs, réalisateur, scénariste). Les personnages sont vite présentés par les intéressés, l’entraîneur Daniele Isidori indique comment Andrea Carpenzano s’est préparé physiquement pour le rôle, tandis que le responsable des effets spéciaux dévoile comment le jeune comédien s’est fait épauler par les images numériques pour devenir à l’écran un prodige du ballon rond. La fin du module nous paraît un peu brutale, comme si le documentaire avait été stoppé net et sans explication.

L’Image et le son

Le cadre large est habilement restitué avec ses couleurs pétillantes et chaudes, son piqué ferme et acéré, sa luminosité et sa belle profondeur de champ. En revanche, nous notons comme de légers soubresauts, des saccades qui reviennent de façon récurrente. Les contrastes sont au beau fixe, c’est propre, nickel, rien à redire.

Quatre choix possibles, une écoute frontale riche et dynamique en Stéréo, ou bien une spatialisation solide et un plus grand confort acoustique en Dolby Digital 5.1, qui vaut évidemment le coup pour les scènes de matchs (même si elles sont rares) et une ou deux fiestas en boite de nuit ou au bord de la piscine. Dans les deux cas, en français comme en italien, l’écoute demeure ardente et fait une large place aux dialogues. Les effets latéraux et ambiances naturelles pointent habilement le bout de leur nez. Les sous-titres français sont imposés et même incrustés sur l’image en version originale.

Crédits images : © Destiny Films / ESC Distribution / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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