Test DVD / Initiation, réalisé par John Berardo

INITIATION réalisé par John Berardo, disponible en DVD le 16 octobre 2021 chez Rimini Editions.

Acteurs : Isabella Gomez, Lindsay LaVanchy, Froy Gutierrez, James Berardo, Gattlin Griffith, Adin Kolansky, Shireen Lai, Patrick R. Walker…

Scénario : John Berardo, Lindsay LaVanchy & Brian Frager

Photographie : Jonathan Pope

Musique : Alexander Arntzen

Durée : 1h33

Année de sortie : 2020

LE FILM

Les étudiants d’une université américaine lancent sur les réseaux sociaux un jeu cruel mettant en cause certains d’entre eux. À la suite de la mort d’un des meilleurs athlètes du campus, les meurtres sanglants s’enchaînent. Un mystérieux point d’exclamation semble être la signature du tueur…

Tiens, un petit slasher dont nous ne soupçonnions pas l’existence il y a encore une semaine ! Initiation, ou Init!ation si vous souhaitez vous la jouer en respectant le titre original, est le premier film réalisé en solo par John Berardo (né en 1986), après moult courts-métrages et un long-métrage collectif mis en scène avec sept autres cinéastes, The Labyrinth (2017). Homme-orchestre, à la fois scénariste, monteur, créateur de costumes, chef opérateur, décorateur, ingénieur du son, producteur, cantinier peut-être aussi, il adapte son propre court-métrage intitulé Dembanger (2013), inspiré de Scream (1996) de Wes Craven, dans lequel un adolescent était harcelé par un anonyme, qui parvenait à accéder à toutes ses informations depuis sa page Facebook. S’il croule évidemment sous les inévitables références du genre, Initiation tire son épingle du jeu grâce à son excellent casting composé de jeunes comédiens pour ainsi dire inconnus, très solidement dirigés, parmi lesquels se distingue Lindsay LaVanchy, également co-scénariste, assurément la révélation du film, qui était déjà apparue dans la série Scream en 2016 et Dembanger. Après un début difficile car foutraque, durant lequel on a beaucoup de mal à relier les personnages en raison d’un montage chaotique et une caméra trop virevoltante, Initiation trouve ensuite son rythme de croisière, joue habilement avec les codes (éculés) du genre, sans jamais chercher à les renouveler, mais grâce auxquels le réalisateur prouve qu’il en a sous le capot. Délicieusement ironique, ponctué par quelques meurtres bien sanglants, Init!ation contentera largement les adeptes de thrillers horrifiques.

Lors d’une fête d’étudiants, Kylie (Isabella Gomez) est retrouvée inconsciente et seule dans une pièce avec trois membres de sa résidence Sigma Nu Pi, Beau (Gattlin Griffith, qui interprétait le fils d’Angelina Jolie dans L’Échange de Clint Eastwood), Dylan (James Berardo, frère du réalisateur) et Wes (Froy Gutierrez). Le lendemain matin, elle est cruellement moquée sur les réseaux sociaux. Kylie demande de l’aide à Shayleen (Shireen Lai), qui à son tour approche Ellery (Lindsay LaVanchy), appartenant à la sororité. Ellery accepte d’enquêter, d’autant plus que Wes est son frère et qu’il a déjà été accusé d’agression sexuelle. Mais celui-ci est sauvagement assassiné par un agresseur inconnu (et masqué, bien entendu) et son corps est découvert par Dylan et Beau. Plus tard, la mémoire de Wes est saluée par le président de l’université Van Horn, qui souligne entre autres les prouesses en natation du défunt, qui devait participer aux Jeux Olympiques. Le meurtre fait l’objet d’une enquête par l’inspectrice Sandra Fitzgerald (Yancy Butler, ancienne partenaire de JCVD dans Chasse à l’homme Hard Target de John Woo) et l’officier Rico Martinez (Jon Hurtas, vu dans les séries Castle et This Is Us), ce dernier découvrant que le précédent cas d’agression sexuelle de Wes avait été dissimulé par Van Horn. Peu de temps après, de nouveaux meurtres sont commis…

Mais qui a fait le coup ? Est-ce un personnage que nous suivons depuis le début ? Y a-t-il plusieurs assassins ? Ou bien allons-nous découvrir qu’il s’agit en fait d’un homme ou d’une femme, ou même d’un non-binaire peut-être, qui n’a aucun rapport avec les étudiants et qui ne sait pas quoi faire de sa vie ? Pour le savoir, n’hésitez pas à visionner Initiation. Premièrement, parce que le film de John Berardo a de la gueule, notamment une très belle photographie signée Jonathan Pope, qui ne se contente pas de piocher à droite à gauche pour « rappeler » certains grands classiques, mais qui impose une vraie patte. Deuxièmement, Initiation utilise à bon escient le thème des réseaux sociaux, certes présent, mais jamais envahissant, si ce n’est l’apparition systématique à l’écran des posts publiés par les étudiants. Enfin, John Berardo, qui n’a sans doute pas bénéficié d’un très gros budget, soigne chacun de ses plans, compose un cadre élégant en exploitant la profondeur de champ. De plus, le film va constamment en s’améliorant, après un début comme nous le disions laborieux, confus et maladroit. Dès que l’intrigue se resserre sur le personnage d’Ellery, le dispositif se déploie, le suspense est présent, quelques séquences jouent intelligemment avec les nerfs des spectateurs…bon d’accord, même si Lindsay LaVanchy apparaît « trop âgée » du haut de ses trente ans pour incarner une étudiante de 17 ans. Mais bon, on dira que ça passe étant donné que cela a toujours été le cas dans le slasher.

Un très bon moment donc que ce thriller où tous les ingrédients du genre sont réunis, malaxés et déversés sur un campus, où les confréries et les bizutages sont de rigueur, où les corps et les langues se mélangent, où les lames et forets à métaux entrent dans les chairs en éclaboussant les murs. Le tout avec des pointes d’humour et de bonnes piques bien senties contre les institutions qui préfèrent calfeutrer les « affaires qui fâchent » afin de conserver leur prestigieuse renommée. Une belle maturité couve dans Initiation, celle d’un jeune metteur en scène très prometteur.

LE DVD

Init!ation déboule dans les bacs en DVD chez Rimini Editions. Le DVD repose dans un boîtier Amaray classique de couleur noire, glissé dans un surétui cartonné. Le visuel arbore un smartphone avec un point d’exclamation sanglant sur fond blanc. Intrigant. Le menu principal est animé et musical.

Seule la bande-annonce (VF) est disponible comme bonus.

L’Image et le son

Initiation débarque directement en DVD, sans passer par la case Cinéma en France, probablement en raison de cette ù^$*+$& de pandémie. Néanmoins, John Berardo peut compter sur Rimini Editions pour le service après-vente dans nos contrées. En effet, l’éditeur livre un beau master, aux contrastes solides et au piqué agréable. Les ambiances nocturnes sont souvent élégantes, la colorimétrie bien restituée, et le relief probant aux quatre coins du cadre large. Seuls divers petits fourmillements sur les arrière-plans viennent ternir un peu le visionnage, mais rien de bien méchant.

Les mixages Dolby Digital 5.1 français et anglais instaurent un excellent confort acoustique en mettant la musique en avant, tout en délivrant les dialogues avec ardeur, sans jamais oublier les effets et ambiances annexes. Des basses soulignent également quelques séquences. C’est dynamique et même percutant dans le genre. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Rimini Editions / Dembanger LLC / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.