Test Blu-ray / Les Démons du maïs – La Trilogie d’origine, réalisés par Fritz Kiersch, David F. Price & James D.R. Hickox

LES DÉMONS DU MAÏS – LES DÉMONS DU MAÏS 2 : LE SACRIFICE FINAL – LES DÉMONS DU MAÏS 3 : LES MOISSONS DE LA TERREUR (Children of the Corn – Children of the Corn II: The Final Sacrifice – Children of the Corn III: Urban Harvest) réalisé par Fritz Kiersch, David F. Price & James D.R. Hickox, disponible en Combo Coffret DVD ou Blu-ray depuis le 16 octobre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Peter Horton, Linda Hamilton, R.G. Armstrong, John Franklin, Robby Kiger, Courtney Gains, Anne Marie McEvoy, Julie Maddalena, Terence Knox, Paul Scherrer, Ryan Bollman, Ned Romero, Christie Clark, Rosalind Allen, Ed Grady, John Bennes, Daniel Cerny, Ron Melendez, Jim Metzler, Nancy Lee Grahn, Jon Clair, Mari Morrow, Michael Ensign, Duke Stroud…

Scénario : George Goldsmith, A.L. Katz, Gil Adler, Dode B. Levenson, d’après la nouvelle de Stephen King

Photographie : João Fernandes, Levie Isaacks, Gerry Lively

Musique : Jonathan Elias, Daniel Licht

Durée : 1h32, 1h33 & 1h31

Date de sortie initiale : 1984, 1993 & 1995

LES FILMS

Les Démons du maïsChildren of the Corn (1984) réalisé par Fritz Kiersch Galtin :

Une petite ville du Nebraska, est le théâtre d’une horreur sans nom lorsqu’un jeune prédicateur de 12 ans, Isaac, avec l’aide de son âme damnée Malachi, convint les enfants d’assassiner tous les adultes. Ses ordres démoniaques sont exécutés, les jeunes se retrouvent alors rois et maîtres des lieux et se réfugient dans un immense champ de maïs. Trois ans plus tard, Burt Stansor et sa fiancée Vicky Baxter traversent le village désert à la recherche du shérif, croyant avoir renversé quelqu’un sur la route. Dans cette ville fantôme, le jeune couple égaré rencontre deux enfants qui désirent échapper au culte de Isaac. Bientôt pris au piège de cet enfer, l’horrible vérité se précise et ils se rendent compte que leurs vies sont menacées. La lutte sera terrible, car ils doivent affronter la force démoniaque dissimulée au milieu des champs de maïs…

Les Démons du maïs 2 : Le Sacrifice final Children of the Corn 2: The Final Sacrifice (1992) réalisé par David F. Price :

Après les macabres découvertes qui avaient mis en émoi la petite ville de Gatlin, le journaliste John Garrett se rend sur les lieux, espérant relancer sa carrière grâce à ce terrifiant fait divers. Il s’installe avec son fils Danny chez Angela, propriétaire du Bed & Breakfast local. Micah, un orphelin recueilli par Angela, relance le sanguinaire culte du maïs : à nouveau, des adultes sont assassinés dans d’horribles conditions…

Les Démons du maïs 3 : Les Moissons de la terreurChildren of the Corn 3: Urban Harvest (1995) réalisé par James D. R. Hickox en 1995 :

Gatlin, petite bourgade campagnarde de l’ouest américain… Après l’étrange et dramatique mort du fermier Earl Hutch, ses deux fils, Joshua et Eli, sont placés dans une famille adoptive à Chicago, dont le chef de famille est négociant en maïs. Les deux enfants découvrent alors un monde entièrement nouveau, un monde de gangs, de tags et de musique rap à l’image de la vie urbaine. Peu à peu, Joshua s’adapte à cette nouvelle vie, tandis qu’Eli s’y refuse complètement. Doué d’étranges pouvoirs, il parvient à rallier d’autres enfants à sa terrifiante façon de penser, n’hésitant pas à tuer tous ceux qui s’opposent à lui…

Tout est parti d’une nouvelle de Stephen King, publiée pour la première fois en mars 1977 dans le magazine Penthouse, avant de rejoindre l’anthologie intitulée Danse macabre, sortie l’année suivante. Une adaptation sous forme de court-métrage, quasi-invisible, emballé par John Woodward sous le titre des Disciples du corbeauDisciples of the Crow, est mise en scène en 1983 et distribuée en VHS en 1986 aux côtés de deux autres histoires rebaptisées à cette occasion Contes macabresNight Shift Collection. Une cassette aujourd’hui très recherchée, puisque retirée des bacs en raison de problèmes de droits d’exploitation. La transposition officielle de l’écrit du King sort en 1984, un an après celles de Cujo (par Lewis Teague), Dead Zone (par David Cronenberg) et Christine (par John Carpenter). La même année que CharlieFirestarter de Mark L. Lester, cette petite production de trois millions de dollars trouve immédiatement son public et remporte un joli succès avec près de 15 millions de recette, rien que sur le sol américain. Aux commandes, Fritz Kiersch s’en tire fort honorablement et c’est surtout sa sobriété, ce que ne retiendront pas ses successeurs dans les innombrables suites qui s’enchaîneront, qui participe à l’immersion du spectateur dans cette histoire étouffante, en privilégiant le hors-champ, plutôt que le gore et les effets spéciaux, qui n’interviennent d’ailleurs que dans la dernière partie.

Quelques mois avant de connaître un retentissant succès mondial avec Terminator de James Cameron, Linda Hamilton trouve ici l’un de ses premiers rôles au cinéma et sa prestation annonce parfois la Sarah Connor à venir. Le couple qu’elle forme avec le méconnu Peter Horton fonctionne bien, même s’ils se font indéniablement voler la vedette par John Franklin, 24 ans au moment du tournage, formidable, terrifiant et donc inoubliable dans le rôle d’Isaac, leader charismatique des gamins démoniaques. Ce tour de train fantôme à ciel ouvert dans les champs de maïs du Nebraska, l’humour noir et cette bande de gamins psychotiques ont visiblement plu au public, qui a réservé un bel accueil à ce Children of Corn, sur lequel peu avaient misé à sa sortie (les critiques étaient négatives, le film est même interdit dans certains pays en raison de sa violence) et qui critiquaient déjà le film en le reléguant à un sous Village des damnés.

Les Enfants du maïs n’a pas à rougir de sa réputation, conserve un vrai charme (belle photo, musique entêtante de Jonathan Elias) et rejoint ainsi d’autres opus liés aux enfants tueurs comme Les Révoltés de l’an 2000 ¿Quién puede matar a un niño? (1976) de Narciso Ibáñez Serrador et Les Tueurs de l’éclipseBloody Birthday (1981) d’Ed Hunt. Le fanatisme religieux malsain (pléonasme) fera d’autres émules au cinéma, mais il faudra tout de même attendre huit années pour qu’une suite des Démons du maïs soit mise en route, sans toutefois atteindre la même réussite ou même être élevée au rang de film culte, privilège dont seul le film original bénéficie encore aujourd’hui.

Nous faisons un saut dans le temps et arrivons en 1992. Les adaptations de Stephen King se portent bien, Misery de Rob Reiner ayant même valu à Kathy Bates l’Oscar de la meilleure actrice, tandis que Tim Curry venait de signer une de ses plus remarquables performances (tout en traumatisant une première génération de spectateurs), celle de Pennywise dans Ça – Il est revenu. Alors que Les Tommyknockers et Le Fléau envahissent la télévision, Les Démons du maïs font leur retour. Quelques heures après le massacre des adultes qui avait mis en émoi la petite ville de Gatlin, le journaliste John Garrett se rend sur les lieux, accompagné de son fils Danny, espérant relancer sa carrière grâce à ce terrifiant fait divers. Danny découvre que les enfants survivants de la tragédie se rendent la nuit dans les champs de maïs pour écouter les paroles de Micah, un enfant qui prétend qu’un signe va venir des profondeurs du maïs. Bientôt, les meurtres d’adultes recommencent. Soyons honnêtes, ce Sacrifice final est presque un remake du premier et ne lui arrive pas à la cheville. Néanmoins, David F. Price, qui signera plus tard le sympathique Dr. Jekyll et Ms. Hyde avec Sean Young, co-producteur chanceux de Leprechaun et acteur vu dans Comment se débarrasser de son patron, livre une première séquelle respectable, qui parvient à sortir de la mêlée.

Certes, les acteurs sont plus lisses et interchangeables (on reconnaîtra tout de même Rosalind Allen, vue dans Ticks), Ryan Bollman n’a pas l’aura de John Franklin (qu’il copie d’ailleurs ouvertement), mais le spectacle fonctionne malgré tout et ce en dépit d’un évident manque de moyens, le budget étant même inférieur à celui du premier épisode. L’aspect de la photographie imputable à Levie Isaacks (Robe de sang de Tobe Hooper, Le Dentiste de Brian Yuzna) est très télévisuel et cette fois encore la musique composée par Alan Howarth (complice de John Carpenter sur Invasion Los Angeles, Prince des ténèbres, New York 1997) tire son épingle du jeu, ainsi que les meurtres, plus frontaux que dans le film de Fritz Kiersch Galtin. Le tout encore plus saupoudré d’humour (la scène du fauteuil roulant, la vieille écrasée sous sa baraque, le saignement de nez dans l’église). Répétitif d’accord, mais ça passe, surtout avec ce petit message écologique et même une explication quant à la vengeance de la nature qui annonce en fait Phénomènes de M. Night Shyamalan.

Ce ne sera plus le cas pour Les Démons du maïs 3 : Les Moissons de la terreur Children of the Corn 3: Urban Harvest, qui débarque seulement deux ans après le second opus, mais sans passer par la case cinéma. Aux commandes, un certain James D. R. Hickox, qui s’était vu confier précédemment Hellraiser III, avant de se perdre dans quelques obscures productions DTV du style Croc d’or, Prehistoric Tiger et Blood Surf. Changement de scénariste, de producteurs, d’équipe technique pour au final accoucher d’un bon gros navet, à la limite du nanar. Première scène : Le fermier Earl Hutch meurt dans d’horribles circonstances. Puis ses deux fils, désormais orphelins (mais ils l’ont bien cherché), Joshua et Eli, sont placés dans une famille adoptive à Chicago. Les deux enfants découvrent un monde entièrement nouveau, un monde de gangs, de tags et de musique rap. Peu à peu, Joshua s’adapte à cette nouvelle vie, tandis qu’Eli s’y refuse complètement. Doué d’étranges pouvoirs, il parvient à rallier d’autres enfants à sa terrifiante façon de penser, n’hésitant pas à tuer tous ceux qui s’opposent à lui.

Et c’est reparti, sauf que cette fois-ci, l’action se déroule non pas au milieu des champs, mais dans une des plus grandes villes des États-Unis. Ou quand la menace prend de l’ampleur. Mais non en fait, car Les Démons du maïs 3 a l’aspect d’une publicité des années 1990. Dommage d’ailleurs, car le directeur de la photographie, Gerry Lively a déjà prouvé qu’il avait du talent sur Le Retour des morts vivants 3 de Brian Yuzna et Waxwork d’Anthony Hickox (ah bah tiens, le frère du réalisateur). LE gros problème des DDM3, est de montrer l’entité jusqu’à présent dissimulée dans les deux films qui l’ont précédé. Le casting demeure transparent tout du long, les effets spéciaux donnent des glaucomes (mention spéciale à la bestiole maléfique, autrement dit Celui qui Règne sur les Sillons) et l’impression de redite tape sur le système.

Suivront Les Démons du maïs 4 : La Moisson Children of the Corn IV : The Gathering (1996), Les Démons du maïs 5 : La Secte des DamnésChildren of the Corn V : Fields of Terror (1998), Les Démons du maïs 6 : Le retour d’IsaacChildren of the Corn 666 : Isaac’s Return (1999), Les Démons du maïs 7 : RévélationChildren of the Corn : Revelation (2001), Children of the Corn (2009), nouvelle adaptation de la nouvelle de Stephen King, Children of the Corn: Genesis (2011), Children of the Corn: Runaway (2018) et Children of Corn (2020), présenté comme une préquelle, sortiront directement dans les bacs ou proposées sur les plateformes. Mais rien qu’à la lecture des titres, le popcorn possède un goût rance…

LE COFFRET

Les Démons du maïs premier du nom, revient (ou reviennent, on ne sait jamais) de loin. On retrouve un premier DVD sorti en 2001 chez CTV International, qui comprenait Les Démons du maïs II : Le sacrifice final sur la face B du disque. 2004, le film débarque chez TF1 Studio dans la collection DVD à la Une. Puis EuropaCorp devait reprendre le flambeau en 2009. Pour le second opus, outre le premier disque susmentionné, on déniche un DVD Opening en 2006, puis une autre galette EuropaCorp en 2011. Enfin, Les Démons du maïs 3 était jusqu’à présent disponible chez Panoceanic Films depuis 2013. 2025, Rimini Éditions frappe fort une fois de plus et dévoile un coffret Les Démons du maïs – La Trilogie d’origine, en DVD et pour la première fois en France en Blu-ray. Les trois disques sont séparément disposés dans un boîtier Blu-ray classique de couleur noire, dans lesquels ont été glissées de superbes jaquettes surmontées d’une tagline, « « Les moissons de l’enfer commencent », « Les Enfants du maïs ont renoué avec leur culte maléfique » et « La récolte du mal s’abat sur la ville ». Les trois boîtiers sont glissés dans un magnifique fourreau cartonné. Chaque menu principal est animé et musical.

Aucun supplément vidéo n’est proposé sur ces disques…Dommage de ne pas avoir repris quelques bonus des éditions étrangères, comme par exemple le court-métrage Disciples of the Crow. Des questions de droits aussi sans doute. En revanche, l’éditeur ne vient pas les mains vides et ce coffret contient un livret de 52 pages, entièrement consacré à l’ensemble des épisodes des Démons du Maïs. 12 films/téléfilms passés au crible ce n’est pas rien et c’est encore une fois Marc Toullec qui s’y colle. Vous saurez TOUT sur chaque opus de la franchise, sur la nouvelle de Stephen King, sur les conditions de tournage, le tout étant très largement illustré.

L’Image et le son

Jolis Blu-rays (au format 1080p) que ceux édités par Rimini Éditions ! Même si les trois films conserveront toujours cette patine propre aux films tournés avec un tout petit budget. Il ne faut donc pas s’attendre à un miracle, mais ces masters HD n’ont absolument rien de honteux, bien au contraire. Les couleurs sont saturées à souhait et très agréables pour les mirettes (surtout pour le premier film, qui jouit d’un nouveau master HD à cette occasion), les détails ne manquent pas avec un piqué somme toute convaincant, la texture argentique est quant à elle préservée, organique et bien gérée, même si certains plans s’avèrent étonnamment plus grumeleux. La définition chancelle quelque peu sur les séquences sombres ou à effets spéciaux (le final du trois par exemple), mais rien d’important, tout comme les diverses poussières dispersées ici et là. Rien d’optimal donc, mais le résultat demeure très efficace. Restauration 2K, réalisée à partir d’un scan des négatifs 35 mm originaux.

Les Démons du maïs premier du nom est présenté en français Stéréo ainsi qu’en anglais 2.0 et 5.1. Pour le second, la VF est en Dual Mono, tandis que la piste anglaise se contente d’une Stéréo. On récupère la Stéréo pour la version française du troisième épisode, format également conservé pour la VO. Quitte à choisir systématiquement, sélectionnez chaque fois la piste anglaise, plus dynamique, aérée, percutante que la version française, qui repose essentiellement sur le (fort) rendu des dialogues. Ces mixages s’en tirent néanmoins avec les honneurs, avec un spectre cependant plus réduit, mais un doublage plus que sympathique et rétro. En ce qui concerne le remixage 5.1 du film de Fritz Kiersch, celui-ci s’avère complètement anecdotique et facultatif, la scène arrière étant peu exploitée au final, tandis que les dialogues manquent de mordant sur la centrale.

Crédits images : © Rimini Éditions / Lakeshore International Corp / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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