
ZONE ROUGE réalisé par Robert Enrico, disponible en Blu-ray le 15 septembre 2026 chez Arcadès éditions.
Acteurs : Sabine Azéma, Richard Anconina, Hélène Surgère, Jacques Nolot, Jean Bouise, Pierre Frejek, Jean Reno…
Scénario : Robert Enrico & Alain Scoff, d’après le roman de G.J. Arnaud « Brulez les tous »
Photographie : Didier Tarot
Musique : Gabriel Yared
Durée : 1h49
Date de sortie initiale : 1986
LE FILM
Claire, jeune institutrice, est la seule survivante d’un terrible incendie qui a détruit un village entier dans lequel a péri son ex-mari. Seul témoin, elle est déterminée à prouver que ce drame est d’origine criminelle. D’abord isolée, en butte à une hostilité croissante, Claire trouve bientôt de l’aide en la personne de Jeff, un employé d’une société de surveillance qui s’attache à la jeune femme. Dans un climat violent et au péril de leur vie, ils vont alors découvrir une vérité qui les dépasse et que les autorités s’emploient à étouffer.

De Robert Enrico (1931-2001), on connaît évidemment Les Grandes gueules (1965), Les Aventuriers (1967) et Le Vieux fusil (1975), qui ont culminé à plus de 3 millions d’entrées chacun, ou bien aussi Ho ! (1968), sa seule collaboration avec Jean-Paul Belmondo, ou bien encore Boulevard du Rhum (1971), sa troisième et dernière association avec Lino Ventura. Quand on creuse la filmographie du cinéaste, on déterre quelques petits trésors cachés ou pépites dissimulées derrière les monuments célébrés. Tante Zita en 1967 est une merveille de délicatesse, qui offre à la belle Joanna Shimkus un de ses plus beaux rôles. Les Caïds (1972) est une étrange relecture des Aventuriers, qui ne manque sûrement pas de charme, même chose pour Le Secret (1974), qui reconstitue un triangle d’individus lancés dans une cavale sans issue. Après Le Vieux fusil, la carrière du réalisateur est plus nébuleuse. Coup de foudre, coécrit avec Pascal Jardin et qui devait réunir Philippe Noiret, Michel Serrault et Catherine Deneuve voit son tournage s’interrompre dès la première semaine, suite à la faillite de la production. Il renoue avec le succès en 1980 avec Pile ou face, qui attire plus d’un million de spectateurs, puis en 1983 avec Au nom de tous les miens (1,4 million d’entrées), qui sera ensuite décliné sous la forme d’une mini-série de huit épisodes, qui sera un triomphe à la télévision. Autant dire que Robert Enrico n’a jamais arrêté de tourner. Nous arrivons au mitan des années 1980 avec le méconnu Zone rouge, qui marque un net recul au box-office pour le metteur en scène, puisque le film peine à aller plus loin que 715.000 entrées. Pourtant, en (re)découvrant ce drame qui lorgne sur la science-fiction, on reste épaté par le sérieux et la rigueur avec lesquels Robert Enrico empoigne ce récit qui quelque part annonce des films comme Contagion de Steven Soderbergh et Alerte de Wolfgang Petersen. Il y a ce message écologique qui circule dans les veines de Zone rouge, sans que celui-ci soit martelé maladroitement, mais qui coule tout naturellement au fil de cette histoire qui reste avant tout très divertissante, certes marquée par son époque (avec la technologie aujourd’hui bien dépassée), mais qui demeure franchement prenante du début à la fin. Une redécouverte s’impose là aussi, comme c’est le cas presque à chaque fois pour les opus oubliés du réalisateur.


