Test DVD / Les Tourmentés, réalisé par Lucas Belvaux

LES TOURMENTÉS réalisé par Lucas Belvaux, disponible en DVD le 17 janvier 2026 chez UGC.

Acteurs : Niels Schneider, Ramzy Bédia, Linh-Dan Pham, Déborah François, Mahé Boujard, Baptiste Germain, Jérôme Robart, Estelle Luo…

Scénario : Lucas Belvaux, d’après son roman

Photographie : Guillaume Deffontaines

Musique : Frédéric Vercheval

Durée : 1h49

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Ça vaut quoi la vie d’un homme ? D’un homme comme lui. Un homme sans rien. Skender, ancien légionnaire, le découvrira bien assez tôt. « Madame », veuve fortunée et passionnée de chasse, s’ennuie. Elle charge alors son majordome de lui trouver un candidat pour une chasse à l’homme, moyennant un très juteux salaire. Skender est le gibier idéal. Mais rien ne se passera comme prévu…

Après l’excellent Des hommes, sorti en 2021, le cinéaste belge Lucas Belvaux revient au cinéma avec Les Tourmentés, adaptation de son propre roman publié en 2022 et récompensé par le prix Régine-Deforges. Et c’est une nouvelle et grande réussite à inscrire à son palmarès. Rétrospectivement, une seule fausse note apparaît dans une filmographie quasi-parfaite, en l’occurrence 38 témoins (2012), tandis que ses autres longs-métrages font indubitablement partie de ce qui se fait de mieux dans le cinéma francophone. Suite à sa trilogie Un couple épatant, Cavale, Après la vie, sortie en 2003, le réalisateur ne cessera d’explorer les thèmes du mensonge, de la lâcheté, du couple, de la peur, des souvenirs, de la culpabilité, et Les Tourmentés ne déroge pas à la règle. Ce qu’il y a de fascinant chez Lucas Belvaux, c’est sa virtuosité à passer d’un genre à l’autre, tout en suivant une même ligne directrice, en explorant encore et toujours les sujets inépuisables qui le fascinent, l’obsèdent, l’inspirent. En lisant l’histoire, on pense indéniablement aux Chasses du comte Zaroff, nouvelle de Richard Connell (The Most Dangerous Game -1924), adaptée en 1932 Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel. Lucas Belvaux s’inspire plutôt de l’atmosphère de cette histoire et s’intéresse à ce qu’il y a derrière, ou plutôt à l’âme, à la psyché perturbée de ses personnages. Certes, le récit joue sur la tension, entretenue jusqu’à la fameuse chasse attendue, mais que l’on ne verra pas, soyez prévenus d’entrée de jeu. Car l’essentiel est ailleurs. Triple parcours initiatique, Les Tourmentés se focalise sur trois protagonistes principaux, qui ont plus ou moins vendu leur âme au diable et qui tentent malgré tout de survivre dans ce bas monde, tant qu’ils l’arpentent encore malgré eux. Grosse claque, Les Tourmentés n’a pourtant connu aucun engouement dans les salles, au point que Lucas Belvaux a connu le pire score de sa carrière (52.000 entrées, ouch). Si vous deviez donner une deuxième chance à un seul film de 2025, accordez-la aux Tourmentés s’il vous plaît !

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Test DVD / Roofman, réalisé par Derek Cianfrance

ROOFMAN réalisé par Derek Cianfrance, disponible en DVD le 16 janvier 2026 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Channing Tatum, Kirsten Dunst, Peter Dinklage, Juno Temple, Ben Mendelsohn, Uzo Aduba, Emory Cohen, LaKeith Stanfield…

Scénario : Derek Cianfrance & Kirt Gunn

Photographie : Andrij Parekh

Musique : Christopher Bear

Durée : 2h

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

L’histoire vraie de Jeffrey Manchester, le voleur de McDonald’s qui a vécu dans un Toys ‘R Us pendant six mois.

Roofman, parfois exploité en France sous le titre Un voleur sur le toit, est une incroyable histoire vraie prise en main par Derek Cianfrance. Le réalisateur, révélé en 2010 avec Blue Valentine, porté aux nues par la critique avec The Place Beyond the Pines deux ans plus tard, avait déçu (euphémisme) en 2016 avec Une vie entre deux océansThe Light Between Oceans, avant de revenir avec une mini-série, chef d’oeuvre instantané et définitif, I Know This Much Is True, dans laquelle Mark Ruffalo interprétait deux frères jumeaux, rôle(s) qui lui avai(en)t valu le Golden Globe. Derek Cianfrance délaisse le spleen de ses précédents longs-métrages, avec Roofman, quand bien même subsiste une mélancolie dans l’itinéraire et le destin de son personnage principal, Jeffrey Manchester, qui a donc réellement existé. Tout ce qui est narré est dingue, mais vrai. Et c’est Channing Tatum qui incarne cet anti-héros en or, certainement le plus beau rôle du comédien. Il en a fait du chemin depuis Sexy DanceStep Up de Anne Fletcher, c’était d’ailleurs il y a vingt ans et peu misaient alors sur ses capacités d’acteur. Pourtant, les propositions intéressantes se sont multipliées, chez Michael Mann (Public Ennemies), Steven Soderbergh (Piégée, Magic Mike, Effets secondaires, Logan Lucky), Bennett Miller (Foxcatcher), Quentin Tarantino (Les Huit Salopards), les frères Coen (Ave, César!). S’il n’a jamais vraiment cassé la baraque au box-office avec un film qu’il portait sur ses épaules, les deux G.I. Joe, 21 Jump Street et sa suite, Jupiter : Le Destin de l’univers, White House Down ayant tous été de beaux succès, mais sans plus, Channing Tatum n’a eu de cesse d’étonner et conserve une cote de sympathie qui ne s’est jamais démentie. C’est encore le cas dans Roofman, dans lequel il crève l’écran comme jamais auparavant. Tour à tour drôle et pathétique, il compose un fabuleux personnage, un pauvre type revenu de l’armée, un oublié du rêve américain, qui a composé avec ce qu’il avait (un don d’observation hors du commun), pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Comédie-dramatique qui rappelle celles de l’âge d’or hollywoodien, Roofman subjugue du début à la fin et s’avère un magnifique portrait de mec lambda (ou presque), reflet d’une Amérique malade où ses habitants survivent comme ils le peuvent, avec les moyens du bord. Un immense coup de coeur.

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Test DVD / Sorry, Baby, réalisé par Eva Victor

SORRY, BABY réalisé par Eva Victor, disponible en DVD depuis le 5 décembre 2025 chez Wild Side Video.

Acteurs : Eva Victor, Naomi Ackie, Louis Cancelmi, Kelly McCormack, Lucas Hedges, John Carroll Lynch, Hettienne Park, E.R. Fightmaster…

Scénario : Eva Victor

Photographie : Mia Cioffi Henry

Musique : Lia Ouyang Rusli

Durée : 1h39

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Quelque chose est arrivé à Agnès. Tandis que le monde avance sans elle, son amitié avec Lydie demeure un refuge précieux. Entre rires et silences, leur lien indéfectible lui permet d’entrevoir ce qui vient après.

Comme chaque année, une « bombe » du cinéma indépendant américain débarque dans les salles, fait quasiment l’unanimité auprès de la critique et parvient à toucher le coeur du public. En 2025, cela aurait été le cas pour Sorry, Baby, premier long-métrage d’Eva Victor, habituellement comédienne, vue dans la série Billions, qui contient divers éléments autobiographiques. Comme son personnage Agnès, la réalisatrice a elle aussi été victime d’une agression, puis connu la guérison, et enfin une résilience inespérée. Forcément dramatique, Sorry, Baby est aussi étrangement une comédie décalée, parcourue d’un humour pince-sans-rire (qui sera toujours une bouée de sauvetage contre la folie et la violence du monde), qui apparaît comme une soupape de sécurité, nécessaire pour évacuer la pression, le mal-être, la douleur. Nous sommes ici en pleine histoire de reconstruction, thème intemporel et universel, déjà maintes fois traité au cinéma certes, mais Eva Victor parvient à tirer son épingle du jeu par son immense sensibilité. Celle-ci évite tout pathos, trouve ce parfait équilibre entre la noirceur et la gravité de son sujet, et pourtant sa forme, lumineuse, marquée par un soleil hivernal étincelant, symbolique de l’espoir, de la vie qui doit continuer, qui l’emporte sur la violence. Produit par Barry Jenkins (Moonlight, Mufasa : Le Roi Lion), Sorry, Baby est présenté en première mondiale au Festival du film de Sundance, où il remporte le prix Waldo Salt du meilleur scénariste du festival. Une autrice est née.

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Test DVD / Une place pour Pierrot, réalisé par Hélène Médigue

UNE PLACE POUR PIERROT réalisé par Hélène Médigue, disponible en DVD et Blu-ray le 20 janvier 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Grégory Gadebois, Marie Gillain, Patrick Mille, Mathilde Labarthe, Vincent Elbaz, François Vincentelli, Marianne Basler, Hélène Médigue…

Scénario : Stéphane Cabel & Hélène Médigue

Photographie : George Lechaptois

Musique : Philippe Kelly

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Pierrot, quarante-cinq ans, est autiste et vit dans un foyer médicalisé. Déterminée à lui offrir une vie digne, sa sœur Camille le prend chez elle et se met en quête d’un endroit mieux adapté à sa différence. Le chemin est long mais c’est la promesse d’une nouvelle vie, au sein de laquelle chacun trouvera sa place.

Il n’arrête pas de tourner Grégory Gadebois ! Depuis le César du meilleur espoir masculin obtenu pour sa magistrale interprétation dans Angèle et Tony (2011) d’Alix Delaporte, le comédien aura enchaîné plus de cinquante longs-métrages. Une boulimie qui rappelle souvent celle d’un Gérard Depardieu. Benoît Jacquot, François Dupeyron, Raphaël Jacoulot, Emmanuel Courcol, Michel Hazanavicius, Anne Fontaine, Philippe Le Guay, Fred Cavayé, Jeanne Herry, Roman Polanski, François Ozon, Jean-Paul Salomé et même Woody Allen l’ont fait tourner. Le problème dans ces cas-là, c’est que l’on commence sérieusement à comparer les prestations et à confondre les rôles, d’autant plus que Grégory Gadebois a une fâcheuse tendance à s’installer dans une sorte de non-jeu depuis quelques années et sa performance dans Une place pour Pierrot n’a malheureusement rien de transcendant par rapport à ce qu’il a déjà eu l’occasion de faire. Ainsi, si le rôle d’une personne atteinte d’autisme était très prisé dans le cinéma, surtout depuis Rain Man (Oscar du meilleur acteur pour Dustin Hoffman), et que beaucoup sont tombés dans le piège en voulant en faire des caisses (Sean Penn dans l’affreux Sam je suis Sam), ce genre devenu pour ainsi dire « banal » au cinéma, n’a plus rien de surprenant. C’est le cas d’Une place pour Pierrot, qui bien que sympathique et – on n’en doute pas – sincère, peine à se démarquer du tout-venant.

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Test DVD / En première ligne, réalisé par Petra Biondina Volpe

EN PREMIÈRE LIGNE (Heldin) réalisé par Petra Biondina Volpe, disponible en DVD le 16 janvier 2026 chez Wild Side Video.

Acteurs : Leonie Benesch, Sonja Riesen, Selma Adin, Alireza Bayram, Selma Jamal Aldin, Margherita Schoch, Urs Bihler, Albana Agaj…

Scénario : Petra Biondina Volpe

Photographie : Judith Kaufmann

Musique : Emilie Levienaise-Farrouch

Durée : 1h28

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Floria, mère séparée ayant une fille, Emma, travaille dans un hôpital en suisse allemande. Son service fait presque le plein avec vingt cinq patients et un manque d’effectifs, puisqu’elles ne sont que deux infirmières pour le prochain tour de garde. Alors qu’on lui demande de prendre en charge un patient supplémentaire, la journée s’annonce difficile…

90 minutes d’adrénaline, sans aucune interruption, c’est En première ligne, troisième long-métrage de la réalisatrice suisse Petra Biondina Volpe, qui s’inspire ici du livre-enquête de Madeline Calvelage intitulé Unser Beruf ist nicht das Problem, es sind die Umstände (en français, « Le problème n’est pas notre métier, c’est le contexte »). Dans cet ouvrage, l’autrice, jeune infirmière allemande, détaillait son quotidien professionnel, en mettant en relief le manque de moyens et de personnel. Celle-ci a travaillé en étroite collaboration avec la cinéaste, non seulement au scénario, mais aussi comme consultante, afin de veiller au réalisme des situations. De ce point de vue, Léonie Benesch (née en 1991) emporte tous les suffrages. L’actrice allemande, découverte en 2009 dans Le Ruban blancDas weiße Band de Michael Haneke est ensuite devenue l’une des plus en vue dans son pays, grâce notamment à la série Babylon Berlin. Celle qui a aussi été Cécile de Grève dans la série The Crown livre une remarquable prestation dans En première ligne et prouve une fois de plus après La Salle des profsDas Lehrerzimmer de İlker Çatak et September 5 de Tim Fehlbaum qu’elle peut tout à fait prétendre à une carrière internationale, à l’instar de Nina Hoss. Par son intensité et son charisme qui rappelle souvent celui d’Alba Rohrwacher, elle emporte le spectateur dans la folie (euphémisme) du parcours du combattant que représente le train-train de Floria. Présente dans toutes les scènes, quasiment de tous les plans, Léonie Benesch ne fait qu’un avec son personnage (on imagine les heures de préparation pour arriver à ce niveau de perfection) et le spectateur de plonger dans cet enfer malheureusement d’actualité et dont la situation ne fera que de s’aggraver.

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Test DVD / L’Épreuve du feu, réalisé par Aurélien Peyre

L’ÉPREUVE DU FEU réalisé par Aurélien Peyre, disponible en DVD le 16 décembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Félix Lefebvre, Anja Verderosa, Suzanne Jouannet ,Victor Bonnel, Sarah Henochsberg, Nolan Masraf, Marie Bucas-Français, Jules Porier…

Scénario : Aurélien Peyre & Charlotte Sanson

Photographie : Inès Tabarin

Musique : Maud Geffray

Durée : 1h42

Année de sortie : 2025

LE FILM

Hugo, 19 ans, passe les vacances d’été sur l’île de Noirmoutier dans la petite maison de son grand-père, pour la première fois en compagnie de sa petite amie Queen, esthéticienne à Paris, originaire de Toulon, au style flamboyant. Lors d’une balade, il retrouve une bande d’amis d’enfance qu’il n’a pas vus depuis longtemps. Après quelques jours sur l’île, le couple doit se rendre chez la grand-mère de Queen, à Toulon.

Décidément, le cinéma français se porte bien, contrairement à celles et à ceux qui déclarent (au premier degré) que « c’est de la m*rde ! ». L’Épreuve du feu, premier long-métrage d’Aurélien Peyre, directement issu de Coqueluche (2018), précédent moyen-métrage du réalisateur, est l’une des plus belles révélations de 2025. Le metteur en scène et scénariste reprend le même point de départ, autrement dit une fille qui débarque sur une île située sur l’Atlantique, afin de rejoindre son petit copain, qui comme d’habitude y passe ses vacances d’été et ce depuis sa plus tendre enfance. Aurélien Peyre s’intéresse au regard amoureux de l’adolescent, qui se transforme au contact de ceux qu’il considère comme étant ses « amis », qui n’hésitent pas à critiquer ouvertement le milieu social de ceux qui n’ont pas « les mêmes valeurs ». Pour son passage au format long, il reprend ainsi les personnages, les retravaille, récupère la matière brute et première, pour la sculpter avec une nouvelle maturité, lui donner une nouvelle densité. Pour cela, Aurélien Peyre bénéficie de concours de Charlotte Sanson (Un vrai bonhomme de Benjamin parent, Comment je suis devenu super-héros de Douglas Attal) pour dresser le portrait de Hugo. Récit initiatique, situé entre Conte d’été de Eric Rohmer et Le Blé en herbe de Colette, L’Épreuve du feu, porté par la sublime interprétation de son duo vedette, subjugue de la première à la dernière seconde. On en reparle aux prochains César ?

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Test DVD / Certains l’aiment chauve, réalisé par Camille Delamarre

CERTAINS L’AIMENT CHAUVE réalisé par Camille Delamarre, disponible en DVD depuis le 5 décembre 2025 chez UGC.

Acteurs : Kev Adams, Michaël Youn, Rayane Bensetti, Chantal Ladesou, Tony Garcia Lewis, Phil Krazuki, Shane Woodward, Manon Sabrier…

Scénario : Antonin Fourlon

Musique : Alexandre Azaria

Durée : 1h18

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Lorsque Zak perd sa petite, puis son travail, c’est le début de la déprime. Mais lorsqu’il s’aperçoit qu’il perd ses cheveux à tout juste trente ans c’est la panique totale. Sur les conseils de son oncle qui est passé par là il y a plusieurs années, il entame plusieurs traitements pour échapper à la calvitie…

Aaaah, celui-là il est beau. Parce qu’il en faut bien quelques-uns qui se distinguent chaque année, Certains l’aiment chauve rejoint ainsi Toutes pour une de Houda Benyamina, Le Grand déplacement de Jean-Pascal Zadi, Alpha de Julia Ducournau dans le genre bide atomique largement mérité. 10 millions de budget (WTF!!) et 210.000 entrées au compteur, ça fait mal au fondement quand même. Un des pires scores au cinéma pour Kev Adams, qui a d’ailleurs connu une double peine en 2025 avec un autre four commercial, Le Jour J de Claude Zidi Jr. On ne sait pas encore ce que vaut le second, mais en ce qui concerne Certains l’aiment chauve, on est ici dans le gratin de navet fumant. À la barre, on retrouve l’inénarrable Camille Delamarre (né en 1979), réalisateur, monteur, scénariste, producteur et même acteur, tout droit sorti de l’écurie Luc Besson, pour lequel il a essentiellement officié au découpage, ou au charcutage c’est selon, épileptique du Transporteur 3, de L’Immortel, de Taken 2, de Colombiana…un cador on vous dit ! Il passe « logiquement » derrière la caméra avec Brick Mansions…remake de l’affreux Banlieue 13, interprété par Paul Walker, alors dans son dernier rôle. Non, nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il a perdu le contrôle de sa voiture en repensant au premier montage du film, mais c’est une idée qui se tient. Anyway, Camille Delamarre revient sur le devant de la scène, dix ans après Le Transporteur : Héritage, qui avait plutôt bien fonctionné dans les salles, sans toutefois connaître le même engouement que la trilogie avec Jason Statham. Mais le verdict est sans appel pour Certains l’aiment chauve, qui devait quitter les salles de cinéma, quatre semaines seulement après la sortie du film et ce malgré une combinaison confortable de plus de 500 salles dans l’Hexagone. Avec à peine 19.000 spectateurs comptabilisés le premier jour (108.000 la première semaine, plaçant le film à la neuvième place du classement hebdo), il était certain qu’on allait se retrouver devant un nouveau cas d’étude du cinéma français. Car où sont passés les millions d’euros, si ce n’est dans la poche des deux comédiens principaux ? Entrez donc si vous l’osez, amateurs de comédies qui sentent le gros rouge qui tâche, qui renvoie aux plus mauvais films (car tout n’est pas à jeter, loin s’en faut) de Philippe Clair et de Max Pécas, qui paraissent ana(l)chroniques, issues d’un autre univers…On vous aura prévenu, pervers que vous êtes.

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Test DVD / Alpha, réalisé par Julia Ducournau

ALPHA réalisé par Julia Ducournau, disponible en DVD et Blu-ray le 6 janvier 2026 chez Diaphana.

Acteurs : Mélissa Boros, Tahar Rahim, Golshifteh Farahani, Emma Mackey, Finnegan Oldfield, Louai El Amrousy, Jean-Charles Clichet, Ninon Le Henry…

Scénario : Julia Ducournau

Photographie : Ruben Impens

Musique : Jim Williams

Durée : 2h03

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Lors d’une soirée, Alpha, 13 ans, se fait tatouer le bras. Au matin sa mère, infirmière, s’inquiète qu’elle ait pu, à cause de l’aiguille, être contaminée par un virus mortel, qui se propage dans la population. Au collège, Alpha est ostracisée. En rentrant chez elle, elle trouve, installé dans le salon, son oncle Amin, qu’elle n’avait plus vu depuis l’enfance. Il est toxicomane, atteint par le virus, et est venu pour se sevrer. 

Qu’elle semble loin la réussite de Grave…Il y avait pourtant tellement de promesses dans ce premier long-métrage. Certes, Titane a remporté la Palme d’or en 2021, mais cette récompense suprême n’était en rien justifiée. Tant mieux pour Julia Ducournau (née en 1983), tant pis pour nous. Immédiatement après le Festival de Cannes, la réalisatrice écrit un nouveau scénario pendant des mois…mais l’abandonne finalement au profit (ou au détriment) de ce qui sera finalement Alpha, son troisième opus, annoncé comme étant un body horror…Hélàs, cette fois encore, la cinéaste déçoit (euphémisme) et livre une œuvre ronflante, prétentieuse, pesante, interminable et glaciale, saupoudré de dialogues pauvres qui feraient passer ceux de Luc Besson pour du Modiano. Julia Ducournau est une brillante formaliste…mais il faudrait qu’elle se mette au service du scénario d’un autre, plutôt que de livrer des films vides ou plutôt qui croulent sous des métaphores, les allégories, une musique OMNIPRÉSENTE, une hystérie jamais contenue, assourdissante, tandis que le montage alambiqué, aux pâquerettes, finit ici de nous achever dans un va-et-vient constant entre le passé et le présent, pour au final ne rien raconter. Mais si Julia Ducournau est satisfaite…En l’état, Alpha a bien eu du mal à dépasser la barre des 100.000 entrées, la réception a été catastrophique sur la Croisette où il était en compétition officielle, tandis que l’accueil critique et public a sans doute été le plus virulent de 2025, au même titre que Toutes pour une de Houda Benyamina.

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Test DVD / The Return, le retour d’Ulysse, réalisé par Uberto Pasolini

THE RETURN, LE RETOUR D’ULYSSE (The Return) réalisé par Uberto Pasolini, disponible en DVD le 3 décembre 2025 chez Blaq Out.

Acteurs : Ralph Fiennes, Juliette Binoche, Charlie Plummer, Marwan Kenzari, Claudio Santamaria, Roberto Serpi, Chris Corrigan…

Scénario : John Collee & Edward Bond, d’après le poème L’Odyssée de Homère

Photographie : Marius Panduru

Musique : Rachel Portman

Durée : 1h56

Année de sortie : 2025

LE FILM

De retour de la guerre de Troie après vingt ans d’absence, Ulysse échoue sur les côtes d’Ithaque, son ancien royaume. Sa femme Pénélope, restée fidèle, y vit prisonnière dans sa propre demeure, repoussant tous les prétendants à la couronne. Télémaque, leur fils, qui n’a jamais connu son père, devient, lui, un obstacle pour ceux qui veulent s’emparer du pouvoir.

A travers les cieux
L’espace et le temps
Un vaisseau s’en vient
Ulysse
Contrôlés des Dieux
Les pièges géants
C’est l’Odysseus
Ulysse

Ulysse revient
Et c’est un bien long chemin
Ulysse revient
Il lutte pour son destin
(air connu)

L’Odyssée d’Homère a inspiré la littérature, la poésie, le théâtre, la danse, la musique, la peinture, le dessin animé, la bande dessinée et bien sûr le cinéma et la télévision. En 1954, sort le péplum sobrement intitulé Ulysse, réalisé par Mario Camerini, avec Kirk Douglas dans le rôle titre. Triomphe en Italie, le film reste encore aujourd’hui le quinzième plus grand succès au box office transalpin avec plus de 13 millions d’entrées, entre Le Petit monde de Don Camillo de Julien Duvivier et Le Guépard de Luchino Visconti. Depuis, le mythe a été abordé librement, entre autres par les frères Coen dans O’Brother (2000). Si 2026 sera marqué par L’Odyssée de Christopher – Zzz Zzzz – Nolan, un cinéaste italien vient lui aussi de s’emparer d’Homère. Il s’agit d’Uberto Pasolini, neveu, non pas de Pier Paolo Pasolini comme on pouvait peut-être le penser, mais de Luchino Visconti, producteur du légendaire The Full Monty, remarqué aussi lui-même derrière la caméra avec Une belle fin Still Life en 2013, qui relate ici le retour d’Ulysse à Ithaque, ainsi que son affrontement contre les prétendants de Pénélope. Contrairement à ce que la bande-annonce essayait de nous faire croire, point ou peu d’action dans The Return, le retour d’Ulysse, qui s’avère plutôt une proposition dite réaliste, contemplative, psychologique, doublée du portrait d’un homme blessé, meurtri, traumatisé, exténué, loin du héros mythologique. Uberto Pasolini dall’Onda, de son véritable nom, signe une œuvre crépusculaire, pourtant tournée sous un soleil de plomb, entre la Grèce et l’Italie, et propose sa version « resserrée » en condensant les chants I à XXIV en deux heures de temps, soit les prétendants qui attendent que Pénélope choisisse l’un deux, leur complot contre Télémaque, pendant qu’Ulysse, recueilli après son naufrage, raconte ses aventures, rentré à Ithaque, se fait reconnaître de ses proches, avant de massacrer ses rivaux et de ramener la paix dans l’île. Et cela fonctionne, séduit les yeux, le coeur et l’âme. Une très belle réussite.

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Test DVD / The Girl in the Pool, réalisé par Dakota Gorman

THE GIRL IN THE POOL réalisé par Dakota Gorman, disponible en DVD le 2 décembre 2025 chez AB Vidéo.

Acteurs : Freddie Prinze Jr., Kevin Pollak, Monica Potter, Angie Ayala, Brielle Barbusca, Dionysio Basco, Rickey Eugene Brown, Micah Giovanni…

Scénario : Jackson Reid Williams

Photographie : Alonso Homs

Musique : Adam Bosarge

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Le jour de son anniversaire, la vie de Tom s’effondre lorsque sa maîtresse est retrouvée morte dans sa piscine. Terrifié par les conséquences et afin de préserver sa famille, il dissimule la vérité…

Celles et ceux qui n’ont pas connu les années 1990 (dommage pour vous), ne savent probablement pas qui est Freddie Prinze Jr. Né en 1976, le comédien américain devient à 21 ans l’idole des jeunes (filles, il faut bien le dire, nous on s’en foutait) grâce à son rôle dans Souviens-toi… l’été dernier I Know What You Did Last Summer de Jim Gillespie, immense succès suivi évidemment d’une suite tournée dans la foulée, Souviens-toi… l’été dernier 2I Still Know What You Did Last Summer, réalisé cette fois par Danny Cannon. Les comédies-romantiques s’enchaînent pour lui, Elle est trop bienShe’s All That de Robert Iscove, In LoveDown to You de Kris Isacsson, Boys and Girls de Robert Iscove, Folles de luiHead over Heels de Mark Waters, qui mettent toutes sa belle gueule en valeur. Tout en volant le coeur de Sarah Michelle Gellar, qu’il avait rencontré sur le premier volet de Souviens-toi…, avec laquelle il est d’ailleurs encore aujourd’hui et qui lui a donné deux enfants, Freddie Prinze Jr. est au top du box-office avec les deux opus live de Scooby-Doo, emballés par Raja Gosnell. Et depuis vingt ans ? Bah rien…des séries télévisées par-ci par-là, principalement des voix enregistrées pour les jeux vidéos. Ah si, il a aussi sorti un livre de recettes de cuisine. Il revient avec The Girl on the Pool dans lequel il cultive le navet justement. Ou le nanar plutôt. Et celui-ci en est un beau. On lorgne vers le thriller des nineties, mais du style qui fleurissait le dimanche après-midi sur TF1 ou sur la même chaîne le samedi soir dans Hollywood Night, les scènes de cul (ce qui nous faisait veiller tard adolescent) en moins. Si le hasard ou la perversité vous a conduit à The Girl in the Pool, vous devrez faire preuve d’indulgence, de patience, de courage aussi sans doute pour aller jusqu’au bout de cette calamiteuse entreprise. Cela est d’autant plus dommage que Freddie Prinze Jr. a pris en charisme et souhaite prouver qu’il en a sous le capot. Mais ce n’est certainement pas avec « ça », ce truc « filmé » par une certaine Dakota Gorman, qu’il en fera la démonstration.

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