Test Blu-ray / Le Piège du diable, réalisé par Frantisek Vlácil

LE PIÈGE DU DIABLE (Dáblova past) réalisé par Frantisek Vlácil, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 4 février 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Vítezslav Vejrazka, Miroslav Machácek, Cestmír Randa, Vít Olmer, Karla Chadimová, Vlastimil Hasek, Frantisek Kovárík, Jaroslav Moucka…

Scénario : Frantisek A. Dvorák & Milos Václav Kratochvíl, d’après le roman d’Alfred Technik

Photographie : Rudolf Milik

Musique : Zdenek Liska

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1962

LE FILM

Moravie, fin du XVIe siècle. Entre deux ravages des troupes suédoises et des périodes de sécheresse, le meunier Mlynár jouit d’une certaine popularité auprès des habitants de son pays. Il est serviable, et a, en outre, le don de trouver les sources. Le régent Valce, jaloux de la position du meunier, va faire courir des rumeurs sur ce dernier : il ne peut qu’être épaulé par le Diable. De plus, il va mandater un prêtre, Probus, afin de mener une enquête sur lui et sa famille.

Il est là, le premier volet de ce que la critique baptisera plus tard la Trilogie historique de Frantisek Vlácil (1924-1999). Le Piège du diable Ďáblova past (1962), qui sera donc suivi Marketa Lazarová (1967), adaptation du roman de Vladislav Vančura et de La Vallée des abeilles Údolí včel (1968) est une plongée directe dans un « conte étrange » comme nous le présente une voix-off en début de film, un de ceux où le Diable joue avec le destin des hommes. En découvrant l’une des œuvres charnières du cinéaste tchèque, on se rend compte à quel point le cinéma d’Ingmar Bergman a été non seulement un catalyseur, mais aussi une référence pour Frantisek Vlácil. Le réalisateur suédois avait déjà signé Le Septième Sceau Det Sjunde inseglet, La Source Jungfrukällan et L’Œil du diable Djävulens öga auxquels les cinéphiles les plus pointus penseront forcément devant Le Piège du diable. Regorgeant d’idées de mise en scène, aujourd’hui encore ébouriffantes, à l’instar de ces plans où la caméra semble voler et qui annoncent certains plans-signatures à la Sam Raimi ou Jan Kounen, Le Piège du diable est un cadeau pour les grands amateurs de septième art, où la forme l’emporte sûrement sur le fond, qui peut rester hermétique.

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Test Blu-ray / La Colombe blanche, réalisé par Frantisek Vlácil

LA COLOMBE BLANCHE (Holubice) réalisé par Frantisek Vlácil, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 4 février 2025 chez Artus Films.

Acteurs : Katerina Irmanovová, Karel Smyczek, Vjaceslav Irmanov, Gustav Püttjer, Hans-Peter Reinecke, Frantisek Kovárík, Ladislav Fialka, Jirí Patocka…

Scénario : Frantisek Vlácil & Otakar Kirchner

Photographie : Jan Curík

Musique : Zdenek Liska

Durée : 1h07

Date de sortie initiale : 1960

LE FILM

Au nord de la Belgique, un lâcher de pigeons voyageurs est organisé. Au même moment, sur les bords de la mer Baltique, la petite Susanne attend le retour de sa colombe blanche. Mais l’oiseau a été dérouté par une tempête et se retrouve à Prague, se reposant sur un toit. Un jeune garçon infirme, Michal, tire l’oiseau à la carabine. Pris de regrets, il l’emmène au peintre Martin qui va tenter de le soigner. La guérison de l’oiseau ira de pair avec celle de Michal, tandis que Susanne, ne le voyant pas revenir, se met à dépérir.

Les présentations avec le réalisateur tchèque František Vláčil (1924-1999) ayant déjà été faites lors des sorties en HD de Marketa Lazarova et La Vallée des abeilles, nous voilà débarrassés du superflu on va pouvoir aborder l’essentiel (petit hommage à Bertrand Blier en passant). HolubiceLa Colombe blanche est le premier long-métrage du cinéaste, avec lequel celui-ci pose les bases de son univers pictural. Magistralement photographié en N&B par Jan Curik, ce superbe objet de cinéma d’une durée resserrée de 65 minutes est une invitation au rêve, au fantasme, au voyage, à l’imaginaire. D’entrée de jeu, la composition du cadre laisse pantois et le lâcher de pigeons voyageurs réalisé entre Charleroi, Liège, Mons et Valenciennes n’est qu’un bref aperçu de la beauté hypnotique du film. Évidemment, si La Colombe blanche demeure avant tout conseillée aux cinéphiles les plus pointus, les autres pourront se laisser porter par le magnétisme d’une mise en scène fabuleuse.

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Test Blu-ray / Langue étrangère, réalisé par Claire Burger

LANGUE ÉTRANGÈRE réalisé par Claire Burger, disponible en DVD & Blu-ray le 21 janvier 2025 chez Ad Vitam.

Acteurs : Lilith Grasmug, Josefa Heinsius, Nina Hoss, Chiara Mastroianni, Jalal Altawil, Yuri Völsch, Jakob Diehl, Hermann Beyer…

Scénario : Claire Burger & Léa Mysius

Photographie : Julien Poupard

Musique : Julia Lanoë

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Fanny a dix-sept ans et elle se cherche encore. Timide et sensible, elle peine à se faire des amis de son âge. Lorsqu’elle part en Allemagne pour un séjour linguistique, elle rencontre sa correspondante Lena, une adolescente qui rêve de s’engager politiquement. Fanny est troublée. Pour plaire à Lena, elle est prête à tout.

En 2014 sort sur les écrans Party Girl (Caméra d’Or à Cannes), signé par trois réalisateurs. Claire Burger, Marie Amachoukeli et Samuel Theis, anciens étudiants de la Fémis. Party Girl était le portrait d’une femme qui a voulu toute sa vie préserver son indépendance et refuser de se laisser enfermer, en aimant ses enfants du mieux qu’elle le pouvait et en se laissant aimer par des conquêtes d’un soir, lors de fiestas bien arrosées dans une des boîtes de nuit du coin. Cette comme qui dirait relecture de Stella femme libre (1955) par Michael Cacoyannis avec Melina Mercouri dans le rôle principal, qui racontait l’histoire d’une chanteuse de cabaret, femme fatale qui électrisait chaque soir le public et qui ne sacrifiait rien à sa liberté, ni sa vie, ni ses amours imposait immédiatement un univers particulier, une griffe originale. Depuis, Claire Burger vole de ses propres ailes. Après Ç’est ça l’amour, prix du Meilleur Film aux Venice Days, avec le bouleversant Bouli Laners, la réalisatrice revient avec un troisième long-métrage tout aussi réussi, Langue étrangère, projet qu’elle envisageait depuis de longues années. Un titre ô combien malin, qui évoque bien sûr le séjour linguistique de Fanny, mais qui contient aussi un double sens plus sensuel, car forcément lié aux premiers émois du personnage principal, au bouleversement hormonal et donc physique qui en découlent. Remarquablement mis en scène, Langue étrangère confirme la singularité d’une cinéaste précieuse et révèle deux jeunes comédiennes, deux astres, extraordinaires, magnétiques, Lilithe Grasmug et Josefa Heinsius, que l’on devrait en toute logique revoir et compter dans le panorama cinématographique hexagonal.

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Test Blu-ray / Le Diable par la queue, réalisé par Philippe de Broca

LE DIABLE PAR LA QUEUE réalisé par Philippe de Broca, disponible en DVD & Blu-ray le 4 février 2025 chez Coin de Mire Cinéma.

Acteurs : Yves Montand, Madeleine Renaud, Maria Schell, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Clotilde Joano, Claude Piéplu, Marthe Keller, Jacques Balutin, Pierre Tornade, Xavier Gélin, Tanya Lopert …

Scénario : Daniel Boulanger & Philippe de Broca

Photographie : Jean Penzer

Musique : Georges Delerue

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1969

LE FILM

Dans un château délabré du XVIIe siècle, propriété d’une famille de nobles désargentés, on attire les touristes avec la complicité du garagiste local amoureux de la petite-fille de la châtelaine. Jusqu’au jour où arrivent un séduisant gangster et ses deux complices qui transportent le butin de leur dernier méfait. La famille de châtelains n’a aucunement l’intention de laisser passer une pareille aubaine. Et le gangster est-il vraiment si pressé de partir ?

Après le très grave échec du pourtant merveilleux Roi de coeur (140.000 entrées…), Philippe de Broca participe au film à sketches Le Plus Vieux Métier du monde, aux côtés (entre autres) de Claude Autant-Lara, Jean-Luc Godard et Mauro Bolognini. Puis, alors que les événements de mai 68 déferlent en France et sur le reste de l’Europe, le réalisateur écrit avec son complice Daniel Boulanger, Le Diable par la queue, scénario auquel participe également Claude Sautet. Les inconditionnels du cinéma de Philippe de Broca, et Dieu sait s’il y en a, ont toujours eu une immense affection pour Le Diable par la queue, qui certes n’est pas et ne sera jamais le plus célèbre opus de son auteur, mais qui reste emblématique de son univers. Quand le cinéaste ne collaborait pas avec Jean-Paul Belmondo ou Jean-Pierre Cassel, le collectif primait devant et derrière sa caméra. Pour Le Diable par la queue, si l’affiche d’exploitation demeure uniquement concentrée sur Yves Montand, Philippe de Broca réunit aux côtés de sa star une de ses plus belles distribution avec rien de moins que Xavier Gélin, Jean-Pierre Marielle, Maria Schell, Marthe Keller, Madeleine Renaud, Jean Rochefort, Clotilde Joano, Tanya Lopert, Claude Piéplu…tous se délectant de répliques savoureuses écrites au fiel. Personne n’est épargné dans Le Diable par la queue, les nobles, même si ceux-ci sont désargentés, sont de fabuleux escrocs et font jeu égal avec les criminels qu’ils hébergent malgré-eux, ce qui donne lieu à un face-à-face jubilatoire où les plus salopards l’emporteront. Comme bien souvent chez Philippe de Broca, son film fait l’effet dévastateur d’une tornade qui ravage tout sur son passage, autrement dit le coeur et l’âme des spectateurs.

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Test Blu-ray / Elevation, réalisé par George Nolfi

ELEVATION réalisé par George Nolfi, disponible en DVD & Blu-ray le 13 février 2025 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Anthony Mackie, Morena Baccarin, Maddie Hasson, Danny Boyd Jr., Rachel Nicks, Shauna Earp, Tyler Grey…

Scénario : John Glenn, Jacob Roman & Kenny Ryan

Photographie : Shelly Johnson

Musique : H. Scott Salinas

Durée : 1h32

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Le monde a changé. Le seul endroit habitable qui reste à l’humanité se trouve dans les hautes montagnes, au-dessus de 2500 mètres. Au-dessous vivent les créatures qui ont tué 95% de la population humaine. Pour sauver la vie de son jeune fils, un père est obligé de s’aventurer sous cette Ligne avec une scientifique qu’il méprise, mais qui pourrait bien détenir la clé pour vaincre les monstres.

Certains spectateurs (qui ont bon goût) se souviennent du savoureux premier long-métrage de George Nolfi, L’Agence The Adjustment Bureau, adaptation de la nouvelle Rajustement Adjustment Team de Philip K. Dick, sortie sur les écrans en 2011. Un succès honnête (120 millions de dollars de recette pour un budget de 65 millions) sur lequel le réalisateur américain n’a cependant pas surfé, sa carrière étant restée depuis confidentielle. George Nolfi, également scénariste (Prisonniers du temps, Ocean’s Twelve, La Vengeance dans la peau), est passé par la télévision avec la série Allegiance, puis a signé pour le cinéma deux autres longs-métrages, un (autre) biopic sur Bruce Lee, La Naissance du Dragon Birth of the Dragon, et The Banker, inspirée par une histoire vraie. 2024, le revoilà aux commandes d’un film fantastique, très largement inspiré par La Guerre des mondes de Steven Spielberg et Sans un bruit de John Krasinski, Elevation, par ailleurs produit par Brad Fuller, lui-même à la tête de la franchise A Quiet Place. Thriller d’action post-apocalyptique, Elevation est la troisième collaboration entre George Nolfi et le comédien Anthony Mackie, le nouveau Captain America, ou plutôt la relève de Steve Rogers. Avec 18 millions de dollars, ce divertissement ne peut évidemment pas rivaliser avec les blockbusters traditionnels, mais s’en sort pas trop mal avec les moyens du bord, bénéficie d’une solide distribution et surtout de merveilleux décors naturels. On ne s’ennuie pas, même si cela n’est guère original, mais cela passe le temps (sans se forcer) et la fin annonce même une suite que l’on serait prêts à accepter avec plaisir.

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Test Blu-ray / L’Armoire volante, réalisé par Carlo Rim

L’ARMOIRE VOLANTE réalisé par Carlo Rim, disponible en Coffret DVD ou Blu-ray « Fernandel – Coffret 3 films : L’Armoire volante + L’Héroïque Monsieur Boniface + Boniface somnambule » le 11 décembre 2024 chez Pathé.

Acteurs : Fernandel, Berthe Bovy, Germaine Kerjean, Yves Deniaud, Louis Florencie, Antonin Berval, Maximilienne, Paul Demange, Pauline Carton, Annette Poivre…

Scénario : Carlo Rim

Photographie : Nicolas Hayer

Musique : Georges Van Parys

Durée : 1h36

Date de sortie initiale : 1948

LE FILM

Madame Lobligeois, octogénaire têtue, part pour Clermont-Ferrand avec deux déménageurs afin de rapporter à Paris ses quelques meubles, malgré la folle inquiétude de son neveu Alfred Puc, percepteur de son état. Il faut dire qu’il fait de nombreux degrés en dessous de zéro et qu’au retour, la brave dame meurt de froid. Affolés, les déménageurs laissent le corps dans une armoire à glace, et regagnent Paris en avertissant le neveu. Mais entre-temps le camion a été volé, début de palpitantes aventures du monsieur à la recherche du corps de sa tante.

Démobilisé un an après avoir été appelé suite à la déclaration de guerre à l’Allemagne en 1939, Fernandel n’a jamais cessé de tourner et ses films emballés durant les années du conflit armé portent principalement l’estampille de la Continental Films. Sous l’Occupation, s’il continue de se produire dans les cabarets, le comédien enchaîne les longs-métrages avec toujours autant de succès. Mais les grandes affaires reprennent en 1945 avec le triomphe de Naïs de Marcel Pagnol (3,5 millions d’entrées), suivi des succès du Mystère Saint-Val, des Gueux au paradis, de Pétrus, d’Émile l’Africain et L’Aventure de Gonfaron, qui totalisent à eux-seuls près de quinze millions d’entrées. Un retour en force. Toutefois, si l’on se penche un peu plus sur ces chiffres faramineux, un film se distingue par son score mitigé, celui réalisé par L’Armoire volante de Carlo Rim (1902-1989), qui n’atteint pas la barre du million et demi de spectateurs. Réalisé par l’ancien assistant de Marc Allégret, Maurice Tourneur et Richard Pottier, cette comédie noire et grinçante a certainement déconcerté le public au sortir de la Seconde Guerre mondiale, où l’humour macabre n’était probablement pas le bienvenu. Il n’empêche que le temps a fait son office et que L’Armoire volante est devenu culte pour beaucoup et même un objet de fascination pour beaucoup de cinéphiles, qui se sont depuis organisés pour le faire connaître dans leur réseau. Résolument moderne, magistralement mis en scène et surtout royalement photographié par le virtuose Nicolas Hayer (Le Doulos, Au Grand Balcon, La Chartreuse de Parme, Le Corbeau) avec ses éclairages provenant directement de l’expressionnisme allemand, L’Armoire volante est assurément un sommet dans la prolifique et éclectique carrière de Fernandel, annonçant trois ans avant certains partis-pris du mythique et plus reconnu L’Auberge rouge de Claude Autant-Lara. Autant dire que l’on se trouve devant un bijou quasi-inclassable, ambitieux et drôle, indiscutablement inévitable quand on s’intéresse de près à la légende de Fernandel.

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Test Blu-ray / Ratman, réalisé par Giuliano Carnimeo

RATMAN (Quella villa in fondo al parco) réalisé par Giuliano Carnimeo, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : David Warbeck, Janet Agren, Eva Grimaldi, Luisa Menon, Werner Pochath, Nelson de la Rosa, Anna Silvia Grullon, Pepito Guerra…

Scénario : Dardano Sacchetti

Photographie : Roberto Girometti

Musique : Stefano Mainetti

Durée : 1h22

Date de sortie initiale : 1988

LE FILM

Le corps d’un mannequin, dévoré par des rats, est retrouvé sur une île des Caraïbes. Terry, la sœur de la victime, arrive sur les lieux et enquête avec l’aide d’un auteur de romans policiers rencontré à l’aéroport. Personne ne sait que le meurtrier est un mutant féroce, mi-singe, mi-rat.

(Voix grave et basse) In a world where…non, dans un monde où la peur peut prendre toutes les apparences possibles et imaginables, rien n’a pu vous préparer à celle de…Ratman ! Oui, Ratman (ou Quella villa in fondo al parco en version originale), l’avant-dernier long-métrage de Giuliano Carnimeo (1932-2016), réalisateur de l’excellent Les Rendez-vous de Satan Perché quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer? (1972) avec la sublime Edwige Fenech, mais surtout d’une pelletée de westerns aux titres qui fleurent bon le cinéma italien d’alors, Bonnes funérailles, amis, Sartana paieraBuon funerale amigos! paga Sartana (1970) et Quand les colts fument, on l’appelle CimetièreGli fumavano le Colt… lo chiamavano Camposanto (1971) avec Gianni Garko, Django arrive, préparez vos cercueilsC’è Sartana… vendi la pistola e comprati la bara (1970) avec George Hilton. Un metteur en scène qui comme de nombreux confrères savait s’adapter aux goûts du public en passant d’un genre à l’autre, avec une certaine efficacité technique, mais sans toutefois imprimer une griffe reconnaissable. Et ce n’est pas ce Ratman, film « d’épouvante » tardif qui aura permis à Giuliano Carnimeo de passer à la postérité…C’est bien simple, rien ne fonctionne dans cet opus mal torché fagoté, risible, tombé directement dans la benne des nanars, pour ne plus jamais en sortir. Car évidemment, il ne faut pas s’attendre à avoir des sueurs froides devant Ratman, durant lequel il ne se passe pas grand-chose, en dehors de la sculpturale Eva Grimaldi qui s’époumone (et elle a tout ce qu’il faut pour le faire) constamment, tandis que la « créature » interprétée par Nelson de la Rosa, acteur dominicain mesurant 71 centimètres, fait peine à voir, mais arrachera beaucoup de sourire à chaque apparition. Ce n’est pas mauvais, c’est très mauvais comme disait Louis de Funès dans La Grande vadrouille, mais on le savait d’entrée de jeu en enclenchant le bouzin. Pervers que nous sommes et nous savons que vous l’êtes aussi si vous lisez cet article, nous allons jusqu’au bout tout de même, sommes récompensés par une scène de douche totalement gratos et rions souvent de bon coeur devant l’ineptie totale de cette mauvaise entreprise.

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Test Blu-ray / Mariti in città – Maris en liberté, réalisé par Luigi Comencini

MARIS EN LIBERTÉ (Mariti in città) réalisé par Luigi Comencini, disponible en Combo Blu-ray+DVD le 22 octobre 2024 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Nino Taranto, Renato Salvatori, Memmo Carotenuto, Richard McNamara, Giorgia Moll, Benedetta Rutili, Yvette Masson, Franca Valeri, Franco Fabrizi…

Scénario : Edoardo Anton, Suso Cecchi D’Amico, Luigi Comencini, Sandro Continenza, Ruggero Maccari, Dino Verde & Gino Visentini

Photographie : Armando Nannuzzi

Musique : Domenico Modugno

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

À Rome, au mois d’août, les épouses partent en vacances pendant que leurs maris restent à la maison pour travailler. C’est une période bénie pour ces hommes en quête d’aventures sentimentales. Sans leurs femmes pour les surveiller, ils s’éveillent à la séduction. Mario, Alberto, Fernando et Giacinto, ses amis, vont tenter de trouver l’amour…

Maris en liberté Mariti in città (1957) a souvent été comparé à 7 ans de réflexion The Seven Year Itch réalisé deux ans plus tôt par Billy Wilder. La trame est quasiment la même, sauf qu’il ne s’agit pas ici d’un seul époux mais d’un groupe de quatre maris qui restent en ville tout l’été alors que leurs femmes sont parties en vacances à la mer avec bambins et bagages. L’occasion est donc trop belle pour profiter de ce célibat provisoire. Luigi Comencini use des préjugés sur l’homme italien, dragueur et quelque peu cavaleur, et s’en amuse sans forcément les atténuer. Le beau parleur qui parle avec les mains, non, ce n’est pas de la caricature, et la femme italienne adepte du mariage aussi, quoique les mœurs ont évidemment changé. Chaque personnage a ses caractéristiques : le jeune marié (impeccable Renato Salvatori, âgé seulement de 24 ans) qui s’éprend d’une artiste et qui parvient mal à assumer la situation, l’homme qui se réclame célibataire et qui en fait baver plus d’un avec ses histoires de batifolage (alors qu’il est en réalité en ménage avec sa compagne qui elle veut se marier…) ou le mari qui se croit cocu. Les tentations des uns, les pitreries des autres, provoquent le rire non sans un certain plaisir. Ou comment Luigi Comencini démystifie le mâle italien. Mariti in città est une comédie amusante et tendrement cynique, dont les dialogues font toujours mouche aujourd’hui et constitue une réussite de plus dans le cinéma italien des années 1950-60.

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Test Blu-ray / La Traite des blanches, réalisé par Luigi Comencini

LA TRAITE DES BLANCHES (La Tratta delle bianche) réalisé par Luigi Comencini, disponible en Combo Blu-ray+DVD le 22 octobre 2024 chez Tamasa Diffusion.

Acteurs : Eleonora Rossi Drago, Marc Lawrence, Ettore Manni, Silvana Pampanini, Vittorio Gassman, Tamara Lees, Antonio Nicotra, Barbara Florian…

Scénario : Luigi Comencini, Massimo Patrizi, Ivo Perilli, Antonio Pietrangeli & Luigi Giacosi

Photographie : Luciano Trasatti

Musique : Armando Trovajoli

Durée : 1h38

Date de sortie initiale : 1952

LE FILM

Dans l’Italie de l’après-guerre, Marquedi, gangster sans scrupule, alimente un réseau de prostitution en organisant des marathons de danse. Aux Petites-Casernes, quartier pauvre de la ville, Michele, porte-flingue du syndicat du crime, vit avec Lucia. Carlo, connu pour délinquance, vit lui avec Alda. Cette dernière s’est enfuie du dernier convoi de jeunes femmes que Marquedi expédiait en Amérique. Pour se venger, il fait arrêter Carlo, ce qui contraint Alda à s’inscrire au marathon pour payer l’avocat. Mais Marquedi convoite aussi Lucia, qui accepte sa proposition de « chanteuse » afin de sortir de la misère. Les rivalités personnelles des hommes vont tourner à la guerre des gangs.

Les cinéphiles l’oublient sans doute souvent, mais quand Luigi Comencini (1916-2007) connaît son premier succès public et par ailleurs son seul triomphe international avec Pain, amour et fantaisie Pane, amore e fantasi en 1953, le cinéaste avait déjà signé une demi-douzaine de films. Tout d’abord destiné à l’architecture de par ses brillantes études, il se tourne finalement vers le monde du cinéma, pour lequel il écrit quelques critiques dans des revues et des scénarios. Après avoir cofondé la Cineteca Italiana en 1947 avec son frère Gianni et Alberto Lattuada, Luigi Comencini se lance dans le documentaire (Bambini in città) et livre son premier long-métrage, De nouveaux hommes sont nésProibito rubare (1948), dans lequel il se penche déjà sur les thèmes de la misère sociale et surtout de l’enfance, sujets sur lesquels il n’aura de cesse de revenir au cours de sa longue et prolifique carrière. Il 1949, il dirige le mythique Totò dans L’Empereur de Capri L’imperatore di Capri, puis reprend les manettes du tournage des Volets clos Persiane chiuse, qui avait été interrompu suite à l’éviction du réalisateur Gianni Pucci par la production, ce qui permet à Luigi Comencini d’aborder la prostitution dans un registre dramatique. Ayant fortement convaincu la profession, le cinéaste enchaîne avec La Traite des blanches La Tratta delle bianche, qui sort l’année suivante et qui explore à nouveau le sujet du trafic de femmes. Cette fois encore très influencé par le film noir américain (l’ouverture est magnifique), La Traite des blanches baigne dans une atmosphère trouble, se focalise sur une jeunesse livrée à elle-même ou dont les idéaux sont déjà tués dans l’oeuf, où l’envie de s’en sortir entraîne vers d’inévitables impasses. Indéniablement une étape dans l’oeuvre de Luigi Comencini, La Traite des blanches entraîne le spectateur dans une spirale infernale, dont la longue séquence centrale, celle du marathon de danse, annonce On achève bien les chevaux de Sidney Pollack. Une rareté, un bijou.

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Test Blu-ray / Sympathy for the Devil, réalisé par Yuval Adler

SYMPATHY FOR THE DEVIL réalisé par Yuval Adler, disponible en DVD & Blu-ray le 6 décembre 2024 chez Metropolitan Film & Video.

Acteurs : Nicolas Cage, Joel Kinnaman, Alexis Zollicoffer, Cameron Lee Price, Oliver McCallum, Rich Hopkins, Nancy Good, Kaiwi Lyman…

Scénario : Luke Paradise

Photographie : Steven Holleran

Musique : Ishai Adar

Durée : 1h30

Date de sortie initiale : 2023

LE FILM

David doit rejoindre sa femme à l’hôpital qui doit accoucher. Dans le parking surgit un homme armé qui lui impose de sillonner la ville. Pourquoi l’a-t-il pris en otage ? Ne s’est-il pas trompé de cible ? À moins qu’un passé commun lie les deux hommes ? Un jeu du chat et la souris va s’engager. Mais qui est vraiment le chat ?

L’année 2024 a été très riche et valorisante pour Nicolas Cage, marquée entre autres par son plus grand succès au box-office depuis plus de dix ans avec l’incroyable Longlegs d’Osgood Perkins, qui a remporté cent millions de dollars dans le monde. Mine de rien, le sieur Coppola a repris sa carrière en main avec successivement Pig de Michael Sarnoski, Un talent en or massif de Tom Gormican et Dream Scenario de Kristoffer Borgli, tous loués par la critique et qui ont connu leur succès dans les festivals. S’il continue de se faire plaisir, ou tout simplement s’il choisit mieux ses projets (The Old Way, Renfield, The Surfer), Nicolas Cage a su prouver qu’il en avait encore sérieusement sous le capot (c’est rien de le dire), qu’il est et restera l’un des plus grands comédiens de sa génération. Si Sympathy for the Devil ne fera sans doute pas date, ce thriller psychologique déroule un tapis rouge à sa tête d’affiche, qui ne se gêne pas pour faire une fois de plus la démonstration de sa virtuosité, de son art, en multipliant les coups de génie dont lui seul à le secret. Certains y verront un excès de cabotinage, mais les autres, les fans, les vrais, seront sûrement subjugués par la maestria d’un acteur que beaucoup avaient trop vite considéré comme has-been. On l’aime notre Nicky.

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