
LA BURALISTE DE VALLECAS (La estanquera de Vallecas) réalisé par Eloy de la Iglesia, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 3 mars 2026 chez Artus Films.
Acteurs : Emma Penella, José Luis Gómez, José Luis Manzano, Maribel Verdú, Fernando Guillén, Jesús Puente, Antonio Gamero, Antonio Iranzo…
Scénario : José Luis Alonso de Santos, Gonzalo Goicoechea & Eloy de la Iglesia, d’après la pièce de théâtre de José Luis Alonso de Santos
Photographie : Manuel Rojas
Musique : Patxi Andión
Durée : 1h50
Date de sortie initiale : 1987
LE FILM
Leandro et Tocho, deux petits voyous sans envergure, et surtout sans expérience, pénètrent dans un bureau de tabac avec l’intention de braquer la caisse. Mme Justa, la gérante, et sa nièce Angeles, parviennent à déjouer les intentions des malfrats. Mais, pendant qu’à l’extérieur, la police – et les habitants du quartier – prépare l’assaut, une complicité inattendue naît entre les voyous et les « victimes ».

El Pico – L’Enfer de la drogue et sa suite El Pico 2 ayant été de très grands succès, tout va pour le mieux pour le réalisateur Eloy de la Iglesia durant les années 1980. Cependant, il connaît un revers avec son adaptation de Le Tour d’écrou d’Henry James, intitulé Un autre tour d’écrou – Otra vuelta de tuerca. Ce giallo ibérique dit d’épouvante déconcerte quelque peu les spectateurs, mais emballe malgré tout la critique, qui salue son originalité et son ambition. Le cinéaste parviendra à renouer avec les sommets du box-office espagnol deux ans plus tard, avec La Buraliste de Vallecas – La estanquera de Vallecas, adaptation de la pièce de théâtre éponyme de José Luis Alonso de Santos. Quand on découvre ce quasi-huis clos, dont l’action se déroule entre le bureau de tabac du titre et la place ensoleillée sur laquelle il se trouve, on ne peut s’empêcher de penser étrangement à deux autres titres d’un autre de la Iglesia (même si les deux auteurs n’ont aucun lien), Álex de son prénom bien sûr : Un jour de chance – La chispa de la Vida (2011) et Pris au piège – El bar (2017), le premier étant une relecture du Gouffre aux chimères – Ace in the Hole (1951) de Billy Wilder , le second se focalisant sur une poignée de personnages disparates, enfermés dans un bar après que celui-ci ait été la cible d’un sniper. Ainsi, bien avant ces deux longs-métrages, Eloy de la Iglesia traitait exactement des mêmes thèmes. Car La Buraliste de Vallecas est certes une comédie, mais c’est aussi un film qui a évidemment des choses à dire sur l’Espagne. Pas étonnant que le film ait rencontré un immense succès dans son pays. Bourré d’humour noir, La estanquera de Vallecas est une comédie brutale, cinglante et grinçante doublée d’une satire politique portant sur le pouvoir médiatique où chaque protagoniste, politicien, policier y voit l’occasion de briller et de servir son intérêt personnel devant la caméra des charognards. Avec sa virtuosité coutumière (malgré un espace confiné) et un montage alerte, Eloy de la Iglesia signe un film extrêmement attachant, virulent, émouvant, drôle, qui rappelle souvent la comédie italienne. Merveilleux directeur d’acteurs, il offre à son quatuor principal de fabuleux numéros et l’on se souviendra longtemps de la confrontation et de l’étrange relation qui s’installe entre leurs personnages. Film culte par excellence, La Buraliste de Vallecas est un vrai bijou d’orfèvre et espérons que sa sortie inespérée en Haute-Définition chez Artus Films contribue à faire de nouveaux adeptes.










































