Test Blu-ray / Représaille, réalisé par Brian A. Miller

REPRÉSAILLE (Reprisal) réalisé par Brian A. Miller, disponible en DVD et Blu-ray le 1er août 2019 chez Studiocanal

Acteurs : Bruce Willis, Frank Grillo, Johnathon Schaech, Olivia Culpo, Natali Yura, Uncle Murda, Natalia Sophie Butler, Tyler Jon Olson…

Scénario : Bryce Hammons

Photographie : Peter Holland

Musique : Sonya Belousova, Giona Ostinelli

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 2018

LE FILM

Un vétéran souffrant de troubles post-traumatiques doit traquer des criminels et sauver son enfant malade.

Brian A. Miller est le metteur en scène de séries B aux titres évocateurs, Crossfire (2010, avec Chris Klein, vous vous rappelez ?), House of the Rising Sun (aka The Redemption en « VF », 2011, avec Dave Bautista), et le sympatoche The Prince (2014) avec Jason Patric, John Cusack et Bruce Willis. Ce dernier est d’ailleurs fidèle à Brian A. Miller, et ce en dépit de leurs mauvais films en commun, puisque l’ami Bruce et le réalisateur tourneront également Vice (2015) et ont déjà emballé 10 Minutes Gone alors en post-production à l’heure où j’écris ces lignes. ReprésailleReprisal se place entre Vice et 10 Minutes Gones et Bruce Willis y effectue encore une perform…, non, une participation, essentiellement le cul vissé sur sa chaise. A l’instar de ses apparitions dans les derniers et malheureux First Kill de Steven C. Miller (un autre spécialiste des DTV fauchés) et Acts of Violence de Brett Donowho, le comédien semble avoir tourné toutes ses scènes dans la même journée, en changeant juste de chemise, le regard perdu (sûrement pour y lire ses répliques inscrites sur des cartons hors-champ), les spots de tournage se reflétant sur son crâne lavé à l’éponge. Le reste du temps, on suit son confrère Frank Grillo, mal rasé et la voix cassée, qui peine à convaincre.

Mais au fait, ça raconte quoi Représaille? Jacob (Frank Grillo donc), directeur d’un établissement bancaire, se remet difficilement d’un braquage violent au cours duquel un de ses vigiles a trouvé la mort. Pour tourner la page et lutter contre ses cauchemars (ceux qui vous font asseoir dans le lit avant de vous réveiller en sueur), il sollicite l’aide de son voisin James (Bruce Willis qui lave sa voiture), un policier à la retraite. Tous les deux décident de mener leur propre enquête afin de retrouver la trace et de traquer le cerveau de la bande qui a organisé le cambriolage. Leurs investigations virent au drame quand l’épouse et la fille de Jacob sont enlevées.

Pas grand-chose à sauver de ce Reprisal, qui prend la forme d’un téléfilm destiné à la TNT (ou d’un épisode de Rick Hunter sur le rythme d’un Derrick) et qui débarque en France, comme d’habitude pour les œuvres de ce metteur en scène, directement dans les bacs. Voilà plus de quinze ans que Frank Grillo promène son charisme buriné, aussi bien chez Steven Spielberg (Minority Report) que Martin Campbell (Hors de contrôle), Joe Carnahan (Le Territoire des loups), Kathryn Bigelow (Zero Dark Thirty). Il est aussi Brock Rumlow alias Crossbones dans le MCU et devra attendre 2014 avec American Nightmare 2: Anarchy pour obtenir enfin le rôle principal. Il l’est donc également dans Représaille et s’acquitte honnêtement de la tâche qui lui est confiée, même s’il semble lui-même ne pas croire à l’histoire.

Comme dans quasiment tous les films de Brian A. Miller, certaines scènes sont interminables (ici quand les deux voisins parviennent en quelques minutes à trouver le repaire du terroriste), d’autres sortent du lot et se révèlent pas trop mal emballées, toutes proportions gardées. Ici, le casse, malgré la caméra parkinsonienne et l’omniprésente musique bourrin (on se croirait chez Hans Zimmer), est plutôt bien fichu, tout comme la scène de poursuite et les généreuses scènes de fusillade. Des séquences sans Bruce Willis, qui comme nous le disions plus haut, passe le film en pilotage automatique. Seule sa bouche semble s’animer lorsqu’il déclame ses répliques comme s’il lisait sa liste de courses. Lors de ses apparitions en pointillés (10 secondes les vingt premières minutes), il est assis à son bureau, le téléphone à la main, en attendant que ça se passe. Et comme pour l’ensemble de ses films tournés dans les années 2010, il intervient dans les cinq ou dix dernières minutes pour prendre la pétoire et jouer au héros en faisant la moue et en courant au ralenti pour exterminer le salaud, avant de s’éloigner comme John Wayne vers le soleil couchant avec Grace Kelly. Oui je sais, « C’est Gary Cooper connard ! ».

Le reste du temps, bah Brian A. Miller enchaîne les plans filmés au drone (les mêmes que pour Evasion 3 dont nous parlions il n’y a pas longtemps !) au-dessus de Cincinnati et entreprend de réveiller les spectateurs en secouant sa caméra dans tous les sens. Parfois ça fonctionne, parfois ça donne la nausée, et le récit s’enlise progressivement, lentement, mais sûrement, jusqu’au dénouement WTF qui joue au spot promo pour inciter le spectateur à s’enrôler dans la police. C’est une série B, une série Z, qui donne envie de dormir la plupart du temps. On appelle ça une série BZ donc. La même année, Brian A. Miller aura enchaîné avec Backtrace avec ce bon vieux Sly. Mais nous vous en parlerons bientôt…

LE BLU-RAY

Et hop, le dernier DTV de Bruce Willis arrive une fois de plus dans l’escarcelle de Studiocanal ! Jaquette sobre (avec un S à Représaille) montrant le regard strabique divergent de Bruce, des guns et la Miss Univers Olivia Culpo pour l’atout charme. Le menu principal est fixe et muet.

Aucun supplément sur cette édition.

L’Image et le son

Le master HD est soigné et le transfert solide. L’image se révèle propre et tire agréablement partie de la Haute-Définition avec une palette chromatique entre chaud et froid. Le piqué, tout comme les contrastes, sont souvent tranchants, les arrière-plans détaillés, le relief plaisant, les noirs denses et les détails foisonnants. Hormis quelques légers fléchissements de la définition sur les scènes agitées (que c’est brouillon tout ça !), cette édition Blu-ray permet de découvrir Représaille dans de bonnes conditions techniques.

Du côté acoustique, les mixages français et anglais DTS-HD Master Audio 5.1 créent un espace d’écoute suffisamment plaisant en faisant la part belle à la musique (omniprésente, quel boucan…) et à quelques effets latéraux, surtout lorsque les gros calibres font leur entrée en scène. Des ambiances naturelles percent les enceintes arrière sans se forcer mais avec une efficacité chronique. Ah oui et Patrick Povey assure heureusement le doublage de Bruce Willis.

Crédits images : © Studiocanal / Splendid Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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