Test DVD / Daniel Boone, l’invincible trappeur, réalisé par Albert C. Gannaway & Ismael Rodríguez

DANIEL BOONE, L’INVINCIBLE TRAPPEUR (Daniel Boone, Trail Blazer) réalisé par Albert C. Gannaway & Ismael Rodríguez, disponible en DVD le 1er décembre 2020 chez Artus Films.

Acteurs : Bruce Bennett, Lon Chaney Jr., Faron Young, Kem Dibbs, Damian O’Flynn, Jacqueline Evans, Nancy Rodman, Freddy Fernández…

Scénario : Tom Hubbard & John Patrick

Photographie : Jack Draper

Musique : Raúl Lavista

Durée : 1h15

Année de sortie : 1956

LE FILM

Vers la fin du 18ème siècle, un groupe de pionniers s’installe dans le Kentucky avec le soutien du célèbre trappeur Daniel Boone. Cette intrusion suscite la colère des indiens Shawnees, mal conseillés par un anglais vindicatif qui déteste Boone. Le trappeur qui entretient de longue date des liens amicaux avec Black Fish le grand chef Shawnee va tenter de mettre un terme aux massacres des colons.

Daniel Boone (1734-1820) est une icône de l’histoire américaine, dont la légende a comme bien souvent enjolivé la vie et les actes. Considéré comme étant le premier héros de l’histoire des Etats-Unis, les exploits de l’explorateur et pionnier de la colonisation de l’Amérique du Nord ont très tôt inspiré la littérature et le cinéma, y compris le légendaire roman de James Fenimore Cooper, Le Dernier des Mohicans, publié en 1826. C’est dire si l’histoire de Daniel Boone fait partie du folklore américain. Sur le grand écran, George O’Brien l’a interprété en 1936 dans un film qui porte le nom de son héros et réalisé par David Howard. Mais celui qui nous intéresse aujourd’hui date de 1956 et on y retrouve Bruce Bennett dans la peau du trappeur, plongé dans l’état du Kentucky, une contrée sauvage qui en dialecte indien signifie « terre sombre et sanglante ». Le comédien s’en sort très bien dans la peau de Daniel Boone, dont le courage est sans cesse loué par ses camarades, ses enfants et sa femme qui semble constamment en état d’hypnose rien qu’en le regardant. Tout irait pour le mieux pour tous ces colons, mais voilà ces territoires hostiles sont encore marqués par la présence d’Indiens qui peinent à accepter la présence de l’homme blanc qui bâtit des villes là où ils chassaient avant leur arrivée. Bref, vous l’aurez compris, les Indiens, alliés ici aux Anglais qui leur fournissent des armes, ne veulent pas se laisser faire par les colons, même si Daniel Boone s’évertue à leur dire que « l’homme blanc est ici pour faire ami et aider Indiens ». Mais ces derniers attaqueront le fort de Daniel Boone, qui de son côté ripostera avec ses camarades en leur tirant dessus, tout en gardant le sourire et en prenant cette attaque – et ce génocide – comme un entraînement au tir.

Si le scénario essaye de présenter les Indiens comme des gens « normaux », ils sont surtout montrés comme des individus qui rejettent le progrès et la chance que peut représenter pour eux l’arrivée et l’expansion des colons. Réalisé en 1956, Daniel Boone, l’invincible trappeurDaniel Boone, Trail Blazer est un film d’aventures complètement désuet (avec une ou deux chansons en prime), qui ne manque pas de charme dans le sens où le message qu’il véhicule apparaît aujourd’hui tellement irresponsable, que le film devient involontairement amusant jusqu’au final où Boone invente plus ou moins le principe de la ventriloquie avec un macchabée. Si l’on regarde le film au deuxième degré, le spectacle est toujours au rendez-vous (avec même quelques scènes d’action montrant des scalps) et renvoie à quelques anciens longs-métrages, téléfilms ou séries qui fleurissaient le dimanche et que l’on regardait au coin du feu ou du chauffage électrique dont le clac-clac métallique couvrait les dialogues. Certes, Daniel Boone, l’invincible trappeur a tout pour être nauséabond, mais que voulez-vous, c’est un divertissement d’un autre temps où l’on passait outre le caractère réel ou mythique des faits.

Situé en 1775, pendant la guerre d’indépendance américaine, la colonie de Boonesborough, Kentucky, est assiégée à la fois par des tribus indiennes shawnees hostiles et par les Britanniques. Le frontalier Daniel Boone et sa famille doivent se battre pour survivre lorsque les ouvertures de paix échouent et aboutissent à un assaut frontal sur le fort.

Les archétypes fleurissent dans ce film co-réalisé par Albert C. Gannaway (L’Ultime chevauchée, Calibre 44) e Ismael Rodríguez (La Cucaracha), deux metteurs en scène spécialistes de la série B, qui tentent de faire de leur mieux ici avec des décors assez réussis (le film a été tourné au Mexique) et surtout des comédiens plus ou moins appliqués. Dans le rôle-titre, Bruce Bennett (1906-2007), connu pour avoir interprété Cody dans Le Trésor de la Sierra Madre (1948) de John Huston, qui avait déjà été aux côtés d’Humphrey Bogart dans Sahara (1943) de Zolta Korda et dans Les Passagers de la nuitDark passage (1947) de Delmer Daves, tire son épingle du jeu et porte bien sa cinquantaine. Grand sportif et champion olympique de lancer de poids, il avait d’ailleurs été longtemps envisagé pour incarner Tarzan pour le compte de la MGM avant de se faire coiffer au poteau par Johnny Weissmuller, il n’a jamais cessé de tourner jusqu’à la fin des années 1970 et incarnera tout de même le héros en pagne dans trois Tarzan concurrents. A la fois physique et bon acteur, Bruce Bennett campe un héros charismatique.

Face à lui, le grand chef Indien Blackfish est interprété par Lon Chaney Jr., ancien loup-garou, Dracula, monstre de Frankenstein et momie des studios Universal dans les années 1940. S’il ne peut échapper à de nombreux clichés du genre « Ugh ! Visage Pâle ! », l’interprète compose un personnage avec une réelle sincérité, d’ailleurs les deux réalisateurs n’hésitent pas à filmer ses larmes en gros plan pour mieux émouvoir les spectateurs, tandis que ses guerriers réalisent quelques cabrioles dignes du Cirque du Soleil. Ah et puis si vous vous posiez la question, oui Dany Boon, de son vrai nom Daniel Farid Hamidou, tire son pseudonyme du nom de l’explorateur américain. Bienvenue chez les Shawnees !

LE DVD

Comme souvent au mois de décembre, Artus Films dégaine quelques titres inattendus qui rejoignent la collection des Classiques. C’est le cas de Daniel Boone, l’invincible trappeur. La jaquette est typique de cette collection que l’on aime beaucoup, glissée dans un boîtier Amaray de couleur noire. Le menu principal est fixe et muet.

Une bande-annonce présente quelques titres disponibles au catalogue de l’éditeur.

L’Image et le son

Bon, on ne va se mentir, c’est plutôt catastrophique à ce niveau-là. Le film est sûrement entré dans le domaine public et la copie présentée fait mal aux yeux et vous coûtera sûrement un rendez-vous chez l’orthoptiste. On exagère peut-être – ou si peu – mais ce DVD nous donne l’impression d’un transfert d’une VHS usée jusqu’à la moelle. Dans la dernière bobine, juste avant le générique de fin et pendant les credits, vous remarquerez également comme une bande-passante visible sur le côté gauche de l’image. Autre chose, IMDB indique que le film a été tourné en 2.35…hors le master proposé par Artus Films est en « 1.37 respecté ». Cela indiquerait pourquoi divers Pan & Scan sont constatés durant le visionnage avec des balayages qui ne font aucun doute. Alors, n’attendez surtout pas de piqué, de gestion des contrastes (d’ailleurs, les scènes nocturnes sont très peu lisibles), de détails, de profondeur de champ, de luminosité, de couleurs pimpantes (si c’est ça le procédé Trucolor…), ce n’est pas inscrit au programme ici. Néanmoins, le master est étonnamment « stable ».

Et du point de vue du son, c’est à peu près du même acabit. Entre dialogues clairs ou soudainement couverts, criards ou feutrés, c’est un peu les montagnes russes. La version française s’accompagne d’un souffle chronique et n’est pas intégrale. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Artus Films / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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