
C’ÉTAIT MIEUX DEMAIN, réalisé par Vinciane Millereau, disponible en DVD & Blu-ray le 14 février 2026 chez UGC.
Acteurs : Elsa Zylberstein, Didier Bourdon, Frédéric Clou, Esteban Delsaut, Maxim Foster, Giulia Lambert…
Scénario : Vinciane Millereau & Julien Lambroschini
Photographie : Philippe Guilbert
Musique : Romain Trouillet
Durée : 1h38
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Hélène est l’épouse modèle de 1958 : elle s’occupe des enfants, mitonne de bons petits plats et reste bien entendu aux petits soins pour Michel, son mari. Le jour où elle gagne une machine à laver, c’est l’euphorie ! Elle aura enfin un peu de temps pour elle. Michel ne l’entend pas de cette oreille : du temps pour quoi faire, non mais oh ! Il veut débrancher l’engin mais un coup de jus les catapulte tous les deux en 2025. Et Hélène de se découvrir cheffe d’entreprise et Michel homme au foyer… entre autres changements.

Quoi de neuf dans le Bourdon Cinematic Universe ? Après un gros passage à vide, cet ancien étudiant du Conservatoire national supérieur d’art dramatique et bien sûr membre des Inconnus, connaît depuis dix ans un revival assez impressionnant au cinéma. Forcément, parmi les nombreux films dont il a été la tête d’affiche, beaucoup se sont plantés (L’Homme parfait, 38°5 Quai des Orfèvres, Inestimable, À l’ancienne, 4 zéros, Un Noël en famille), d’autres ont fait le job (Garde alternée, Beaux-parents, Mes très chers enfants, Permis de construire), mais certains autres ont vraiment cartonné (Chasse gardée, Cocorico). Sans parler de ses participations aux triomphes de la bande à Lacheau (Marsupilami, Alibi.com et sa suite, Nicky Larson et le parfum de Cupidon). Didier Bourdon est partout, y compris à la télévision où il tient la vedette de la série Le Daron. C’était mieux demain, premier long-métrage de Vinciane Millereau, se situe dans la moyenne haute on va dire. Quasiment 900.000 spectateurs sont venus découvrir dans les salles cette comédie « fantastique », qui ne révolutionne pas le genre, mais offre surtout à Elsa Zylberstein un rôle qui lui permet d’exploiter encore son merveilleux talent d’actrice comique, un genre qui lui sied à merveille, mais pour lequel elle n’a été que peu employée. C’est peu dire qu’elle vole littéralement chaque scène où elle apparaît, par son naturel, son élégance, sa beauté et son énergie. Le gros problème de C’était mieux demain demeure son écriture, qui pioche ici et là dans les comédies ayant déjà exploité le thème du voyage dans le temps, y compris Les Rois Mages des Inconnus. Les dialogues manquent aussi d’originalité (« Une Cinquième République ? N’importe quoi ! », « Je suis ton mari et tu m’obéis, c’est écrit dans le Code Civil ! » « Qui date de Napoléon ! » « Un grand homme ! »). On regarde ce gentil spectacle avec indulgence, le rythme est plutôt bien géré et surtout le couple principal – très complice – fonctionne à plein régime. Le charme opère donc.


1958. Michel et Hélène ont deux enfants. Lui travaille dans une banque, elle est femme au foyer, s’appliquant dans ce rôle à être la plus parfaite possible. Leur fille, Jeanne, voudrait faire des études de dactylo, ce que Michel refuse, considérant qu’une femme n’a pas à travailler. Leur fils, Lucien, n’est pas assez viril au goût de Michel. Mais lorsque Jeanne tombe enceinte du fils du voisin, André, rien ne va plus entre les deux familles et un mariage doit vite être organisé. Un soir, alors qu’Hélène vient de gagner une machine à laver, l’une des dernières nouveautés technologiques, et qu’elle s’apprête à l’essayer, Michel lui dit vouloir la vendre afin d’investir dans d’autres choses. Une bagarre éclate alors entre eux, autour de l’appareil, finissant en électrocution. Lorsque les deux parents se réveillent, ils découvrent qu’ils sont en 2025, que la maison est truffée de technologies inconnues, mais que leur fille est toujours sur le point de se marier, cette fois avec quelqu’un d’autre…


Et c’est reparti pour la guerre des sexes ! Vinciane Millereau est à la base actrice, vue chez Claude Lelouch (La Belle histoire), Maïwenn (Le Bal des actrices), Gilles Paquet-Brenner (Elle s’appelait Sarah), Fabienne Godet (Une place sur la Terre) et même chez Paul Verhoeven (Benedetta), sans oublier une large carrière à la télévision (Le Mensonge). Après un premier court-métrage très remarqué (Barbie Girls) en 2008, dans lequel elle donnait elle-même la réplique à Armelle Deutsch et Marie Guillard, elle passe le cap du long format. Comme sa mise en scène précédente, la réalisatrice envisageait tout d’abord un film de genre avec son compagnon, le scénariste Julien Lambroschini (auteur du Grand bain et de L’Amour ouf de Gilles Lellouch, de Respire et de Plonger de Mélanie Laurent), avant de se voir « suggérer » le thème des rapports hommes-femmes par le producteur Olivier Kahn (Doux Jésus, Toute ressemblance…). Le tandem use du saut temporel pour mettre en parallèle la situation des femmes (surtout) et celle des hommes (par « incidence ») entre 1958 et 2025.


Le voyage dans le temps est bien exploité, les références explicites, comme par exemple Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré, que le personnage interprété par Didier Bourdon regarde sur son ordinateur portable. Vinciane Millereau et Julien Lambroschini n’évitent pas certains clichés liés aux nouvelles technologies et à l’hyperconnexion, mais l’abattage des comédiens fait qu’on n’y accorde pas trop d’attention non plus. Les deux époques entrent en opposition (en fait, le récit est l’inverse de Pleasantville, bijou de Gary Ross), parfois au forceps, notamment ce qui concerne le mariage pour tous (une fille lesbienne fiancée à une femme algérienne ??? On est presque chez Philippe de Chauveron) et les femmes placées à des postes de haute responsabilité, mais si l’on se dit que rien (ou presque) n’est sérieux, ça passe.


Étonnamment, C’était mieux demain est plus convaincant dans les (rares) scènes dramatiques qui mettent en relief l’histoire d’amour d’un couple, qui s’était alors oublié dans les conventions, pour ne pas dire les jeux de rôles, imposés par la société. De plus, Michel profitera également de cette aventure, autrement dit en s’occupant des tâches ménagères, pour se rendre compte qu’il était passé à côté de l’essentiel et donc devenir enfin un bon père, présent pour ses enfants. Du point de vue formel, l’aspect téléfilm prend néanmoins le pas et ce malgré une photographie colorée signée Philippe Guilbert (Les Cadors, N’avoue jamais, Qui m’aime me suive) et un générique animé très réussi.


Dommage également que les acteurs secondaires n’aient finalement que peu de choses à défendre. Il y a donc une forte impression de déséquilibre en permanence, qui contrarie le message que souhaiterait faire passer la néo-cinéaste. Au final, il faut se contenter de l’aspect spectacle de l’entreprise, qui arrache plus de sourires que de rires, mais qui parvient à faire oublier les quelques tracas du quotidien.


LE DVD
C’était mieux demain bénéficie d’une édition en DVD et en Haute-Définition. Nous avons pu avoir entre les mains la première. Celle-ci est présentée sous la forme d’un boîtier Amaray classique transparent, dans lequel a été glissée la jaquette, illustrée par le visuel provenant de l’affiche d’exploitation originale. Le menu principal est animé et musical.

Pas de supplément.
L’Image et le son
C’était mieux demain jouit d’un superbe et éclatant master, le piqué est vif et acéré, la colorimétrie riche et les contrastes denses. Malgré de sensibles fourmillements, la définition demeure quasiment irréprochable y compris sur les mouvements vifs de la caméra, les noirs sont concis, la propreté est indéniable, les détails impressionnants sur les gros plans, le piqué acéré. En dépit de quelques séquences trop douces, la clarté d’ensemble ravit à chaque instant, ainsi que la vivacité de la palette chromatique.

Outre une piste Audiodescription et des sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, la version Dolby Digital 5.1 parvient sans mal à instaurer un indéniable confort phonique. Les enceintes sont toutes mises en valeur et spatialisent excellemment les effets naturels, la musique et les ambiances, avec même un accompagnement des basses. La piste Stéréo assure également de son côté avec des frontales particulièrement riches.


Crédits images : © LES FILMS DU 24 – UMEDIA – TF1 FILMS PRODUCTION / UGC / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
