Test Blu-ray / Mare of Easttown, réalisé par Craig Zobel

MARE OF EASTTOWN réalisé par Craig Zobel, disponible en DVD le 15 septembre 2021 chez HBO et Warner Bros.

Acteurs : Kate Winslet, Julianne Nicholson, Jean Smart, Angourie Rice, David Denman, Neal Huff, Guy Pearce, Cailee Spaeny, John Douglas Thompson, Joe Tippett, Evan Peters, Sosie Bacon, James McArdle…

Scénario : Brad Ingelsby

Photographie : Ben Richardson

Musique : Lele Marchitelli

Durée : 7 heures (7 épisodes)

Date de sortie initiale : 2021

LA MINI-SÉRIE

Mare Sheehan, héroïne locale et inspectrice de police d’une petite ville de Pennsylvanie enquête sur un mystérieux meurtre, alors que sa propre vie s’effondre autour d’elle. L’exploration du côté sombre d’une petite communauté proche l’amènera à découvrir que les histoires de famille et les tragédies antérieures peuvent définir notre présent.

Si elle a peu tourné dans les années 2010, Kate Winslet prouvait qu’on pouvait encore compter sur elle dans le magnifique Wonder Wheel (2017) de Woody Allen et surtout que cela nous manquait de la voir dans des rôles forts. Mais finalement c’est à la télévision que la comédienne aura le plus brillé, en 2011, dans la somptueuse mini-série Mildred Pierce de Todd Haynes. Dix ans plus tard, Kate Winslet fait son retour sur le petit écran avec Mare of Easttown, une autre mini-série créée par Brad Ingelsby (Les Brasiers de la colère Out of the Furnace (2013) de Scott Cooper et Night Run (2015) de Jaume Collet-Saura), entièrement réalisée par Craig Zobel, remarqué en 2012 avec Compliance, puis avec Les Survivants Z for Zachariah (2015) et dernièrement avec The Hunt (2020). Une solide collaboration qui débouche sur un polar en sept épisodes d’une heure, une future référence du genre comme avait pu l’être la première saison de True Detective en 2014, récompensée à quatre reprises aux Emmy Awards, dont un pour chacun des trois acteurs principaux, Kate Winslet, Julianne Nicholson et Evan Peters. Mare of Easttown est ni plus ni plus l’un des événements de l’année 2021.

Dans la petite communauté d’Easttown, en Pennsylvanie, Mare Sheehan, sergent de la police du bourg, reçoit l’ordre de rouvrir l’enquête vieille d’un an, sur la disparition de la jeune Katie Bailey lorsque la mère de la jeune fille et une de ses vieilles connaissances, Dawn, se plaint aux informations que l’affaire est à ce jour non résolue. En parallèle à cette affaire, Mare apprend, frustrée, que son ex-mari Frank qui vit en face de chez elle, va se remarier et a convié toute la famille de cette dernière, y compris sa mère Helen, sa fille adolescente Siobhan et son petit-fils de quatre ans, Drew, à sa fête de fiançailles. Cette dernière ayant lieu le même soir où Mare souhaite se rendre au lycée de la ville où elle a fait sa scolarité afin d’être honorée pour le vingt-cinquième anniversaire de la victoire de l’équipe de basket, dont elle faisait partie avec sa meilleure amie Lori et Dawn entre autres, au championnat d’État. Lors de la célébration de l’anniversaire, Mare rencontre Richard, un auteur récemment installé dans la région avec lequel elle commence une liaison. Pendant ce temps, Erin McMenamin, adolescente de dix-sept ans devenu maman d’un petit garçon, D.J., vit avec Kenny, son père ivrogne et violent. Ce dernier se dispute avec Erin au sujet des frais médicaux concernant le bambin. Par la suite, Dylan, le père de l’enfant, débarque chez elle avec sa nouvelle petite amie Brianna, pour la garde alternée du petit. Un soir, alors qu’elle pensait se rendre à un rendez-vous dans un lieu de rencontre dans les bois, Erin est battue par Brianna devant Dylan et d’autres adolescents. L’agression est filmée. La fille de Mare qui passait avec des amis, s’interpose. Erin blessée s’éloigne seule dans la forêt. Le lendemain matin, son cadavre presque nu, avec une grande blessure à l’arcade sourcilière, gît dans une crique locale. Mare effectue les premières constatations à la suite de la découverte du corps d’Erin. Le père de cette dernière, Kenny, n’hésite pas a rendre Dylan responsable du drame. Contre la volonté de Mare, le jeune inspecteur du comté Colin Zabel, connu pour avoir récemment réussi à conclure une affaire non résolue, est amené à l’aider à enquêter sur le meurtre d’Erin et la disparition de Katie Bailey.

La silhouette épaissie par l’alcool (il faut la voir descendre les bières les unes après les autres), la cigarette électronique toujours à la main, la démarche lourde et fatiguée, les traits tirés et les cernes creusés, Marianne – alias Mare – Sheehan est un personnage que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Dès sa première apparition, Kate Winslet (également productrice déléguée) l’incarne, se fond dans la peau de cette officier de police dont la vie s’écroule autour d’elle tandis qu’elle enquête sur un meurtre. La très grande réussite de Mare of Easttown provient non seulement de son fabuleux casting, mais aussi de sa solide mise en scène, de la beauté de la photographie, du soin apporté aux décors qui plongent directement les (télé)spectateurs dans l’ambiance qui rappelle très souvent celle des livres de Dennis Lehane, en particulier la série Kenzie & Gennaro, les meilleurs opus comme Ténèbres, prenez-moi la main, Gone, Baby, Gone, Prières pour la pluie.

C’est noir, sombre, poisseux même, pourtant un humour est très présent au fil des épisodes, surtout quand Mare est montrée au sein de sa famille, sa fille Siobhan (Angourie Rice, vue dans The Nice Guys de Shane Black et la Betty Brant des nouveaux Spider-Man), sa mère Helen (Jean Smart), son ex Frank (David Denman) qui habite la maison juste à côté et qui est donc très souvent présent. Mare est sans cesse partagée entre son boulot pas facile, avec l’affaire d’une disparition non élucidée depuis un an et ce nouveau meurtre d’une jeune fille, et sa situation familiale, marquée par le suicide encore récent de son fils aîné. Un deuil qu’elle n’a pas encore réussi à faire, peut-être n’a-t-elle pas eu le temps d’ailleurs. Pas étonnant que Mare ne trouve pas de temps pour penser à elle et de prendre soin de sa personne, même si on lui rappelle constamment son passé glorieux d’ancienne sportive de la ville. Il y a beaucoup de responsabilités mises sur les épaules carrées de cette quadra fatiguée, mais comme il faut bien avancer et faire avec, Mare se met à enquêter sur l’assassinat qui a choqué toute cette petite bourgade. C’est à ce moment qu’arrive en ville Richard Ryan (Guy Pearce, le sourire en coin, les cheveux long et gras de sébum), un professeur et écrivain qui semble beaucoup s’intéresser à elle. C’est aussi le cas de son nouveau collègue, Colin Zabel (Evan Peters, superbe), mis sur l’enquête à ses côtés, qui n’est pas insensible au charme de Mare.

N’y allons pas par quatre chemins, Mare of Easttown est une mini-série exceptionnelle, un modèle d’écriture (on reste en haleine jusqu’au bout), d’interprétation (tout le casting est éblouissant), de réalisation, qui prend à la gorge du début à la fin, tout en laissant l’occasion au spectateur de reprendre son souffle à travers quelques soupapes inattendues d’humour. On se prend très rapidement d’affection pour le personnage principal, pour sa clique et son entourage. Porté par une critique élogieuse, Mare of Easttown a connu un triomphe sans précédent au fil des épisodes, après pourtant un démarrage plutôt modeste. Les audiences n’ont eu de cesse de grimper au fil des semaines, jusqu’à l’épisode final qui a tout simplement battu des records en mai 2021, un de plus pour la chaîne HBO.

LE BLU-RAY

Mare of Easttown arrive tout naturellement en DVD et Blu-ray chez HBO / Warner Bros. Deux galettes HD, la première présentant les quatre premiers épisodes, la seconde les trois derniers et les suppléments, disposés dans un boîtier classique de couleur bleue, glissé dans un fourreau cartonné. Le menu principal est fixe et muet.

Un peu plus d’un quart d’heure de suppléments au programme. C’est pas terrible, mais c’est déjà ça. Ces bonus sont divisés en quatre modules et donnent principalement la parole au casting, au réalisateur Craig Zobel et au showrunner Brad Ingelsby, le tout illustré par des images de tournage et provenant du plateau. Les comédiens reviennent sur les personnages et sur l’histoire, tandis que les créateurs de la mini-série se penchent plus sur l’écriture du scénario, le choix des costumes, les conditions de prises de vue et la préparation de Kate Winslet pour son personnage. Attention aux spoilers, le final étant révélé au cours des interviews.

L’Image et le son

L’éditeur prend soin de cette mini-série avec un master haut de gamme. Sans surprise, la copie se révèle propre et tire agréablement profit de la HD avec des teintes automnales, une palette chromatique spécifique, le tout soutenu par un solide encodage. Le piqué, tout comme les contrastes, sont souvent tranchants, les arrière-plans sont détaillés, le relief plaisant, les noirs denses et les détails foisonnants. Hormis quelques légers fléchissements de la définition sur les scènes sombres, cette édition Blu-ray offre les plus belles conditions pour voir et revoir Mare of Easttown.

Seule la version originale bénéficie d’une piste DTS-HD Master Audio 5.1, la piste française devant se contenter d’une simple et anecdotique Dolby Digital 5.1, qui n’arrive pas à la cheville de son homologue. Pour la première, le confort acoustique est évidemment largement assuré. La spatialisation est enivrante et participe à l’immersion totale dans l’univers de la série, tout en mettant en avant la très belle composition de Lele Marchitelli (La Grande Bellezza, The Young Pope). Les dialogues sont exsudés avec force, les effets et ambiances annexes sont riches (dans la rue notamment), amples et variés. Nul besoin de monter le volume pour profiter pleinement de la bande-son. Le caisson de basses intervient aux moments opportuns et les sous-titres sont amovibles.

Crédits images : © Home Box Office / Warner Bros. / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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