Test Blu-ray / L’Horrible invasion, réalisé par John “Bud” Cardos

L’HORRIBLE INVASION (Kingdom of the Spiders) réalisé par John “Bud” Cardos, disponible en DVD et Blu-ray le 3 novembre 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : William Shatner, Tiffany Bolling, Woody Strode, Lieux Dressler, David McLean, Natasha Ryan…

Scénario : Richard Robinson, Alan Caillou, Jeffrey M. Sneller & Stephen Lodge

Photographie : John Arthur Morrill

Musique : Dorsey Burnette

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1977

LE FILM

Verde Valley, une petite communauté rurale d’Arizona où la vie s’écoule paisiblement. Ou, du moins, s’écoulait jusqu’à que des animaux ne meurent dans des circonstances étranges, victimes de doses massives de poison dont le vétérinaire Rack Hansen ne parvient pas à trouver l’origine. Quand il y réussit, avec l’aide de l’entomologiste Diane Ashley, il est trop tard. Des dizaines de milliers de mygales déferlent déjà sur la ville, rendues plus agressives encore par les produits chimiques que le maire déverse sur elles.

«  Venimeuses, silencieuses, MONSTRUEUSES  » ou «  Des crochets pour MORDRE, du venin pour TUER  » scandait l’affiche de L’Horrible invasion ou Kingdom of the Spiders pour les puristes, géniale série B réalisée par John «  Bud  » Cardos (né en 1929 et toujours de ce monde à l’heure de cette chronique) en 1977, alors son second long-métrage. Cascadeur (La Horde sauvage), acteur (Le Rescapé de la vallée de la mort), responsable des effets spéciaux, producteur, parfois décorateur, assistant-réalisateur, Cardos passe à la mise en scène en 1970 avec le western The Red, White, and Black. Mais parmi la dizaine de ses films, celui qui trouve grâce aux yeux des cinéphiles déviants (ou non) est donc L’Horrible invasion avec William Shatner, débarqué de l’Enterprise NCC-1701 depuis déjà six ans, ne sachant où aller depuis, avant de finalement remonter à bord de son vaisseau en 1979 pour le grand écran.

En enquêtant sur les morts mystérieuses d’animaux d’élevage, Rack Hansen, vétérinaire, découvre que sa petite ville bien tranquille se trouve envahie par des hordes d’araignées.Celles-ci, confrontées à la destruction progressive par l’homme de leur source de nourriture – les insectes – par les DTT’s et autres insecticides, sont contraintes, en effet, à trouver de nouvelles voies pour s’alimenter… Avant qu’il n’ait put donner l’alerte, les rues se retrouvent infestées d’araignées et Rack ne peut que rejoindre un groupe d’habitants contraint de se réfugier dans un hôtel isolé…

Film de genre inspiré des classiques d’épouvante des années 1950-60, remis au goût du jour suite au triomphe des Dents de la mer en 1975, L’Horrible invasion reste une petite pépite bien troussée, qui convie le spectateur dans une bourgade paumée en Arizona, envahie par des mygales…ou des tarentules, c’est assez ambigu là-dessus. Furieuses d’avoir vu leur écosystème détraqué par l’usage de pesticides (c’est la théorie avancée par les spécialistes dans le film), elles s’en prennent tout d’abord à des animaux (vaches, chiens, taureaux), mais ne tardent pas à effrayer les habitants d’une petite ville dans le but de s’en emparer. Quelques résistants menés par un simple vétérinaire (William Shatner donc) et une entomologiste (Tiffany Bolling, mannequin et chanteuse, dans une de ses rares incursions au cinéma), vont essayer de survivre et d’affronter ces bestioles immondes – plus de 5000 utilisées pour les besoins du film, et des centaines réellement écrasées… – jusqu’au final plutôt étonnant et pessimiste. Les cinéphiles les plus pointus reconnaîtront le comédien Woody Strode (1914-1994), mythique comédien vu dans Spartacus (1960), L’homme qui tua Liberty Valance (1962) et Il était une fois dans l’Ouest (1968).

John «  Bud  » Cardos a travaillé en tant que dresseur sur Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock et cela se ressent dans L’Horrible invasion. Remplacez les volatiles du maître du suspense par des mygales, assaisonnez de sauce barbecue et vous obtenez Kingdom of the Spiders, une série B vintage réjouissante – l’invasion et la panique qui s’ensuit dans la ville sont très efficaces – bien troussée et interprétée, à ranger soigneusement aux côtés d’Arachnophobie (1990) de Frank Marshall et le génial Arac Attack, les monstres à 8 pattesEight Legged Freaks (2002) d’Ellory Elkayem.

A notre ami Christophe Champclaux.

LE BLU-RAY

Un peu plus de cinq ans après sa première édition en DVD, L’Horrible invasion fait son retour chez Sidonis Calysta, une fois de plus en édition Standard, mais aussi et surtout pour la première fois en Haute-Définition. Le menu principal est animé et musical.

Tout d’abord, l’éditeur reprend l’ excellente présentation du film de John «  Bud  » Cardos, concoctée par Marc Toullec et narrée par le regretté Christophe Champclaux (25’), qui vient de nous quitter et à qui cette chronique est dédiée. Ce module se focalise sur les films d’épouvante et fantastiques avec des araignées, géantes, poilues, effrayantes. Constitué de photos, d’extraits et de bandes-annonces, ce segment aborde évidemment la production, le casting et les anecdotes de tournage de L’Horrible invasion.

Sidonis livre également quelques nouveaux suppléments, à commencer par une interview de la chanteuse et comédienne Tiffany Bolling, qui interprète l’entomologiste Diane Ashley dans L’Horrible invasion (9’). Agée de 63 ans au moment de cet entretien (en 2010 donc), elle revient tout d’abord sur le casting réalisé pour le film de John « Bud » Carlos, en indiquant qu’elle a sûrement obtenu le rôle parce qu’elle était jolie, mais surtout parce qu’elle n’avait pas peur du tout des araignées, qu’elle manipulait délicatement. Ensuite, Tiffany Bolling partage quelques anecdotes liées au tournage du film (William Shatner qui la draguait ouvertement sur le plateau alors que son épouse était présente), mais passe aussi sa carrière cinématographique en revue, tout en parlant de ses partenaires à l’écran et de son travail avec le réalisateur.

L’éditeur joint un retour sur le film par William Shatner (16’), enregistré en 2010. Dans cet entretien, le comédien partage à son tour ses souvenirs liés au tournage de L’Horrible invasion. Les thèmes, les intentions, les conditions de prises de vues (les rats et les araignées l’effrayaient autant), la psychologie des personnages, l’accueil du film, son statut culte et même son message écologique (après ce film, William Shatner deviendra très actif dans la défense de l’environnement) sont abordés au cours de cet excellent segment, parfois rapidement illustré par des images filmées sur le plateau.

Enfin, nous trouvons un commentaire audio de l’actrice Tiffany Bolling et du producteur Igo Kantor (décédé en 2019), présenté en version originale sous-titrée en français. Dispensable, c’est le mot qui vient à l’esprit après avoir écouté ce commentaire, sympathique certes, mais qui s’égare un peu dans tous les sens et qui ne dévoile pas grand-chose sur les conditions de tournage, en dehors de ce qui a pu être entendu dans les suppléments précédents. Tiffany Bolling a beau y mettre du sien, Igo Kantor est souvent mou et l’ensemble évoque surtout la musique du film, puisque le producteur était également compositeur (mais pas sur ce film), superviseur de la musique ou monteur musique. Du coup, Igo Kantor s’anime un peu plus quand on évoque tel ou tel morceau entendu dans le film, mais reste souvent effacé.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce, mais l’on perd l’ancienne galerie de photos.

L’Image et le son

Et bien franchement nous n’attendions pas une copie aussi belle ! L’image de L’Horrible invasion s’avère plutôt impressionnante. Le master HD (1.85, 16/9) affiche une indéniable propreté, le grain est habilement géré excepté durant les credits en ouverture et en fin de film. En effet, la texture y est plus grumeleuse, les contrastes aléatoires, les poussières se multiplient (points, tâches, griffures, tout y passe) et la luminosité décline. Mais en dehors de la première et de la dernière bobine, la stabilité est de mise, les couleurs sont chatoyantes, superbes, éclatantes (les teintes rouges, vertes et bleues se dévoilent enfin), et les détails sont très agréables avec un piqué ciselé. Quelques points noirs demeurent, mais rien de bien important.

Bien que les versions originale et française – DTS-HD Master Audio 2.0 – aient été restaurées, cette dernière n’arrive pas à la cheville de la première. La piste française demeure confinée, lointaine, sourde et manque singulièrement de peps. En revanche, la langue de Shakespeare est incroyablement nette, claire, précise dans ses effets, riche et le thème musical principal est dynamique. Les sous-titres français ne sont pas imposés sur la version originale. Notons que L’Horrible invasion est présenté dans sa version intégrale et que le doublage français de certaines scènes a été perdu. De ce fait, elles passent automatiquement en version originale sous-titrées.

Crédits images : © Sidonis Calysta / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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