Test Blu-ray / Cheeseburger Film Sandwich, réalisé par Joe Dante, John Landis, Peter Horton, Carl Gottlieb et Robert K. Weiss

CHEESEBURGER FILM SANDWICH (Amazon Women on the Moon) réalisé par Joe Dante, Carl Gottlieb, Peter Horton, John Landis et Robert K. Weiss, disponible en DVD et combo Blu-ray/DVD le 14 décembre 2016 chez Elephant Films

Acteurs : Rosanna Arquette, Michelle Pfeiffer, Carrie Fisher, B.B. King, Bryan Cranston, Russ Meyer, Henry Silva, Griffin Dunne, Joe Pantoliano, Steve Guttenberg, Robert Picardo, Ed Begley Jr., Kelly Preston

Scénario : Michael Barrie, Jim Mulholland

Photographie : Daniel Pearl

Musique : Ira Newborn

Durée : 1h25

Date de sortie initiale : 1987

LE FILM

Une suite improbable de sketches surréalistes, parodies de publicités et de films à petits budgets des années 50 à 80 ; avec en toile de fond la diffusion du film « Amazon Women on the Moon », qui est sans cesse interrompue…

Dix ans après le cultissime The Kentucky Fried Movie, baptisé dans nos contrées Hamburger Film Sandwich, John Landis décide de remettre le couvert pour Amazon Women on the Moon aka Cheeseburger Film Sandwich. Cette fois, bien que les ZAZ manquent à l’appel au scénario et s’il ne s’agit en aucun cas d’une suite, John Landis n’est pas seul derrière à la barre de ce désopilant film à sketches. Joe Dante (qu’on ne présente plus), Carl Gottlieb (scénariste des Dents de la mer et de ses deux suites directes), Peter Horton (comédien inconnu en France) et Robert K. Weiss (producteur de The Blues Brothers, Police Squad et plus tard de la trilogie Y a-t-il un flic pour sauver…?) se sont relayés pour les multiples segments, ou devrait-on dire ingrédients qui composent ce « Cheeseburger » hautement recommandé.

Rien ne relie ces petites histoires courtes, burlesques et d’humour noir, si ce n’est la diffusion d’un pseudo-film de science-fiction à petit budget des années 1950. Il s’agit bien évidemment d’une parodie géniale de ce genre de séries B (voire Z) qui fleurissaient à cette époque, avec ici une Sybil Danning à se damner en reine des amazones. Bien que le film soit annoncé sans aucune interruption publicitaire, ce ne sera pas vraiment le cas puisque la copie ancienne (avec des marques du genre Gindhouse) se déchire ou brûle. À chaque reprise, le présentateur annonce une année de production différente. Le nom indiqué pour le réalisateur est “Samuel L. Bronkowitz”, un nom fictif déjà utilisé à de multiples reprises par John Landis lui-même dans Hamburger Film Sandwich, alors que ce segment a été mis en scène par Robert K. Weiss.

Ces cinq cinéastes se relaient pour des sketchs, certes inégaux comme c’est souvent le cas dans ce genre de productions, mais qui n’en demeurent pas moins efficaces et franchement tordants. Certes, les scénaristes Michael Barrie et Jim Mulholland n’ont pas l’humour dévastateur ni le génie des ZAZ, mais tout de même, certains segments restent hilarants, surtout ceux réalisés par John Landis lui-même. C’est le cas du prologue intitulé Mondo Cordo, qui montre un homme (Arsenio Hall vu dans Un Prince à New York) qui doit faire face à de multiples dangers domestiques tandis qu’un inconnu l’appelle sans cesse au téléphone pour parler à une certaine Selma. Landis dirige également Michelle Pfeiffer, Griffin Dunne et Peter Horton dans le sketch Hospital, l’histoire d’une femme qui vient d’accoucher à la clinique et qui apprend avec son mari que leur bébé a été “temporairement égaré”.

Citons également en vrac (comme le film et c’est pourquoi c’est si bon) :

Pethouse Video : Taryn Steele (la sublime playmate Monique Gabrielle) nous parle de sa vie en toute simplicité, déambulant dans la rue dans le plus simple appareil.

Murray in Videoland : Murray (Lou Jacobi) découvre les joies de la télécommande… mais se retrouve bientôt lui-même prisonnier du petit écran en passant de film en film…jusqu’à ce qu’il se retrouve dans les mains de King Kong ou en charmante compagnie (encore Monique Gabrielle) dans un jacuzzi.

Hair Looming : Une publicité pour un procédé révolutionnaire de transplantation de cheveux.

Blacks Without Soul : Le véritable B.B. King participe à une publicité pour une campagne de dons visant à réintégrer dans la société des “personnes noires sans âme”.

Two I.D.’s : Jerry (Steve Guttenberg), un séducteur invétéré, espère courtiser Karen (Rosanna Arquette), mais celle-ci lui demande deux pièces d’identité et obtient, grâce à une machine révolutionnaire, le détail des précédentes conquêtes de son prétendant. Ce qui va couper court aux espoirs du malheureux.

Bullshit or not ? : Le comédien Henry Silva présente une émission télévisée enquêtant sur les grands mystères de l’humanité. Aujourd’hui, on apprend, reconstitution à l’appui, que Jack l’Eventreur était probablement le Monstre du Loch Ness !

Critic’s Corner : Dans cette émission culturelle, deux critiques cinématographiques échangent leur point de vue sur des films récents. Aujourd’hui ils présentent leur nouvelle rubrique “Real Life Reviews” dans laquelle ils critiquent la vie d’un de leurs téléspectateurs alors que celui-ci regarde le show en direct, avant de s’écrouler devant l’écran, terrassé par une crise cardiaque annoncée quelques secondes auparavant par les critiques.

Silly Paté : Une publicité pour un pâté élastique révolutionnaire qui saura égayer vos soirées entre amis.

Roast Your Loved One : Une cérémonie funèbre avec un éloge pas vraiment élogieux !

Video Pirates : Après avoir pris possession d’un navire adverse, des pirates mettent la main sur une cargaison de vidéos (et même de Laserdiscs) arrivées sur le marché de manière illégale. Les flibustiers s’esclaffent en découvrant le message d’avertissement du FBI en début de programme d’un des films piratés.

Son of the Invisible Man : La suite tant attendue de L’Homme Invisible, le classique de 1933. Sauf que le fils de l’homme invisible n’a plus tous ses esprits et n’est pas aussi invisible qu’il se l’imagine. Il déambule donc nu comme un vers au milieu des piliers de bar, visiblement habitués à cette crise de démence.

Art Sale : Le Cosmopolitan Museum of Art arrivant au terme de son bail, le musée brade toute sa collection auprès du grand public.

Titan Man : Un jeune homme sur le point de conclure avec sa petite amie (Kelly Preston) se rend dans une pharmacie pour y acheter des préservatifs en toute discrétion (du moins le pense-t-il).

Video Date : Un jeune homme, Ray (Marc McClure), cherche une vidéo pour occuper son samedi soir. Le vendeur du vidéo-club (Russ Meyer) lui propose une cassette très particulière puisque les protagonistes du film s’adressent à lui directement.

Reckless Youth : Mary Brown (Carrie Fisher) vient se confier à un docteur (Paul Bartel) qui lui diagnostique une “maladie sociale” après s’être fourvoyée avec des personnes peu recommandables.

Voilà tout le programme qui vous attend. Un film concept à la zapping extrêmement généreux (y compris en donzelles dénudées), politiquement incorrect, vraiment drôle (et encore plus en version française) et même soigné sur la forme avec des parodies très réussies dans lesquelles « lots of actors » – comme ils sont crédités au générique – s’amusent comme des gamins.

LE BLU-RAY

Cheeseburger Film Sandwich est disponible en combo Blu-ray-DVD chez Elephant Films. Très beau visuel. Le menu principal est animé et musical.

La section des suppléments démarre par un bêtisier tordant, avec la regrettée Carrie Fisher, lumineuse et au sourire désarmant. C’est aussi l’occasion de voir que certains comédiens improvisaient sur le plateau en proposant certaines répliques alternatives.

L’éditeur propose également près de 20 minutes de scènes coupées. En plus d’une ouverture originale, nous trouvons surtout un sketch très sombre intitulé The Unknown Soldier, réalisé par Peter Horton, avec Ronny Cox et Robert Loggia. Durant la Seconde Guerre mondiale, des hauts gradés américains font appeler un jeune soldat et l’informent qu’ils l’ont désigné pour devenir le Soldat Inconnu. En effet, toutes les victimes ayant été identifiées et rapatriées et devant impérativement revenir au bercail avec un soldat inconnu à enterrer, le jeune soldat possède le profil rêvé puisque sans famille et sans attache. Après une cigarette et une bonne coupe de champagne, le soldat finit par se laisser convaincre par son supérieur et doit alors mettre fin à ses jours pour passer plus vite à la « postérité ». Deux autres sketches réalisés par Joe Dante, l’un qui annonce les funérailles placées sous le signe du rire et un autre à base de marionnettes française et américaine échangées (avec Dick Miller, l’acteur fétiche du cinéaste), sont également disponibles.

L’interactivité se clôt sur un lot de bandes-annonces, une galerie de photos et les credits.

L’Image et le son

Merci à Elephant Films de nous permettre d’ajouter Cheeseburger Film Sandwich à notre collection de Blu-ray, d’autant plus que le film était alors inédit en DVD dans nos contrées ! Pour son passage en HD grâce aux bons soins de notre pachyderme préféré, ce film à sketches se refait une petite beauté. Une fois passé le générique un peu grumeleux, on perçoit le travail de restauration effectué puisque presque les scories et poussières ont été éliminées, sauf bien sûr quand elles sont d’origine sur les pastiches. L’ensemble est plutôt riche et stable, la gestion du grain équilibrée et les fourmillements limités grâce au codec AVC. Le piqué demeure peu pointu. Les contrastes sont corrects. Certaines séquences tirent agréablement profit de cette élévation HD, à l’instar du film Amazon Women on the Moon avec ses costumes et ses décors colorés.

Trois mixages au choix en DTS-HD Master Audio 2.0 : deux versions française et la piste anglaise. Si nous pouvions vous donner un conseil, sélectionnez le doublage français original, absolument dantesque et qui ne se gêne pas pour appuyer certains gags avec une traduction parfois libre, mais toujours tordante. L’autre version française disponible est plus récente et si elle s’avère plus respectueuse des dialogues et situations, elle s’avère moins drôle et plus en retenue. La version originale s’avère plus riche et propre, mais dans les trois cas le confort acoustique est assuré.

Crédits images : © Elephant Films / Universal / Captures du Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

 

 

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