Test 4K UHD / Running Man, réalisé par Paul Michael Glaser

RUNNING MAN (The Running Man) réalisé par Paul Michael Glaser, disponible en Combo Blu-ray+4K UHD le 14 octobre 2026 chez Studiocanal.

Acteurs : Arnold Schwarzenegger, Maria Conchita Alonso, Yaphet Kotto, Jim Brown, Gus Rethwisch, Jesse Ventura, Erland van Lidth, Marvin J. McIntyre…

Scénario : Steven E. de Souza, d’après le roman de Richard Bachman (Stephen King)

Photographie : Thomas Del Ruth

Musique : Harold Faltermeyer

Durée : 1h41

Date de sortie initiale : 1987

LE FILM

Au XXIe siècle, l’Amérique est une dictature. Le gouvernement manipule les masses par le moyen de la télévision. Parce qu’il a refusé d’ouvrir le feu sur des manifestants pacifiques, Ben Richards, policier intègre, est victime d’un coup monté. Il est accusé d’avoir tiré sur la foule et est envoyé en prison. Il s’évade avec deux complices. Bientôt dénoncé par Amber, une jeune musicienne qui le croit dangereux, il devient le candidat involontaire du plus cruel des jeux télévisés : « Running man ». Abandonné dans les bas quartiers de la ville, il doit affronter des gladiateurs meurtriers, véritables stars du petit écran. Après avoir découvert la preuve de son innocence, Amber entre à ses côtés dans le jeu. Ensemble, ils vont s’allier à un groupe de rebelles pour mettre fin à l’émission et révéler la duplicité de Damon Killian, le dangereux présentateur du spectacle…

Running Man, ou The Running Man en version originale est la fameuse transposition de la nouvelle dystopique de Richard Bachman aka Stephen King, publiée en 1982, après dix ans de refus de la part des éditeurs. Mais avant tout cela, un petit retour en arrière s’impose. En 1965 sort sur les écrans La Dixième victime du grand Elio Petri, film prophétique et politique sur les dérives des gouvernements et de la télévision qui s’inspire d’une courte nouvelle écrite par l’auteur de science-fiction américain Robert Sheckley (1928-2005), The Seventh Victim, publiée en 1953 dans la revue Galaxy Science Fiction. Fable et satire sociale du devenir de l’humanité, cette dystopie centrée sur une chasse à l’homme autorisée, télévisée et favorisée par les autorités s’accorde avec les sujets de prédilection d’Elio Petri. L’oeuvre de Robert Sheckley n’aura de cesse d’inspirer certains réalisateurs par la suite, comme Yves Boisset avec Le Prix du danger, adaptation de la nouvelle The Prize of Peril (1958), qui sort en 1983. C’est là que débarque Running Man, qui sort en 1987, qui est donc la très libre « relecture » de l’oeuvre de Stephen King, elle-même inspirée par celle de Robert Sheckley. À la barre Paul Michael Glaser, connu évidemment pour son rôle du Sgt. Detective David « Dave » Starsky dans la série Starsky et Hutch, qui avait fait ses premiers derrière la caméra l’année précédente avec le remarqué Le Mal par le mal – Band of the Hand. Après les défections (ou les renvois) successifs d’Andrew Davis, de George Pan Cosmatos, de Carl Schenkel et de Ferdinand Fairfax, Paul Michael Glaser (choix qui allait déplaire à la tête d’affiche) devait s’acquitter honorablement de sa tâche (qu’il avait refusé dans un premier temps), en reprenant une production qui avait mis du temps à réellement se mettre en route. Si le scénario, là aussi passé entre beaucoup de mains, est finalement imputable à Steven E. de Souza, celui-ci est parfaitement calibré pour Arnold Schwarzenegger, qui a lui aussi hérité du rôle après l’abandon de Christopher Reeve et de Patrick Swayze. En 1986, le Tronc Autrichien a déjà derrière lui Conan le Barbare et sa suite, Terminator de James Cameron, Commando de Mark L. Lester et sort du tournage épuisant de Predator de John McTiernan. Le comédien retrouve le scénariste de Commando pour Running Man, qui délaisse le côté sombre et profondément pessimiste de la nouvelle originale, pour orienter le film vers le spectacle bon enfant, sans pour autant mettre la violence de côté. Bien accueilli par le public à sa sortie, sans pour autant casser la baraque, Running Man conforte le statut de nouvelle star d’Arnold Schwarzenegger, qui allait connaître ensuite toute une série d’énormes succès et de triomphes successifs dès 1988, Jumeaux et Un flic à la maternelle d’Ivan Reitman, Total Recall de Paul Verhoeven, avec pour apothéose le carton international de Terminator 2 : Le Jugement dernier de James Cameron. Mais pour l’heure, Schwarzy court et balance des vannes dans Running Man, pur divertissement qui n’a eu de cesse de prendre du galon avec les décennies, prouvant ainsi que le film était loin d’être une simple série B et qu’il avait aussi des choses à dire sur la société, ou tout du moins sur ce qu’elle allait devenir. Raison pour laquelle on restera toujours énormément attaché à Running Man premier du nom.

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