
PINOCCHIO: DÉCHAÎNÉ (Pinocchio: Unstrung) réalisé par Rhys Frake-Waterfield, disponible en DVD & Combo 4K Ultra HD + Blu-ray le 6 octobre 2026 chez Arcadès éditions.
Acteurs : Robert Englund, Richard Brake, Cameron Bell, Peter DeSouza-Feighoney, Jack Art Gray, Mya Brown, Karolina Knight, Jessica Balmer…
Scénario : Rhys Frake-Waterfield
Photographie : Vince Knight
Musique : Andrew Scott Bell
Durée : 1h22
Date de sortie initiale : 2026
LE FILM
Geppetto offre à son petit-fils James une marionnette de bois mystérieusement vivante. Poussé par un Criquet inquiétant, Pinocchio se lance dans une croisade violente pour devenir un vrai petit garçon, morceau par morceau.

Franchement, honnêtement, on ne donnait pas cher de ce Pinocchio : déchaîné, que l’on avait même refusé de voir dans un premier temps, suite au calvaire que nous avions connu devant Bambi – La Vengeance…Pourtant, la surprise est de taille avec ce nouveau venu dans l’univers Twisted Childhood ! Voilà un bon film d’horreur bien craspec, trash et gore, qui rappelle les fantaisies d’antan, autrement dit celles des années 1980-90, du style Leprechaun de Mark Jones et Jeu d’enfant – Child Play de Tom Holland. C’est vous dire si la marionnette conçue par ce bon vieux Geppetto n’a rien de celle immortalisée par Walt Disney en 1940 et que Carlo Collodi a dû se retourner, sa poussière plutôt, plusieurs fois dans son caveau familial du cimetière delle Porte Sante à Florence. Vous pouvez vérifier, c’est bien là qu’il repose. Bref, Pinocchio rejoint Winnie-the-Pooh (déjà deux films en ce qui le concerne), Peter Pan (Peter Pan’s Neverland Nightmare) et Bambi (Bambi: The Reckoning), tandis que La Belle au Bois Dormant, Blanche-Neige, Alice au pays des merveilles et Tigrou, tombés dans le domaine public, feront logiquement bientôt leur apparition. En attendant aussi un Poohniverse: Monsters Assemble, autrement dit un « Avengers » qui réunira une bonne partie de toute cette clique, on prend beaucoup de plaisir (pas coupable, car cela n’existe pas, disons déviant) devant ce Pinocchio effectivement complètement déchaîné, dont le charme agit en raison de l’utilisation d’animatroniques convaincantes et de beaux effets pratiques, auxquels le générique de fin rend un bel hommage. Certes, la mise en scène reflète parfois le budget que l’on imagine modeste, mais ce Pinocchio là sent bon le système D et s’avère un spectacle horrifique extrêmement généreux en effets sanglants et réserve quelques bonnes idées, la plus grande étant Jimmy Cricket, la mauvaise conscience, entièrement réalisée en images de synthèse, auquel Robert Englund prête son inimitable voix et dont la gueule fait évidemment penser à celle de Freddy Krueger. Tout cela pour dire que Pinocchio : déchaîné, qui fait écho à La Revanche de Pinocchio – Pinocchio’s Revenge (1996) de Kevin Tenney, vaut son pesant de cacahuètes et mérite qu’on s’y attarde.



James, un adolescent orphelin, vient de perdre son meilleur ami, emporté par un cancer. Pour l’aider à faire son deuil, son grand-père, Geppetto lui offre une poupée de bois dotée d’une âme, baptisée Pinocchio. Comme tout garçon de son âge, James ignore les mises en garde de son grand-père et présente Pinocchio au monde extérieur. Mais très vite, Pinocchio aspire à devenir humain et à prouver qu’il mérite l’amitié de James en le protégeant. Il va alors se lancer dans une croisade sanglante pour éliminer quiconque pourrait nuire à James, et se procurer les parties du corps dont il a besoin pour devenir humain. Pinocchio, encouragé à poursuivre sa quête par le diabolique Cricket, une autre des créations de bois de Geppetto, se retrouve entraîné dans une véritable frénésie meurtrière !


L’exposition réalisée à partir de vraies ombres chinoises étonne par sa beauté. Puis vient l’introduction du personnage de James, jeune ado doublement touché par le deuil, recueilli par son grand-père, Geppetto donc, inventeur, qui use de son art pour accompagner son petit-fils dans son malheur. « Tu ne connaîtras plus jamais une telle perte » dit-il à James, incarné par un acteur très convaincant (Cameron Bell, vu dans la série Silo). La rencontre entre le garçon et la marionnette à laquelle Geppetto a donné la vie fonctionne et l’émotion débarque sans qu’on s’y attende. Après, le metteur en scène et scénariste Rhys Frake-Waterfield, déjà à la barre des deux Winnie-the-Pooh: Blood and Honey, commence à se lâcher dans la scène où les profs d’un lycée profitent de leur temps libre pour faire du sport, en particulier de la musculation. Là-dessus, Pinocchio débarque en toute innocence et, comme dans un épisode de Destination Finale, une réaction en chaîne d’événements va provoquer la mort brutale de deux personnes. La marionnette comprend que quelque chose de pas très catholique vient de se dérouler devant ses yeux de verre…


Plus tard, avec un humour particulièrement sombre et macabre bien dosé, arrive la séquence de l’hôpital où Pinocchio va venger son jeune compagnon, en s’en prenant à celui qui est responsable de l’hospitalisation de James, après un accident de voiture. Pinocchio se glisse dans la chambre du conducteur, lui arrache la peau du visage et l’éventre pour placer ses organes à l’intérieur de son propre torse en bois. Ainsi, faisant le plein de chair et de sang, Pinocchio est certain de devenir un vrai petit garçon. Vous avez dit tordu ? Pervers ? Oui, et on en redemande. Les scènes de cet acabit s’enchaînent, comme celle où la marionnette s’en prend à une dentiste, qui selon lui a fait du mal à James. Celles et ceux qui ne sont pas rassurés quand ils vont se faire détartrer les ratiches, auront quelques suées…Les autres aussi d’ailleurs, car le recours aux prothèses a bel et bien des répercussions sur l’estomac, alors qu’habituellement les CGI créent une distance qui tuent l’effet recherché.


On suit donc le récit « initiatique » de ce Pinocchio bourré d’ironie, qui sait être drôle et inquiétant quand il le faut, sans (trop) recourir aux sempiternels jumpscares. La marionnette fait penser à un sale gosse, lointain cousin de Chucky, persuadé qu’il agit pour le bien, pour protéger et défendre celui qu’il aime. Le carnage se multiplie (à la piscine ou une scène de scalp bien gratinée), même les gamins s’en prennent plein la tête, dont un qui aura du mal à se relever – et pour cause – après avoir vu la sienne être arrachée par un fusil à pompe. Le dernier acte, celui où Geppetto (l’excellent Richard Brake, dernièrement dans la trilogie Les Intrus de Renny Harlin) pète un câble et s’en prend aux jeunes (avec des références attendues à Shining de Stanley Kubrick), est prétexte à un déferlement de violence graphique et encore plus radicale, qui marquera certainement le Twisted Childhood Universe.


À la fin, sans trop en révéler, Pinocchio se fait légèrement sermonner « Tu étais simplement perdu, ne refait jamais ça ! ». Cela entraîne forcément des rires gras et l’on espère sincèrement que la sadique marionnette n’écoutera pas ces sages conseils, qu’il mentira à nouveau (car son nez qui s’allonge peut beaucoup servir…) et qu’il recommencera à « veiller » sur son jeune compagnon.



LE BLU-RAY
Avec Pinocchio : déchaîné, Arcadès Éditions revient au TCU, après Bambi – La Vengeance et Peter Pan’s Neverland Nightmare. Au choix, une édition DVD ou un Combo Blu-ray + 4K UHD. Visuel soigné, repris d’ailleurs sur le menu principal, animé et musical.

On commence la section bonus par une séquence coupée, celle du meurtre d’un paysagiste, qui passe littéralement dans un broyeur à bois (1’22). Une scène efficace, mais qui effectivement aurait été un passage qui n’aurait rien apporté à l’histoire.
Passez ensuite à la section consacrée à la création de Cricket, doté de la voix de Robert Englund (et dont le visage a inspiré le personnage) en compagnie de différents animateurs ayant participé à sa réalisation (2’35). L’occasion de voir les différentes étapes et l’évolution du processus créatif de tout ce beau monde, visiblement amusé d’avoir pu repousser les limites du gore.


L’éditeur propose une interview de…Pinocchio lui-même (5’30). Le pantin de bois évoque entre autres ses partenaires, le travail avec le réalisateur Rhys Frake-Waterfield…Un délire qui s’intègre parfaitement dans le ton du film.

Le dernier supplément est le plus intéressant. Celui-ci est consacré à la création de l’animatronique principale (8’20). Une caméra s’immisce dans les ateliers où ont été conçus les effets pratiques, tandis que l’éminent Todd Masters dévoile toutes les étapes et le processus créatif qui ont conduit au résultat final. La réinvention et l’évolution du personnage, mais aussi les matériaux utilisés pour sa confection (polystyrène, caoutchouc, plastique, le tout inspiré par le bois flotté), vous saurez tout sur le pourquoi du comment, l’ensemble étant illustré par de nombreuses photos et images de plateau.










L’Image et le son
Certes, nous ne sommes pas devant le disque UHD, mais le résultat demeure très impressionnant. La finesse des détails et des textures est excellente, la palette de couleurs (globalement sobre) est bien restituée, et les niveaux de noirs ainsi que le contraste restent de très bonne qualité. Certains pourront peut-être rechigner sur le léger manque de concision des scènes vraiment très sombres, mais ce serait faire la fine bouche. Dans l’ensemble, la belle photographie est merveilleusement rétablie et les contrastes riches.
Que votre choix se soit porté sur la version française ou la version originale DTS-HD Master Audio 5.1., le confort acoustique est largement suffisant et la piste anglaise l’emporte du point de vue homogénéité des voix et des effets annexes. Le pouvoir immersif des deux mixages est fort plaisant. Toutes les enceintes sont intelligemment mises à contribution, les effets sont souvent percutants. La balance frontale et latérale est constante et riche, le caisson de basses souligne efficacement les séquences du film les plus agitées, tandis que les dialogues et commentaires restent fluides et solides. Les sous-titres français ne sont pas imposés.




Crédits images : © Arcadès / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
