Test DVD / Le Jour de mon retour, réalisé par James Marsh

LE JOUR DE MON RETOUR (The Mercy) réalisé par James Marsh, disponible en DVD le10 juillet 2018 chez Studiocanal

Acteurs : Colin Firth, Rachel Weisz, David Thewlis, Ken Stott, Jonathan Bailey, Adrian Schiller, Oliver Maltman, Kit Connor…

Scénario : Scott Z. Burns

Photographie : Eric Gautier

Musique : Jóhann Jóhannsson

Durée : 1h38

Année de sortie : 2018

LE FILM

1968. Donald Crowhurst, un homme d’affaires anglais, passionné par la voile, est au bord de la faillite. Pour sauver son entreprise et vivre l’aventure dont il rêve depuis toujours, il décide de participer à la première course à la voile en solitaire pour remporter le grand prix. Soutenu par sa femme et ses enfants, il se lance alors dans cette incroyable odyssée à travers les mers du monde. Mais mal préparé et face à lui-même, Crowhurst rencontre très vite de graves difficultés…

Il y a des films qui tiennent essentiellement sur leurs têtes d’affiche. La plupart peut-être. Le Jour de mon retour The Mercy fait partie du lot. Bien que cette histoire vraie ne manque pas d’intérêt, le traitement académique finit par lasser et si le spectateur parvient à aller jusqu’au bout, c’est uniquement en raison du talent et du charisme de ses interprètes. Et dans Le Jour de mon retour nous sommes gâtés puisque le film de James Marsh réunit deux des plus grands comédiens britanniques, Colin Firth et Rachel Weisz. Le réalisateur qui compte à son actif de très grandes réussites comme le documentaire Le Funambule (2008) sur le célèbre Philippe Petit et sa traversée sur un fil tendu entre les deux tours du World Trade Center, l’exceptionnel Shadow Dancer (2012) avec Clive Owen, ou bien encore Une merveilleuse histoire du temps avec Eddie Redmayne oscarisé pour son incarnation de Stephen Hawking, peine à capter l’attention et signe une œuvre souvent redondante, même si le récit reste bouleversant.

Le Jour de mon retour se penche sur le destin de Donald Crowhurst, qui a déjà inspiré d’autres films et documentaire (Deep Water, de Louise Osmond et Jerry Rothwell, sorti en 2006) dès 1982 avec Les Quarantièmes rugissants de Christian de Chalonge avec Jacques Perrin dans le rôle principal. Déjà producteur à l’époque et en dépit de l’échec du film, ce dernier est à nouveau producteur sur Le Jour de mon retour. Ecrit par Scott Z. Burns (La Vengeance dans la peau, The Informant !, Effets secondaires), le film de James Marsh propose une réelle transposition au cinéma des derniers jours de Donald Crowhurst (1932-1969), homme d’affaires anglais, inventeur d’un radiocompas, passionné de voile en navigateur amateur, porté disparu durant la course autour du monde Sunday Times Golden Globe Race. En 1968, bien que n’ayant jamais pris la mer, il décide de laisser femme et enfants pour participer à cette épreuve en solitaire et sans escale afin de gagner le prix offert par le journal organisateur, 5000 livres sterling, pour sauver son entreprise en difficulté. Quelques semaines après son départ, Donald Crowhurst, enchaîne les incidents techniques. Il abandonne secrètement la course tout en falsifiant son livre de bord et en transmettant par radio de fausses positions pour faire croire qu’il effectue réellement le tour du monde prévu. Ne pouvant s’imaginer rentrant au pays en ayant perdu son pari, ce qui le conduirait à la ruine, il sombre petit à petit dans la démence.

Le problème du Jour de mon retour est la mise en scène académique de James Marsh, que l’on a connu nettement plus inspiré. Si l’on comprend très vite ce qui a pu l’attirer dans ce projet, à savoir la détermination d’un homme qui entreprend de réaliser le rêve de sa vie envers et contre tous, tout en étant prêt à mettre sa vie en jeu, le récit fait malheureusement du surplace. Le cinéaste se retrouve piégé dès que son personnage principal se retrouve seul en mer à bord de son trimaran en bois de 12m, le Teignmouth Electron. Si l’utilisation des flashbacks tente de faire diversion, l’émotion a du mal à prendre. Colin Firth assure évidemment du début à la fin avec l’élégance qui le caractérise. Rachel Weisz, toujours aussi resplendissante, n’a pas grand-chose à défendre, mais le fait bien et avec une immense sensibilité.

Evidemment, cette histoire vraie, bien documentée et reconstituée ne laisse pas indifférent. C’est seulement que ce drame est bien trop sage et scolaire pour réellement convaincre et emporter pleinement l’adhésion.

LE DVD

Le Jour de mon retour n’est disponible qu’en DVD chez Studiocanal. Le test a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est fixe et musical.

L’éditeur n’avait visiblement pas beaucoup d’éléments à disposition puisque seul un making of de 4 minutes (en fait divisé en deux featurettes) est proposé comme bonus. L’occasion pour l’équipe de revenir brièvement sur l’histoire et les personnages.

L’Image et le son

Ce master restitue habilement l’omniprésence des gammes bleues avec l’horizon, les costumes, les éléments du décor. Les contrastes sont légers mais très beaux, le cadre large est superbe. Si quelques baisses de la définition demeurent constatables, le piqué reste très appréciable sur les scènes diurnes, les détails sont agréables, la clarté est de mise. Un transfert très élégant.

Deux pistes Dolby Digital 5.1 qui parviennent à embarquer le spectateur à bord du trimaran. Les ambiances naturelles ne manquent pas, surtout lors des tempêtes rencontrées par Donald Crowhurst où le caisson de basses s’anime également. Les voix sont solidement plantées sur la centrale, surtout en version originale, et la spatialisation musicale est systématique. Les sous-titres français sont imposés en anglais. Une piste Audiodescription est également proposée, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Studiocanal / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Escobar, réalisé par Fernando León de Aranoa

ESCOBAR (Loving Pablo) réalisé par Fernando León de Aranoa, disponible en DVD et Blu-ray le 22 août 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs : Javier Bardem, Penélope Cruz, Peter Sarsgaard, Julieth Restrepo, Óscar Jaenada, Santiago Soto, Quique Mendosa, Ariel Sierra…

Scénario : Fernando León de Aranoa d’après une histoire originale et le livre de Virginia Vallejo, « Pablo, je t’aime, Escobar, je te hais » (« Amando a Pablo, odiando a Escobar »)

Photographie : Alex Catalán

Musique : Federico Jusid

Durée : 2h03

Année de sortie : 2017

LE FILM

Impitoyable et cruel chef du cartel de Medellin, Pablo Escobar est le criminel le plus riche de l’histoire avec une fortune de plus de 30 milliards de dollars. « L’empereur de la cocaïne » met la Colombie à feu à sang dans les années 80 en introduisant un niveau de violence sans précédent dans le commerce de la drogue. Fascinée par son charisme et son pouvoir, la très célèbre journaliste Virginia Vallejo, va s’apercevoir qu’on ne s’approche pas de l’homme le plus dangereux du monde impunément…

Décidément, le célèbre trafiquant colombien de cocaïne Pablo Escobar (1949-1993) n’a de cesse d’inspirer le cinéma et la télévision. Après Cliff Curtis dans Blow de Ted Demme (2001), Benicio del Toro dans Paradise Lost d’Andrea Di Stefano (2014), sans oublier Wagner Moura dans la série Narcos, c’est au tour de Javier Bardem d’interpréter le baron de la drogue des années 1980 dans Escobar, un rôle qu’il convoitait depuis près de vingt ans et qui pour ainsi dire lui revenait de droit. Rien de bien nouveau dans ce biopic qui se contente d’aligner les poncifs et moments attendus répertoriés sur la fiche Wikipédia du roi de la blanche, qui fait le plus souvent penser à un remake de Mesrine de Jean-François Richet passé à la sauce Tarantinesque, si cela veut dire quelque chose. Certes, Javier Bardem s’en sort très bien dans ce rôle pour lequel il s’investit à fond, avec grosse bedaine et tout, mais le film pâtit de l’interprétation outrancière de Penélope Cruz, que nous n’avions pas vue aussi mauvaise depuis très longtemps. C’est d’ailleurs la sixième fois que le couple Bardem-Cruz se donne la réplique au cinéma.

Pour se démarquer de toutes les productions tournant autour du narcotrafiquant colombien, le scénariste et réalisateur espagnol Fernando León de Aranoa a choisi de centrer son film sur la liaison amoureuse entre Pablo Escobar et la journaliste-présentatrice Virginia Vallejo, dont le livre autobiographique Loving Pablo, Hating Escobar a d’ailleurs servi de base au récit. Il n’y a rien à redire sur la reconstitution, sur les décors, sur la technique assez impressionnante et la mise en scène, comme lors de cette séquence de l’atterrissage d’un avion sur une autoroute. Le gros problème, c’est qu’on a l’impression d’avoir déjà vu ça des centaines de fois au cinéma et que rien ne distingue Escobar d’autres films sur le sujet des cartels, en attendant que Sylvester Stallone vienne faire un peu de ménage là-dedans avec son très attendu Rambo V.

Escobar s’apparente à une succession de vignettes bien chiadées sur la forme, mais qui ennuient et lassent sur le fond. Javier Bardem (également producteur) donne de sa personne avec ses yeux camés, son bide proéminent, sa moustache mal taillée et son accent à couper au couteau. Mais il semble être le seul à croire à l’entreprise. Ses partenaires ont du mal à exister à ses côtés, y compris sa propre épouse Penélope Cruz. La comédienne, coiffée comme Bernadette Chirac et maquillée comme une voiture volée n’apporte aucune crédibilité à son personnage, aussi pénible qu’inintéressant. L’utilisation de l’anglais pose également un gros problème, l’actrice ayant toujours eu du mal dans cette langue. Alors forcément, interpréter une colombienne et jouer dans la langue de Shakespeare (comme le reste du casting, seules les insultes restent en espagnol) avec l’accent du pays, le défi était de taille, surtout que sa voix est aussi omniprésente qu’une piste audiodescription, puisqu’elle assure la narration – on pourrait même dire qu’elle paraphrase l’action – durant plus de deux heures. Finalement, peu importe ce qui peut lui arriver car Javier Bardem, bluffant, s’étale tellement à l’écran, au sens propre comme au figuré, qu’il ne reste que très peu de place pour ceux qui l’entourent. A part peut-être Peter Sarsgaard, dans un rôle pourtant très limité.

De son côté, le réalisateur suit son cahier des charges, à savoir : a) montrer Escobar pénétrer le marché américain de la drogue b) suivre le cartel de Medellín s’étendre aux Etats-Unis où il fournit 80 % de la cocaïne c) ne pas oublier d’évoquer l’élection d’Escobar comme suppléant à la Chambre des représentants de Colombie pour le Parti libéral d) mettre en scène les assassinats des membres des réseaux et cartels concurrents, sans oublier les juges, politiciens et officiers de police qui mettraient le nez (poudré) dans ses affaires. Parallèlement, Escobar ne cesse de s’enrichir, de perdre pied à mesure qu’il s’en envoie dans le pif, se retrouve entre sa femme et mère de ses enfants et sa maîtresse (Virginia Vallejo donc) pour finalement devoir composer avec le monstre qu’il a lui-même créé.

Escobar n’est pas un film déplaisant ni inintéressant, loin de là, c’est juste que rien ne le distingue des autres films de genre, y compris dans les séquences d’exécution pourtant très violentes. Pas étonnant que ce thriller soit passé complètement inaperçu lors de son rapide passage dans les salles.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray d’Escobar, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

Trois interviews sont proposées dans la section des suppléments. Penélope Cruz (9’), Javier Bardem (15’) et Peter Sarsgaard (6’) reviennent sur les intentions et la direction d’acteurs de Fernando León de Aranoa, le point de vue adopté pour raconter l’histoire, les personnages, leur préparation, le tournage en Colombie et les partis pris. Javier Bardem se taille la part du lion et aborde point par point la façon dont il s’est approprié la figure d’Escobar. Il est de loin le plus passionnant du trio. De son côté, Penélope Cruz a visiblement du mal à défendre ce film dans un anglais souvent hésitant. Ses mains s’agitent beaucoup trop et ses arguments manquent de consistance. Enfin, Peter Sarsgaard passe beaucoup de temps à dire tout le bien qu’il pense de ses partenaires.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Ce master HD (1080p, AVC) d’Escobar ne déçoit pas et se révèle même superbe. Le piqué et le relief sont acérés tout du long et permet d’apprécier les visages des comédiens (ainsi que leurs prothèses), la clarté est de mise, le cadre large offre un lot confondant de détails y compris sur les scènes sombres et la belle photographie marquée par des teintes alliant le chaud et le froid est habilement restituée. Evidemment, la copie est d’une propreté immaculée, les contrastes sont denses. Les meilleures conditions techniques sont réunies et la définition est exemplaire.

Comme pour l’image, l’éditeur a soigné le confort acoustique et livre deux mixages DTS-HD Master Audio 5.1 français et « spanglish », autant dans les scènes d’affrontements secs que dans les séquences plus calmes. Quelques séquences sortent de lot, à l’instar de l’atterrissage de l’avion sur l’autoroute, comme celles des exécutions et de l’assaut dans la jungle. Les mixages imposent une balance impressionnante des frontales comme des latérales, des effets annexes très présents et dynamiques, des voix solidement exsudées par la centrale. La spatialisation est en parfaite adéquation avec le ton du film. L’éditeur joint également deux pistes Stéréo.

Crédits images : © SND / M6 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Drone, réalisé par Jason Bourque

DRONE réalisé par Jason Bourque, disponible en DVD et Blu-ray le 22 août 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs : Sean Bean, Patrick Sabongui, Mary McCormack, Maxwell Haynes, Joel David Moore, Viv Leacock, Sharon Taylor, Bradley Stryker…

Scénario : Paul A. Birkett, Jason Bourque d’après une histoire originale de Ian Birkett, Roger Patterson, Paul A. Birkett

Photographie : Graham Talbot, Nelson Talbot

Musique : Michael Neilson

Durée : 1h27

Année de sortie : 2017

LE FILM

Neil est un pilote de drone chevronné qui réalise des missions secrètes pour la CIA tout en menant une vie de famille discrète dans une banlieue sans histoire. Jusqu’à ce qu’une fuite sur un site web de dénonciation fasse de lui la cible d’un homme d’affaires pakistanais énigmatique convaincu qu’il est responsable de la mort de sa femme et de son enfant. Cette traque de tous les instants va l’exposer à une menace mortelle et mener à une confrontation pleine de suspense.

Au fait, il devient quoi Sean Bean depuis Game of Thrones ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’acteur n’a pas chômé dans les années 2010. Celui qui est mort près d’une trentaine de fois à l’écran a récemment incarné Zeus (rien que ça) dans les deux épisodes de la franchise Percy Jackson, le père de Blanche-Neige dans le film de Tarsem Singh, fait un petit tour chez les sœurs Wachowski (Jupiter : Le Destin de l’univers) et Ridley Scott (Seul sur Mars), tourné deux saisons de la série The Frankenstein Chronicles. Etonnamment, on le retrouve à bord d’une minuscule production canadienne, Drone, réalisée et coécrite par un certain Jason Bourque (et non pas Bourne), auteur d’une multitude de téléfilms catastrophes (ou catastrophiques c’est selon), aux titres explicites comme Asteroid impact, Tornades de pierres, Le jugement dernier, Termination Point, La dernière tempête et ainsi de suite. Autant dire que si Sean Bean a accepté d’apparaître dans Drone, c’est uniquement pour payer un arriéré d’impôts.

Si le comédien espérait que le film reste réservé au Canada, c’est raté. Comme Drone lui-même d’ailleurs. L’affiche annonce un film d’action ou de guerre. Il n’en est rien. A part deux explosions qui explique le contexte, Drone est en réalité un drame psychologique sur le deuil et la culpabilité, teinté de home-invasion. Et encore, toutes proportions gardées. Sean Bean interprète un pilote de drone de haut niveau, Neil Wistin, qui partage sa vie entre ses contrats classés secret défense par la CIA et sa vie de famille compliquée en raison de son fils distant Shane. Neil vient de perdre son père et cette perte renferme encore plus Shane, qui était très proche de son grand-père. Ellen, la femme de Neil, lassé de ce mari taciturne, entame une liaison avec un autre homme. Jusqu’au jour où des informations confidentielles sont dévoilées au grand jour sur internet. Certaines d’entre elles sont interceptées par un homme, Imir Shaw, qui prend pour cible Neil, convaincu que celui-ci est l’auteur de l’explosion ayant abattu son épouse et sa fille au Pakistan un an auparavant. Alors que Shaw cherche à se venger, Wistin est confronté aux conséquences fatales de son métier.

Pas grand-chose à défendre de ce thriller canadien qui se contente de faire du surplace après une exposition pourtant intéressante et plutôt impressionnante. Cinq minutes après, le film adopte alors un rythme de croisière très lent, qui sera conservé jusqu’à la fin. Aucun rebondissement à l’horizon, Drone essaye d’instaurer une tension qui va crescendo, mais la technique d’ensemble est tellement pauvre avec sa mise en scène fonctionnelle, ses décors aseptisés et sa médiocre direction d’acteurs que l’on se désintéresse rapidement de ce qui peut bien se dérouler à l’écran. Si Sean Bean assure tant bien que mal, c’est surtout sur sa mauvaise teinture qui attire le regard, et le comédien se fait finalement voler la vedette par Patrick Sabongui. L’acteur québécois vu dans la série Flash et certains blockbusters hollywoodiens comme le Godzilla de Gareth Edwards, Warcraft: Le commencement de Duncan Jones, et prochainement à l’affiche de The Predator de Shane Black, compose un personnage intéressant et finalement plus attachant que les membres de cette famille dysfonctionnelle. Le film vaut essentiellement pour lui. Car le reste du temps, on rit involontairement devant le jeu souvent outrancier du jeune Maxwell Haynes, très peu convaincant et qui en fait des tonnes, tout comme la pauvre Mary McCormack (À la Maison-Blanche, US Marshals : Protection de témoins) qui doit faire avec son rôle réduit à celui de la femme infidèle.

On peut excuser le fait de s’être fait blouser par la jaquette qui vendait un film d’action, mais on peut difficilement être magnanime avec ce mauvais drame standard, très bavard, pauvrement mis en scène et mollement interprété.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Drone, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est sobre, animé et musical. Nous l’avons dit précédemment, mais contrairement à ce que l’on pourrait croire en voyant la jaquette explosive (« La riposte a commencé… »), le film de Jason Bourque n’est en aucun cas un film d’action ou de guerre.

A la bande-annonce en version française, l’éditeur joint deux scènes coupées (3’) non sous-titrées ! Ces deux séquences n’ont absolument aucun intérêt, notamment la seconde qui montre tout simplement Sean bean boire un verre d’eau…

L’Image et le son

Nous ne savons pas s’il s’agit uniquement de notre exemplaire, mais le Blu-ray que nous avons reçu est parasité par quelques pixels gênants, des traits verts verticaux, qui s’incrustent et qui restent très longtemps en bas à droite de l’écran. Si l’on fait abstraction de ce défaut de compression, qui encore une fois est peut-être notable que sur notre disque, alors ce master HD de Drone est on ne peut plus correct. Les séquences au Pakistan sont très colorées avec un ciel bleu orangé que ne renierait pas Michael Bay, sans oublier une impressionnante profondeur de champ. Les scènes américaines sont volontairement froides, voire glaciales comme l’intérieur de la maison des Wistin. Le piqué est bien ciselé, les détails éloquents (voir les cheveux étranges de Sean Bean), les contrastes corrects et la clarté abondante.

Drone n’est pas vraiment le film avec lequel vous pourrez épater la galerie et faire une démonstration de gros son. Les versions française et anglaise sont certes proposées en DTS HD Master Audio 5.1, mais les latérales ne servent réellement qu’à instaurer quelques ambiances naturelles et à spatialiser la musique. Le caisson de basses n’est pas oublié sur les quelques explosions. Notons toutefois que les dialogues manquent cruellement de coffre sur la centrale en français comme en anglais. Deux pistes Dolby Digital 5.1 sont également disponibles.

Crédits images : © Concorde Home Entertainment / M6 Vidéo / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / La Malédiction Winchester, réalisé par Michael Spierig et Peter Spierig

LA MALÉDICTION WINCHESTER (Winchester : The House that Ghosts Built) réalisé par Michael & Peter Spierig, disponible en DVD et Blu-ray le 3 juillet 2018 chez TF1 Studio

Acteurs : Helen Mirren, Jason Clarke, Sarah Snook, Eamon Farren, Angus Sampson, Tyler Coppin, Laura Brent, Finn Scicluna-O’Prey…

Scénario : Tom Vaughan, Michael Spierig, Peter Spierig

Photographie : Ben Nott

Musique : Peter Spierig

Durée : 1h40

Année de sortie : 2018

LE FILM

Proche de San Francisco se situe la maison la plus hantée au monde : construite par Sarah Winchester, riche héritière de l’entreprise d’armes Winchester, elle est en perpétuelle construction et contient des centaines de pièces. Sarah y construit une prison, un asile pour les centaines d’esprits vengeurs tués par ses armes, et le plus terrifiant d’entre eux veut en découdre avec sa famille…

Les frères jumeaux Spierig (nés en 1976), Michael et Peter, n’ont décidément pas de chance. Chef d’oeuvre absolu, leur troisième long métrage Prédestination (2014) n’a connu qu’une exploitation en DVD et Blu-ray en France. Laissons le temps faire son œuvre pour que ce film incroyable trouve enfin son public et soit considéré à sa juste valeur. Après avoir repris en main la franchise Saw avec le dernier opus en date Jigsaw, retour à la case e-cinema et DTV pour leur nouveau bébé, La Malédiction WinchesterWinchester : The House that Ghosts Built. Cette fois encore, dommage de ne découvrir ce film autrement qu’au cinéma où il aurait dû avoir sa place, surtout lorsque l’on regarde la qualité des trois quarts des productions de genre qui squattent continuellement les écrans.

La Malédiction Winchester est un excellent film fantastique inspiré de la vie de Sarah Winchester, épouse et veuve de William Wirt Winchester, fils d’Oliver Fischer Winchester, ingénieur et inventeur des fusils qui portent son nom, devenus le symbole de la Conquête de l’Ouest. A la mort de son époux et de leur fille, Sarah Winchester hérite de ses biens et de 50 % des parts de la Winchester Repeating Arms Company. Tombée dans une profonde dépression, convaincue que des esprits allaient la tuer, Sarah Winchester utilise sa fortune pour poursuivre de manière ininterrompue, 24 heures sur 24, la construction de son immense demeure pendant 38 ans. Depuis sa mort, la très étendue Mystérieuse Maison Winchester est devenue un monument historique national et une attraction touristique, connue pour ses nombreux escaliers et couloirs ne menant nulle part, ainsi que ses 160 pièces, 40 chambres, 17 cheminées, placards sans fond. Les frères Spierig et leur coscénariste Tom Vaughan partent de ce postulat pour imaginer une histoire de maison hantée, en jouant sur l’extraordinaire et hallucinante architecture de la bâtisse située en Californie à San José. Un merveilleux terrain de jeu idéalement exploité par les cinéastes, qui prouvent une fois de plus leur talent pour instaurer un climat angoissant, tout en livrant un objet plastiquement très recherché.

Le film démarre par le sempiternel panneau « Inspiré de faits réels » et repose en effet sur le sort qui semblait s’acharner sur Sarah et sa famille, mais aussi sur cette maison étrange bâtie dans le but d’enfermer tous les esprits des personnes tuées par la carabine qui a fait la fortune des Winchester. Les travaux continueront de jour comme de nuit, selon les plans établis par Sarah, retirée dans son salon privé, comme si certaines apparitions la guidaient pour établir les futures extensions. Ce qui frappe d’emblée dans La Malédiction Winchester, c’est la beauté de la photographie de Ben Nott, chef opérateur et fidèle collaborateur des frères Spierig qui happe les spectateurs. A cela s’ajoutent les incroyables décors et dédales dans lesquels on se perd volontiers et mis en valeur par les réalisateurs australiens qui instaurent une ambiance réaliste à leur récit, sans avoir recours gratuitement aux jump-scares.

La malédiction Winchester n’est pas un film d’horreur, mais un drame et thriller fantastique qui comporte un message intelligent sur l’usage abusif des armes aux Etats-Unis, ainsi que sur leurs répercussions. Ou comment user du folklore pour en tirer une histoire divertissante et excellemment interprétée par Helen Mirren, parfaite Sarah Winchester, Jason Clarke, vecteur du public pour le faire entrer dans ce labyrinthe hanté, sans oublier Sarah Snook, révélation de Prédestination. Tous ces talents sont réunis pour un divertissement de haute qualité, parfaitement mis en scène (malgré un budget très limité de 3,5 millions de dollars), flatteur pour les mirettes et qui réserve son lot d’émotions fortes, tout en interrogeant sur le sang versé par les armes à feu. Une très grande réussite.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de La Malédiction Winchester, disponible chez TF1 Studio, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est très légèrement animé et musical.

Cette édition s’accompagne d’un seul supplément, un making of (22’) classique, mais assez complet, revenant sur tous les aspects du tournage. La véritable histoire de Sarah Winchester est évidemment au centre de ce documentaire. Tous les comédiens, les réalisateurs, les producteurs, les responsables des départements costumes, décors (très impressionnants) et maquillages, interviennent à tour de rôle, tandis que des images du plateau viennent illustrer l’ensemble.

L’Image et le son

TF1 Studio soigne son master HD. Les contrastes sont d’une densité rarement démentie, y compris sur les très nombreuses séquences sombres, avec une image sans cesse affûtée. Le piqué est acéré, les gros plans riches, les contrastes denses et la colorimétrie reste chatoyante. Les détails sont légion aux quatre coins du cadre large et la copie restitue les volontés artistiques du chef opérateur Ben Nott. Ce Blu-ray offre d’excellentes conditions pour revoir le film des frères Spierig et profiter de la superbe photographie. L’apport HD sur ce titre est évidemment indispensable.

Les deux versions DTS-HD Master Audio 5.1 font quasiment match nul en ce qui concerne la délivrance des ambiances sur les enceintes latérales, la restitution des dialogues et la balance frontale. Le spectateur est littéralement plongé dans ce quasi- huis clos, la spatialisation reste solide tout du long et le caisson de basses est utilisé à bon escient comme lors du tremblement de terre. Sans surprise, la version originale l’emporte de peu sur l’homogénéité et la fluidité acoustique, tandis que la piste française a tendance à mettre les voix un peu trop en avant. L’éditeur joint également les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Splendid Film / Vértice Cine / TF1 Studio / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Le Fidèle, réalisé par Michaël R. Roskam

LE FIDÈLE réalisé par Michaël R. Roskam, disponible en DVD le 2 juillet 2018 chez Pathé

Acteurs : Matthias Schoenaerts, Adèle Exarchopoulos, Jean-Benoît Ugeux, Eric De Staercke, Nabil Missoumi, Thomas Coumans, Nathalie Van Tongelen, Fabien Magry…

Scénario : Thomas Bidegain, Noé Debré, Michaël R. Roskam

Photographie : Nicolas Karakatsanis

Musique : Raf Keunen

Durée : 2h04

Année de sortie : 2018

LE FILM

Lorsque Gino rencontre Bénédicte, c’est la passion. Totale. Incandescente. Mais Gino a un secret. De ceux qui mettent votre vie et votre entourage en danger. Alors Gino et Bénédicte vont devoir se battre envers et contre tous, contre la raison et contre leurs propres failles pour pouvoir rester fidèles à leur amour.

Dès Bullhead, Michael R. Roskam (de son vrai nom Michaël Reynders) a toujours livré des films hybrides, ce qui en fait à la fois leur force, mais aussi et surtout leur faiblesse. Son premier long métrage était à la fois un drame puissant et un thriller ennuyeux. Même chose pour son deuxième film, Quand vient la nuit, drame et polar adapté d’un roman de Dennis Lehane, qui avait souvent le cul entre deux chaises. Aucune surprise donc pour Le Fidèle, mélange de romance passionnelle et de film noir. Le problème, c’est que rien, absolument rien ne fonctionne cette fois. Si Quand vient la nuit la meilleure œuvre de Michael R. Roskam à ce jour – fonctionnait, c’était grâce à l’environnement typiquement américain, la langue anglaise aussi probablement, avec au final un exercice de style réussi et bien interprété, y compris par Tom Hardy, pour une fois supportable. Dans Le Fidèle, projet mûri depuis l’écriture de Bullhead, le gros problème provient à la fois de ses deux têtes d’affiche, Matthias Schoenaerts et Adèle Exarchopoulos, irritants et qui ne dégagent absolument rien à l’écran, mais aussi de son mix de genres que le réalisateur belge ne maîtrise absolument pas.

Si’ l’on pouvait sauver certaines choses dans Bullhead (nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère), notamment l’intense interprétation de Matthias Schoenaerts qui crevait littéralement l’écran, ainsi que dans Quand vient la nuit avec le jeu toujours inspiré de Noomi Rapace et ses fulgurances dans la violence, Le Fidèle ne parvient jamais à retenir l’attention. Tout d’abord, Adèle Exarchopoulos. On pourrait presque s’arrêter là en fait. Incapable de la moindre émotion, sauf quand elle pleure par le nez, la comédienne révélée par Abdellatif Kechiche dans La Vie d’Adèle (Palme d’or 2013), passe le film la bouche ouverte, les yeux à moitié fermés, déclamant ses dialogues d’une voix de bourrin, sans jamais être juste une seule fois. A part peut-être dans les rapides scènes de sexe, probable clause immuable de ses contrats. Elle n’est guère soutenue par son partenaire, Matthias Schoenaerts, décidément « fidèle » au cinéaste, peu en forme et qui passe le film aussi monocorde que monolithique. A croire que Schoenaerts ne serait en fait qu’un canular de ce farceur de François Damiens. Autant dire que la confrontation des deux crée un vrai trou noir dont on se désintéresse rapidement.

De son côté, Michael R. Roskam croit pourtant à fond à son récit romanesque, mais il semble être le seul. S’il soigne sa mise en scène le temps d’un braquage réalisé sur une autoroute en plan séquence et caméra à l’épaule, les partis pris guère reluisants, pour ne pas dire laids il faut bien l’admettre, n’aident en rien pour se laisser porter par l’histoire qu’il désire nous raconter. On ne croit pas une seconde à Adèle Exarchopoulos en pilote de course, la lumière orangée donne aux comédiens un teint que ne renierait pas Donatella Versace, et il y a toujours quelque chose de crade et de repoussant dans le cinéma de Michael R. Roskam qui ne rend jamais ses personnages empathiques (les chiens y sont toujours mieux lotis, comme c’est le cas ici) et auxquels on ne peut adhérer. Finalement, on en vient tellement à rire devant le surjeu (ou le non-jeu c’est selon) des comédiens, que l’on s’ennuie encore plus quand ils ne sont pas à l’écran et que le réalisateur s’égare dans une sempiternelle histoire de rédemption par l’amour, de mafia albanaise, de fausse couche. Ce qui situe Roskam entre Claude Lelouch et Olivier Marchal, deux pointures en mauvais films quoi, avec une touche de Plus belle la vie dans le dernier acte où l’un des personnages principaux tombe gravement malade, avec crane et sourcils rasés, sur fond de musique dégoulinante.

A croire que Bullhead, déjà largement surestimé à sa sortie, n’était qu’un feu de paille, en tout cas Le Fidèle est un film très prétentieux, invraisemblable, boursouflé, bourré de tics, mal joué et photographié au gloubi-boulga. Un ratage sur toute la ligne.

LE DVD

Avec 39.000 entrées au compteur dans les salles françaises, Pathé s’est dit que Le Fidèle ne serait exploité qu’en DVD sur notre territoire. Le visuel de la jaquette reprend celui de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Comme suppléments, nous bénéficions de trois entretiens réalisés à l’occasion de la sortie du Fidèle. Michael R. Roskam (17’), Adèle Exarchopoulos (5’30) et Matthias Schoenaerts (15’) répondent aux mêmes questions (très peu inspirées) avec conviction, ce qui nous donnerait presque envie de revoir le film. La genèse du film, le titre, les thèmes, les partis pris, le casting, l’évolution des personnages sont abordés ici.

L’Image et le son

On ne change pas une équipe qui gagne (ou pas), puisque Michael R. Roskam a de nouveau fait appel au chef opérateur Nicolas Karakatsanis, qui avait déjà signé les photos de Bullhead et de Quand vient la nuit. Egalement directeur de la photographie de l’excellent Triple 9 de John Hillcat, Nicolas Karakatsanis y va à fond dans les éclairages dorés, ambrés et les couleurs pastel. Tout cela aurait pu trouver un équilibre en Haute-Définition, ce qui n’est absolument pas le cas en DVD. La définition est tantôt passable, tantôt catastrophique, les teintes bavent, certains plans sont flous, des fourmillements s’invitent. Aucun piqué digne de ce nom, les scènes sombres ou nocturnes sont les plus mal loties avec un effondrement des détails. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu un aussi mauvais master devant les yeux.

Le mixage Dolby Digital 5.1 se révèle riche et dynamique sur les enceintes frontales mais peine à instaurer une spatialisation convaincante, surtout que les dialogues manquent également de clarté. Heureusement, la musique permet aux enceintes arrière de se réveiller, la balance des avant parvient à plonger le spectateur suffisamment dans l’ambiance grâce à une solide délivrance de la musique et du vrombissement des moteurs bien rendus par le caisson de basses. L’éditeur joint également une piste Stéréo, les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiovision.

Crédits images : © Pathé FilmsMaarten Vanden Abeele / Pathé Distribution / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / La Fête est finie, réalisé par Marie Garel-Weiss

LA FÊTE EST FINIE réalisé par Marie Garel-Weiss, disponible en DVD le 21 août 2018 chez Pyramide Vidéo

Acteurs : Zita Hanrot, Clémence Boisnard, Marie Denarnaud, Christine Citti, Pascal Rénéric, Michel Muller, Inès Fehner, Noémie Rosset…

Scénario : Marie Garel-Weiss, Salvatore Lista

Photographie : Samuel Lahu

Musique : Pierre Allio, Ferdinand Berville

Durée : 1h29

Année de sortie : 2018

LE FILM

L’histoire d’une renaissance, celle de Céleste et Sihem. Arrivées le même jour dans un centre de désintoxication, elles vont sceller une amitié indestructible. Celle-ci sera autant une force qu’un obstacle lorsque, virées du centre, elles se retrouvent livrées à elles-mêmes, à l’épreuve du monde réel et de ses tentations. Le vrai combat commence alors, celui de l’abstinence et de la liberté, celui vers la vie.

La Fête est finie est le premier long métrage de Marie Garel-Weiss, scénariste de talent à qui l’on doit les histoires d’Atomik Circus – Le retour de James Bataille (2004), Propriété interdite (2011), Goal of the Dead (2014) et Alone (2015), quatre films de genre particulièrement ambitieux et qui se démarquent dans le panorama cinématographique français. Après deux courts-métrages, La vie de garçon (2003) et Progéniture (2006), Marie Garel-Weiss passe le cap du «grand format » avec un projet très personnel, puisque constitué d’éléments autobiographiques. La Fête est finie est un film qu’elle a porté jusqu’au bout, dans lequel elle plonge ses deux magnifiques actrices principales, Zita Hanrot et Clémence Boisnard, dans un centre de désintoxication. Les règles de fonctionnement y sont évidemment très strictes, le sevrage très difficile et les deux jeunes femmes se serrent les coudes dans cette épreuve. Mais cette alchimie, cette fusion peut être aussi néfaste que la dépendance qui les a amenées à se rencontrer. La Fête est finie révèle une nouvelle cinéaste à suivre de près, animée par une rage qui enflamme l’écran.

Marie Garel-Weiss a connu la vie dans un centre d’aide et de prévention des toxico-dépendances, les thérapies de groupe, l’identification entre patients, l’entraide. De son propre aveu, ce séjour forcé l’a même sauvé à un moment très critique de sa vie. Avec sa mise en scène heurtée caméra à l’épaule et souvent très proche des comédiennes principales, La Fête est finie est parfois très proche du documentaire. Le spectateur s’attache très vite à ces deux âmes perdues, Sihem et Céleste. La première est incarnée par Zita Hanrot, merveilleuse révélation (et César du Meilleur espoir) de Fatima de Philippe Faucon, vue depuis dans le génial K.O. de Fabrice Gaubert. Sa partenaire, Clémence Boisnard, repérée au cours d’un casting sauvage en boîte de nuit explose littéralement ici. La jeune femme, magnétique, avait déjà fait quelques apparitions au cinéma dans Gare du Nord de Claire Simon et dans Django d’Etienne Comar. Son charisme, son naturel, sa force et son talent laissent pantois.

Marie Garel-Weiss agrippe immédiatement le spectateur en montrant Céleste, 19 ans, paumée, visiblement en manque, cherchant du fric partout dans la rue en demandant aux passants et aux automobilistes. Un accident la conduit alors devant un médecin, interprété par un étonnant Michel Muller. On apprend que Céleste se drogue et boit depuis l’âge de 14 ans. Alcool, shit, colle sniffée, benzodiazépines, tout y passe. Elle débarque dans un centre de désintoxication où elle rencontre Sihem, de sept ans son aînée. Loin des clichés sur la dépendance, Marie Garel-Weiss nous dresse le portrait de ces deux solitudes qui se confrontent, s’observent, se rapprochent, pour finalement arriver à un point où elles ne pourront plus se passer l’une de l’autre, comme une nouvelle drogue. Jusqu’à ce qu’un médecin leur indique qu’elles risquent de rechuter si elles restent ensemble. La vie « peinée » des anges en quelque sorte et non pas rêvée comme le film d’Erick Zonca auquel on peut évidemment penser avec ce fiévreux binôme.

La Fête est finie est la résultante de tempéraments et de talents, qui additionnés forment un magma de tension et d’émotions qui emportent et remuent le spectateur du début à la fin, en évitant tout pathos et misérabilisme, porté par un espoir et un optimisme qui font du bien dans le cinéma hexagonal. Un vibrant hymne à la vie très justement récompensé par le Prix du Public et le Double-Prix d’interprétation féminine au Festival de St Jean de Luz 2017.

LE DVD

Le test du DVD de La Fête est finie, disponible chez Pyramide Vidéo, a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est animé et musical.

La réalisatrice Marie Garel-Weiss est tout d’abord seule en piste afin d’évoquer son parcours, la genèse, l’écriture du scénario, le casting et les conditions de tournage de La Fête est finie (11’). L’intéressée indique que ce film a été conçu dans un besoin vital, un projet qu’elle a voulu absolument réaliser elle-même, d’autant plus que l’histoire s’inspire en grande partie de sa propre histoire. L’itinéraire des deux personnages est analysé. La cinéaste évoque également quelques-unes de ses références, comme Panique à Needle Park de Jerry Schatzberg, Moi, Christiane F. ..13 ans, droguée et prostituée d’Eli Udel et Requiem for a Dream de Darren Aronofsky.

Pour le second entretien, la réalisatrice est rejointe par ses deux comédiennes principales Clémence Boisnard et Zita Hanrot (12’). Les actrices expliquent comment se sont déroulés leurs essais, reviennent sur leur collaboration avec Marie Garel-Weiss et comment elles ont abordé leur personnage.

L’interactivité se clôt sur une dizaine de scènes coupées (10’30). Certaines de ces séquences (non mixées et non étalonnées) sont très belles, notamment une scène d’adieux déchirante entre Céleste et sa mère.

L’Image et le son

Le master renvoie aux conditions de tournage et au budget limité. La caméra colle aux actrices avec un style parfois heurté, les flous ne sont donc pas rares, le piqué forcément aléatoire, tout comme la définition dans son ensemble. Les couleurs sont froides, les contrastes corrects, même si les scènes sombres et nocturnes manquent cruellement de détails.

Autant prévenir d’emblée que ce n’est pas avec La Fête est finie que vous pourrez faire une petite démonstration acoustique. Le mixage Dolby Digital 5.1 apparaît donc anecdotique, d’autant plus que la spatialisation manque d’envergure avec peu d’ambiances naturelles et d’effets annexes. L’ensemble se concentre essentiellement sur la scène frontale. Si les dialogues sont clairs et nets, n’hésitez pas à opter directement pour la piste Stéréo, dynamique, riche et nettement suffisante pour un film de cet acabit. Les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant sont également disponibles, ainsi qu’une piste Audiodescription.

Crédits images : © Pyramide Distribution / Pyramide Vidéo Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Baïonnette au canon, réalisé par Samuel Fuller

BAÏONNETTE AU CANON (Fixes Bayonets!) réalisé par Samuel Fuller, disponible en DVD et Blu-ray le 17 juillet 2018 chez Rimini Editions

Acteurs : Richard Basehart, Gene Evans, Michael O’Shea, Richard Hylton, Craig Hill, Skip Homeier, Paul Burke, George Conrad…

Scénario : Samuel Fuller d’après le roman de John Brophy

Photographie : Lucien Ballard

Musique : Roy Webb

Durée : 1h32

Année de sortie : 1951

LE FILM

Hiver 1950. Les troupes américaines engagées dans la guerre de Corée battent en retraite. Afin de cacher ce repli à l’ennemi, une escouade d’une quarantaine d’hommes va devoir se battre dans ce qui ressemble à une mission suicide.

Samuel Michael Fuller (1912-1997) n’a que 12 ans quand il commence à travailler pour le New York Journal, devenant copy boy autrement dit garçon à tout faire. Il devient ensuite reporter criminel pour le Sun de San Diego et parcourt les Etats-Unis. Suite à la Grande Dépression, il perd son emploi et se met à écrire des récits de fiction, des petits romans, des nouvelles, tout en étant employé comme nègre pour d’autres écrivains. Il commence à être publié sous pseudonyme dans les années 1930. Son style est alors remarqué par les studios et Samuel Fuller se fait engager comme scénariste à Hollywood, avant d’être appelé dans la Première division d’infanterie américaine au cours de la Seconde Guerre mondiale, où il devient soldat et reporter de guerre. Il est témoin des débarquements en Afrique du Nord, en Normandie et en Sicile, tourne également un documentaire sur la libération du camp de Falkeneau et rentre enfin au pays.

Samuel Fuller apprend que les droits de son premier roman The Dark Page ont été achetés par Howard Hawks et Charles Feldman et qu’il est lui-même engagé pour en écrire l’adaptation pour le cinéma. Le projet n’aboutira qu’en 1952 avec la sortie de L’Inexorable enquêteScandal Sheet, réalisé par Phil Karlson. Mais avant cela, Samuel Fuller reprend son métier de scénariste, même si ses travaux ne parviennent pas à trouver preneur. Commençant à perdre espoir, il est alors approché pour mettre en scène un western qu’il a écrit, J’ai tué Jesse JamesI Shot Jesse James (1949). Le film passe relativement inaperçu, mais Samuel Fuller enchaîne tout de même l’année suivante avec Le Baron de l’ArizonaThe Baron of Arizona. Cette fois encore la reconnaissance n’est pas au rendez-vous. Pour cela, il lui faudra attendre la sortie de son troisième film, J’ai vécu l’enfer de CoréeThe Steel Helmet (1951), premier long métrage traitant de ce conflit (durant les événements) et ouvertement des camps d’internement pour les Nippo-Américains durant la Seconde Guerre mondiale. Ce grand succès critique et commercial qui remporte 20 fois sa mise initiale, fait engager Samuel Fuller à la 20th Century Fox. Désormais coproducteur de ses films en partenariat avec Darryl F. Zanuck, le cinéaste souhaite revenir à nouveau sur le thème de son film précédent. Ce sera Baïonnette au canonFixed Bayonets !. Le style de Samuel Fuller y explose littéralement.

Sur le front coréen, fin 1950. Les troupes américaines sont en partie contraintes de se retirer sous la pression des forces communistes. Le général Allen doit battre en retraite avec 15.000 hommes. Pour que Chinois et Nord-Coréens ne sachent rien de ce repli stratégique qu’ils pourraient mettre à profit pour attaquer en force, une compagnie de quarante-huit hommes, commandée par le lieutenant Gibbs, est désignée pour tenir le front et donner à l’adversaire l’impression que toute la division est encore là. Ces hommes doivent tenir bon face à l’ennemi et dans le froid. Cette arrière-garde prend position dans les escarpements enneigés qui dominent la route où peuvent s’engouffrer les chars ennemis. Des postes avancés sont camouflés dans la neige, les accès soigneusement minés et le gros de la petite troupe trouve un abri dans une caverne creusée dans le roc. Et la vie s’organise, dans le froid et l’humidité. Le feu adverse n’est pas le seul danger : il faut veiller à ne pas laisser ses pieds geler, déjouer les incursions nocturnes de soldats ennemis, connaître à fond l’emplacement de chaque mine.

Samuel Fuller connaît la guerre. Mais il connaît surtout les soldats et les hommes, leurs doutes, leurs espoirs, leurs liens, leur courage. Si Baïonnette au canon se solde par un échec au box-office, le film est une véritable bombe et n’a rien perdu de son impact presque 70 ans après sa sortie. Oeuvre méconnue et dissimulée derrière des classiques et autres films mondialement célèbres, Baïonnette au canon est à redécouvrir, autant pour son audace et sa virtuosité, que pour son propos aussi implacable qu’humaniste et foncièrement antimilitariste. Ce joyau tourné dans un N&B sec signé Lucien Ballard (Laura d’Otto Preminger, L’Ultime Razzia de Stanley Kubrick) et au format plein cadre s’avère un véritable huis clos en plein air, puisque l’action est essentiellement centrée dans un cadre spécifique (une colline) et délimité, les hommes et adversaires étant seulement séparés par un champ de mines. Samuel Fuller nous fait entrer directement dans l’action avec l’explosion d’un véhicule américain dès la première séquence. S’ensuit la présentation et la situation des personnages principaux, le contexte militaire et politique, puis le but de la mission-suicide. Le réalisateur prend ensuite le temps de se focaliser sur chacun des visages des militaires constituant la troupe.

Quasiment filmés comme une seule entité (d’ailleurs même les voix-off semblent s’entendre et se répondre) où les acteurs semblent interchangeables, les soldats (dont l’un est interprété par un certain James Dean) sont montrés sous tous les angles, dans leurs peurs et dans leurs actes de bravoure, dans leur affection commune et dans l’entraide. La question du grade est également au centre du récit, certains rêvant d’en avoir un en plus par rapport à leurs camarades, d’autres au contraire ayant la crainte du commandement et donc d’être responsables de la vie et de la mort de leurs subalternes. Samuel Fuller enchaîne les scènes intimistes, comme celles tournées dans la grotte où les hommes essayent de se réchauffer, avec comme point d’orgue la séquence des pieds gelés. Les fusillades et explosions sont brutales, mais rapides et sèches. Leur impact n’en est que plus fort. A cela s’ajoute la célèbre scène du sauvetage d’un gradé, en fâcheuse posture derrière le champ de mines. Une tension à son paroxysme où le temps semble figé, où seule la respiration de celui qui vient au secours de l’homme au danger, ainsi que les grincements de ses chaussures dans la neige se font entendre. Une séquence extraordinaire durant laquelle le spectateur retient son souffle.

Baïonnette au canon joue avec la question du temps en l’étirant dans certaines scènes pour intensifier la tension, tout en rappelant que la mission de cette arrière-garde est en réalité une course contre la montre afin que le plus gros des troupes puisse déguerpir. Les décors artificiels ne gênent en rien et rajoutent même au côté théâtre de la mort, impression renforcée par les unités de lieu, de temps et d’action. Enfin, le film étonne par ses incroyables partis pris. La mise en scène est souvent dingue avec des plans-séquences d’une fluidité remarquable, des mouvements de caméra et de grue très modernes et rares pour l’époque. Cela inscrit définitivement Baïonnette au canon dans les très grandes réussites de son auteur.

LE BLU-RAY

Baïonnette au canon était jusqu’alors disponible en DVD chez Sidonis Calysta depuis 2012. Pour son arrivée en HD dans les bacs, le film de Samuel Fuller change de camp et arrive chez Rimini Editions. Jaquette soignée, glissée dans un boîtier élégant de couleur noire, lui-même disposé dans un surétui cartonné. Le menu principal est animé et musical.

Le seul supplément disponible sur cette édition est passionnant. L’éditeur est allé à la rencontre de Frank Lafond, auteur du livre Samuel Fuller, jusqu’à l’épuisement (Rouge Profond), qui croise à la fois le fond et la forme de Baïonnette au canon (37’). Les débuts au cinéma du cinéaste sont abordés et le film replacé évidemment dans son contexte et mis en parallèle avec J’ai vécu l’enfer de Corée. Les conditions de tournage (avec anecdotes à l’appui), les thèmes, le casting, l’insolite direction d’acteurs et les intentions de Samuel Fuller, les décors et la sortie du film sont longuement abordés.

L’Image et le son

On pourra sans doute trouver le grain original bien trop atténué, mais ce master HD de Baïonnette au canon ne manque pas d’attraits. La copie restaurée (4K) est lumineuse, très propre, le N&B clair et bien contrasté. L’ensemble est stable et le cadre 1.37 est détaillé avec notamment des gros plans sur les acteurs plutôt impressionnants. Si quelques plans ayant visiblement donné du fil à retordre à l’équipe de la restauration sortent du lot avec une chute brutale de la définition, ce lifting reste de très bonne qualité.

Seule la version originale, remastérisée, est disponible sur ce titre. Le confort acoustique est assuré, propre, sans souffle, malgré quelques effets d’écho sur les dialogues. Les explosions et déflagrations sont percutantes. Les sous-titres français ne sont pas imposés, mais la police est un peu trop large à notre goût.

Crédits images : ©  Twentieh Century Fox Home Entretainment LLC All Rights Reserved / Rimini Editions / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Comme un chien enragé, réalisé par James Foley

COMME UN CHIEN ENRAGÉ (At Close Range) réalisé par James Foley, disponible en DVD et Édition Prestige limitée – Blu-ray + DVD + goodies le 22 août 2018 chez Carlotta Films

Acteurs : Sean Penn, Christopher Walken, Mary Stuart Masterson, Crispin Glover, Tracey Walter, Chris Penn, Kiefer Sutherland, Millie Perkins, Eileen Ryan, R.D. Call, David Strathairn, J.C. Quinn, Candy Clark, Stephen Geoffreys…

Scénario : Nicholas Kazan

Photographie : Juan Ruiz Anchía

Musique : Patrick Leonard

Durée : 1h56

Année de sortie : 1986

LE FILM

Brad Jr. vient de quitter l’école et s’ennuie dans sa petite ville de Pennsylvanie. Il revoit son père, Brad Sr., qui a depuis longtemps quitté sa famille pour vivre en bande avec ses copains avec lesquels il a monté un gang de vols de véhicules. Brad Jr., de plus en plus admiratif, finit avec un groupe de copains par faire la même chose. Encouragé par les aînés, le jeune gang vole des tracteurs. Le drame éclate lorsque la police s’en mêle. Ce film est tiré d’un fait divers où un gang, en 1978, recruta des adolescents et les assassina froidement comme des témoins dangereux.

Tout juste âgé de 25 ans, Sean Penn est à un tournant de sa carrière. Après avoir débuté dans quelques teenage movies comme Ça chauffe au lycée Ridgemont, le jeune comédien va alors enchaîner trois films qui vont lancer définitivement sa carrière, Crackers de Louis Malle (1984), Le Jeu du faucon de John Schlesinger (1985) et surtout Comme un chien enragéAt Close Range, deuxième long métrage de James Foley. Si ce dernier n’a pas connu de succès à sa sortie dans les salles, surtout aux Etats-Unis, Comme un chien enragé va rapidement devenir un film culte grâce à son exploitation en VHS où il s’arrache des deux côtés de l’Atlantique.

Coécrit par Nicholas Kazan, fils de l’illustre Elia, l’oeuvre de James Foley possède ce parfum propre à Un Tramway nommé désir (1951), A l’est d’Eden (1955) et La Fièvre dans le sang (1961), la prestation et le charisme de Sean Penn n’étant pas sans rappeler ceux de Marlon Brando, James Dean et Warren Beatty. Les thèmes de l’héritage et de la filiation sont donc non seulement évidents à l’écran, mais aussi en dehors. Par ailleurs Comme un chien enragé, même si inspiré par un fait divers survenu en 1978 à Chester County dans la banlieue de Philadelphie, aurait tout aussi bien pu se passer dans les années 50 et être filmé en N&B ou en Technicolor. Brillant formaliste, James Foley convoque donc tout un pan du cinéma classique Hollywoodien et inscrit également son film dans la droite lignée du Nouvel Hollywood né au début des années 1970, doublé d’une esthétique moderne et représentative des années 1980. Oeuvre hybride et malgré certains éléments qui auraient pu sembler hétérogènes, Comme un chien enragé est pourtant une très grande réussite et l’un des plus grands films du cinéaste avec Glengarry (1992).

1978. Brad Whitewood vit dans une petite ville des Etats-Unis avec sa mère, sa grand-mère et son demi-frère Tommy. Au chômage et désœuvré, il passe son temps à regarder la télévision, boire de la bière, fumer des joints et traîner avec ses copains. Mais deux événements vont lui permettre de sortir de sa grisaille quotidienne. Tout d’abord, il tombe amoureux d’une jeune adolescente, Terry, puis il fait la connaissance de son père, Brad Sr., qu’il n’a pas vu depuis sa petite enfance. Ce dernier est un voleur professionnel à la tête d’une équipe expérimentée. Ses activités, qui s’étendent sur plusieurs états, lui permettent de vivre grassement, protégé par ses appuis dans la police. Lorsqu’une violente dispute oppose Brad au nouveau compagnon de sa mère, c’est tout naturellement auprès de ce père qui le fascine que le jeune homme va se réfugier. Il rencontre les autres membres de la bande et la compagne de son père et participe avec eux à des expéditions, initiant son frère à son tour ainsi que ses copains. Mais, après avoir assisté à l’assassinat d’un indicateur de la police par l’un des membres de la bande de son père, Brad se rend compte que ce dernier est un monstre cruel et immoral.

Si Sean Penn crève littéralement l’écran, ses partenaires ne sont pas en reste, en particulier Christopher Walken, dans un rôle envisagé pour Robert De Niro, capable de donner une véritable humanité à son personnage pourtant monstrueux, comme il l’avait déjà fait précédemment pour son rôle de bad guy dans le James Bond Dangereusement vôtre. En un clin d’oeil, on le voit passer d’une indéniable douceur et même d’un amour évident pour son fils, à une colère explosive et une violence impitoyable envers la personne qui se met sur son chemin. Brad Jr., sans repère, va se tourner vers son géniteur qui ne s’était alors jamais occupé de lui. C’est alors qu’il tombe amoureux de Terry, incarnée par la superbe et trop rare Mary Stuart Masterson (Beignets de tomates de vertes), celle par qui la rédemption sera envisageable. Mais malgré les avertissements de son père, Brad Jr. apprendra malheureusement trop tard qu’une fois plongé dans le crime, il est impossible d’en réchapper.

Comme un chien enragé est autant un thriller qu’un drame psychologique et familial, dont le final prend même une dimension quasi-shakespearienne. Merveilleusement interprété, y compris par Chris Penn et Eileen Ryan, le frère de Sean Penn et leur véritable mère, qui joue curieusement ici leur grand-mère, sans oublier les tronches des jeunes Crispin Glover et Kiefer Sutherland, Comme un chien enragé est justement animé par une fureur de vivre irriguée par un infini désir d’aimer et d’être aimé. Seul petit reproche que l’on pourrait faire au film, l’utilisation systématique de la musique qui a tendance à surligner l’émotion et qui sert principalement à annoncer le final chanté par Madonna avec son tube Live to Tell, avec parfois une approche clippesque. Mais ce bémol est finalement anecdotique, puisque le spectateur est sans cesse aspiré dans cette confrontation de sentiments fulgurants, le tout élégamment mis en scène par James Foley et magnifiquement photographié par le chef opérateur espagnol Juan Ruiz Anchía.

Beaucoup de séquences s’impriment définitivement dans les mémoires, force des grands classiques, ce qu’est indubitablement devenu Comme un chien enragé.

LE BLU-RAY

Le test du Blu-ray de Comme un chien enragé a été réalisé à partir d’un check-disc. Le menu principal est sobre, fixe et musical. Le film de James Foley est disponible en DVD, mais aussi et surtout en édition dite Prestige et limitée à 2000 exemplaires, comprenant le Blu-ray, le DVD, ainsi que le fac-similé du dossier de presse d’époque, l’affiche du film et 8 reproductions de photos d’exploitation d’époque.

En plus de la bande-annonce, Carlotta Films propose un formidable entretien avec le réalisateur James Foley (31’). Dans la première partie de son interview, le cinéaste aborde la genèse de Comme un chien enragé, projet amené par Sean Penn, que James Foley rencontre lorsque l’acteur passait des essais pour Reckless (1984), son premier film. Le casting est ensuite passé au peigne fin, tout comme les personnages et leur évolution, la méthode de jeu de Sean Penn et de Christopher Walken, la chanson de Madonna qui a contribué à la seconde vie du film après son échec dans les salles. Dans un deuxième temps, James Foley en vient à parler de sa carrière et de sa place au sein des studios hollywoodiens. Avec franchise (« il m’est arrivé de me disperser car vous devez prouver votre rentabilité »), le réalisateur indique que la série House of Cards lui a ouvert de nouvelles portes au cinéma (« comme si ce que j’avais fait avant n’avait jamais compté »), en se faisant notamment confier l’adaptation du second et du troisième volet de la saga Cinquante nuances. « Pour être attractif, il faut plaire sur le moment » dit-il plus ou moins pince-sans-rire. Deux succès commerciaux sur lesquels il indique « avoir dû se confronter aux faiblesses des romans » dont il avait parfaitement conscience. Deux films sur lesquels il ne pouvait pas s’exprimer personnellement, mais qui l’ont remis finalement en bonne position à Hollywood, où il espère pouvoir un jour mettre en scène son chef d’oeuvre, qu’il n’a pas encore réalisé selon lui.

L’Image et le son

Ce nouveau transfert Haute Définition permet de redécouvrir Comme un chien enragé sous toutes ses coutures, dans un master enfin digne de ce nom. Cette élévation HD offre à la colorimétrie un nouveau lifting et retrouve pour l’occasion une nouvelle vivacité, notamment sur les séquences diurnes. Si la gestion du grain demeure aléatoire et plus altérée sur les séquences sombres, y compris durant la première et la dernière bobine, au moins la patine argentique est respectée sans réduction de bruit, les détails (magnifique cadre large) et le piqué impressionnent avec un joli rendu des visages des comédiens, quelque peu rosés ceci dit, des contrastes solides et une clarté de mise. Notons quelques noirs qui tirent sensiblement sur le bleu, mais rien de rédhibitoire. Avec tout cela, on oublierait presque de mentionner la propreté de la copie. Si certains points et tâches ont échappé à la restauration, les poussières, scories, griffures et tâches en tous genres ont été éradiqués. Enfin une copie qui rend justice au film de James Foley, très prisé par les cinéphiles, dont l’attente est enfin récompensée.

La version originale DTS-HD Master Audio 2.0 donne un nouveau coffre à la partition de Patrick Leonard. Cependant, les voix restent parfois légèrement confinées et peinent à créer une dynamique digne de ce nom. Toutefois, cette version surpasse la piste française, proposée en 1.0, encore plus sourde et étriquée. Dans les deux cas, l’écoute est propre, aucun souffle n’est constaté. Mais au jeu des différences, la version anglaise s’avère plus aérée, naturelle et fluide. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © 1985 METRO-GOLDWYN-MAYER STUDIOS INC. Tous droits réservés. / Carlotta Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Chien, réalisé par Samuel Benchetrit

CHIEN réalisé par Samuel Benchetrit, disponible en DVD le 18 juillet 2018 chez M6 Vidéo

Acteurs :  Vincent Macaigne, Vanessa Paradis, Bouli Lanners, Olivier Bisback, Tom Canivet, Thibaut Pira Van Overeem…

Scénario : Samuel Benchetrit, Gabor Rassov d’après le roman Chien de Samuel Benchetrit

Photographie : Guillaume Deffontaines

Musique : Raphaël Haroche

Durée : 1h28

Année de sortie : 2018

LE FILM

Jacques Blanchot perd sa femme, son travail et son logement. Devenu rapidement étranger au monde qui l’entoure, il est recueilli par Max, patron d’une animalerie. Ce dernier, sadique et humiliant, dresse Jacques qui devient littéralement son chien…

Chien est le sixième long métrage de l’écrivain Samuel Benchetrit. Après deux courts-métrages, Janis et John sort sur les écrans en 2003. Malgré ce succès d’estime, il attendra cinq ans pour repasser derrière la caméra avec l’excellent film à sketches, J’ai toujours rêvé d’être un gangster. Ses opus suivants, Chez Gino (2011), Un voyage (2014) et Asphalte (2015) n’ont connu aucun succès dans les salles. Pour Chien, Samuel Benchetrit s’inspire de son propre roman sorti en 2015 et signe son meilleur film depuis dix ans. Si La Métamorphose de Franz Kafka n’est jamais bien loin, le réalisateur se penche sur l’incommunicabilité entre les êtres, ou plutôt l’absence de communication, mais aussi sur le besoin de tendresse et d’amour. Et qui de mieux que Vincent Macaigne pour incarner un « homme-chien » sans…cabotiner ?!

Le roman Chien reflétait toutes les névroses de l’écrivain à un moment difficile de sa vie, alors que la dépression le guettait après une rupture sentimentale, avec le sentiment de ne plus appartenir à la société. Ou comment relier l’homme à l’animal. Exutoire, livre cathartique, Chien a permis à Samuel Benchetrit de se sortir de ses maux, en imaginant jusqu’où un être qui a tout perdu est prêt à se rabaisser pour obtenir quelques marques d’affection, une caresse, quelques signes d’amour. Loin d’être une version mélancolique de Didier d’Alain Chabat (1997), Chien est un film singulier, quasi-inclassable, tourné avec les moyens du bord dans des décors froids, dépouillés, faits de béton, mais imprégné d’une infinie tendresse. Pourtant, le film peut rebuter par certaines séquences assez violentes, d’ordre physique mais également psychologique, surtout durant la seconde partie, moins percutante et attachante que la première, mais qui ne manque pas d’attraits.

Le premier acte est consacré à la chute du personnage. Après s’être fait larguer de la pire façon que ce soit par sa compagne, interprétée par une Vanessa Paradis blafarde, famélique et foncièrement antipathique, qui prétexte être devenue allergique à compagnon en étant à son contact, Jacques est ensuite victime de la loi des séries. Il perd le chien qu’il venait tout juste d’acheter pour son fils dans une animalerie, est viré de son hôtel, son patron le renvoie, les rapports avec son enfant se glacent. Comme lien social, Jacques n’a plus que le propriétaire de l’animalerie. Progressivement, ce dernier va prendre Jacques sous son aile…mais en tant que chien. Pour survivre, Jacques va accepter de faire et d’être tout naturellement ce qu’on attend de lui.

S’il traîne ses airs de Droopy dégingandé depuis sa découverte dans le superbe Un monde sans femmes de Guillaume Brac (2011), Vincent Macaigne, pourtant déjà gâté au cinéma chez Sébastien Betbeder, Justine Triet, Antonin Peretjatko ou encore dernièrement chez Éric Toledano et Olivier Nakache, trouve ici l’un de ses meilleurs rôles. Sans jamais rendre son personnage pathétique, le comédien parvient à en restituer toute la tristesse. Rarement, Vincent Macaigne aura été aussi bouleversant. La seconde partie se focalise sur l’étrange relation qui s’instaure entre Jacques et Max, interprété par le monstre Bouli Lanners, ce dernier trouvant ici l’occasion de laisser libre cours à ses désirs d’autorité et de pouvoir. Plus démonstratif, peut-être plus mécanique également, ce deuxième acte manque parfois de rythme et aurait mérité d’être plus resserré. Toutefois, cela contribue au malaise distillé jusqu’au dénouement où Jacques devra choisir la condition dans laquelle il se sent finalement le mieux.

Chien est une œuvre absurde, drôle, émouvante, une fable subversive, dérangeante et intelligente qui mérite l’attention du spectateur. De loin le film le plus abouti de son auteur.

LE DVD

Le test du DVD de Chien, disponible chez M6 Vidéo, a été réalisé sur un check-disc. Le menu principal est animé et musical. Très mauvais point à l’éditeur qui a préféré miser sur un visuel hideux centré sur les trois vedettes, plutôt que de reprendre l’excellente affiche d’exploitation, pourtant bien plus représentative et attractive.

Si vous avez aimé Chien ou même si le film vous a laissé perplexe ou rebuté, n’hésitez pas à le revoir avec les commentaires audio de Samuel Benchetrit. Sans aucun temps mort et du début à la fin, le réalisateur revient sur chaque aspect de son film en abordant la psychologie des personnages, les partis pris, ses intentions. Il met en parallèle son roman et son adaptation, les conditions de tournage en Belgique. Nous apprenons également que Jean-Claude Van Damme a failli interpréter le rôle finalement tenu par Bouli Lanners, JCVD n’ayant visiblement pas vraiment compris où Samuel Benchetrit voulait en venir avec ce personnage, que l’acteur belge voulait plus « héroïque ». Ce commentaire intimiste et passionnant revient également sur l’échec cinglant du film dans les salles, le cinéaste essayant de comprendre ce qui a pu rebuter les spectateurs.

L’interactivité se poursuit avec une interview de Samuel Benchetrit divisée en trois segments, La genèse – Du livre au film (10’), Les acteurs (14’) et Du tournage à la sortie (7’). Si vous venez d’écouter le commentaire audio, cet entretien vous paraîtra redondant puisque tous les propos tenus ici font écho avec ce qui a déjà été entendu précédemment.

Cette section se clôt sur 4 teasers et la bande-annonce.

L’Image et le son

Cette édition DVD de Chien s’avère plutôt soignée. La propreté de la copie est assurée, les couleurs blanchâtres reflètent un tournage hivernal et même les visages paraissent blafards tout du long. Le piqué est aléatoire, mais s’en tire honorablement. La gestion des contrastes est solide, même si nous pouvions attendre plus de détails sur le cadre large. Les rares séquences tournées en extérieur sont très belles et lumineuses.

Chien repose essentiellement sur les dialogues. La piste Dolby Digital 5.1 distille les voix des comédiens avec efficacité, tandis que les latérales s’occupent de l’accompagnement musical et des ambiances naturelles en extérieur. Une spatialisation discrète, mais intelligente. L’éditeur joint également une piste Stéréo, dynamique et riche. Signalons l’absence de sous-titres français destinés au public sourd et malentendant. Pas de piste Audiodescription non plus.

Crédits images : © Paradis Films / M6 Vidéo Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Test DVD / Madame, réalisé par Amanda Sthers

MADAME réalisé par Amanda Sthers, disponible en DVD le 3 avril 2018 chez Studiocanal

Acteurs :  Toni Collette, Harvey Keitel, Rossy de Palma, Michael Smiley, Tom Hughes, Violaine Gillibert, Joséphine de La Baume, Stanislas Merhar…

Scénario : Amanda Sthers, Matthew Robbins

Photographie : Régis Blondeau

Musique : Matthieu Gonet

Durée : 1h28

Année de sortie : 2017

LE FILM

Anne et Bob, un couple d’américains fortunés récemment installé à Paris, s’apprêtent à donner un grand dîner, et convient douze invités triés sur le volet, réunissant la haute société anglaise, française et américaine. Mais lorsque Anne réalise qu’un treizième couvert est posé pour Steven, le fils du premier mariage de Bob, elle panique : pour cet événement mondain, hors de question de provoquer le mauvais sort ! Elle demande à Maria, sa domestique, d’enfiler une robe et de se faire passer pour une riche amie espagnole. Maria se retrouve assise à côté de David, un expert en art issu de la noblesse britannique. Aussi quand, sous le charme de Maria, il la recontacte le lendemain, révéler sa véritable identité est impossible. Une romance commence, qui va faire trembler les valeurs élitistes et le mariage d’Anne. A moins que cette dernière n’arrive à l’étouffer…

Madame est le deuxième long métrage d’Amanda Queffélec-Maruani, plus connu sous le nom d’Amanda Sthers. L’écrivaine (Ma place sur la photo, Le Reste de nos vies) se lance dans le monde du cinéma en cosignant Un vrai bonheur, le film (2005) de Didier Caron (d’après sa propre pièce), amusante comédie, mais qui se solde par un bide cinglant. Elle passe naturellement derrière la caméra en 2009 avec Je vais te manquer, film choral au casting conséquent, de Michael Lonsdale à Carole Bouquet, en passant par Pierre Arditi, qui cette fois encore se solde par un échec commercial cuisant. Quasiment dix ans après son coup d’essai, Amanda Sthers revient avec son second long métrage, Madame, dont elle est également la scénariste. Assurément, l’auteure livre son meilleur travail pour le grand écran.

Si les dialogues sont souvent truculents, Madame est surtout porté par des comédiens très en forme, avec en première ligne Rossy de Palma, pour laquelle le rôle principal a été spécialement écrit. C’est d’ailleurs sous l’impulsion, pour ne pas dire « sur commande », de l’épatante actrice espagnole et égérie de Pedro Almodóvar (auquel est fait un petit clin d’oeil), qui avait vu sa pièce de théâtre Le Vieux Juif Blonde, qu’Amanda Sthers lui a concocté ce Madame qui joue sur la différence de classe sociale.

Le postulat est simple. Lors d’un dîner mondain, la maîtresse de maison apprend qu’ils seront treize à table et demande à l’une de ses gouvernantes de se joindre à eux. En partant de ce synopsis, la scénariste-réalisatrice fait se confronter deux univers que tout oppose. Elle convoque un casting international. Aux côtés de Rossy de Palma, Toni Collette, Harvey Keitel, Michael Smiley, Tom Hugues, Stanislas Merhar se donnent la réplique, souvent très piquante, voire acide. On s’amuse de voir la géniale Toni Collette faire du Vélib’, mariée avec un homme plus âgé qu’elle, interprété par Harvey Keitel, dont le personnage, prisonnier de son niveau de vie, préfère aller s’amuser et batifoler avec sa jeune prof de français, incarnée par la divine Joséphine de La Baume. Mention spéciale à l’irlandais Michael Smiley, qui tombe sous le charme de Maria (Rossy de Palma), préférant son naturel, sa beauté intérieure qui illumine la beauté singulière de son visage à la Modigliani et ses blagues coquines aux discussions protocolaires sans intérêt.

Cette situation va mettre chacun des protagonistes face à leurs propres problèmes sentimentaux et sexuels. Ainsi, en se demandant comment Maria a pu conquérir malgré elle son voisin de table, la maîtresse de maison va tenter de reconquérir son époux et tenter de savoir ce qui peut bien plaire chez cette femme. Certes, Madame ne vaut pas pour sa mise en scène, que l’on pourrait qualifier de « fonctionnelle », mais le montage est assez vif, les acteurs en pleine forme, les dialogues amusants. Bien que le film se déroule à Paris de nos jours, on a souvent l’impression que le récit pourrait se dérouler au début du XXe siècle. Ce décalage est souvent étonnant et apporte un charme certain à ce vaudeville au budget modeste (4 millions d’euros), joliment photographié et surtout divertissant.

LE DVD

Après une discrète sortie dans les salles, Madame est pris en charge par Studiocanal pour son arrivée dans les bacs et uniquement en DVD. Le menu principal est fixe et muet.

Aucun supplément.

L’Image et le son

Pas d’édition Haute-Définition pour Madame, mais ce n’est pas une surprise. Avec à peine 100.000 entrées au compteur, la sortie du film d’Amanda Sthers en Blu-ray était pour ainsi dire suicidaire. Toutefois, ce DVD s’en sort avec tous les honneurs. Les intérieurs feutrés bénéficient de très beaux contrastes, les séquences tournées en extérieur sont lumineuses, le piqué est acéré. Le cadre large offre son lot de détails, surtout sur les nombreux gros plans. La colorimétrie est chatoyante, le relief appréciable.

Les versions anglaise et française sont proposées en Dolby Digital 5.1. Disons le, le soutien des latérales est anecdotique pour un film de cet acabit. Les enceintes arrière servent essentiellement à spatialiser la musique de Matthieu Gonet, les tubes Rock ‘n’ Dollars de William Sheller qui ouvre le film, Aserejé de Las Ketchup et quelques ambiances naturelles dans la rue. Les dialogues et la balance frontale jouissent d’une large ouverture, et parviennent à instaurer un confort acoustique suffisant. Une piste française Stéréo est également au programme, ainsi que les sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, sans oublier une piste Audiodescription.

Crédits images : © Studiocanal / Sam Hellmann / Thibault Grabherr Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr