Test Blu-ray / Souvenirs d’en France, réalisé par André Téchiné

SOUVENIRS D’EN FRANCE réalisé par André Téchiné, disponible en DVD et Blu-ray le 11 mars 2020 chez Carlotta Films.

Acteurs : Jeanne Moreau, Michel Auclair, Marie-France Pisier, Claude Mann, Orane Demazis, Aram Stephan, Hélène Surgère, Julien Guiomar…

Scénario : André Téchiné, Marilyn Goldin

Photographie : Bruno Nuytten

Musique : Philippe Sarde

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1975

LE FILM

Une petite ville du Sud-Ouest, dans les années 1930. Les Pedret, famille de notables à la tête de l’usine locale, marient leur fils cadet Prosper à Régina, une jeune femme de son rang. Bientôt c’est au tour de son frère Hector d’officialiser sa relation avec Berthe, la blanchisseuse du coin. Mme Pedret est contre ce mariage, mais son mari reconnaît en Berthe la personne qu’il fut autrefois : fils d’immigrés espagnols, il a épousé une Française et a acquis sa fortune par ses propres moyens. La jeune femme entre alors dans la famille et deviendra au fil du temps la véritable chef du clan grâce à son autorité et son charisme…

Touche-à-tout, à la fois auteur de scénarios, enseignant à l’IDHEC, réalisateur de feuilletons télévisés, André Téchiné (né en 1943) passe le cap du grand écran en 1969 avec son premier long métrage, Paulina s’en va, avec Bulle Ogier. Le cinéaste profite de cette expérience pour se faire la main, mais surtout pour tenter des choses formelles, pour s’éloigner des standards français en vogue, à tendance naturaliste. Le film ne sortira que six ans plus tard. Comment trouver sa voie ? En voulant s’affranchir des règles habituelles, l’ancien critique aux Cahiers du cinéma se plonge alors dans une narration complexe. Toutefois, rétrospectivement, c’est avec son second long métrage Souvenirs d’en France qu’il prend réellement son envol. Il lui aura fallu attendre sept années pour trouver cette approche romanesque qu’il cherchait. André Téchiné retrouve Marie-France Pisier et Michèle Moretti, déjà présentes à l’affiche de Paulina s’en va, pour une vivisection de ses propres racines dans le Sud-Ouest de la France et l’univers de la famille, influencée par Bertolt Brecht. Souvenirs d’en France est l’un des films les plus attachants et les plus faciles d’accès du réalisateur. Magistralement mis en scène, porté par des comédiens en état de grâce, il y règne comme une exaltation de la vie et témoigne d’une grande sensibilité. Le film se suit aujourd’hui comme une saga familiale de l’été, mais étendue sur une trentaine d’années, qui vaut également pour la beauté, le charme, le talent et le jeu foncièrement moderne de Marie-France Pisier, qui vole la vedette à Jeanne Moreau, également magnifique.

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Test Blu-ray / Phase IV, réalisé par Saul Bass

PHASE IV réalisé par Saul Bass, disponible en DVD, Blu-ray et Édition Coffret Ultra Collector – Blu-ray + DVD + Livre le 17 juin 2020 chez Carlotta Films.

Acteurs : Nigel Davenport, Michael Murphy, Lynne Frederick, Alan Gifford, Robert Henderson, Helen Horton…

Scénario : Mayo Simon

Photographie : Dick Bush

Musique : Brian Gascoigne

Durée : 1h23

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Ernest Hubbs, un biologiste anglais, observe un dérèglement du comportement des fourmis dans une vallée de l’Arizona. Des espèces autrefois en conflit se mettent à communiquer entre elles, tandis que leurs prédateurs habituels disparaissent de façon inquiétante. Le professeur recrute le scientifique J.R. Lesko, spécialiste du langage, pour étudier ce curieux phénomène. Ce qu’ils vont bientôt observer sur place dépasse l’entendement…

Phase IV. Film culte. C’est ainsi que l’on pourrait résumer le seul et unique long métrage réalisé par le légendaire Saul Bass (1920-1996). Quand il entreprend Phase IV, le designer et graphiste a déjà vingt ans de carrière dans le domaine cinématographique, dont trois courts-métrages à son actif, The Searching Eye (1964), From here to There (1964) et Why Man Creates ? (1968) qui remporte un Oscar en 1969. Trois films qui posent d’emblée un ton, une ambiance, une atmosphère, un style, une griffe, ainsi que les sujets qui le fascineront toute sa vie, dont un en particulier, la place de l’homme sur Terre, dans l’univers. Extraordinaire long métrage avant-gardiste, ambitieux et expérimental, Phase IV fascine autant qu’il incite à la réflexion, éblouit autant qu’il tente de dialoguer avec le spectateur. Philosophique, métaphysique, hypnotique mais aussi sublime, le film de Saul Bass n’a jamais livré toutes ses clés et s’inscrit de façon indélébile dans la mémoire du cinéphile.

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Test Blu-ray / Les Yeux de Laura Mars, réalisé par Irvin Kershner

LES YEUX DE LAURA MARS (Eyes of Laura Mars) réalisé par Irvin Kershner, disponible en Édition Digibook Collector, Combo Blu-ray + DVD + Livret le 19 mars 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Faye Dunaway, Tommy Lee Jones, Brad Dourif, René Auberjonois, Raul Julia, Frank Adonis, Lisa Taylor, Darlanne Fluegel…

Scénario : John Carpenter, David Zelag Goodman

Photographie : Victor J. Kemper

Musique : Artie Kane

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 1978

LE FILM

Photographe de mode engagée contre la guerre et le sexisme, Laura Mars mène une brillante carrière. Aucune ombre au tableau de ses spectaculaires compositions, du moins jusqu’au jour où, par la pensée, elle capte les agissements d’un tueur en série, vivant en direct le meurtre qu’il commet. Un cauchemar qui se répète et dont elle pourrait bien être l’une des prochaines victimes…

Quand elle tourne Les Yeux de Laura MarsEyes of Laura Mars en 1978, Faye Dunaway est au sommet de sa carrière et fait partie des plus grandes actrices du monde. C’est bien simple, en huit ans, la comédienne aura enchaîné Little Big Man (1970) d’Arthur Penn, Portrait d’une enfant déchue Puzzle of a Downfall Child (1970) de Jerry Schatzberg, La Maison sous les arbres (1971) de René Clément, L’Or noir de l’Oklahoma Oklahoma Crude (1973) de Stanley Kramer, le diptyque Les trois Mousquetaires / On l’appelait Milady (1973-1974) de Richard Lester, Chinatown (1974) de Roman Polanski, La Tour infernaleThe Towering Inferno (1974) de John Guillermin et Irwin Allen, Les Trois Jours du CondorThree Days of the Condor (1975) de Sydney Pollack et Network, main basse sur la télévisionNetwork (1976) de Sidney Lumet qui lui vaut l’Oscar de la meilleur actrice en 1977. Une des filmographies les plus impressionnantes du cinéma. Les Yeux de Laura Mars est coécrit par un jeune scénariste d’à peine trente ans, un certain John Carpenter, remarqué avec son premier long métrage en tant que réalisateur, Assaut. Largement influencé par le giallo dont on retrouve la plupart des codes, Eyes of Laura Mars est un thriller teinté de fantastique prenant, brillamment mis en scène, excellemment interprété, dont le final, très culotté et dont on peut difficilement parler sans en dévoiler la teneur pour celles et ceux qui ne l’auraient pas vu, divise encore beaucoup de cinéphiles plus de quarante ans après sa sortie. Cela n’empêche pas Les Yeux de Laura Mars d’être un polar – situé dans le milieu de mode – très réussi, avec sa magnifique patine seventies et emmené par l’immense talent de sa comédienne principale.

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Test DVD / Sirocco, réalisé par Curtis Bernhardt

SIROCCO réalisé par Curtis Bernhardt, disponible en DVD le 6 mars 2020 chez Sidonis Calysta.

Acteurs : Humphrey Bogart, Märta Torén, Lee J. Cobb, Everett Sloane, Gerald Mohr, Zero Mostel, Nick Dennis, Onslow Stevens…

Scénario : A.I. Bezzerides, Hans Jacoby d’après le roman « Le Coup de grâce » de Joseph Kessel

Photographie : Burnett Guffey

Musique : George Antheil

Durée : 1h34

Date de sortie initiale : 1951

LE FILM

Syrie, 1925. La révolte gronde contre l’occupant français dont les soldats sont régulièrement pris pour cible par les rebelles de l’émir Hassan. Bon pour les affaires d’Harry Smith, un américain cynique qui prospère dans le trafic d’armes. Si le colonel Feroud, chef du contre-espionnage, envisage de signer une trêve plutôt que de basculer dans la répression, ses efforts sont remis en question par un attentat…

Au début des années 1950, Humphrey Bogart est au sommet de sa carrière. Le comédien vient d’enchaîner coup sur coup Le Trésor de la Sierra Madre et Key Largo de John Huston, puis Les Ruelles du malheur et Le Violent de Nicholas Ray. Depuis 1942, le succès de Casablanca a entraîné moult ersatz en plaçant souvent un anti-héros américain dans un pays « exotique » dirons-nous, prêt à se sacrifier pour la bonne cause et la plupart du temps pour la femme qu’il aime. Sirocco de Curtis Bernhardt (1899-1981), qui avait déjà collaboré avec Humphrey Bogart sur La Mort n’était pas au rendez-vousConflict en 1945, ne déroge pas à à la règle, mais vaut qu’on s’y intéresse à plus d’un titre et notamment parce que le film est interprété par Bogey, impeccable dans le rôle du mystérieux Harry Smith, sans son galurin vissé sur la tête, mais avec son trench-coat fermé sous un soleil ardent.

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Test Blu-ray / Liens d’amour et de sang – Beatrice Cenci, réalisé par Lucio Fulci

LIENS D’AMOUR ET DE SANG (Beatrice Cenci) réalisé par Lucio Fulci, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livre le 31 mai 2020 chez Artus Films.

Acteurs : Tomás Milián, Adrienne La Russa, Georges Wilson, Mavie, Antonio Casagrande, Ignazio Spalla…

Scénario : Lucio Fulci, Roberto Gianviti

Photographie : Erico Menczer

Musique : Angelo Francesco Lavagnino, Silvano Spadaccino

Durée : 1h29

Année de sortie : 1969

LE FILM

À Rome en 1599, la jeune Béatrice attend dans une cellule le moment de son exécution. Son crime est d’avoir commandité l’assassinat de son père, Francesco Cenci, noble tyrannique et incestueux. La sentence provoque l’ire du peuple qui voit en la « Belle parricide » la martyre d’une société arrogante et hypocrite. Mais derrière l’icône se cache un personnage complexe qui a su manipuler les sentiments du serviteur Olimpio pour arriver à ses fins.

Quand Lucio Fulci (1927-1996) s’empare d’une icône de l’histoire italienne. Surnommée La Belle parricide, Beatrice Cenci (1577-1599) était une jeune femme noble, vivant sous le joug d’un père tyrannique, Francesco Cenci, aristocrate violent, plusieurs fois rappelé à l’ordre par le Vatican en raison de son comportement disons pas très catholique. Fondamentalement immoral, ce mari et père régnait en maître dans sa luxueuse demeure, sur sa famille et sur ses serviteurs. Après avoir abusé de sa fille Beatrice, Francesco Cenci est assassiné par cette dernière, avec l’aide de sa belle-mère, de sa famille et de leurs vassaux, dont l’un était devenu l’amant de Beatrice. Ce meurtre sordide et de vengeance, d’abord déguisé en accident, conduira Beatrice et les siens dans les cachots du Vatican, où ils seront torturés, questionnés, reconnus coupables, avant d’être exécutés en place publique, malgré les protestations du peuple de Rome, au courant des agissements de Francesco Cenci. Depuis, Beatrice est devenue le symbole de la résistance contre l’aristocratie et l’Eglise omnipotentes. Cette histoire a largement inspiré la littérature, on retrouve d’ailleurs le personnage de Beatrice Cenci dans les Chroniques italiennes de Stendhal ou chez Alexandre Dumas père dans sa nouvelle Les Cenci. Le cinéma s’est également très tôt intéressé à ce récit puisqu’Albert Capellani réalise Beatrice Cenci dès 1908. Suivront deux autres adaptations éponymes, une en 1909 par Mario Caserini et une en 1941 par Guido Brignone. Le légendaire Riccardo Freda s’empare du mythe de Beatrice Cenci pour Le Château des amants maudits en 1956. Alors qu’il vient de terminer Perversion StoryUne sull’altra, Lucio Fulci désire revenir à ce fait divers, afin d’en relater les faits le plus précisément possible, sans omettre les tortures que Beatrice et ceux qui l’ont aidé à assassiner son père ont subies de la part de l’Église. Relativement peu connu dans l’oeuvre de Lucio Fulci, ou plutôt dissimulé entre Perversion Story et Le Venin de la peur, Liens d’amour et de sang, titre français, reste un fabuleux tour de force, un drame historique imprégné des obsessions et des motifs du réalisateur.

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Test Blu-ray / Les Jeunes loups, réalisé par Marcel Carné

LES JEUNES LOUPS réalisé par Marcel Carné, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret le 6 mars 2020 chez Coin de mire Cinéma.

Acteurs : Christian Hay, Haydee Politoff, Yves Beneyton, Maurice Garrel, Roland Lesaffre, Gamil Ratib, Stéphane Bouy, Rolande Ségur, Bernard Dhéran, Elisabeth Tessier du Cros, Serge Leeman, René Lefevre-Bel, Luc Bongrand, Elina Labourdette…

Scénario : Marcel Carné, Claude Accursi

Photographie : Jacques Robin

Musique : Jack Arel, Cyril Azzam, Guy Magenta

Durée : 1h45

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

Alain, jeune gigolo aussi élégant qu’ambitieux, se fait entretenir par une riche princesse étrangère. Il séduit aussi la jeune et candide Sylvie, qui feint de céder au cynisme ambiant en matière de moeurs sans s’avouer ses inclinations romantiques. Désespérée de sa propre déchéance, elle se reprend en se liant avec Chris, un beatnik de la rue de la Huchette…

Les Jeunes loups est l’un des derniers longs métrages de Marcel Carné (1906-1996), réalisé trois ans après Trois chambres à Manhattan et trois ans avant l’excellent Les Assassins de l’ordre (1971). Ce film devenu très rare, sorti un mois avant le début de l’occupation de la Sorbonne en mai 1968, propose le portrait d’une jeunesse livrée à elle-même, qui brûle ses vingt ans, vue à travers le regard d’un réalisateur qui avait déjà franchi le cap de la soixantaine. S’il a indéniablement vieilli, Les Jeunes loups n’en demeure pas moins intéressant à plus d’un titre. D’une part pour revoir la belle Haydée Politoff, qui venait d’être révélée par Eric Rohmer dans La Collectionneuse, d’autre part pour ses partis pris dramatiques qui rappellent la littérature française du XIXè siècle, en particulier Bel-Ami de Guy de Maupassant, où le personnage principal Alain serait un cousin éloigné de Georges Duroy, homme ambitieux, séducteur sans scrupules, arriviste et opportuniste, n’aspirant qu’à l’ascension sociale et usant pour cela de ses charmes auprès des femmes âgées de la bourgeoisie. Si l’on excepte des éléments inéluctablement devenus kitsch, Les Jeunes loups reste un drame social très intéressant et un film maudit à redécouvrir.

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Test Blu-ray / La Vérité, réalisé par Henri-Georges Clouzot

LA VÉRITÉ réalisé par Henri-Georges Clouzot, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret le 6 mars 2020 chez Coin de mire Cinéma

Acteurs : Brigitte Bardot, Charles Vanel, Louis Seigner, Marie-José Nat, Sami Frey, Paul Meurisse, Fernand Ledoux, Jacqueline Porel, Claude Berri, Jacques Perrin…

Scénario : Henri-Georges Clouzot, Simone Drieu, Michèle Perrein, Jérôme Géronimi, Christiane Rochefort, Véra Clouzot

Photographie : Armand Thirard

Durée : 2h07

Date de sortie initiale : 1960

LE FILM

Après avoir passé son enfance en province, Dominique réussit à convaincre ses parents de la laisser accompagner sa soeur, Annie, qui part à Paris. Dominique se fâche rapidement avec Annie et va habiter seule au quartier latin où elle accumule des aventures. Elle rencontre alors Gilbert, un ami de sa soeur, qu’elle décide de provoquer…

Avant-dernier long métrage de Henri-Georges Clouzot, avant La Prisonnière (1968) et puisque L’Enfer restera inachevé en 1964, La Vérité demeure l’un des plus grands succès du réalisateur en France, derrière Le Salaire de la peur (1953) et devant Quai des Orfèvres (1947). Immense drame psychologique et étude de mœurs, constat implacable sur le rejet de la jeunesse actuelle par la vieille école, La Vérité offre également à Brigitte Bardot, alors âgée de 25 ans, son plus grand rôle au cinéma, dans lequel elle s’investira corps et âme, au point de faire une tentative de suicide peu après le tournage éprouvant sur lequel elle subissait la pression quotidienne du réalisateur, qui n’hésitait pas à l’humilier devant tout le monde pour obtenir d’elle ce qu’il voulait. Ce que le cinéaste parvient à tirer de la comédienne est inédit. Elle y est tout simplement exceptionnelle face à Sami Frey, venu du théâtre et qui faisait ici ses premières armes au cinéma, ainsi qu’aux acteurs déjà réputés et déjà apparus devant la caméra de Clouzot, Charles Vanel, Louis Seigner et Paul Meurisse en tête. Un chef d’oeuvre percutant.

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Test Blu-ray / Willard, réalisé par Daniel Mann

WILLARD réalisé par Daniel Mann, disponible en DVD et Blu-ray le 17 mars 2020 chez ESC Editions.

Acteurs : Bruce Davison, Elsa Lanchester, Ernest Borgnine, Sondra Locke, Michael Dante, Jody Gilbert, William Hansen, John Myhers…

Scénario : Gilbert Ralston d’après le roman “Ratman’s Notebooks” de Stephen Gilbert.

Photographie : Robert B. Hauser

Musique : Alex North

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1971

LE FILM

Willard est un jeune homme plutôt asocial, sans amis, vivant avec une mère envahissante dans une vieille demeure, humilié par son patron dans une entreprise au sein de laquelle aucun des employés ne le respecte. Alors qu’un jour il quitte furieux un repas d’anniversaire, il va tomber nez à nez avec un rat dans une partie calme de son jardin. Après s’être montré incapable de se débarrasser des rats qui vivent là, il va se lier d’amitié avec l’un d’entre eux qu’il va surnommer Socrate. Willard va par la suite utiliser une véritable armée de rats pour se venger de ses humiliations, mais une confrontation entre lui et un des rats, Ben, va également survenir…

Avant Soudain…les monstres (1976) de Bert I. Gordon, D’origine inconnue (1983) de George P. Cosmatos et Les Rats de Manhattan (1984) de Bruno Mattei, la grande référence du film d’horreur mettant en scène des rats demeure Willard, réalisé en 1971 par Daniel Mann. Le cinéaste américain, né Daniel Chugerman (1912-1991), révélé avec Reviens petite ShebaCome Back, Little Sheba (1952), Prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes 1953 pour Shirley Booth, qui remporte également l’Oscar de la meilleure actrice, soigne sa mise en scène comme à son habitude. Egalement connu pour La Rose tatouée (1955) d’après Tennessee Williams, La Vénus au vison (1960) avec Elizabeth Taylor et le légendaire Notre homme Flint (1966), le cinéaste fait une nouvelle démonstration de son immense bagage technique. Film d’épouvante certes, mais avant tout drame psychologique, Willard dresse le portrait d’un jeune homme perturbé, formidablement interprété par Bruce Davison, acteur prolifique aux près de 300 films, téléfilms et séries télévisées, dans sa quasi-première apparition à l’écran. Atypique, Willard, adapté du roman Ratman’s Notebooks de Stephen Gilbert, est rapidement devenu un film culte, qui a engendré une très mauvaise suite l’année suivante intitulée Ben, réalisé par Phil Karlson, ainsi qu’un remake éponyme en 2003, mis en scène par Glen Morgan, qui vaut essentiellement pour l’interprétation de l’étonnant Crispin Glover.

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Test Blu-ray / Les Espions, réalisé par Henri-Georges Clouzot

LES ESPIONS réalisé par Henri-Georges Clouzot, disponible en Édition Digibook Blu-ray + DVD + Livret le 6 mars 2020 chez Coin de mire Cinéma

Acteurs : Curd Jürgens, Peter Ustinov, O.E. Hasse, Sam Jaffe, Paul Carpenter, Véra Clouzot, Martita Hunt, Gerard Séty, Gabrielle Dorziat, Louis Seigner, Pierre Larquey, Sacha Pitoeff, Fernand Sardou, Patrick Dewaere…

Scénario : Henri-Georges Clouzot, Jérôme Géronimi d’après le roman Le Vertige de minuit d’Egon Hostovsky

Photographie : Christian Matras

Musique : Georges Auric

Durée : 2h01

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

Le docteur Malic, en proie à quelques problèmes avec l’alcool, dirige une petite clinique psychiatrique. Quand un militaire américain, le colonel Howard, lui propose d’héberger un homme mystérieux monnayant une forte somme, le docteur accepte sans rechigner. Cependant, au lieu d’un pensionnaire en plus, il s’aperçoit que sa clinique devient le repaire d’un groupe d’espions qui prend la place de son personnel habituel.

En dépit du Prix Spécial du Jury décerné à l’unanimité au Festival de Cannes, Le Mystère Picasso s’est soldé par un échec commercial retentissant à sa sortie. Bien décidé à se refaire une santé au box-office, Henri-Georges Clouzot jette son dévolu sur le roman d’Egon Hostovsky, Le Vertige de minuit, qu’il adapte avec Jérôme Géronimi, avec lequel il avait déjà travaillé sur Le Salaire de la peur (1953) et Les Diaboliques (1955). Ce récit d’espionnage lui permet d’évoquer la suspicion, le mystère et la paranoïa, en poussant son dispositif cinématographique à son paroxysme, qui s’apparenterait aujourd’hui à un roman-graphique, impression renforcée par la sublime photographie de Christian Matras (Madame de…, Lola Montès). Merveilleusement mis en scène, Les Espions est un film complètement dingue, qui prend plaisir à paumer les spectateurs, pour mieux les emmener sur un terrain inconnu, celui de la folie qui gangrène son personnage principal, pourtant lui-même directeur d’un asile privé, qui perd progressivement ses repères jusqu’à se demander s’il n’est pas lui-même devenu fou. Chef d’oeuvre totalement méconnu dans l’oeuvre d’Henri-Georges Clouzot, film rare, Les Espions foudroie par sa modernité et sa schizophrénie n’a d’ailleurs jamais été autant d’actualité.

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Test Blu-ray / Au nom de la terre, réalisé par Edouard Bergeon

AU NOM DE LA TERRE réalisé par Edouard Bergeon, disponible en DVD et Blu-ray le 4 février 2020 chez Diaphana

Acteurs : Guillaume Canet, Veerle Baetens, Anthony Bajon, Rufus, Samir Guesmi, Yona Kervern, Solal Forte, Raffin Melanie…

Scénario : Edouard Bergeon, Emmanuel Courcol, Bruno Ulmer

Photographie : Eric Dumont

Musique : Thomas Dappelo

Durée : 1h43

Date de sortie initiale : 2019

LE FILM

Pierre a 25 ans quand il rentre du Wyoming pour retrouver Claire sa fiancée et reprendre la ferme familiale. Vingt ans plus tard, l’exploitation s’est agrandie, la famille aussi. C’est le temps des jours heureux, du moins au début… Les dettes s’accumulent et Pierre s’épuise au travail. Malgré l’amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu… Construit comme une saga familiale, et d’après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l’évolution du monde agricole de ces 40 dernières années.

Après avoir réalisé le documentaire Les Fils de la terre, diffusé à la télévision en 2012, Édouard Bergeon passe au grand écran avec Au nom de la Terre. Il revient sur l’histoire, aussi véridique que personnelle, de son père.

Le spectateur se retrouve face à Guillaume Canet qui, très investi dans le rôle, s’est rasé le crâne laissant une couronne, au lieu de porter une prothèse qui aurait engendré un manque d’authenticité. De plus, il porte une moustache. Cette transformation physique nous fait oublier l’acteur Guillaume Canet, et nous fait croire à la présence d’un véritable paysan.

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