Test DVD / New Generation, réalisé par Jean-Pierre Lowf-Legoff

NEW GENERATION réalisé par Jean-Pierre Lowf-Legoff, disponible en DVD le 7 janvier 2020 chez Ciné2genre.

Acteurs : Lambert Wilson, Helga Serres, Jeff Manzetti, Caroline Berg, Eric Rawson, Serge Malik, Nathalie Boutigny…

Scénario : Jean-Pierre Lowf-Legoff

Photographie : Serge Halsdorf

Durée : 1h31

Année de sortie : 1979

LE FILM

Ils sont une bande de jeunes désinvoltes, insouciants et beaucoup trop sûrs d’eux. Ils sont fous de plage, de soleil, de motos et de musique. Mais pour Lollie, jeune chanteuse talentueuse, la gloire locale n’a plus que le goût des conquêtes faciles. Elle sera la première à tenter l’aventure Parisienne pour le pire, longtemps avant le meilleur.

« Pour la première fois en France ! Un film écrit et réalisé pour VOUS ! Joué par VOUS ! Regardez les bien, ils ont votre âge ! Ils VOUS ressemblent ! C’est VOUS ! C’est la NEW GENERATION » scandait, ou plutôt gueulait une voix pleine d’entrain dans la bande-annonce de New Generation ! Mis en scène par un certain Jean-Pierre Lowf-Legoff, producteur musical et producteur délégué sur un obscur Freddy (Jeannot la frime) avec Jean Lefebvre, ce film musical qui surfait alors sur le succès de La Fièvre du samedi soirSaturday Night Fever (1977) de John Badham, le tout mâtiné de l’histoire originale d’Une étoile est néeA star is born, dont la version avec Barbra Streisand et Kris Kristofferson était sortie depuis peu, avait pour ainsi dire disparu. Quarante ans plus tard, cet OFNI connaît une ressortie en DVD. Nous ne l’attendions pas du tout et pour tout dire nous ne nous attendions pas à cela non plus. New Generation est certes un « témoignage » sur une époque révolue, passée, datée, enterrée, mais c’est aussi et surtout un sacré gros nanar.

Quand on arrive en ville, ça fait rire les passants…On comprend pourquoi.

Rien, absolument rien ne fonctionne et les années n’ont pas été très douces avec le film de Jean-Pierre Lowf-Legoff. Et comme pour tout bon nanar qui se respecte, on ne peut s’empêcher d’aimer New Generation, car pas une seule seconde on ne doute de la sincérité du réalisateur, qui avait voulu dresser le portrait de la jeunesse de l’époque, différente de celle qui avait balancé les pavés sur les C.R.S. dix ans auparavant. C’est aussi l’une des premières apparitions au cinéma de Lambert Wilson, la même année que Le Gendarme et les Extra-terrestres de Jean Girault. Des débuts fulgurants donc.

Ils n’ont pas vingt ans et sont tous animés du même désir de réussir dans le monde du spectacle. Leur passion est la musique rock. Ils appartiennent à deux bandes différentes : les “Rockers” et les “Perfectos”. Les Rockers sont menés par Jeff (Jeff Manzetti, une incroyable absence de charisme) tandis que Lollie (Lollie Serres, mignonne) est l’étoile du groupe Perfectos. Mais bientôt, pour Lollie, cet honneur ne suffit plus. Décidée à conquérir Paris, elle entreprend une difficile ascension qui commence par la gloire factice des concerts de banlieue. Jeff, son fiancé mais néanmoins rival, veille. Il rejoindra Lollie et, s’encourageant l’un l’autre, ils deviendront les vedettes qui montent, entraînant avec eux leurs amis d’hier, notamment Lagaffe (Eric Rawson). Quand enfin la jeunesse les accepte, ils deviennent les demi-dieux d’une olympe nouvelle : le show business. Pourtant, effrayée par l’inévitable ghetto du succès, Lollie choisit la liberté tandis que Jeff relève le défi stupide d’une bande de motards.

« Tu sais dans la vie, il y a de bons côtés, hey ! ».

S’il n’atteint pas les cimes du nanar absolu comme le merveilleux Parking (1985) de Jacques Demy, plus ou moins sur le même thème, New Generation reste quand même un grand moment. Entre les fringues improbables, le mauvais jeu des acteurs, les chorégraphies qui tombent à plat, les dialogues atroces (« Salut cousin ! Salut cousine ! »), sans compter les apparitions de quelques guests qui viennent faire un petit coucou (Jackie Sardou, Brigitte Lahaie, Sophie Darel), cette « œuvre » musicale, réalisée dans le but unique de faire vendre des disques (Eddie Barclay a d’ailleurs avancé quelques pépètes dans cette incroyable entreprise), ressemble à un gros boulard, sans sexe, mais avec les papiers peints orangés moches et ses comédiens filmés en gros plans peu avantageux ou en débardeur argenté pendant qu’ils chantent « Nous sommes des vauriens ».

Agé de vingt ans, Lambert Wilson sortait alors du Drama Centre London, où il avait non seulement appris le métier d’acteur, mais aussi le chant, la musique et la danse. Bref, New Generation était fait pour lui et le jeune Lambert s’en donne à coeur joie devant la caméra de Jean-Pierre Lowf-Legoff, remuant du popotin dans son pantalon patte d’eph et frétillant derrière son nœud papillon géant. Il n’est pourtant pas le pire loin de là, mais comme il est le seul à s’être extirpé de la mélasse, on ne voit que lui. Du coup, même si les chansons ont tendance à revenir encore et encore, New Generation se laisse regarder, certes les yeux révulsés et la bave écumante à la commissure des lèvres, mais tout de même.

Véritablement optimiste, Jean-Pierre Lowf- Legoff clôt son film par un rageant « à suivre », à l’instar d’Angélique (2013) d’Ariel Zeitoun, autre chef d’oeuvre intergalactique de la planète Nanar. Mais la suite n’est jamais arrivée…sans doute en raison du faible score de New Generation dans les salles, qui n’aura attiré que 29.000 victimes, spectateurs pardon, en février 1979. On aurait bien vu le titre pourtant « New Generation : A Star is Dead ».

LE DVD

« Edition 40ème Anniversaire » !!! Ciné2genre n’a peur de rien et concocte une très jolie édition DVD de New Generation. Slim Digipack. Le visuel reprend celui de l’affiche originale d’exploitation. Le menu principal est fixe et musical.

Commencez tout d’abord par la bande-annonce originale, véritable bonus à part entière avec sa voix-off susmentionnée dans la critique.

Enchaînez ensuite avec la présentation du film par Jean-Pierre Lowf-Legoff (8’). Le réalisateur revient tout d’abord sur sa carrière dans le monde musical, avant d’évoquer la genèse de New Generation, pensé et conçu comme « un clip géant ». Les lieux de tournage, l’écriture du scénario (arrêtez de rire), le casting, les chorégraphies, la bande originale et d’autres éléments sympathiques sont abordés au cours de cet entretien.

L’éditeur joint également un court-métrage, Nic Speed, autopsie d’un mythe, réalisé par Nicolas Goetschel et Thomas Lasbleiz en 1992. Rien ne destinait ce jeune musicien à devenir un mythe dans les années 70 si fourmillantes en “Guitar Heroes”. Et pourtant… Nic Speed, autopsie d’un mythe est un documenteur très sympa et excellemment mis en scène, qui raconte la biographie d’un (faux) musicien, sur lequel plane l’ombre de Jim Morrison et de…Mike Brand.

L’Image et le son

40 ans et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on les sent passer avec ce master constellé de poussières, de rayures, de raccords de montage du début à la fin. La gestion des contrastes est totalement aléatoire, mais la luminosité est éloquente. N’attendez pas un piqué pointu, mais l’ensemble « se tient » malgré tout et la copie est plutôt stable. Bon point pour la clarté des couleurs.

La piste Dolby Digital Mono est dynamique, sans se forcer, contient quelques craquements et saturations et restitue avant tout les différentes chansons avec un beau ramdam. Pas de sous-titres français pour les spectateurs sourds et malentendants.

Crédits images : © Ciné2genre / 1978 jean-Pierre Lowf-Legoff / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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