Test DVD / Ma Barker et son gang, réalisé par Bill Karn

MA BARKER ET SON GANG (Ma Barker’s Killer Brood) réalisé par Bill Karn, disponible en DVD le 1er décembre 2020 chez Artus Films.

Acteurs : Lurene Tuttle, Tristram Coffin, Paul Dubov, Nelson Leigh, Myrna Dell, Victor Lundin, Don Grady, Gary Ammann…

Scénario : Tom Hubbard & John Patrick

Photographie : F. Paul Hall

Musique : Gene Kauer

Durée : 1h26

Année de sortie : 1960

LE FILM

A la grande désapprobation de son mari, Kate Barker encourage ses enfants à piller les troncs d’églises. Lorsque le jeune Herman est arrêté pour avoir dévalisé une attraction foraine, le shérif local chasse la famille de la ville. Quelques années plus tard, « Ma » et ses fils figurent en tête de liste des gangsters les plus recherchés des Etats Unis, lesquels, tels Mitraillette Kelly ou Alvin Karpis n’hésitent pas à s’associer avec le désormais redouté gang Barker.

« Freeze ! I’m Ma Baker ! Put your hands in the air and give me all your money ! »

Les fans de Boney M et de disco reconnaîtront immédiatement les premières paroles de la chanson Ma Baker. Ce qu’ils savent moins, c’est que ce tube de 1977 s’inspire de l’histoire de la criminelle Kate Barker, surnommée Ma Barker, qui avait comme particularité d’être à la tête d’un gang composé de ses enfants dans les années 1920. Une personnalité singulière qui a évidemment fait de l’oeil au cinéma et qui a donc donné naissance au film Ma Barker et son gangMa Barker’s Killer Brood, réalisé en 1960 par Bill Karn. En introduction, un panneau indique qu’il s’agit bien d’une « histoire vraie corroborée par les documents de la police, des extraits de journaux et des témoignages ». Ce long-métrage tient à respecter au maximum les faits réels et les évènements qui ont jalonné la « carrière sadique de Katharine Clark Barker, reine du crime, qui a appris à ses fils que le seul vrai crime était de se faire prendre ». Ce sur quoi le film démarre, après avoir ajouté que durant deux décennies de braquages, d’enlèvements et de meurtres, Ma Barker n’a jamais été arrêtée. Nous accueillons Ma Barker et son gang à bras ouverts et ce portrait dressé de ce génie diabolique, mère de la pègre et ennemie publique ne déçoit pas. Cette petite réussite est surtout imputable à l’interprétation survoltée et suintante de Lurene Tutle (1907-1986), comédienne exceptionnelle vue chez Orson Welles (Macbeth), Henry Hathaway (Niagara), Stanley Donen (Donnez-lui une chance) et Alfred Hitchcock (Psychose), qui trouve peut-être ici le rôle de sa vie.

1927. À l’horreur de son mari, Kate Barker, connue sous le nom de «Ma», apprend à ses quatre jeunes fils (Herman, Lloyd, Arthur et Fred) à voler de l’argent lors de la quête à l’église. Son mari essaie en vain de la convaincre d’arrêter d’utiliser ses fils pour commettre des crimes. Ma exprime son mépris en disant qu’elle ronge son frein depuis l’enfance, « quand il y avait trop de Bible et pas assez de boeuf ». Elle humilie son mari devant ses enfants et les encourage à faire de même. Son époux la quitte, ou plutôt il est expulsé du domicile, lorsque leur fils Herman, dont la sensibilité irrite Ma, est arrêté après que celle-ci l’ait forcé à cambrioler la roulotte d’une fête foraine. Après cela, le shérif local expulse Ma Barker et ses garçons hors de la ville. 1933, Ma est devenue une criminelle endurcie avec ses rejetons. Elle est connue dans le monde criminel pour sa cruauté et ses plans redoutables. Lors d’une fête qu’elle organise pour les principaux criminels, Machine Gun Kelly, encouragée par sa petite amie impétueuse Lou, affirme qu’il peut travailler sans elle. Ma est dédaigneuse. Après l’échec de la tentative indépendante d’enlèvement de Kelly, Ma rabaisse Lou. Cette dernière projette de se venger. Pendant ce temps, le tueur psychopathe Alvin Karpis est présenté au gang. Ma l’utilise pour se débarrasser des faibles et des menaces, puis entreprend un enlèvement majeur qui enrichira le gang, celui d’un riche banquier, M. Khortney. Elle reçoit l’appui de John Dillinger et de Baby Face Nelson.

Ma Barker et son gang est un film étonnamment brutal, marqué par des éclats de violence frontale avec quelques règlements de comptes assez pervers et ce dès la toute première scène qui s’ouvre sur le cri d’une future victime qui s’apprête à être immolé dans une voiture. On comprend tout de suite ce qui a pu attirer Hollywood dans ce récit hallucinant où une dame d’un âge respectable n’hésitait pas à prendre elle-même la mitrailleuse pour défendre son nid, ainsi que sa couvée comme l’indique le titre original, puisqu’il valait mieux être tué plutôt que de se laisser mettre les menottes aux poignets. Par ailleurs, Ma Barker avait très tôt mis dans la tête de ses fils que le suicide était le seul recours possible si jamais l’arrestation était inévitable.

Le metteur en scène Bill Karn (1911-1997), qui avait fait ses armes sur la série à succès Dangerous Assignment au début des années 1950, puis sur celle intitulée Gang Busters (de 1952 à 1955) où il s’intéressait déjà aux véritables histoires criminelles (dont celle de Ma Barker), signe un film policier « neo noir » tout à fait sympathique et fait fi d’un budget restreint avec de bonnes idées de mise en scène. Le final, ou le dernier assaut sur le repaire de Ma Barker, peut faire penser à celui de Scarface (1932) d’Howard Hawks, où Paul Muni se verrait remplacer par une petite dame à la cinquantaine bien entamée, qui aurait troqué ses aiguilles à tricoter contre une sulfateuse, tout en sortant diverses répliques bien vachardes. Pas étonnant que le personnage ait ensuite donné naissance à celui de Ma Dalton en 1971 et plus tard à celui de Ma Rapetou dans La Bande à Picsou, et même à celui de Ma Fratelli dans Les Goonies (1985) de Richard Donner ! L’éminent Roger Corman livrera sa version de l’histoire avec Bloody Mama (1970), interprété par Shelley Winters dans le rôle-titre, aux côtés de Pat Hingle, Bruce Dern et Robert De Niro !

LE DVD

Comme souvent au mois de décembre, Artus Films dégaine quelques titres inattendus qui rejoignent la collection des Classiques. C’est le cas de Ma Barker et son gang, qui était encore inédit en France en DVD. La jaquette est typique de cette collection que l’on aime beaucoup, glissée dans un boîtier Amaray de couleur noire. Le menu principal est fixe et muet.

Une bande-annonce présente certains titres disponibles au catalogue de l’éditeur.

L’Image et le son

Pas si mal que ça ce master de Ma Barker et son gang ! Certes, la copie reste marquée par divers raccords de montage, de légers moirages, des rayures verticales, des poussières, mais l’ensemble est fort correct et plutôt propre. Il semblerait toutefois qu’il manque une poignée d’images ici et là, occasionnant un effet heurté, même si cela n’entrave pas le visionnage. Nous constatons aussi une poignée de stockshots, intégrés avant la séquence de la prison, et la stabilité est souvent mise à mal, à l’instar de la séquence dans l’église en début de film.

Du point de vue acoustique, c’est aussi recommandable, même s’il ne faut pas vous attendre à de grandes fusillades qui décrasseront vos enceintes hein ! Les dialogues sont vifs, c’est suffisamment dynamique, malgré un léger souffle et des résonances. Les sous-titres français ne sont pas imposés.

Crédits images : © Artus Films / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.