Test DVD / Certains l’aiment chauve, réalisé par Camille Delamarre

CERTAINS L’AIMENT CHAUVE réalisé par Camille Delamarre, disponible en DVD depuis le 5 décembre 2025 chez UGC.

Acteurs : Kev Adams, Michaël Youn, Rayane Bensetti, Chantal Ladesou, Tony Garcia Lewis, Phil Krazuki, Shane Woodward, Manon Sabrier…

Scénario : Antonin Fourlon

Musique : Alexandre Azaria

Durée : 1h18

Date de sortie initiale : 2025

LE FILM

Lorsque Zak perd sa petite, puis son travail, c’est le début de la déprime. Mais lorsqu’il s’aperçoit qu’il perd ses cheveux à tout juste trente ans c’est la panique totale. Sur les conseils de son oncle qui est passé par là il y a plusieurs années, il entame plusieurs traitements pour échapper à la calvitie…

Aaaah, celui-là il est beau. Parce qu’il en faut bien quelques-uns qui se distinguent chaque année, Certains l’aiment chauve rejoint ainsi Toutes pour une de Houda Benyamina, Le Grand déplacement de Jean-Pascal Zadi, Alpha de Julia Ducournau dans le genre bide atomique largement mérité. 10 millions de budget (WTF!!) et 210.000 entrées au compteur, ça fait mal au fondement quand même. Un des pires scores au cinéma pour Kev Adams, qui a d’ailleurs connu une double peine en 2025 avec un autre four commercial, Le Jour J de Claude Zidi Jr. On ne sait pas encore ce que vaut le second, mais en ce qui concerne Certains l’aiment chauve, on est ici dans le gratin de navet fumant. À la barre, on retrouve l’inénarrable Camille Delamarre (né en 1979), réalisateur, monteur, scénariste, producteur et même acteur, tout droit sorti de l’écurie Luc Besson, pour lequel il a essentiellement officié au découpage, ou au charcutage c’est selon, épileptique du Transporteur 3, de L’Immortel, de Taken 2, de Colombiana…un cador on vous dit ! Il passe « logiquement » derrière la caméra avec Brick Mansions…remake de l’affreux Banlieue 13, interprété par Paul Walker, alors dans son dernier rôle. Non, nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il a perdu le contrôle de sa voiture en repensant au premier montage du film, mais c’est une idée qui se tient. Anyway, Camille Delamarre revient sur le devant de la scène, dix ans après Le Transporteur : Héritage, qui avait plutôt bien fonctionné dans les salles, sans toutefois connaître le même engouement que la trilogie avec Jason Statham. Mais le verdict est sans appel pour Certains l’aiment chauve, qui devait quitter les salles de cinéma, quatre semaines seulement après la sortie du film et ce malgré une combinaison confortable de plus de 500 salles dans l’Hexagone. Avec à peine 19.000 spectateurs comptabilisés le premier jour (108.000 la première semaine, plaçant le film à la neuvième place du classement hebdo), il était certain qu’on allait se retrouver devant un nouveau cas d’étude du cinéma français. Car où sont passés les millions d’euros, si ce n’est dans la poche des deux comédiens principaux ? Entrez donc si vous l’osez, amateurs de comédies qui sentent le gros rouge qui tâche, qui renvoie aux plus mauvais films (car tout n’est pas à jeter, loin s’en faut) de Philippe Clair et de Max Pécas, qui paraissent ana(l)chroniques, issues d’un autre univers…On vous aura prévenu, pervers que vous êtes.

Zacharie, âgé de trente ans, vit une histoire d’amour avec Romy. Cette dernière choisit de le quitter précipitamment lorsqu’elle apprend que son compagnon, atteint d’une calvitie précoce, va devenir chauve dans six mois. Il fait alors appel à son oncle Joseph qui a fait face à ce même problème héréditaire dans le passé. À travers d’improbables rencontres, de traitements chocs et de stratégies fumeuses, Zacharie va devoir se démener contre sa destinée.

Le scénariste Antonin Fourlon, déjà l’un des responsables de 4 zéros de Fabien Onteniente, mais aussi l’heureux gagnant de Chasse gardée, qu’il avait coréalisé avec Frédéric Forestier (dont la suite est actuellement dans les salles) livre le minimum syndical, étant d’ailleurs le seul à être crédité dans ce marasme. On suppute que d’autres ont sûrement payé pour ne pas voir leur nom être crédité au générique et comme il fallait au moins qu’une personne porte le chapeau… Le pire, c’est que la mise en scène ne fait rien pour essayer de dynamiser un récit gnangnan, dont les « rebondissements » et la fin se devinent bien à l’avance, au point où le film vient à peine de commencer, que vous imaginez déjà ce qui va arriver dans les dix prochaines minutes. Camille Delamarre s’endort visiblement derrière son combo, Kev Adams roule les yeux (un sérieux concurrent à la bande à Fifi à lui tout seul), mais comme d’habitude, comme souvent tout du moins, son partenaire Michaël Youn assure le show et montre qu’il peut encore camper des personnages « explosifs » à plus de cinquante balais. Celui-ci en a toujours sérieusement sous le capot, comme il vient de le démontrer récemment avec la série Flashback. Le comédien compose et semble prendre beaucoup de plaisir dans ce rôle frappadingue, tandis que Kev Adams paraît en hyperventilation à ses côtés.

Le tandem ne fonctionne jamais, le personnage principal irrite et n’est jamais attachant, tandis que celui de l’oncle s’avère finalement une soupape de sécurité, auprès duquel on se sent bien et auquel on se raccroche pour ne pas sombrer. Mention spéciale tout de même aux mignonnes Faustine Koziel et Clara Joly, qui surnagent aussi dans cette bouillie visuelle. Il faudra aussi que les historiens du cinéma se penchent un jour sur le Chantal Ladesou Universe, puisque cette dernière apparaît encore dans une « comédie », quasiment sa vingtième en dix piges, emmenant alors le long-métrage dans une autre dimension insoupçonnée à chaque apparition.

Tout ceci pour combler le vide, y compris de cette critique, qui aurait pu tenir en quelques phrases seulement, ou même en une poignée de mots « Fuyez pauvres fous ! ».

LE DVD

UGC tente de sauver les meubles (déjà branlants) en proposant Certains l’aiment chauve dans les bacs…mais uniquement en DVD, car il ne faut pas abuser non plus. Une édition dite technique. La jaquette, glissée dans un boîtier Amaray classique, reprend le visuel de l’affiche d’exploitation. Oui oui, il y en a eu une. Le menu principal est animé et musical.

Aucun supplément.

L’Image et le son

Les partis pris esthétiques quelque peu douteux de la photographie passent sans mal le cap du petit écran. La colorimétrie est vive même si elle manque cruellement de naturel, les teintes chatoyantes sont omniprésentes et la luminosité fatigue les yeux. Les détails sont plutôt riches, tout comme les contrastes et le relief est également appréciable.

La spatialisation profite surtout à la bande originale du film. Les voix sont nerveuses sur la centrale, les ambiances naturelles ne manquent pas et l’ensemble est suffisamment dynamique. Le mixage stéréo se révèle également riche même si les effets latéraux manquent évidemment à l’appel. L’éditeur joint une piste Audiodescription ainsi que des sous-titres français destinés au public sourd et malentendant.

Crédits images : © Copyright 2025 CURIOSA FILMS – ESTELLO FILMS – UGC IMAGES – TF1 FILMS PRODUCTION / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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