Test DVD / Armor, réalisé par Justin Routt

ARMOR réalisé par Justin Routt, disponible en DVD le 17 février 2026 chez AB Vidéo.

Acteurs : Jason Patric, Sylvester Stallone, Josh Wiggins, Dash Mihok, Blake Shields, Joshua David Whites, Jeff Chase, Martin Bats Bradford…

Scénario : Cory Todd Hughes & Adrian Speckert

Photographie : Cale Finot

Musique : Yagmur Kaplan

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 2024

LE FILM

Un père et son fils travaillent comme agents de sécurité pour une entreprise de fourgons blindés. Ils croisent alors une équipe de voleurs sur un pont. Ils se retrouvent piégés et vont devoir élaborer un plan pour s’échapper et assurer leur survie.

Il y a un an, apparaissait la bande-annonce d’Armor, en version française. Enfin « version » c’est vite dit. Car cela devait s’accompagner d’un scandale lié à la création de la voix de feu Alain Dorval (décédé en février 2024) en intelligence artificielle, procédé réalisé sans le consentement de sa fille Aurore Bergé, qui avait cependant autorisé quelques tests, non destinés à être exploités de la sorte. Un résultat catastrophique, robotique et évidemment flippant. Mais il s’agissait d’un essai seulement et Armor a bel et bien été doublé par de vrais comédiens, Michel Vigné remplaçant le légendaire Alain Dorval à la barre, ce qu’il avait déjà fait pour Haute sécurité Lock Up. Nous en revenons à Armor, une série B d’action (à la limite du Z) qui aurait coûté 11 millions de dollars…On ne sait où est passé le budget, à moins que Sly ait tout raflé en ne laissant que des clopinettes pour le reste, y compris pour la deuxième tête d’affiche Jason Patric. L’action se déroule essentiellement sur un pont, avec d’un côté Sylvester Stallone figé à cause du botox et du travail conséquent d’un taxidermiste, qui fait équipe avec une bande de bras cassés, et de l’autre Jason Patric et Josh Wiggins (vu dans Franky de Keith Berhman). On n’attendait rien de cet Armor et même si le film est rejeté de partout (pour être poli), on a bien envie de défendre ce petit film qui ne vaut pas grand-chose, mais qui fonctionne si l’on est un tant soit peu indulgent. Les scènes agitées sont étonnamment limitées, mais on ne s’ennuie pas (vraiment) pour autant. C’est juste qu’il s’agit d’une petite récréation pour Sly entre deux saisons de Tulsa King, après le bide monumental d’Expend4bles et la voix de King Shark dans The Suicide Squad. Il ne manque pas de projets notre Sly à l’aube de ses 80 printemps et on le suivrait même dans le fond de sa filmographie. C’est sans doute le cas ici avec Armor, mais le film de Justin Routt, tourné en à peine dix jours, vaut bien mieux que les trois-quarts des Williseries que ce cher Bruce avait tourné dans les années 2020 avant de raccrocher pour cause de maladie. Stallone rend sûrement service en reprenant la pétoire et en acceptant de camper le (pas trop) méchant de l’histoire face à un Jason Patric toujours aussi fade et que l’âge n’a pas aidé à prendre en charisme. Ni en talent d’ailleurs. Mais en l’état on rit pas mal malgré tout, au point d’en avoir mal aux côtes d’Armor.

James Brody et son fils Casey travaillent comme convoyeurs de fonds. James conduit le fourgon blindé. James est ex-policier, veuf et participe à un groupe de parole d’ex-alcooliques dans une église. En réalité, James continue de s’alcooliser en cachette, en remplissant sa bouteille thermos de vodka qu’il fait passer pour de l’eau. Casey est marié et son épouse est enceinte. Un jour, ils sont pris en chasse par une camionnette qui percute le fourgon. Cela les poussent à s’engager sur un pont désaffecté. Une camionnette se met en travers de la route à chaque extrémité. Trois hommes armés descendent de chaque camionnette et tirent sur le fourgon, qui se renverse sur le flan. James et Casey parviennent à sortir de la cabine et abattent deux hommes. Casey reçoit une balle dans la cuisse et perd son pistolet. Ils se réfugient dans le coffre blindé et James fait un garrot à Casey. Les assaillants lancent des grenades asphyxiantes sous le fourgon et dans la cabine pour les obliger à ouvrir le coffre et sortir.

Évidemment, Sly et ses sbires (dont un qui ressemble à Booder) en veulent à la cargaison du fourgon. D’autant plus que James et Casey découvrent de l’or dans une caisse qu’ils n’étaient pas supposés transporter au départ, ce qui intriguait les convoyeurs. Armor va ainsi passer d’un groupe à l’autre, entre les braqueurs qui tentent de percer la carlingue du véhicule, tandis que le père et le fils, réfugiés à l’intérieur, essayent de trouver un moyen de s’échapper. La mise en place est maladroite, clichée, avec Jason Patric (vu dernièrement dans Terrifier 3) qui à peine réveillé s’enfile des médocs, qu’il fait passer avec de la vodka, avant de remplir sa gourde de Smirnoff et d’aller participer à une réunion d’alcooliques anonymes où il fait croire qu’il n’a pas bu une goutte depuis six ans. Les deux scénaristes cumulent ainsi les poncifs, n’y vont pas avec le dos de la cuillère quand ils racontent à travers un flashback l’accident ayant causé la mort de la femme de James et donc la mère de Casey. On se doute que les deux hommes n’ont guère parlé de ce qui s’est passé toutes ces années et le fait de se retrouver seuls, enfermés dans le fourgon qui va faire office de confessionnal, va leur permettre de se confier l’un à l’autre, alors que Casey est lui-même sur le point de devenir père de famille.

Sly, bien coiffé, les implants bien accrochés ou la moumoute bien collée on ne sait pas trop, essaye de parlementer avec les deux types coincés dans le véhicule blindé, surtout que ceux qui l’accompagnent commencent à trouver le temps long, à devenir nerveux et à s’échauffer. Notre Stallone adoré a beau faire le sale boulot, il n’est pas trop salaud et l’on se doute qu’il a reçu des consignes pour éviter que le sang coule. Rien de nouveau côté mise en scène, c’est technique, scolaire, suffisant pour faire genre. Produit par Randall Emmett (ainsi que par trente autres producteurs), le responsable de quelques ignominies sorties directement en vidéo, Hot Seat avec Mel Gibson, Wire Room, Killing Field avec Bruce Willis, mais aussi déjà des horribles Évasion 2 et Backtrace avec Stallone, Armor est typiquement le genre de truc que l’on regarde discrètement, tout en faisant sa déclaration d’impôts, en checkant ses mails, en s’inscrivant sur Xhamster (c’était plus pratique avant) ou en faisant sa liste de courses. Impossible de résumer les enjeux d’Armor après le film.

On se souvient surtout des mauvais effets spéciaux (mention spéciale à la scène du fourgon plongé dans la rivière, où les acteurs ne sont pas même pas mouillés), d’un gunfight plutôt efficace, du regard éteint de Sly qui s’éloigne vers le soleil couchant et de Jason Patric sous ZzzQuil. Le pire, c’est que tout ce bouzin parvient à divertir.

LE DVD

Après un détour sur Prime Video, Armor débarque dans les bacs, uniquement en DVD chez AB Vidéo. Sly est évidemment mise en avant sur la jaquette, glissée dans un boîtier Amaray classique de couleur noire. Le menu principal est fixe et muet.

Aucun supplément.

L’Image et le son

L’un des points positifs d’Armor demeure sa photographie, plutôt soignée pour un film de cet acabit. Les partis pris sont bien rendus à travers cette seule édition Standard. Les contrastes sont d’une densité rarement démentie. Le piqué est suffisamment affûté (avec des baisses de régime ceci-dit), les gros plans détaillés et la colorimétrie de fort bon acabit. Les détails sont aussi très appréciables.

Concernant les pistes Dolby Digital 5.1., en français (sans intelligence artificielle) comme en anglais, la scène latérale distille ses effets avec une étonnante parcimonie et il faut véritablement attendre les quelques séquences d’action (des gunfights essentiellement) pour que la spatialisation se fasse enfin concrète et que le caisson de basses se réveille. Sans grande surprise, la version originale se révèle plus naturelle et riche que la piste française où les dialogues manquent parfois de punch et d’intelligibilité sous la percutante balance frontale. Les sous-titres français ne sont pas imposés sur la version originale.

Crédits images : © AB Vidéo / Arcadès Éditions / LionsGate / Captures DVD : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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