
T’AS PAS CHANGÉ, réalisé par Jérôme Commandeur, disponible en DVD & Blu-ray le 11 mars 2026 chez Studiocanal.
Acteurs : Laurent Lafitte, François Damiens, Vanessa Paradis, Jerôme Commandeur, Zineb Triki, Olivia Côte, Rufus, Catherine Allégret, Michaël Abiteboul, Delphine Baril, Catherine Hiegel…
Scénario : Jérôme Commandeur & Kévin Knepper
Photographie : Antoine Struyf
Musique : Maxime Desprez & Michaël Tordjman
Durée : 1h42
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
D’anciens camarades décident, à la suite d’un décès d’un de leurs amis, de se retrouver avec les anciens du lycée. Mais les retrouvailles programmées vont réveiller des souvenirs pas forcément sympathiques. Les quatre potes, à un tournant de la vie, doivent se remettre en question…

Les films de potes est un genre à part entière. Surtout dans le cinéma français, même si ce n’est pas une spécificité. On peut citer en vrac Les Petits mouchoirs, Le Coeur des hommes, La Vérité si je mens, Les Copains, Quatre garçons pleins d’avenir, Vincent, François, Paul et les autres…, Husbands, Les Sous-Doués, Five, Play, Un éléphant ça trompe énormément (et sa suite bien sûr), Comme des frères, Mes meilleurs copains, Le Péril jeune, Comme t’y es belle, L’Aventure c’est l’aventure et bien d’autres, même si l’on parle ici uniquement d’un minimum de trois amis dans la bande. Il semblerait que l’inspiration de Jérôme Commandeur pour T’as pas changé provienne des Copains d’abord de Lawrence Kasdan et de Peter’s Friends de Kenneth Branagh. Sa troisième comédie comme scénariste, producteur, interprète et metteur en scène est cette fois encore une grande réussite. L’humoriste (on peut le dire, un des meilleurs en France) signe un film « générationnel », qui s’adresse en priorité à la tranche d’âge 40-50 ans, Jérôme Commandeur affichera d’ailleurs très prochainement un demi-siècle au compteur, carrefour existentiel emblématique, l’heure d’un premier bilan, avant de glisser (normalement) vers la maturité. T’as pas changé, titre qui fait évidemment référence à la chanson Place des Grands Hommes de Patrick Bruel est une savoureuse comédie, remplie de gags inspirés, de répliques tordantes, d’émotions aussi, car on ne saurait être un auteur comique sans être sensible, notamment à ce qui nous entoure. Qui plus est, le quatuor d’acteurs principaux est en parfaite osmose et Vanessa Paradis se distingue une fois de plus. Elle trouve l’un de ses meilleurs rôles et la scène de règlements de comptes sous l’emprise de l’alcool restera certainement culte dans sa filmographie. Toujours est-il que lorsque vous écoutez un tube de votre adolescence sur Nostalgie, c’est que la « routourne » a tourné et que vous êtes passés de l’autre côté, celui de vos parents…Certains ne s’en sont pas encore rendu compte et c’est de cela que parle T’as pas changé, à ne manquer sous aucun prétexte.



Suite à la disparition de l’un de leur camarade de classe, quatre anciens lycéens décident, trente ans après leur bac, de réunir toute leur promo à l’occasion d’une fête, comme à l’époque. Véritable déclaration d’amour aux années 1990, « T’as pas changé » dresse le portrait hilarant et grinçant de ces quinquas que des retrouvailles vont bouleverser à jamais.


Joli succès au cinéma que ce T’as pas changé, qui a su attirer 725.000 spectateurs dans les salles, soit quasiment autant que le précédent long-métrage comme réalisateur de Jérôme Commandeur, Irréductible (2022). Il y a indéniablement un ton « Commandeur », mordant, ironique, cynique, un humour noir irrésistible, toujours affûté, jamais méchant (la bonhommie du comédien apparaissant souvent comme un contraste avec ce qu’il peut dire), mais toujours fin, malin. T’as pas changé est donc dans le même ton, avec un soupçon dramatique en plus forcément, puisqu’on est ici en pleine nostalgie. Le temps qui passe, les occasions manquées ou perdues, ou bien encore la possibilité de tout recommencer est au centre de cette comédie, sans doute encore plus réussie qu’Irréductible. Spécialiste de la steadycam en France (Brice 3, Le Nouveau jouet, Lupin, Sous la Seine), Antoine Struyf, qui avait déjà officié comme caméraman sur Irréductible, monte en grade et devient directeur de la photographie. T’as pas changé est un film qui a de la gueule comme on dit, qui s’avère beau et même élégant à regarder.


Les acteurs sont gâtés par le texte (du nectar), par le réalisateur/partenaire, mais aussi par des partis-pris chaleureux grâce auxquels ils sont chacun mis en valeur. Jérôme Commandeur ne tire jamais la couverture et laisse suffisamment de draps à ses camarades pour briller autant que lui. Il n’y aura pas exemple jamais assez de qualificatifs pour dire tout le bien que l’on pense de Laurent Lafitte, qui se permet d’être aussi incroyable de film en film, comme dernièrement dans le génial Alter Ego de Nicolas et Bruno, La Femme la plus riche du monde Thierry Klifa (qui lui a valu le César du meilleur acteur) et bien sûr Le Comte de Monte-Cristo de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière. On se souviendra longtemps de son rôle de vieux-beau beauf, définitivement coincé dans les années 1990, qui vit de petites tournées minables, en emballant une ancienne fan tous les soirs dans les chiottes de la salle des fêtes du coin.


Si l’on est un peu plus modéré sur la prestation de François Damiens, dont le rôle est étrangement peu sympathique et donc moins attachant, la dynamique d’ensemble est indiscutable, ça matche, ça s’envoie les vannes comme il faut, ça les reçoit encore mieux. Et l’on ajoute par-dessus ça la présence toujours solaire de Vanessa Paradis, astre devant lequel les protagonistes, comme les spectateurs sont en admiration. Il y a quelque chose qui rappelle aussi la comédie italienne, sociale, qui faisait aussi la part belle aux seconds voire aux troisièmes rôles, ici tenus par Olivia Côte, Catherine Hiegel, Catherine Allégret, Rufus, qui ne font certainement pas office de remplissage, mais qui sont tout aussi choyés.


On rit du début à la fin, on a cette petite pointe dans le ventre quand on voit défiler les trente dernières années qui sont passées en un éclair (les yeux – et les oreilles – piquent en entendant MmmBop des frères Hanson et en revoyant quelques stars des années 90 comme…vous verrez…) et finalement Jérôme Commandeur touche en plein coeur avec cette comédie universelle et donc populaire, dans le sens noble du terme.



LE BLU-RAY
On est heureux de retrouver un titre du catalogue Studiocanal ! D’autant plus qu’on avait adoré T’as pas changé à sa sortie. La jaquette de l’édition HD, glissée dans un boîtier classique de couleur bleue, reprend le visuel de l’affiche d’exploitation. Le boîtier est glissé dans un sur-étui. Le menu principal est quant à lui animé et musical.

Pas grand-chose à se mettre sous la dent.
Une poignée de scènes coupées (2’15), une se déroulant durant la fête finale (avec un gag qui ne fonctionne pas) et une autre qui montre les trois compères à la veillée funêbre de leur pote, tandis que la veuve de ce dernier (la géniale Olivia Côte) se lâche quelque peu dans son malheur…




Un bêtisier de deux minutes complète cette interactivité.




L’Image et le son
On frôle la perfection. La belle et lumineuse photo d’Antoine Struyf trouve un écrin remarquable grâce à ce Blu-ray au format 1080p de très haut niveau. Les noirs sont denses, l’encodage AVC consolide l’ensemble, tandis que les séquences intérieures se trouvent logées à la même enseigne. En dehors de diverses scènes sombres un poil plus altérées, le relief demeure fort appréciable, le piqué affûté aux quatre coins du cadre large et la texture des matières, des costumes notamment, reste palpable tout du long. Un transfert très élégant.
Comme pour Irréductible, la musique a été confiée au tandem Maxime Desprez et Michaël Tordjman. Le mixage DTS-HD Master Audio 5.1 se révèle magistral du point de vue spatialisation, les basses sont parfois vibrantes et les latérales soutiennent en permanence les frontales. Les dialogues sont d’une belle ardeur sur la centrale et se détachent sans mal des effets divers distillés par les frontales. Quelques séquences étonnent réellement par leur dynamisme, à l’instar de la fête finale ou de la tournée « 90 ». Extrêmement riche en détails, le mixage plonge assurément le spectateur dans l’ambiance du film. L’éditeur joint également une piste DTS-HD Master Audio 2.0, qui devrait sans mal contenter ceux qui ne seraient pas équipés sur la plage arrière, ainsi que des sous-titres français destinés au public sourd et malentendant. N’oublions pas la piste Audiodescription !









Crédits images : © Studiocanal / CHAPTER2_ESKWAD / Captures du Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
