
SIGNES EXTÉRIEURS DE RICHESSE réalisé par Jacques Monnet, disponible en DVD & Blu-ray le 17 février 2026 chez Rimini Éditions.
Acteurs : Claude Brasseur, Josiane Balasko, Jean-Pierre Marielle, Roland Giraud, Xavier Saint-Macary, Jean-François Rémi, Hélène Arié, Eva Harling, Pascale Ogier, Charlotte de Turckheim …
Scénario : Alain Godard & Jacques Monnet
Photographie : Philippe Welt
Musique : Eric Bouad & Johnny Hallyday
Durée : 1h35
Date de sortie initiale : 1983
LE FILM
Patron d’une clinique vétérinaire parisienne de renom, Jean-Jacques Lestrade habite un luxueux appartement et fréquente le Tout-Paris en compagnie de jeunes femmes, s’en remettant à son comptable Jérôme Bouvier, pour gérer ses finances. Tout va bien jusqu’au jour où débarque dans sa clinique Béatrice Flamand, une inspectrice des impôts.

Un mois après avoir fait une apparition rapide dans Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré, Josiane Balasko revient au cinéma, cette fois en haut de l’affiche, qu’elle partage avec Claude Brasseur, pour Signes extérieurs de richesse. La comédienne tourne ce film entre Le Père Noël est une ordure et La Smala, et retrouve Jacques Monnet (né en 1934) pour la seconde fois après le très beau Clara et les chics types, dans lequel elle donnait – entre autres – la réplique à Christian Clavier et Thierry Lhermitte. Elle continue de s’affranchir du Splendid et s’empare avec talent de ce rôle formidable, tout en tenant la dragée haute à son illustre partenaire. Celui-ci multiplie alors les tournages avec parfois quatre ou cinq films par an, donne volontiers et généreusement la réplique à la nouvelle génération, le box-office étant plus moins stable, surtout depuis le triomphe des deux épisodes de La Boum de Claude Pinoteau. Signes extérieurs de richesse, qui a franchi la barre du million de spectateurs, témoigne de l’alchimie entre Claude Brasseur et Josiane Balasko, merveilleusement soutenus par un Jean-Pierre Marielle au top de sa forme et d’une ribambelle de seconds rôles solidement écrits par Jacques Monnet et Alain Godard (Dracula père et fils, Je suis timide mais je me soigne, Coup de tête, C’est pas moi, c’est lui). Un classique de la comédie française, diffusé moult fois à la télévision et qui demeurait jusqu’à présent inédit en DVD et en Blu-ray !



Grosse voiture, pied-à-terre luxueux, Jean-Jacques Lestrade, Gigi pour les intimes, a tout pour plaire aux femmes… et au fisc. Un jour, Béatrice, inspectrice des impôts, débarque dans ses comptes, donc dans sa vie. En matière d’impôts, il ne suffit pas d’être innocent, encore faut-il le prouver. Or, tout accuse le sémillant vétérinaire, victime d’une réputation qu’il a si longtemps cultivée. Bouvier, qui ressemble à un comptable et qui parle comme un comptable, mais qui n’est pas véritablement un comptable, s’acharne lui aussi contre Gigi. Pour s’en sortir, Gigi se livre à un odieux chantage sur la personne de l’unique compagnon de vie de l’Inspectrice : son chien. Le pire, c’est que cela marche, mais pas dans le sens où Gigi l’entendait…


« Si Jaja » dit le sympathique Manuel (l’argentin Héctor Malamud, inoubliable) le factotum de Lestrade, qui tente de faire plaisir à son boss, patron d’une prospère clinique vétérinaire, principalement en instaurant une ambiance romantique afin d’accueillir la nouvelle conquête de celui qui l’emploie. Seulement voilà, celle qui s’incruste dans ce quotidien trop bien huilé est inspectrice des impôts. Le luxueux appartement, la grosse voiture et les vêtements de grand couturier deviennent alors suspects. Si Gigi prenait ça à la rigolade dans un premier temps, Béatrice Flamand n’est pas là pour se marrer. Jacques Monnet concocte une série de quiproquos qui ne s’arrêtent pas du début à la fin et prend visiblement beaucoup de plaisir à filmer son duo vedette qui rivalise de tchatche et de charme.


Autour de l’atome constitué par Claude Brasseur, Josiane Balasko et Jean-Pierre Marielle (immense en « expert en comptabilité » et non « expert-comptable »), le réalisateur greffe de fabuleux électrons, les géniaux Charlotte de Turckheim et Roland Giraud, la belle et regrettée Pascale Ogier (qui décédera l’année suivante, à la veille de son vingt-sixième anniversaire), l’impériale Édith Perret, l’excellent Xavier Saint-Macary (lui aussi parti bien trop tôt), sans oublier Jean Rougerie et même un certain Jean Reno dans une de ses premières apparitions au cinéma (et la même année que Le Dernier combat), ainsi qu’un caméo (audio) de Serge Sauvion, et tout un tas d’autres comédiens ravis d’être là, car admirablement servis par une plume acérée, mais jamais méchante, ni vulgaire.


Signes extérieurs de richesse demeure un spectacle attachant, très rythmé, solidement mis en scène, joliment photographié par Philippe Welt (Bunker Palace Hôtel, Tatie Danielle) et mention spéciale à la belle musique signée Éric Bouard (oui oui, le moustachu des Musclés), ainsi qu’à la chanson de Johnny Hallyday qui reste définitivement en tête, tout comme certaines répliques («Papa est pas là, maman est malade ! », « Une femme en plus, hum hum, c’est les pires ! T’as vu quand t’as parlé d’supprimer les chiens, elle a pas bronché, un vrai SS ! Vrrr, ça m’fait froid dans l’dos ! »). Quel plaisir de posséder enfin Signes extérieurs de richesse dans sa DVD-Bluraythèque !



LE BLU-RAY
La collection consacrée à l’oeuvre de Josiane Balasko s’agrandit chez Rimini Éditions ! Ainsi, après Ma vie est un enfer, Sac de nœuds, Les Hommes préfèrent les grosses et Nuit d’ivresse, l’éditeur ajoute désormais Signes extérieurs de richesse et Les Keufs à cette anthologie. Le film de Jacques Monnet n’était jamais sorti en DVD et Blu-ray. C’est désormais chose faite. La jaquette, glissée dans un boîtier classique, lui-même disposé dans un sur-étui cartonné, reprend le montage spécifique de cette collection. Dommage de ne pas disposer de jaquettes réversibles, proposant le visuel de l’affiche originale d’exploitation, comme cela avait été le cas avec Pinot simple flic, Une époque formidable… et Sans peur et sans reproche. Le menu principal est animé et musical.

Jean-Pierre Vasseur de Rimini Éditions est allé à la rencontre de Josiane Balasko. Durant cette petite interview (8’), la comédienne partage quelques souvenirs liés au tournage de Signes extérieurs de richesse. Elle évoque Jacques Monnet (« très enthousiaste et au rire communicatif »), le travail avec Claude Brasseur et Jean-Pierre Marielle, les débuts de Jean Reno, sa garde-robe (« tristoune ») qui devait représenter la carapace de son personnage. Rapide, mais c’est toujours mieux que rien !



L’Image et le son
Fort d’un master au format respecté (1.66) et d’une solide compression AVC, ce Blu-ray en met plein les yeux dès les premiers plans. La restauration est impressionnante, les contrastes denses, la copie est propre et lumineuse. Les détails étonnent souvent par leur précision, les couleurs retrouvent un éclat inespéré, le relief des séquences diurnes est inédit et le piqué demeure acéré du début à la fin. Un superbe lifting.

La piste française Dual Mono est plutôt percutante. Aucun souffle n’est à déplorer, ni aucune saturation dans les aigus. Les dialogues sont vifs, toujours bien détachés, la musique est délivrée avec une belle ampleur. L’ensemble est aéré, fluide et dynamique. En revanche, point de sous-titres français destinés au public sourd et malentendant, ainsi qu’une piste Audiodescription.




Crédits images : © Rimini Éditions / Studio TF1 Cinéma / TF1 Films Production / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
