Test Blu-ray / Les Blancs ne savent pas sauter, réalisé par Ron Shelton

LES BLANCS NE SAVENT PAS SAUTER (White Men Can’t Jump) réalisé par Ron Shelton, disponible en Édition Collector Limitée le 6 décembre 2019 chez Lionheart Editions.

Acteurs : Wesley Snipes, Woody Harrelson, Rosie Perez, Tyra Ferrell, Cylk Cozart, Kadeem Hardison, Ernest Harden Jr., John Marshall Jones…

Scénario : Ron Shelton

Photographie : Russell Boyd

Musique : Bennie Wallace

Durée : 1h58

Date de sortie initiale : 1992

LE FILM

Comment deux joueurs de basket-ball de rue vont faire équipe pour rançonner a coups d’arnaques les joueurs les plus coriaces des terrains publics de Los Angeles.

Yo mama ! Grand et inattendu succès de l’année 1992, Les Blancs ne savent pas sauterWhite Men Can’t Jump est très rapidement devenu un film culte pour toute une génération de cinéphiles et les basketteurs. Tout au long de sa carrière (ou presque), le réalisateur Ron Shelton (né en 1945) s’est spécialisé dans le film sportif et ce dès ses débuts en tant que scénariste (La Dernière PasseThe Best of Times de Roger Spottiswoode en 1986) et sa première mise en scène, Duo à troisBull Durham (1988), avec Kevin Costner, Susan Sarandon et Tim Robbins, dont l’histoire tournait autour du baseball. Avant le golf (Tin Cup, 1996) et la boxe (Les AdversairesPlay it to the Bone, 1999), Ron Shelton se penchait sur le basket avec Les Blancs ne savent pas sauter, comédie sportive teintée de drame social, merveilleusement interprétée par le duo Woody Harrelson – Wesley Snipes, encore au début de leurs carrières respectives, dont l’alchimie explosive, le charisme, la cool attitude et surtout l’immense talent enflamment l’écran de ce buddy movie à l’énergie furieusement contagieuse.

Billy Hoyle (Woody Harrelson) est un ancien joueur de basket professionnel qui gagne sa vie en poussant d’autres joueurs de basket de rue à parier de l’argent, pensant qu’il ne sait pas jouer parce qu’il est blanc. Billy ne se dénigre jamais lorsqu’il fait des parties en équipes aléatoires. Il laisse croire à ses adversaires, majoritairement Noirs, qu’ils ont un avantage naturel sur lui dû à leur couleur de peau et leur style vestimentaire. Sidney Deane (Wesley Snipes) est l’un de ces joueurs, talentueux, mais arrogant, qui perd deux fois face à Billy: une fois dans un match de rue par équipe, et l’autre dans un concours de tir en un contre un. Billy et Gloria Clemente (Rosie Perez, caliente), sa copine portoricaine, sont pourchassés par des truands à qui ils doivent rembourser des dettes de jeu. Avide de lecture, mémorisant sans peine des choses futiles, Gloria a un but dans la vie: participer au jeu télévisé Jeopardy ! et faire fortune. Sidney, quant à lui, veut acheter une maison pour sa famille, loin du quartier difficile de Baldwin Village. Il propose un partenariat financier à Billy, qui accepte, poussant les autres joueurs à faire en sorte que Billy soit le partenaire par défaut de Sidney.

Soyez les bienvenus à Venice Beach, Californie ! Ron Shelton place sa caméra dans ces quartiers encore oubliés par le cinéma au début des années 1990 et s’intéresse à l’avènement des duels de basket-ball urbain, caractérisés par l’opposition de deux équipes de deux joueurs, sur une moitié de terrain. Aussi à l’aise dans la tchatche qu’au drible, Woody Harrelson et Wesley Snipes (juste avant de devenir une star du film d’action) crèvent l’écran. S’ils s’étaient déjà rencontrés sur le tournage de Femme de chocWildcats de Michael Ritchie six ans auparavant et se retrouveront plus tard dans Money Train (1995) de Joseph Ruben, le tandem fait preuve ici d’un naturel confondant. Cependant, réduire Les Blancs ne savent pas sauter à un simple film sportif serait mentir, car le film évoque les conditions de vie précaire des oubliés de l’American Dream, qui vont parvenir à trouver leur place dans une société qui ne veut pas d’eux, grâce à leur talent sportif. White Men Can’t Jump est comme qui dirait le Rocky des années 1990.

Ron Shelton, ici seul scénariste, dresse le portrait de deux hommes qui ne se font guère d’illusions sur leurs situations, mais qui ne s’avouent en aucun cas vaincus, qui ont décidé de prendre le taureau par les cornes, sans avoir recours au crime comme certains du quartier, mais en cultivant ce qu’ils ont entre les mains et en utilisant leur matière grise. A ce titre, le personnage féminin, Gloria, interprétée par Rosie Perez, vue dans Do the Right Thing de Spike Lee et Night on Earth de Jim Jarmusch, rêve également de s’en sortir et pour cela s’entraîne durement au jeu Jeopardy !, dans l’espoir d’être un jour sélectionnée. Ron Shelton invite ainsi le spectateur à s’interroger sur son propre talent, son don, sa passion, ses compétences, sur ce qui fait de lui sa différence et donc sa valeur.

Avec plus de 75 millions de recette récoltés sur le sol américain, pour une mise de départ de 15 millions, Les Blancs ne savent pas sauter devient un véritable phénomène et parvient même à séduire le public français, où le basket n’était pas encore populaire, avec plus de 250.000 spectateurs. Le basket-ball sera également le sujet d’un autre film écrit et produit par Ron Shelton, Blue Chips (1994), qui sera cette fois mis en scène par le légendaire William Friedkin.

LE BLU-RAY

Croyez-le ou non, Les Blancs ne savent pas sauter en était réduit à un fond de catalogue chez 20th Century Fox depuis 2001. Vous pouvez désormais oublier ce DVD obsolète pour mieux accueillir cette magnifique édition Haute-Définition que nous devons à un nouvel éditeur (et distributeur) résistant, Lionheart Editions, créé par Colin Arteaga. Pour ce premier titre, l’éditeur a voulu marquer le coup avec un superbe boîtier métal FuturePak au visuel clinquant. Lionheart propose également un magnet à placer sur la tranche du boîtier qui mentionne le titre du film en version originale. Disponible sur le site de l’éditeur http://editions-lionheart.com/ ce FuturPak est également proposé avec un livret de 20 pages revenant sur les lieux de tournage et contenant également un entretien avec Ron Shelton, réalisé spécialement par Lionel Grenier, pour cette édition française des Blancs ne savent pas sauter. Le menu principal est animé et musical. A noter que Lionheart prévoit la sortie en Haute-Définition du mythique Cyborg d’Albert Pyun, avec Jean-Claude Van Damme. Nous vous invitons vivement à rejoindre leur page Facebook !

Seul supplément de cette édition, un entretien avec Julien Camy, co-auteur de Sport & Cinéma (éditions De Suffren). Pendant 15 minutes, l’historien du cinéma, réalisateur de documentaires et co-fondateur du fanzine Peeping Tom sur le cinéma de genre revient sur Les Blancs ne savent pas sauter. Le contexte du film (juste avant les émeutes de 1992), les lieux de tournage, l’histoire et l’âge d’or du basket-ball, le casting, le réalisateur, la représentation du sport dans le film, les personnages, les dialogues cultes (entre les « Ta mère » et 117 « mother fucker ») sont abordés simplement, mais avec efficacité par Julien Camy.

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

L’Image et le son

Le master HD est à l’image du packaging, clinquant et élégant. Les Blancs ne savent pas sauter bénéficie d’une révision de la luminosité, de la colorimétrie (gros point fort) et du piqué sur les scènes diurnes. En extérieur, à l’instar de toutes les séquences sur le terrain, les détails sont excellemment ciselés, le relief est très probant. Les visages des comédiens sont détaillés à souhait, le grain original est respecté et discret, la copie stable grâce à un codec AVC qui fait agréablement son taf. La copie est aussi et surtout très propre, les contrastes joliment concis. Ce Blu-ray permet de revoir enfin ce classique des années 90 dans les meilleures conditions possibles à ce jour.

Seule la piste anglaise bénéficie d’une solide piste DTS-HD Master Audio 5.1. De son côté, la version française doit se contenter d’un mixage DTS-HD Master Audio 2.0. S’il est indéniable que cette piste n’arrive pas à la cheville de la version originale, moins ample et dynamique, le doublage reste excellent et très drôle. En DTS-HD Master Audio 5.1 la musique R&B et hip-hop est brillamment restituée, la balance frontale est riche, fluide et équilibrée, tandis que les latérales sont utilisées à bon escient, sans esbroufe, et souligne chaque séquence de jeu.

Crédits images : © 20th Century Fox / Lionheart Editions / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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