Test Blu-ray / Le Vieux Khottabych, réalisé par Gennadiy Kazanskiy

LE VIEUX KHOTTABYCH (Starik Khottabych – Старик Хоттабыч) réalisé par Gennadiy Kazanskiy, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 7 juin 2022 chez Artus Films.

Acteurs : Nikolay Volkov, Aleksei Litvinov, Gennadi Khudyakov, Lev Kovalchuk, Valentina Romanova, Maya Blinova, Olga Cherkasova, Yefim Kopelyan…

Scénario : Lazar Lagin, d’après son roman

Photographie : Muzakir Shurukov

Musique : Nadezhda Simonyan

Durée : 1h24

Date de sortie initiale : 1957

LE FILM

Le petit Volka découvre une bouteille au fond de la rivière. En la débouchant, il laisse apparaître le génie Khottabych, âgé de plus de 2000 ans. Pour le remercier, ce dernier exauce tous les vœux du garçon. Mais il ne connaît pas encore les techniques du monde moderne et ses tours de magie amènent des catastrophes en série.

Tandis que Doctor Strange in the Multiverse of Madness et Top Gun: Maverick déferlent sur les écrans en essayant de ramener les spectateurs dans les salles obscures, il fut un temps où les blockbusters se résumaient à l’arrivée d’un génie de la lampe dans le quotidien d’un petit garçon. C’est le cas d’un film russe intitulé Le Vieux Khottabych, Starik Khottabych, ou bien encore Старик Хоттабыч (ça c’est juste histoire de nous la péter), réalisé par un certain Gennadiy Kazanskiy (1910-1983), qui s’emparait alors d’un roman très connu des petits et des grands de Lazar Lagin, Starik Hottabych, publié en 1938, puis révisé près de vingt ans après, dont l’adaptation est d’ailleurs signée de l’auteur de lui-même. Mélange de bons sentiments, d’humour pour toute la famille (un gag annonce même le légendaire « jour, nuit, jour, nuit » de Jacquouille la Fripouille), d’effets spéciaux charmants et surtout irrigué de bonnes valeurs morales (A bas le capitalisme ! Vive la culture physique !), Le Vieux Khottabych enchaîne les péripéties de notre jeune héros, qui sera bien occupé à rattraper les bêtises d’un génie âgé de 3732 ans (et 5 mois), quelque peu allumé (une sorte d’Aladin gâteux) et bien sûr complètement paumé dans le monde contemporain, qui découvre les us et coutumes d’un pays qu’il ne connaît pas, après avoir passé près de 2000 années enfermé dans sa lampe. Un spectacle fantastique kitsch, plaisant, coloré, poétique et bourré d’aventures.

Se baignant dans une rivière, un jeune écolier, Volka, découvre une bouteille. En la débouchant, il libère un génie, Khottabytch, qui s’y trouvait enfermé depuis trois mille ans. Pour remercier son sauveteur, le vieux mage lui promet d’exaucer ses désirs. Khottabytch accomplit des miracles qui mettent souvent son protégé dans des situations embarrassantes, car, ne connaissant rien à la vie moderne, il ignore les progrès accomplis pendant le temps de sa claustration.

The Flyng Carpet, titre d’exportation internationale, tourné entre Moscou et Odessa, avec un petit détour par la station balnéaire de Sotchi, n’attend pas longtemps pour faire apparaître son génie quelque peu zinzin, puisque celui-ci déboule dès la deuxième minute du film. La faute à Volka, interprété par un jeune comédien au charisme aussi incolore que la boisson spiritueuse dont le nom est proche de celui du personnage. Enfin, on est un peu dur, disons qu’Aleksei Litvinov, qui ressemble à un Karlheinz Böhm miniature, fait un peu penser à un robot au regard éteint et qui abuserait des trois expressions mises à sa disposition, la tristesse (quelques scènes tire-larmes au rendez-vous), la joie et la colère. L’acteur fait ce qu’il peut, mais les séquences d’émotion tombent principalement à plat. Heureusement, le show est quant à lui assuré par le bondissant Nikolay Volkov, dans le rôle d’Hassan Abdurrahman ibn Khotta (à vos souhaits !), dont l’énergie est contagieuse, qui s’avère impeccable dans les moments burlesques et dont la prestation allait lui ouvrir une très large renommée, ainsi qu’une carrière florissante jusqu’au début des années 1980.

En l’état, Le Vieux Khottabych n’a rien perdu de sa magie, qui saura largement divertir les jeunes spectateurs d’aujourd’hui, le film étant une excellente alternative aux divertissements plus aseptisés et lisses qui fleurissent encore et toujours dans les cinémas de nos jours. La mise en scène est alerte, la photographie jolie, les décors soignés, le rythme soutenu, on ne s’ennuie pas une seconde et l’ensemble est rafraîchissant.

LE COMBO BLU-RAY + DVD

Artus Films continue d’explorer le cinéma soviétique avec cette sortie en Combo Blu-ray + DVD du Vieux Khottabych. Les deux disques reposent dans un Digipack à deux volets, sobrement illustré, glissé dans un fourreau cartonné. Signalons la grande difficulté de glisser le Digipack hors du fourreau, à tel point que nous avons finalement été obligés de démonter la tranche pour pousser l’ensemble, ce qui l’a malheureusement abîmé. Le menu principal est fixe et musical.

En plus d’un Diaporama et de la bande-annonce, l’éditeur propose une présentation par le désormais fidèle Christian Lucas (27’). S’il s’agite un peu trop (quel jeu de sourcils !) et que la lecture de son texte manque de naturel, on en apprend beaucoup sur tout ce qui entoure Le Vieux Khottabych et on salue le travail de recherches effectuées pour cette intervention. Celle-ci s’avère riche en informations sur le roman original de Lazar Lagin, sur les thèmes du film, son immense succès, le réalisateur, les lieux et les conditions de tournage, les effets visuels, la musique, la photographie, le casting…Christian Lucas n’omet pas de donner son propre avis sur cet opus soviétique.

L’Image et le son

Artus Films propose de (re)découvrir Le Vieux Khottabych dans de très belles conditions, qui plus est en Haute-Définition. Ce master s’en tire avec les honneurs et restitue notamment la palette chromatique spécifique. Les couleurs sont éclatantes et sans aucun doute le point fort de cette copie. L’ensemble est aussi propre, stable, clair et les contrastes corrects.

En russe (aux sous-titres non imposés) comme en français, le confort acoustique est conséquent avec une excellente restitution des dialogues et de la musique. Pas de souffle constaté, c’est fluide et dynamique, surtout en version originale. Mais offrez-vous tout de même une séance en français, histoire de profiter du doublage gentiment naïf.

Crédits images : © Artus Films / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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