Test 4K Ultra-HD / Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, réalisé par Michel Lemoine

LES WEEK-ENDS MALÉFIQUES DU COMTE ZAROFF réalisé par Michel Lemoine, disponible en édition 4K Ultra HD + Blu-ray le 13 juillet 2020 chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Michel Lemoine, Nathalie Zeiger, Howard Vernon, Joëlle Coeur, Martine Azencot, Stéphane Lorry, Robert de Laroche, Sophie Grynholc…

Scénario : Michel Lemoine

Photographie : Philippe Théaudière

Musique : Guy Bonnet

Durée : 1h25

Année de sortie : 1974

LE FILM

D’apparence affable, Boris Zaroff est un homme d’affaires passablement tourmenté, héritier d’une lignée d’aristocrates décadents. Zaroff vit dans le domaine ancestral en compagnie de son fidèle majordome, Karl. Lié par un pacte, le serviteur joue les rabatteurs pour son maître, ramenant de magnifiques jeunes femmes au château. Celles-ci seront bientôt les victimes des pulsions sadiques de Zaroff, en proie à de terribles visions où il se voit tourmenté par le fantôme d’une femme qui fut autrefois la maîtresse de son père. Seuls ses jeux pervers l’empêchent de plonger définitivement dans la folie… Jusqu’à quand ?

Comédien et réalisateur, Michel Lemoine (1922-2013) s’est distingué dans les années 1970-1980 avec des films aux titres évocateurs tels que Les Chiennes / Le Manoir aux louves, Viens, je suis chaude, Cuissardes, Les Confidences érotiques d’un lit trop accueillant, Langues profondes, Alice… tu glisses, Prenez moi !, Ardeurs perverses, L’été les petites culottes s’envolent, Slips fendus et porte-jarretelles. Un beau programme quoi. Passionné par le cinéma de genre, il est d’ailleurs apparu devant les caméras de Duccio Tessari (Una voglia da morire, 1964), Mario Bava (Arizona Bill, 1964), Antonio Margheriti (I criminali della galassia et I diafanoidi vengono da Marte, sortis en 1966), Sergio Sollima (Agent 3S3, massacre au soleil, 1965) et Jesús Franco (Les Yeux verts du diable, 1968), Michel Lemoine se distingue dans le genre érotique. José Bénazéraf (1922-2012) sera d’ailleurs un catalyseur dans sa carrière puisqu’il le dirigera dans L’Éternité pour nous / Le Cri de la chair (1962), Le Concerto de la peur / La Drogue du vice (1963) et Joe Caligula (1966). Il se décide à passer lui-même derrière la caméra. Pour son premier coup d’essai, Comme il est court le temps d’aimer (1970), il n’est pas crédité à la mise en scène, au même titre que son confrère Jean-François Davy, et le film sera signé Pier A. Caminnecci. En revanche, Les Désaxées (1972) est officiellement sa première réalisation, largement inspirée de sa propre vie, film dans lequel il donne la réplique à son épouse Janine Reynaud. Après s’être fait la main (et quelques nanas à l’écran), Michel Lemoine peut enfin mettre en route le film fantastique qu’il avait longtemps imaginé, Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, connu sous le titre Sept filles pour un sadique, et Seven Women for Satan pour son exploitation internationale. Tourné entre Les Petites Saintes y touchent, également connu sous le titre Jeunes filles en extase (1974) et Tire pas sur mon collant (1978), l’érotisme possède une place prépondérante dans cette série B tournée en 13 jours avec un budget dérisoire, mais l’ensemble se tient car irrigué par un amour contagieux pour l’épouvante avec quelques scènes bien gratinées ou le sang coule sur les poitrines des belles donzelles, toujours prêtes à tomber sous le charme de ce mystérieux Boris Zaroff.

Dernier descendant d’une lignée d’aristocrates décadents et pervers, le comte Boris Zaroff est un homme d’affaires parisien respecté et fortuné. Chaque week-end, il se réfugie dans le château familial à la campagne gardé son majordome Karl. Soucieux du confort de son maître, ce dernier s’arrange toujours pour lui trouver une nouvelle soubrette afin d’égayer les nuits un peu tristes de cet endroit isolé et ennuyeux. Tiraillé par ses penchants sadiques issus de ses ancêtres, Zaroff charge Karl de lui trouver de jeunes femmes pour le torturer et les tuer afin d’assouvir ses pulsions meurtrières. Sa passion est de les traquer à travers les bois de son domaine comme des lièvres. Mais Zaroff est tourmenté par la précédente occupante de son manoir, une certaine Anne de Boisreyvault, qui fut la maîtresse de son père. Vêtue de blanc, son fantôme hante les lieux, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du château. Alors qu’il perd la raison petit à petit, Karl, qui veille à respecter les souhaits morbides de la famille Zaroff, fait tout pour qu’il perpétue ses actes ignominieux, comme le voulait son père qui fut le majordome du célèbre chasseur d’hommes, en torturant de jeunes innocents perdus dans les alentours. Mais le spectre d’Anne, morte dans d’étranges circonstances, tente de ramener Boris sur le bon chemin…

Considérer Michel Lemoine comme un tâcheron ou un faiseur serait aussi faux que réducteur. Evidemment, s’il n’est pas le meilleur metteur en scène et encore moins le plus grand directeur d’acteurs que le cinéma français ait pu avoir, il n’est en aucun cas le pire et ses films ont toujours quelques éléments à sauver et intéressants, notamment du point de vue technique et composition de l’image. Ayant fait ses débuts au cinéma chez Maurice Tourneur (Après l’amour, 1947), Sacha Guitry (Le Diable boiteux, 1948 et Le Trésor de Cantenac, 1949), Julien Duvivier (La Fête à Henriette, 1952) et Jean-Paul Le Chanois (Le Village magique, 1955), Michel Lemoine possède une vraie présence à l’écran avec un regard particulier, par ailleurs mis en valeur dans Le Monstre aux yeux vertsI pianeti contro di noi (1962) de Romano Ferrara. Agé de plus de 50 ans dans Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, le comédien promène son charisme quasi-unique et inquiétant, qui rappelle parfois celui de Jean Saudray, dans ces insolites 85 minutes du film (qui à l’origine durait plus de 2h), durant lesquelles il laisse aussi une belle place à ses partenaires, dont le mythique Howard Vernon, dans le rôle de Karl, le fielleux valet de Zaroff, qui avait d’ailleurs interprété lui-même le comte en question dans La Comtesse perverse de Jesús Franco, deux ans auparavant.

Mais nous n’avons souvent d’yeux que pour les charmes offerts des interprètes favorites de Michel Lemoine, à savoir Martine Azencot (L’Arrière-train sifflera trois fois de Jean-Marie Pallardy, Les Lesbiennes de José Bénazéraf) dans une scène de masturbation qui ne peut laisser…indifférent, Nathalie Zeiger (Le Sexe nu de José Bénazéraf, Glissements progressifs du plaisir d’Alain Robbe-Grillet), sans oublier les ravissantes Joëlle Coeur (Je suis frigide… pourquoi ? de Max Pécas, Jeunes filles impudiques de Jean Rollin, Le Journal érotique d’un bûcheron de Jean-Marie Pallardy) et bien d’autres comédiennes livrées à la caméra et aux spectateurs qui ne rateront rien de leur anatomie, élégamment filmée par un Michel Lemoine toujours inspiré dans ce domaine, contrairement aux dialogues qui nous font bien marrer.

En 1976, la sortie des Week-ends maléfiques du Comte Zaroff est interdite sur les écrans, cette merveilleuse censure française n’ayant rien trouvé de mieux que de considérer le film comme étant dangereux car incitant au meurtre ou à la nécrophilie. Malheureusement pour Michel Lemoine qui regrettera toujours cette décision injuste (et ce en dépit d’une carrière internationale pas honteuse) et qui se tournera vers la mise en scène de films pornographiques purs et (très) durs, sous le pseudonyme de Michel Leblanc, avec notamment Olinka Hardiman. Mais c’est une autre histoire petits coquins. En attendant, revoir un film de ce pilier du cinéma bis hexagonal est toujours un moment savoureux et Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff étant un des meilleurs opus du réalisateur, nous ne saurons que trop vous conseiller de vous laisser tenter.

LE COMBO BLU-RAY + 4K UHD

Après notre chronique de l’édition Blu-ray + 4K UHD de Gwendoline, voici déjà celle des Week-ends maléfiques du Comte Zaroff ! Edition limitée à 1000 exemplaires. Cette édition se présente sous la forme d’un Digipack à trois volets, glissé dans un fourreau cartonné du plus bel effet, prenant pour visuel l’une des scènes marquantes du film avec Martine Azencot. La comédienne illustre d’ailleurs également le menu principal, animé sur sa scène de masturbation.

Après le film, n’hésitez surtout pas à le revoir en compagnie du comédien Robert de Laroche, crédité ici sous le pseudo de Robert Icart (son père trouvant qu’il faisait des « choses mauvais goût »). Ce commentaire audio enregistré en juin 2020 et mené par Stéphane Bouyer du Chat qui fume est un moment très agréable, à la fois drôle, pertinent et informatif sur la méthode de travail de Michel Lemoine, sur les conditions de tournage parfois extrêmes des Week-ends maléfiques du Comte Zaroff (en gros une des actrices – qui s’en est sortie miraculeusement indemne – a été écrasée par une voiture lors de la scène de la poursuite, du sang de bœuf provenant des abattoirs voisins a été utilisé pour la scène de la chambre des tortures…), sans oublier le casting. Robert de Laroche est visiblement ravi de revoir ce film « qui avait été transformé en charpie » dans de superbes conditions techniques et l’on sent une pointe de nostalgie quand il évoque sa grande complicité et son amitié avec sa partenaire Nathalie Zeiger, avec laquelle il partageait de très nombreux fous rires. Ne manquez pas le moment où Robert de Laroche détaille les longues prises de vue de la séquence où son personnage et celui de Nathalie Zeiger se retrouvent attachés sur la table de la chambre des tortures ! Les souvenirs et anecdotes diverses s’enchaînent sans aucune baisse de rythme durant 1h25. Par ailleurs, les deux intervenants évoquent aussi les scènes coupées et on les retrouvera d’ailleurs dans une de ces séquences proposées plus loin dans les suppléments.

Le même Robert de Laroche apparaît ensuite face caméra (58’) pour y reprendre peu ou prou les mêmes arguments entendus au cours du commentaire audio précédent. Il revient aussi sur sa carrière et explique comment sa condition de journaliste de spectacle dans l’hebdo féminin Elle l’a conduit à rencontrer Janine Reynaud, alors mariée à Michel Lemoine, pour un reportage réalisé pour le numéro d’été spécial cinéma. Cinéphile invétéré depuis son enfance et fan de films fantastiques, Robert de Laroche et Michel Lemoine se découvrent énormément de points communs et une amitié naît immédiatement. Par la suite, l’invité du Chat qui fume passera devant la caméra de Michel Lemoine à diverses reprises, à l’instar des Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, sur lequel il ne manque pas d’anecdotes de tournage et sur le casting, tout comme il se rappelle encore une fois de sa complicité avec Nathalie Zeiger. De cet entretien, il se dégage un très beau portrait dressé de Michel Lemoine, « un homme d’une grande gentillesse, curieux, tout à fait à part, charmeur, très amical et chaleureux […] un homme d’une autre époque… ».

Le Chat qui fume a pu mettre la main sur une interview sensationnelle du réalisateur Michel Lemoine (42’) datant de 1999 et réalisée par Lucas Balbo, durant laquelle le metteur en scène revenait sur ses débuts (le conservatoire, jeune premier en France, comédien en Italie durant quinze ans puis metteur en scène) et surtout sur son amour pour la série B et le cinéma fantastique. On y parle entre autres de Sacha Guitry et de Mario Bava (« un homme simple, cool et pleine d’humour », qui lui a donné envie de devenir réalisateur), de Sergio Sollima et de Jean Rollin (« ses films sont diffusés sur Canal+ et font des audiences formidables ! »), de Jess Franco (« un fou total et formidable ») et de José Bénazéraf, sans oublier de cinéma érotique et pornographique bien entendu. Les passionnés du Bis vont être aux anges, tandis que les amateurs en apprendront beaucoup sur ces noms illustres et leurs méthodes de travail, « qui te faisaient voir la vie d’une façon différente, y compris la tienne, et qui faisaient du cinéma formidable ! » dit d’ailleurs Michel Lemoine. Ce dernier se souvient avec émotion d’une projection des Week-ends maléfiques du Comte Zaroff à la Cinémathèque Française devant des spectateurs complices.

Les chutes de montage (2’35) et de tournage (8’) sont beaucoup plus anecdotiques. Comme un carton l’indique en introduction, les premières proviennent de coupes effectuées au montage entre le clap de début et de fin de scènes. Elles sont présentées en musique dans un montage quelque peu chaotique et stroboscopique – attention les yeux ! – qui rappelle étrangement la bande-annonce d’Orange mécanique. Les chutes de tournage sont en réalité de scènes non incluses dans le montage final, des bouts de séquences existantes qui ont été coupées, de prises non retenues et de prises avec des axes différents. On y reconnaît entre autres la danse de Nathalie Zeiger ou l’attaque du chien.

En revanche, les quatre séquences coupées (20’ au total) valent vraiment le coup d’oeil, surtout celle où Nathalie Zeiger (en paysanne) et Robert de Laroche (en pantalon de cuir et cuissardes brillantes) se retrouvent au lit. Une scène de rêve jugée “pas assez commerciale” pour être conservée et qui est pourtant très belle, bien filmée et toujours superbement photographiée par Philippe Théaudière. Comme nous l’indiquons plus haut, cette séquence est disponible uniquement avec les commentaires de Robert de Laroche et de Stéphane Bouyer. La scène de la baignoire (tournée à l’origine pour Les Petites Saintes y touchent et que Michel Lemoine avait pensé utiliser pour Les Week-ends maléfiques du Comte Zaroff), ainsi que celle d’un meurtre sauvage d’une jeune femme (un tournevis dans le vagin), tournée après le tournage du film (et vue sur la VHS australienne) sont pas mal du tout.

Ce n’est pas encore terminé !

L’éditeur profite de la présence de Robert de Laroche, pour rendre disponibles ses deux courts-métrages, chacun étant introduit par quelques notes explicatives du réalisateur :

Le premier est intitulé Chronique de voyage (27’, 1971), une histoire de vampires pensée comme un hommage au cinéma expressionniste allemand, dont Robert de Laroche était un immense fan. Le film est en N&B, quasi-muet et a été tourné en 16mm pendant l’hiver 1970-1971 avec l’aide d’amis proches. Le réalisateur interprète le rôle du vampire normand, qui était destiné à la base à un autre comédien. La version restaurée ici est issue de la copie de travail et d’une sauvegarde, étant donné que le négatif original a été perdu. Une vraie curiosité comprenant quelques idées de mise en scène intéressantes et un cadre soigné.

Le deuxième court-métrage s’intitule Baphomet (14’35, 1972), un film né de la découverte d’une statuette représentant un démon, le Baphomet des Templiers, ornant le haut du porche de l’église Saint-Merri. Ce court-métrage a été tourné en 16mm couleur inversible et en son direct. La restauration a été réalisée à partir de l’unique copie 16mm double bande existante. On y reconnaîtra Gilles Béhat (Charles IV le Bel dans Les Rois Maudits version 1972 et futur réalisateur de l’improbable Dancing Machine avec Alain Delon). A voir pour y redécouvrir le Paris de l’époque.

Last but not least, Le Chat qui fume livre aussi un excellent documentaire amateur (21′) de 1994 – Paris Ciné Bis – sur les salles parisiennes spécialisées dans le cinéma bis (le Brady, le Paris-Ciné Pix, le Beverley, le Trianon), archivé à la cinémathèque de Toulouse et disponible sur YouTube où l’éditeur l’a découvert et demandé à l’intégrer à ce disque. Un film indispensable réalisé et monté par Frédéric Charruault, constitué de témoignages aussi passionnants que teintés de nostalgie d’exploitants de salles (aujourd’hui disparues), d’ouvreurs/euses et de projectionnistes (un métier également rayé de la carte) comme Jean Fournier du Brady, Paulette, Christiane et Michel Verger du Paris-Ciné Pix, Guy Balensi (Le Trianon), M. Petit-Jean (Publidécor), mais aussi Jean Rollin (réalisateur) et Maurice Laroche (Le Beverley, fermé en 2019). Le son de la pellicule et l’écho des doublages improbables résonnent, l’odeur des sardines et du cassoulet cuits dans la salle favorite d’un habitué (une anecdote complètement dingue) chatouille les narines, les toiles et les devantures peintes à la main ravissent les yeux, les noms des cinémas Midi-Minuit, Concordia, Le Méry, l’Amsterdam-Pigalle (devenu le Divan du monde) et bien d’autres sont évoqués, surtout ceux des salles qui fleurissaient entre Pigalle et la Place Clichy, devenus des bars ou des magasins Dia. Les souvenirs s’entrecroisent au fil de ces interventions, où l’on évoque la vie d’avant, le cinéma d’exploitation, jusqu’à l’avènement des magnétoscopes dans les salons aux alentours de 1985 qui a fait évoluer le marché, pas dans le bon sens malheureusement puisque les spectateurs commençaient à déserter les salles. Quand l’un déclare « que c’est très difficile à l’heure actuelle », on ne peut s’empêcher de ressentir comme une boule au ventre…

L’interactivité se clôt sur la bande-annonce.

A l’instar de ses sorties consacrées au réalisateur Aldo Lado, Le Chat qui fume sort un livre de 250 pages consacré au film de Michel Lemoine, limité à 500 exemplaires et contenant plus de 350 photographies exclusives réalisées par Alain Venisse, inédites jusqu’à ce jour, histoire de se transporter « dans l’atmosphère sensuelle et troublante du film Les Week-ends maléfiques du comte Zaroff ».

Aussi dispo chez l’éditeur, un 33 tours vinyl (taille 45 tours), limité à 300 exemplaires, comprenant quatre morceaux issus de la bande originale.

Et profitons-en aussi pour signaler sortie du livre de Lucas Balbo et d’Edgard Baltzer, Michel Lemoine, gentleman de l’étrange (éd. La Tour Verte), avec une préface signée Robert de Laroche.

En attendant la restauration en 4K des Désaxées, des Chiennes / Le Manoir aux louves, des Confidences érotiques d’un lit trop accueillant, des Petites Saintes y touchentJeunes filles en extase et de Tire pas sur mon collant, déjà annoncées par Le Chat qui fume !

L’Image et le son

Chapeau bas au Chat qui fume qui s’est chargé personnellement de la restauration 4K des Week-ends maléfiques du Comte Zaroff à partir du négatif d’origine. Comme il l’indique dans le commentaire audio, Stéphane Bouyer a dû accentuer les blancs sur certaines séquences qui étaient devenues vraiment trop sombres. C’est le cas lors du flashback avec le père de Boris ou lors du repas où Karl s’exprime sur la fragilité de l’âme féminine. Le grain devient plus grumeleux, la définition est de toutes évidences plus chancelante avec de sensibles fourmillements et les noirs deviennent bleutés. Heureusement, ces menus accrocs ne sont pas légion et l’édition 4K UHD (pour la première fois au monde) du film de Michel Lemoine ne déçoit absolument pas. Au contraire, ce nouvel et inattendu écrin permet de reconsidérer l’esthétique des Week-ends maléfiques du Comte Zaroff, en particulier la photo très léchée du chef opérateur Philippe Théaudière (grand collaborateur de Jean Eustache) avec ses éclairages tantôt tamisés dans le château, tantôt quasi-luminescentes sur l’ensemble des séquences en extérieur. Le carton-titre est plus usé, mais l’image affiche d’emblée une clarté dingue avec des bleus aussi étincelants (comme le boa de Martine Azencot) que la propreté du master. A part quelques poils en bord de cadre, cette copie ne cesse d’impressionner, surtout lorsque l’on connaît la « qualité » du matériel dont disposait l’éditeur.

La piste française DTS-HD Master Audio 2.0 affiche une ardeur et une propreté remarquables, créant un spectre phonique fort appréciable. Certains pics musicaux (excellente partition de Guy Bonnet) frôlent parfois la saturation mais l’ensemble demeure plutôt homogène et les dialogues sont solides. Une version anglaise est aussi disponible, ainsi que les sous-titres italiens, allemandes, anglais, espagnols et français !

Crédits images : © Le Chat qui fume / Stéphane Bouyer / Captures du Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr

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