Test Blu-ray / Le Tueur frappe trois fois, réalisé par Massimo Dallamano

LE TUEUR FRAPPE TROIS FOIS (La Morte non ha sesso) réalisé par Massimo Dallamano, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 15 mai 2026 chez Rimini Editions.

Acteurs : John Mills, Luciana Paluzzi, Robert Hoffmann, Renate Kasché, Carlo Hintermann, Tullio Altamura, Enzo Fiermonte, Loris Bazzocchi…

Scénario : Giuseppe Belli, Vittoriano Petrilli, Massimo Dallamano & Audrey Nohra

Photographie : Angelo Lotti

Musique : Giovanni Fusco & Gianfranco Reverberi

Durée : 1h25

Année de sortie : 1968

LE FILM

L’inspecteur Franz Bulon dirige la brigade des stupéfiants de la police de Hambourg. Il soupçonne sa femme, Lisa, une ex-voleuse, de poursuivre ses activités criminelles. Incapable de la confondre, il propose un échange à Max Lindt, un tueur à gages qu’il vient d’arrêter. Contre sa remise en liberté, il doit supprimer Lisa.

Celles et ceux qui voudraient, à juste titre, en savoir plus sur le réalisateur Massimo Dallamano (1917-1976) et ancien chef opérateur (Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus) pourront se rediriger vers nos articles consacrés à Vénus en fourrure Venere in pelicciaLe Malizie di Venere (1969), Section de chocQuelli della calibro 38 (1976) et Mais…qu’avez-vous fait à Solange ?Cosa avete fatto a Solange? (1972). Le film qui nous intéresse s’intitule Le Tueur frappe trois foisLa Morte non ha sesso et n’est que le second long-métrage du cinéaste, mis en scène un an après son premier coup d’essai Bandidos. Si on le classe aujourd’hui dans le genre giallo, Le Tueur frappe trois fois appartient surtout au Krimi, mais reprend il est vrai certains codes déjà installés dans Six femmes pour l’assassinSei donne per l’assassino (1964) de Mario Bava. Ainsi, la même année que La Mort a pondu un œufLa Morte ha fatto l’uovo de Giulio Questi, Le Sadique de la treizième heureNude… si muore d’Antonio Margheriti, mais deux ans avant l’avènement de L’Oiseau au plumage de cristal L’Uccello dalle piume di cristallo de Dario Argento, Massimo Dallamano se concentrait sur un tueur vêtu d’un imper, tenant dans sa main gantée une arme blanche dont la lame est destinée à être enfoncée dans la chair de victimes déterminées. L’intrigue est un rien poussive, mais cet opus vaut le coup d’oeil pour son trio vedette Luciana Paluzzi, Robert Hoffman et John Mills, et s’avère étonnamment plus convaincant dans sa partie dramatique que policière, qui quant à elle tend à s’essouffler.

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Test Blu-ray / Chassés-croisés sur une lame de rasoir, réalisé par Maurizio Pradeaux

CHASSÉS-CROISÉS SUR UNE LAME DE RASOIR (Passi di danza su una lama di rasoio) réalisé par Maurizio Pradeaux, disponible en Blu-ray chez Le Chat qui fume.

Acteurs : Robert Hoffmann, Nieves Navarro, Jorge Martín, Anuska Borova, Serafino Profumo, Simón Andreu, Anna Liberati, Rosita Torosh…

Scénario : Alfonso Balcázar, Arpad DeRiso, Jorge Martín & Maurizio Pradeaux

Photographie : Jaime Deu Casas

Musique : Roberto Pregadio

Durée : 1h31

Date de sortie initiale : 1973

LE FILM

Alors que Kathy et ses parents, Suédois venus lui rendre visite à Rome, attendent l’arrivée d’Alberto Morosini, son fiancé, pour repartir à l’aéroport, celle-ci, guettant sa venue au moyen d’une longue-vue panoramique, est alors témoin du meurtre à l’arme blanche d’une jeune femme dans un appartement. De retour de l’aéroport, Kathy et Alberto se rendent au poste de police, où elle est interrogée par le commissaire Merughi. Peu de temps après, deux témoins potentiels qui se trouvaient non loin de la scène du crime, un vendeur de marrons et une femme de ménage, sont sauvagement assassinés. Kathy sera-t-elle la prochaine victime ?

Moui…mouarf…Chassés-croisés sur une lame de rasoirPassi di danza su una lama di rasoio, comme son titre vous l’a peut-être indiqué, ou bien encore Devil Blade pour sa sortie VHS hexagonale, est un giallo méconnu, sorti en 1973 et réalisé par un certain Maurizio Pradeaux (1931-2022), jusqu’à présent inconnu pour l’auteur de ces mots. Assistant de production, il passe derrière la caméra en 1966 avec Ramon le MexicainRamon il messicano, western avec Claudio Undari. Puis, le metteur en scène et scénariste va suivre les genres à succès du moment, entre le film de casse (Un casse pour des clous28 minuti per 3 milioni du dollari), le film de guerre (Les Léopards de Churchill I Leopardi di Churchill), la comédie (I Figli di Zanna Bianca), puis enfin le giallo. Chassés-croisés sur une lame de rasoir sort sur les écrans alors que la mode est déjà au poliziottesco. Folie meurtrière de Tonino Valerii, Toutes les couleurs du vice de Sergio Martino, Mais… qu’avez-vous fait à Solange ? de Massimo Dallamano, À la recherche du plaisir de Silvio Amadio, Qui l’a vue mourir ? d’Aldo Lado, La Longue Nuit de l’exorcisme de Lucio Fulci et quelques autres pointures sont sorties l’année précédente, mais le thriller horrifique arrive quelque peu en bout de course. Peu de choses distinguent l’opus de Maurizio Pradeaux du tout-venant, à part sans doute la participation de la magnifique Susan Scott aka Nieves Navarro (d’où une coproduction hispano-italienne), l’une des plus belles créatures du cinéma italien d’exploitation après Edwige Fenech. Tout y est, un tueur vêtu d’un grand manteau noir, la tête surmontée d’un chapeau, les mains glissées dans des gants, arme blanche au poing, tandis qu’une caméra subjective adopte son point de vue. Et les meurtres de se succéder. Pour quelle raison ? La résolution (forcément décevante) sera dévoilée dans les toutes dernières minutes. Pas déshonorant, mais franchement peu excitant, Passi di danza su una lama di rasoio demeure complètement anecdotique et s’oublie immédiatement après visionnage. Au suivant !

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Test Blu-ray / Spasmo, réalisé par Umberto Lenzi

SPASMO réalisé par Umberto Lenzi, disponible en DVD et Blu-ray le 5 mars 2020 chez BQHL Editions.

Acteurs : Robert Hoffmann, Suzy Kendall, Ivan Rassimov, Adolfo Lastretti, Franco Silva, Mario Erpichini, Maria Pia Conte, Luigi Antonio Guerra…

Scénario : Massimo Franciosa, Umberto Lenzi, Pino Boller, Luisa Montagnana

Photographie : Guglielmo Mancori

Musique : Ennio Morricone

Durée : 1h35

Date de sortie initiale : 1974

LE FILM

Playboy et fils d’un riche industriel décédé, Christian tombe sous le charme de Barbara, une jeune et jolie femme qu’il découvre évanouie sur une plage. Lorsque, peu après, il la retrouve sur un yacht, celle-ci l’entraîne dans un maelström d’événements étranges et cruels, de meurtres et de faux-semblants. Avec le sentiment d’être pris au piège d’une gigantesque toile d’araignée, Christian croit trouver la clef de l’énigme en se faisant passer pour mort, y compris auprès de son propre frère, quelqu’un qui paraît beaucoup plus stable que lui sur le plan psychologique…

Umberto Lenzi (1931-2017) est l’exemple typique du réalisateur qui a su suivre la mode, les goûts et les préférences des spectateurs, en passant successivement du film de pirates (Mary la rousse, femme pirate, Les Pirates de la Malaisie) au péplum (Maciste contre Zorro, Hercule contre les mercenaires) dans les années 1960, puis du giallo (Le Tueur à l’orchidée) au poliziottesco (Brigade spéciale, La Rançon de la peur, Le Cynique, l’Infâme et le Violent) dans les années 1970, pour terminer sa carrière dans le genre épouvante (La Secte des cannibales, L’Avion de l’apocalypse). Un cinéaste prolifique, diplômé du Centro Sperimentale di Cinematografia, avec plus de 60 films à son actif réalisés en 35 ans de carrière. Spasmo (1974) apparaît tout juste au milieu de sa carrière. Formidable thriller qui s’éloignait alors du giallo traditionnel, comme le réalisateur l’avait déjà fait avec Le Couteau de glaceIl Coltello di ghiaccio deux ans auparavant, Spasmo est un pur film de mise en scène, reposant sur un scénario machiavélique, intrigant, tortueux et pervers, kafkaïen en diable et incroyablement sombre, qui démontre une fois de plus toute la virtuosité d’Umberto Lenzi que la critique avait coutume de qualifier de simple faiseur.

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