
VADE RETRO réalisé par Antonin Peretjatko, disponible en DVD le 9 septembre 2026 chez Blaq Out.
Acteurs : Estéban, Pascal Tagnati, Yolène Gontrand, Pascal Légitimus, Céline Fuhrer, Eva Rami, Sébastien Chassagne, Alma Jodorowsky, Arielle Dombasle, Philippe Duquesne…
Scénario : Antonin Peretjatko
Photographie : Nicolas Eveilleau
Musique : Josselin Bordat
Durée : 1h31
Année de sortie : 2025
LE FILM
Norbert, un jeune vampire âgé de 350 ans, n’a toujours pas réussi à mordre une jeune fille de sang pur afin d’assurer la pérennité de sa lignée familiale. Un soir, alors qu’il pense enfin planter ses crocs dans un cou de bonne famille, il se fait piéger par la terrible chasseuse de vampire Ludvika Von Ludvik qui, d’un coup de tenaille, coupe une des canines du pauvre Norbert. Afin de trouver sa promise, et s’il veut survivre et ne pas être renié par ses parents, ceux-ci lui ordonnent d’aller au Japon, accompagné de son valet gardien de musée. Mais son bateau fait naufrage sur l’île de Boulet Rouge.

Concernant la filmographie d’Antonin Peretjatko, nous en étions restés à La Pièce rapportée en 2020, fantaisie estivale (qui n’était pas tombée au bon moment, rappelez-vous, un certain virus…) qui s’était soldé sur un échec cinglant avec seulement 60.000 entrées. Après un détour par le documentaire (Voyage au bord de la guerre, journal de bord et road-movie que le cinéaste effectuait à travers l’Ukraine en compagnie d’un réfugié ukrainien), le réalisateur repasse par la case cinéma avec Vade Retro qui n’aura attiré que…2800 spectateurs. Oui, vous avez bien lu. Un score que l’on pourrait penser impossible ou impensable…et pourtant…On y retrouve tout ce qui fait la singularité d’Antonin Peretjatko, un monde complètement barré, pour ne pas dire au bord du chaos en permanence, peuplé de personnages frappadingues qui déambulent dans un univers surréaliste, défient toutes les lois et les règles. Vade Retro, son quatrième long-métrage, se place dans la continuité du court réalisé en 2022, Les Algues maléfiques, dans lequel les algues vertes bretonnes mutaient les habitants en zombies. Ici, pas de morts-vivants, mais des vampires cinglés qui semblent provenir d’un nanar français des années 1970-80. Il y a d’ailleurs un lien entre les mauvais films sympathiques et Vade Retro, puisque le premier rôle du second est tenu par Estéban, qui n’est autre que le fils de l’illustre Philippe Clair, légendaire metteur en scène de Par où t’es rentré ? On t’a pas vu sortir, Rodriguez au pays des merguez, Plus beau que moi tu meurs, Tais-toi quand tu parles et La Grande java. On ne sait pas si cela était conscient au moment de ce projet, mais toujours est-il que Vade Retro renvoie bien à ce genre de cinéma décomplexé et de divertissement du samedi soir alcoolisé.


