Test Blu-ray / Project X, réalisé par William Castle

PROJECT X réalisé par William Castle, disponible en Combo Blu-ray + DVD le 3 décembre 2025 chez Rimini Éditions.

Acteurs : Christopher George, Greta Baldwin, Henry Jones, Monte Markham, Harold Gould, Phillip Pine, Lee Delano, Ivan Bonar…

Scénario : Edmund Morris, d’après les romans de Leslie P. Davies

Photographie : Harold E. Stine

Musique : Van Cleave

Durée : 1h37

Date de sortie initiale : 1968

LE FILM

2118, un agent du gouvernement en mission en Asie prévient les États-Unis que le bloc occidental sera détruit quatorze jours plus tard. On le retrouve finalement inconscient et amnésique. Des scientifiques congèlent son corps et lui donne l’identité d’un voleur de banques de l’année 1968. Toutes les nuits, avec opiniâtreté, ils explorent son cerveau dans l’espoir qu’il finisse par se souvenir du message qu’il avait à transmettre à ses supérieurs.…

Quel film se cache sous ce titre mystérieux, Project X ? Celui-ci est réalisé en 1968 par le prolifique William Schloss, connu sous le pseudonyme de William Castle (1914-1977), connu pour Tuer n’est pas jouerI Saw What You Did (à ne pas confondre avec le premier James Bond de Timothy Dalton), La Nuit de tous les mystères – House of Haunted Hill, La Bataille de Rogue River – The Battle of Rogue River ou bien encore le sympathique western Duel sur le MississippiDuel on the Mississippi. Grand spécialiste de la série B, solide artisan de la Columbia et producteur malin qui a toujours su suivre et répondre aux goûts des spectateurs, William Castle en viendra même à produire Rosemary’s Baby et à mettre en scène des films d’horreur (13 Ghosts, Macabre, La Meurtrière diabolique). Project X est l’avant-dernier long-métrage du cinéaste, un opus de science-fiction indépendant, distribué par la prestigieuse Paramount Pictures, adapté de deux romans, The Artificial Man et Psychogeist de L. P. Davies. C’est le scénariste Edmund Morris, formé à la télévision sur moult séries policières des années 1950, puis de western la décennie suivante, qui se charge de cette double transposition. Pour l’une de ses rares incursions au cinéma, on peut aussi citer le mythique Walk on the Wild SideLa Rue chaude d’Edward Dmytryk, ils’en tire fort honorablement et surfe à la fois sur le côté espionnage, alors en pleine effervescence avec la saga James Bond, et SF, alors que 2001, l’odyssée de l’espace triomphait dans le monde entier. Comme souvent avec ce genre de petit bijou de genre, oublié durant de longues années, on redécouvre à quel point Project X posait quelques miettes, de petites bases de la science-fiction à venir sur le petit comme sur le grand écran, en évoquant la manipulation des rêves comme Le Monde sur le filWelt am Draht, minisérie réalisée par Rainer Werner Fassbinder en 1973, Total Recall de Paul Verhoeven et (bien plus tard) Inception de Christopher Nolan, la réalité virtuelle de Dark City d’Alex Proyas, de Matrix des Wachowski et de Passé VirtuelThe Thirteenth Floor de Josef Rusnak, Nirvana de Gabriele Salvatores et bien d’autres. Autrement dit, Project X en a sérieusement sous le capot, conserve un charme rétro (les costumes du futur qui font penser à des pyjamas pilou pilou, les portes automatiques qui font « ppschiiit ») et contient son lot de scènes particulièrement impressionnantes quand le récit plonge les spectateurs dans les méandres du cerveau de son personnage principal. Un spectacle toujours aussi rafraîchissant.

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Test Blu-ray / Cérémonie mortelle, réalisé par Howard Avedis

CÉRÉMONIE MORTELLE (Mortuary) réalisé Howard Avedis, disponible en Édition Collector Blu-ray + DVD + Livret le 21 octobre 2022 chez Rimini Editions.

Acteurs : Mary McDonough, David Wallace, Bill Paxton, Lynda Day George Christopher George, Curt Ayers, Bill Conklin, Donna Garrett…

Scénario : Howard Avedis & Marlene Schmidt

Photographie : Gary Graver

Musique : John Cacavas

Durée : 1h29

Date de sortie initiale : 1983

LE FILM

Christie Parson est hantée par la mort de son père, noyé dans une piscine. Elle est certaine qu’il s’agissait d’un meurtre, contrairement à sa mère, qui croit à un simple accident. Bientôt, elle se rend compte que quelqu’un la surveille nuit et jour, un inquiétant rôdeur vêtu de noir, qui semble lié à la morgue locale, théâtre d’étranges cérémonies…

Moui…bof…cette Cérémonie mortelle n’a rien de bien flippant, même si la cérémonie éponyme fait référence à la meilleure scène du film. Rien ne distingue véritablement ce Mortuary (ou Embalmed en Angletterre) du tout-venant, alors que le slasher envahissait les salles de cinéma et les vidéoclubs de la planète. Depuis Vendredi 13 de Sean S. Cunningham en 1980, le genre déferle, les propositions et les franchises se multiplient comme Halloween 2 de Rick Rosenthal, Le Tueur du vendredi et Meurtres en 3 dimensions de Steve Miner, tandis que Norman Bates a même fait son retour dans Psychose 2 de Richard Franklin. En 1983, pas de Vendredi 13 à se mettre sous la dent, alors c’est là que le réalisateur Howard Avedis (1927-2017), né en Irak et de son vrai nom Hikmet Labib Avedis entre en scène, se disant qu’il y avait un créneau à prendre. Il s’y engouffre et écrit Cérémonie Mortelle avec sa compagne Marlene Schmidt (ancienne Miss Univers), puis réunit un budget modeste de 250.000 dollars, en espérant en récolter dix fois plus, au minimum. Mission accomplie puisque Mortuary rapporte près de 4,5 millions de dollars au box-office sur le sol américain, sans compter les recettes liées à la location du film en VHS dans le reste du monde. Rétrospectivement, Cérémonie mortelle aura peut-être marqué les spectateurs qui l’auront découvert dans leur salon sur leur magnétoscope Pathé Marconi, mais il ne reste pas grand-chose de cet opus aujourd’hui, à part ce sentiment de nostalgie sans doute, même si la mise en scène n’est pas honteuse et que le casting fait honnêtement le job. À ce titre Mortuary demeure l’une des premières apparitions au cinéma du regretté Bill Paxton, 27 ans, juste avant Terminator de James Cameron et Une créature de rêve de John Hughes. Sympathique certes, mais sitôt vu sitôt oublié.

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