Test Blu-ray / Creed II, réalisé par Steven Caple Jr.

CREED II réalisé par Steven Caple Jr., disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra-HD le 15 mai 2019 chez Warner Bros.

Acteurs : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson, Phylicia Rashad, Dolph Lundgren, Florian Munteanu, Russell Hornsby, Wood Harris…

Scénario : Sascha Penn, Cheo Hodari Coker, Sylvester Stallone, Juel Taylor

Photographie : Kramer Morgenthau

Musique : Ludwig Göransson

Durée : 2h10

Année de sortie : 2019

LE FILM

La vie est devenue un numéro d’équilibriste pour Adonis Creed. Entre ses obligations personnelles et son entraînement pour son prochain grand match, il est à la croisée des chemins. Et l’enjeu du combat est d’autant plus élevé que son rival est lié au passé de sa famille. Mais il peut compter sur la présence de Rocky Balboa à ses côtés : avec lui, il comprendra ce qui vaut la peine de se battre et découvrira qu’il n’y a rien de plus important que les valeurs familiales.

2016. Le projet était casse-gueule et sommeillait depuis pas mal de temps. Hollywood attendait probablement le bon acteur et le bon réalisateur. N’y allons pas par quatre chemins Creed – L’Héritage de Rocky Balboa s’est avéré un véritable miracle cinématographique. Reprenons. Ce spin-off centré sur le fils d’Apollo Creed, est réalisé par Ryan Coogler, jeune cinéaste tout juste âgé de 30 ans, révélé par l’acclamé Fruitvale Station, Prix du public et Grand prix du jury du Festival de Sundance en 2013. Ce premier long métrage avait également permis au comédien Michael B. Jordan, vu dans l’excellent Chronicle de Josh Trank en 2012, de confirmer son talent précoce. Il se glisse à merveille dans le short et les gants d’Adonis Creed, fils illégitime de l’ancien champion du monde des poids lourds, adversaire de Rocky Balboa dans les deux premiers opus, entraîneur dans L’Oeil du Tigre, puis meilleur ami dans Rocky IV dans lequel il meurt sur le ring face à Ivan Drago (Dolph Lundgren). Après le retour inespéré de Rocky dans le magnifique Rocky Balboa en 2006, Sylvester Stallone, qui avait jusqu’à maintenant écrit tous les opus de la saga, n’apparaît ici qu’en tant que comédien et reprend donc son rôle mythique pour le plus grand plaisir de ses fans. Plus qu’un spin-off, il s’agit d’une suite logique au sixième et précédent épisode.

Nous retrouvions donc ce cher vieux Rocky dans son resto déserté de Philadelphie. Rattrapé par l’âge, veuf, ayant également perdu son beau-frère Paulie, Rocky regarde le temps passer, en espérant recevoir quelques nouvelles de son fils. Il vit au jour le jour quand un jeune homme se présente à lui et lui demande de l’entraîner à la boxe. Il dit être le fils d’Apollo Creed, dont le fantôme hante encore Rocky avec les photos qui ornent les murs de son restaurant. Rocky ne sait pas d’où sort ce jeune homme bien décidé à enfiler les gants et après quelques hésitations décide de l’aider, ce qui va lui permettre également de sortir de son quotidien qui se résume essentiellement à se recueillir sur la tombe d’Adrian pour lui lire le journal. Adonis de son côté souhaite se faire un prénom et assumer le nom d’un père qu’il n’a pas connu puisque mort avant sa naissance. Passionné par la boxe, il a mené une enfance difficile, à la force des poings dans les orphelinats, avant d’être adopté par la veuve d’Apollo Creed qui avait appris que son époux avait eu un enfant avec une autre femme. Adonis est à la recherche de ses origines et décide de rencontrer l’homme qui a su tenir tête à son père. Creed – L’Héritage de Rocky Balboa est l’histoire d’une double filiation. Adonis est le fils d’Apollo et va rencontrer un père spirituel en la personne de Rocky. Creed est l’héritier de 40 ans de cinéma, d’une saga anthologique.

Si pour la première fois Rocky ne se bat pas sur le ring, son combat est ailleurs. Et Sylvester Stallone est extraordinaire. Récompensé par le Golden Globe du meilleur second rôle, le comédien aurait largement mérité l’Oscar. Michael B. Jordan est formidable, autant crédible dans les scènes intimistes que sur le ring, scènes pour lesquelles le jeune acteur s’est soumis à un entraînement physique impressionnant et un régime alimentaire strict.

Adonis va se découvrir, probablement naître pour la première fois. Se découvrir aux côtés de l’homme qui a le mieux connu son père. Découvrir aussi l’amour auprès de Bianca, interprétée par la superbe Tessa Thompson. Accepter qui était son père tout en s’imposant lui-même. C’est un hommage de Ryan Coogler (également scénariste avec Aaron Covington), remarquablement filmé, monté et photographié. La nostalgie est là, elle fonctionne, surtout lorsque retentit le thème principal de Bill Conti (frissons garantis) et que la statue de Rocky apparaît en haut des marches emblématiques du Philadelphia Museum of Art. Mais Creed ne repose pas que sur cela et c’est là toute la réussite de cette entreprise. Le passage de relais se fait dans la tradition des Rocky. La relève est bien assurée et adoubée par le maître en personne. Relève mais aussi un nouveau départ. La mythologie perdure et c’est superbe.

Tourné pour un budget de 35 millions de dollars, Creed – L’Héritage de Rocky Balboa en a rapporté près de 110 millions sur le sol américain, près de 60 dans le reste du monde et attiré 1,7 million de spectateurs dans les salles françaises.

Creed II arrive donc logiquement dans les salles en 2019. Et l’histoire reprend là où elle s’était arrêtée. Trois ans après le match contre le champion du monde qui l’a fait connaître du public, Adonis Creed s’est fait un nom sous le mentorat de Rocky Balboa. Le jeune boxeur devient champion du monde dans la catégorie « poids lourds », récupérant le titre à « Stuntman » Wheeler. Adonis est sur un nuage et vit sereinement avec sa petite-amie chanteuse, Bianca. Mais tout s’assombrit à Philadelphie lorsqu’Ivan Drago, le boxeur russe qui a tué son père Apollo il y environ 30 ans, arrive sur le sol américain avec son fils Viktor, pour défier Adonis. Ne suivant pas les conseils de Rocky, Adonis relève le défi sans être épaulé par son mentor. Il en paie le prix fort dans une joute punitive qu’il gagne seulement par disqualification. Maintenant blessé et démoralisé, Adonis peine à se remettre à la boxe, laissant son esprit en divagation et son titre en péril. Sa famille et Rocky doivent donc trouver un moyen de relancer l’esprit de combat d’Adonis pour affronter l’avenir quoi qu’il advienne.

Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson et Phylicia Rashād sont de retour. Mais l’argument de ce deuxième opus de la franchise Creed est sans conteste la participation du grand Dolph Lundgren, qui reprend ici son rôle emblématique d’Ivan Drago, qui l’a fait connaître aux spectateurs du monde entier dans Rocky IV. Il est ici accompagné de Florian Munteanu, né en Allemagne et d’origine roumaine, boxeur professionnel, qui interprète le fils d’Ivan Drago. Si son gabarit impressionne (1m95 pour 106 kg), on ne peut pas en dire autant de son charisme et l’apprenti comédien fait pâle figure à côté de Dolph Lundgren, qui bouffe l’écran à chaque apparition. Encore plus que pour Creed premier du nom, l’intérêt de cette suite vaut pour la « suite » de Rocky IV quand l’Etalon italien se retrouve face à son ancien adversaire. A ce moment-là, les frissons sont bel et bien présents.

Cependant, Creed II pâtit d’un personnage principal dont on se désintéresse petit à petit. Michael B. Jordan a beau faire de son mieux sur le ring, ses scènes avec la belle Tessa Thompson (quelque peu oubliée dans l’histoire) n’ont jamais la force de celles de Rocky avec Adrian dans la première saga et le comédien peine à rendre son personnage aussi attachant que dans Creed et multiplie les froncements de sourcils. Soyons honnêtes, nous n’avons d’yeux que pour Sylvester Stallone et Dolph Lundgren. Outre une apparition rapide de Brigitte Nielsen, qui reprend elle aussi son rôle créé il y a plus de trente ans, le nouveau venu est ici le réalisateur Steven Caple Jr, qui remplace Ryan Coogler (parti chez Marvel pour réaliser Black Panther) derrière la caméra et après le désistement de Sylvester Stallone aux manettes. La mise en scène est ici plus fonctionnelle, beaucoup moins inspirée et ambitieuse sur les séquences de combat, tandis que le cinéaste ne parvient pas à insuffler un rythme suffisamment dynamique sur les 130 minutes de son second long métrage. Néanmoins, cela n’empêche pas de verser de nombreuses larmes quand Sly est filmé en gros plan, son visage très fatigué, ses yeux mi-clos, jusqu’au final bouleversant qui boucle admirablement l’itinéraire de son personnage mythique, enfin apaisé, qui peut espérer couler des jours heureux en attendant de retrouver sa bien-aimée Adrian.

Quant à Adonis, le passage de flambeau est cette fois définitif et un troisième volet, surtout sans Rocky puisque Stallone a déclaré avoir fait ses adieux à son personnage dans Creed II, serait une erreur. Mais tout est possible, d’autant plus que ce second chapitre a encore mieux fonctionné que le premier, aux Etats-Unis, comme dans le reste du monde. Nous verrons bien.

LE BLU-RAY

Creed II arrive dans les bacs chez Warner Bros., en DVD, Blu-ray et 4K Ultra-HD. Le menu principal est fixe et musical. Le disque repose dans un boîtier classique, économique et de couleur bleue.

L’interactivité est pour ainsi dire la même que pour l’édition HD de Creed.

On commence par un module intitulé Fathers & Sons (7’), au cours duquel le réalisateur Steven Caple Jr., les comédiens et le producteur Irwin Winkler reviennent sur les personnages, leur psychologie et les liens qui les unissent. Les thèmes du film sont ici explorés, tandis que des images révèlent l’envers du décor et la préparation des acteurs.

Le second supplément se concentre sur le casting organisé pour trouver l’interprète de Viktor Drago (6’). Parmi plusieurs centaines de postulants, Sylvester Stallone aura finalement jeté son dévolu sur le boxeur professionnel Florian Munteanu.

Ensuite, les femmes de Creed II, autrement dit Tessa Thompson et Phylicia Rashād, ne sont pas oubliées et bénéficient d’un petit reportage de six minutes, consacré à leurs personnages.

Plus conséquent, le bonus intitulé The Rocky Legacy (15’), propose un retour sympathique sur la saga et son héritage, aussi bien au cinéma que dans la culture populaire. L’ensemble est présenté par Dolph Lundgren, qui s’entretient d’ailleurs avec Sly en regardant quelques extraits de Rocky IV.

Enfin, nous trouvons dix minutes de scènes coupées, très réussies, notamment celle où Rocky rend hommage à l’un de ses amis lors d’une cérémonie funèbre (sublime Stallone) et une autre intervenant après le match final où tous les personnages se font face dans le vestiaire, Adonis avec Viktor, Adonis face à Ivan, puis Rocky face à Ivan. Une séquence superbe. Dommage de ne pas retrouver la scène regrettée par Sylvester Stallone car coupée au montage, où Rocky et Ivan Drago en venaient aux mains, avant d’être séparés par la sécurité.

L’Image et le son

Que voilà un bel objet ! Warner met les petits plats dans les grands et offre à la photo de Kramer Morgenthau, jusqu’alors habitué aux nanars et navets (Terminator Genisys, Thor: Le monde des ténèbres, Godsend, expérience interdite) ,un superbe écrin qui restitue adroitement les partis pris esthétiques originaux. Le piqué est diaboliquement ciselé, le cadre large flatte les rétines, tout comme un léger grain d’ailleurs, les contrastes sont particulièrement tranchés, les noirs concis et la colorimétrie est sublime. L’ensemble est soutenu par une compression AVC de haute volée et fort élégante, les détails sont légion, le relief omniprésent et la profondeur de champ toujours présente. Un master HD (1080p, AVC) brillant, dense et minutieux, en un mot superbe.

Comme pour l’image, l’éditeur a soigné le confort acoustique et livre un mixage Dolby Atmos-TrueHD anglais (également disponible en DTS-HD Master Audio 5.1), aussi percutant dans les scènes d’affrontements secs que dans les échanges plus intimistes. Les séquences sur le ring peuvent compter sur une balance impressionnante des frontales comme des latérales. Les effets annexes sont très présents et dynamiques, les voix solidement exsudées par la centrale, tandis que le caisson de basses souligne efficacement chacune des actions au moment opportun. La spatialisation est en parfaite adéquation avec le ton du film. En revanche, la piste française, proposée dans un pauvre Dolby Digital 5.1, parvient à s’en sortir, même s’il n’y a pas de comparaison possible avec la version originale.


Crédits images : © MGM, Warner Bros. Pictures, New Line Cinema, Chartoff-Winkler Productions

Test 4K Ultra HD / Creed : L’Héritage de Rocky Balboa, réalisé Ryan Coogler

CREED : L’HÉRITAGE DE ROCKY BALBOA (Creed) réalisé par Ryan Coogler disponible en DVD, Blu-ray et 4K Ultra-HD le 18 mai 2016 chez Warner Bros.

Acteurs : Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson, Phylicia Rashad, Andre Ward, Tony Bellew…

Scénario : Ryan Coogler, Aaron Covington

Photographie : Maryse Alberti

Musique : Ludwig Göransson

Durée : 2h12

Date de sortie initiale : 2015

LE FILM

Adonis Johnson, fils du célèbre champion du monde poids lourd Apollo Creed décédé avant sa naissance, a la boxe dans le sang. Voulant à son tour devenir un champion, Adonis se rend à Philadelphie et convainc l’ancien rival de son père, Rocky Balboa, de l’entraîner – alors qu’il a lui aussi un combat à mener en dehors du ring, Adonis a enfin sa chance, il ne lui reste plus qu’à développer son instinct de combattant dans le nouveau chapitre de la saga Rocky, dirigé par le réalisateur acclamé par la critique Ryan Coogler.

C’est un pari fou que le cinéaste Ryan Coogler (tout fraîchement sorti de Fruitvale Station) s’est lancé : faire une suite de Rocky Balboa en se concentrant sur le fils illégitime d’Apollo Creed. Afin de faire son film, il est allé chercher bien évidemment la bénédiction du patron, Sylvester Stallone lui-même. Sly avait pourtant déclaré que Rocky Balboa était son dernier film dans la peau du boxeur. Il est tombé amoureux du scénario, a décidé de le produire lui-même et de reprendre le rôle de notre boxeur préféré.

Ayant eu un beau succès en France (1,6 millions d’entrées), Creed : L’Héritage De Rocky Balboa, peut se vanter d’avoir conservé tous les éléments primordiaux de la saga Rocky, en ajoutant lui-même ses propres ingrédients, à commencer par une inscription du film dans une certaine  »Blaxploitation » (comme il l’a fait tout récemment sur Black Panther). En effet, le film cite implicitement le film original et reprend quasiment les mêmes recettes : l’outsider entraîné par un vétéran de la boxe (dans l’original, c’était Rocky entraîné par Mickey), son combat contre le champion du monde, la séduction de la fille d’à-côté, la séquence d’entraînement, etc.

Cependant, le film est loin d’être une pâle copie de Rocky, bien au contraire. Creed : L’Héritage De Rocky Balboa est dynamisé par une mise en scène extrêmement inventive : il n’y a qu’à voir le combat en plan-séquence dirigé par Maryse Alberti pour le constater. La direction d’image se mêlant à la créativité de Coogler ainsi qu’au montage sonore donne une technique parfaite au film qui s’impose directement comme un leader dans le  »film de boxe ».

Le fait que Stallone ne soit pas scénariste du film permet à Ryan Coogler d’adopter toute une saga en 2h15. Et si Sly a tout de même été consultant, il n’a en aucun cas écrit les dialogues de Rocky, et parfois, cela se ressent. Reste que Rocky est le meilleur personnage du film et que Coogler est assez malin pour utiliser le personnage du mieux qu’il le peut.

Le casting est extra : Michael B. Jordan est parfait en Adonis Creed, fils illégitime d’Apollo (ce qui constituera la grosse intrigue en premier lieu, à savoir de porter ou pas le nom de son père), Sylvester Stallone reste impérial dans le rôle de Rocky et Tessa Thompson est sublime dans le rôle de Bianca, une Adrian des temps modernes, qui ne sert pas de personnage féminin bouche-trou, mais qui est réellement là pour aider Adonis dans ses démarches. Par ailleurs, elle possède son intrigue personnelle, ce qui est finalement rare et donc important de nos jours à Hollywood.

Plusieurs hommages à la saga sont faits, notamment les enfants des personnages que nous avons connus ont récupéré certains lieux bien connus, comme le fils de Duke, par exemple. Ce que l’on peut juste regretter, c’est de ne pas entendre parler de la petite Marie qui était l’un des personnages principaux de Rocky Balboa, d’avoir tué Paulie, et de ne pas avoir plus de nouvelles de Robert, le fils de Rocky. L’autre légère déception vient du fait de trop peu entendre les thèmes musicaux de Rocky. Heureusement, Ludwig Göransson compose de nouveaux thèmes en totale adéquation avec le film et qui restent en tête après la vision du long-métrage.

Personne n’y croyait, et pourtant, Ryan Coogler l’a fait. On redoutait ce Creed : L’Héritage De Rocky Balboa après la sublime sortie de ring de Rocky Balboa. Finalement, on l’apprécie énormément et on le range à côté des meilleurs opus de la saga (Rocky et Rocky Balboa). Si le film est un immense coup de cœur, c’est aussi parce qu’il est magnifié par un passage de flambeau magistralement écrit, réalisé et interprété, à l’image du dernier plan où l’on voit les deux héros sur les marches de Philadelphie, magnifique.

LE 4K UHD

Creed : L’Héritage De Rocky Balboa est disponible chez Warner Bros. Le menu principal est fixe et musical. Le boîtier est un boîtier standard classique propre aux Blu-ray Ultra HD 4K et renferme le Blu-ray 4K ainsi que le Blu-ray. Les bonus sont tous sous-titrés en Français.

Aucun bonus sur le Blu-ray 4K. Les bonus se trouvent sur le Blu-ray.


Accepter Son Passé Pour Avancer (HD, 15 minutes) sert de mini-making of et donne la parole entre autres à Sylvester Stallone, Ryan Coogler, Michael B. Jordan qui discutent de la naissance et de l’élaboration du film, mais aussi de leur attachement pour Rocky et de la transition avec Adonis.

Devenir Adonis (HD, 6 minutes) montre l’implication de Michael B. Jordan pour le rôle et de sa transformation physique, ainsi que de son approche pour devenir un boxeur professionnel.

Scènes Coupées (HD, 20 minutes). Onze scènes coupées viennent conclure l’interactivité. Ces séquences sont pour la plupart géniales et leur retrait vient sûrement de la gestion du rythme. Pour quelques-unes d’entre elles, elles jouent avec la nostalgie. En tous les cas, il faut les voir après avoir vu le film, tant elles s’avèrent être un réel bonus.

L’Image et le son

Creed : L’Héritage de Rocky Balboa est sorti en 4K UHD en même temps qu’en Blu-ray et en DVD. Si les couleurs sont beaucoup plus éblouissantes grâce au HDR, la définition n’est pas supérieure au Blu-ray. En même temps, le film provient d’un intermédiaire numérique 2K (et donc upscalé en 4K pour ce disque), il n’y a donc pas de gros apport sur cette présentation en 4K UHD. Le HDR fait également honneur aux contrastes et aux détails, plus denses que sur le Blu-ray. Les différences sont trop subtiles pour le reste.

Attention aux puristes du son, la VF n’est qu’en Dolby Digital 5.1 et cela fait un peu mal en comparaison avec la piste Anglaise en DTS-HD Master Audio 7.1. Le doublage est d’assez bonne qualité. Attention, il y a aussi une piste Française doublée au Québec. Il suffit d’écouter les scènes où Tessa Thompson chante ou bien de voir les séquences de combat pour se rendre compte à quel point la piste anglaise est puissante et fait jouer toutes les enceintes, jusqu’au bruit de la foule. Dommage de ne pas bénéficier d’une piste en Dolby Atmos. Mais nous chipotons.

Crédits images : © Warner Bros., MGM, New Line Cinema /  Captures Blu-ray : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr

Test Blu-ray / Coffret Rocky – L’Anthologie

ROCKY, ROCKY 2 : LA REVANCHE, ROCKY 3 : L’OEIL DU TIGRE, ROCKY 4, ROCKY 5, ROCKY BALBOA (ROCKY, ROCKY II, ROCKY III, ROCKY IV, ROCKY V, ROCKY BALBOA) réalisé par John G. Avildsen (épisodes 1 et 5) et Sylvester Stallone (épisodes 2, 3, 4 et Rocky Balboa), disponible en coffret DVD et coffret Blu-ray depuis le 12 février 2014 chez MGM / United Artists

Acteurs : Sylvester Stallone, Talia Shire, Burt Young, Burgess Meredith, Carl Weathers, Joe Spinell, Mr T., Dolph Lundgren, Tommy Morrison, Antonio Tarver, Geraldine Hughes, Milo Ventimiglia, Tony Burton, A.J. Benza…

Scénario : Sylvester Stallone

Photographie : James Crabe, Bill Butler, Steven B. Poster, Clark Mathis

Musique : Bill Conti

Durée : 1h59 / 1h58 / 1h39 / 1h31 / 1h51 / 1h42

Date de sortie initiale : 1976 / 1979 / 1982 / 1985 / 1990 / 2006

LA SAGA

Dépassant ses limites, affrontant des adversaires de plus en plus redoutables, boxant comme personne n’avait boxé, Rocky est un héros fait de muscles et de volonté. Son histoire est le plus formidable des portraits de l’Amérique des quatre dernières décennies. Au-delà de la violence des combats, la saga Rocky est surtout le parcours poignant d’un homme assailli par les doutes et l’inquiétude, qui lutte pour la victoire et qui est sauvé par l’amour.

Il y a des personnages qui marquent une vie. Rocky Balboa fait partie de ceux-là. Il est présent partout, notamment dans l’inconscient collectif. Au fil des années, la franchise aura montré une certaine authenticité auprès des fans, mais également auprès d’un nouveau public. Que l’on soit né dans les années 70 ou 2010, Rocky retient dans tous les cas toute notre attention.

C’est avant tout une vraie complicité qui naît entre le spectateur et le personnage. Le spectateur identifie immédiatement Sylvester Stallone à Rocky, plus qu’à John Rambo, Barney Ross ou John Spartan par exemple. Rocky, c’est Stallone. Stallone, c’est Rocky. Et Stallone étant le scénariste des six films de la saga, lui seul décide de faire avancer Rocky dans les bonnes ou les mauvaises directions.

Véritable miroir de sa vie, la saga Rocky est à Stallone ce que les films sur Antoine Doinel sont à Truffaut. Et au-delà de la boxe, c’est bien l’amour qui résonne dans les six films. Rocky n’est rien sans sa femme Adrian, et Adrian n’est rien sans Rocky. Pour ainsi dire, la saga est construite sur la relation Rocky/Adrian. Lorsque Rocky n’est pas en forme, Adrian est toujours là pour le soutenir, l’aider à affronter ses adversaires, et lui prouver à chaque fois qu’elle l’aime plus que tout. Et Rocky est toujours à son écoute, partagé entre sa colère et ses doutes. L’une des plus belles histoires d’amour de l’histoire du cinéma.

Si le premier Rocky est un chef-d’œuvre, les suites ne le surpasseront jamais (excepté un Rocky Balboa très honnête et sans artifices) qui renoue avec l’esprit du premier film. Rocky II reste un excellent match retour, Rocky III commence sérieusement à verser dans le film commercial tout en restant très intéressant (de nombreux thèmes exploités sont passionnants et introduisent très bien les suites), Rocky IV est un classique du long-métrage/clip des 80s (à condition d’accrocher) mais reste néanmoins beaucoup trop « over the top » par rapport au reste de la saga et Rocky V est un film majoritairement raté (malgré de très bonnes choses) qui ne sait pas trop dans quelle direction aller. Néanmoins, pour ce dernier, une version Director’s Cut de très mauvaise qualité est visible sur le net et propose des ajouts plutôt glorifiants et permettent au film une bien meilleure lisibilité.

Que sont les Rocky sans leurs antagonistes ? Si Apollo Creed (Carl Weathers), Clubber Lang (Mr. T), Ivan Drago (Dolph Lundgren) et Mason Dixon (Antonio Tarver) sont de parfaits opposants, Tommy Gunn (Tommy Morrison) est une catastrophe à laquelle Stallone et Avildsen ne se soucient que trop peu.

Les seconds rôles ne sont pas mis de côté et, au contraire, aident Rocky du mieux qu’ils le peuvent. Outre Adrian, magistralement interprétée par Talia Shire (Connie dans la Trilogie Le Parrain), le personnage de Paulie (joué par l’excellent Burt Young) est toujours là soit pour soutenir Rocky, soit pour au contraire s’opposer à lui, notamment par jalousie. Mais peu importe, on s’attache à Paulie dès le départ et nous éprouvons de la réelle compassion pour lui. C’est surtout Mickey et Apollo, véritables mentors du protagoniste qui retiennent notre attention sur quasiment toute la saga. Mickey est un personnage hors du commun, dur et tendre à la fois, qui pousse toujours Rocky vers le haut et le raisonne dès qu’il y a un problème. Burgess Meredith est fantastique dans le rôle. Quant à Apollo Creed, il est l’un des personnages qui a la meilleure évolution sur l’ensemble de la saga. Carl Weathers y est aussi pour beaucoup.

Vient enfin le coup de grâce, Rocky Balboa, où après 16 ans d’abandon, Sly renoue avec son personnage fétiche pour un dernier round des plus mémorables. Les répliques de Rocky sonnent authentiques et nous donnent souvent les larmes aux yeux. Un grand film, à l’image du premier opus de la saga.

En ce qui concerne la mise en scène, John G. Avildsen tente de nouvelles choses sur le premier Rocky et ne lâche pas sa caméra des personnages, d’où l’importance de la Steadicam. Sylvester Stallone est un peu plus éclectique et sa mise en scène sur Rocky II, Rocky III et Rocky Balboa ne démérite pas… Par contre, sur Rocky IV, on est tout de même loin d’avoir un rendu satisfaisant. Et Stallone ne se contente que de filmer son scénario en lui donnant un aspect très « clipesque » .

Quant à la musique de Bill Conti, elle est bien évidemment sublime et présente constamment dans nos esprits. Il y a encore beaucoup à dire sur la saga, mais cela prendrait des jours entiers, alors nous avons préféré écrire tout le bien que l’on en pensait.

Il est impossible aujourd’hui de dissocier Sylvester Stallone de Rocky Balboa et vice-versa. Un personnage, qui à travers six films dans sa propre saga et deux dans son spin-off nous aura fait pleurer, rire, et nous aura ému comme jamais. Rocky fait partie de notre vie. C’est notre pote, notre oncle, notre frère, notre père. Et au-delà de ça, Rocky est une saga qui marquera le 7ème Art via son aspect multi-générationnel. Et vu le succès des Creed, ce n’est pas prêt de s’arrêter…

LE COFFRET BLU-RAY

Rocky – Anthologie (Édition 40ème anniversaire) est disponible chez MGM / United Artists. Seul le menu principal du premier film est animé et musical. Celui des disques 2 à 7 sont fixes et muets, à l’exception du disque de Rocky Balboa, qui n’a aucun menu. Le coffret renferme 7 volets où sont disposés les disques, six Blu-ray pour les films et un pour les bonus. La plupart des bonus sont d’ailleurs sur les disques 1 et 7 et sont tous sous-titrés en français.

Le Blu-ray de Rocky contient 3 commentaires audio. Le premier est réalisé par Sylvester Stallone, toujours parfait dans l’exercice, peu avare en anecdotes, le second par le légendaire entraîneur de boxe Lou Duva et du commentateur Bert Sugar (très professionnels), et enfin, le troisième par John G. Avildsen (réalisateur), Irwin Winkler et Robert Chartoff (producteurs), Talia Shire, Carl Weathers et Burt Young (acteurs) et Garrett Brown (inventeur de la Steadicam), beaucoup trop fouillis mais pas inintéressant.

Les vidéos en 8mm de Rocky (HD, 8 minutes) sont des images de tournage de 1975 gardées par le directeur de pré-production Lloyd Kaufman (oui, Mr. Troma), commentées par ce dernier et John G. Avildsen.

Les bonus suivants sont disponibles sur les disques 1 et 7 :

Trois rounds avec l’entraîneur de légende Lou Duva (SD, 4 minutes). Ce dernier parle de son métier et des boxeurs qu’il entraine.

Interview d’une légende – Bert Sugar : Auteur, commentateur et historien (SD, 7 minutes). Module sur la boxe au cinéma.

Les adversaires (SD, 16 minutes). Ce court module s’intéresse aux adversaires de Rocky et donne la parole entre autres à Carl Weathers, Dolph Lundgren et Tommy Morrison.

Sur le ring : documentaire en trois parties (SD, 1h15). Film documentaire s’intéressant aux personnages et à leurs interprètes. Gros morceau très intéressant.

L’évolution de la steadicam avec Garrett Brown (SD, 18 minutes). Interview très enrichissante sur la création de la Steadicam et de son évolution ainsi que sur les séquences du film tournées avec ce procédé.

L’art de maquiller avec Michael Westmore (SD, 15 minutes). Interview du maquilleur sur ses créations réalisées sur le film, notamment sur l’évolution du visage de Stallone lors du combat final.

Staccato : le journal d’un compositeur avec Bill Conti (SD, 12 minutes). Entretien avec le maestro sur les thèmes musicaux du film et leur postérité.

Le ring de la vérité (SD, 10 minutes). Interview du chef décorateur et de son implication dans le film.

Dans les coulisses du film avec John G. Avildsen (SD, 12 minutes). Description des vidéos conservées par le réalisateur.

Hommage à Burgess Meredith (SD, 8 minutes). La parole est donnée aux personnes qui ont eu l’opportunité de travailler avec le comédien sur le film.

Hommage à James Crabe (SD, 4 minutes). Le réalisateur revient sur le travail fantastique du directeur de la photographie sur Rocky.

Commentaires vidéos de Sylvester Stallone (SD, 28 minutes). Un peu redondant avec le commentaire audio, mais Stallone va à l’essentiel et se livre à cœur ouvert.

Sylvester Stallone invité du show TV « Dinah ! » (1976) (SD, 17 minutes). Sly est invité sur une émission télévisée pour parler du film. Intéressant pour la tenue du comédien.

Quand Stallone Rencontre Rocky (SD, 3 minutes). Amusante rencontre entre Sylvester Stallone et Rocky. Drôle, mais dispensable.

Bandes-annonces, teasers et spots TV de Rocky (bandes-annonces de la saga sur le disque 7).

Le disque 1 propose également une bande-annonce compilant quelques films MGM.

Le disque 7 contient en plus une série de questions en 5 niveaux sur la boxe et sur la saga, coupée par des extraits vidéo. Amusant pour tester ses connaissances sur la franchise.

Sur le disque 6 (Rocky Balboa), on retrouve de nouveau Sylvester Stallone à pour un commentaire audio passionnant où le comédien/réalisateur se livre sur le retour de Rocky. Très sincère.

Rocky Balboa : tenir la distance (SD, 27 minutes) est un documentaire rétrospectif sur la saga.

Compétence contre volonté : le making of Rocky Balboa (HD, 18 minutes). Module bien trop court alors qu’il propose des interventions très intéressantes, notamment de Sylvester Stallone, Burt Young et Milo Ventimiglia qui parlent du retour de Rocky, 16 ans après le dernier film.

Retour sur le ring : filmer le combat final de Rocky (HD, 16 minutes). Excellent module sur la préparation physique de Sylvester Stallone. Il y parle également de la manière de chorégraphier le combat final du film, ainsi que de sa manière de le mettre en scène.

Champion virtuel : créer le combat par ordinateur (HD, 5 minutes). Featurette qui s’intéresse au combat créé par ordinateur à partir de la capture de mouvements de Sylvester Stallone et Antonio Tarver jusqu’à la finalisation dans le film.

Bêtisier (HD, 5 minutes). Très bon, bien que court.

7 scènes coupées (HD, 20 minutes) sont en fait des séquences abandonnées au montage ou alternatives, dont certaines sont excellentes et dont on regrette l’éviction.

Fin alternative (HD, 4 minutes) montre Rocky vainqueur du combat. Intéressant mais la conclusion est bien meilleure dans le film.

L’Image et le son

Les cinq premiers opus sont encodés en AVC. Le dernier en MPEG-4. Si Rocky (restauré en 4K) et Rocky Balboa brillent par leurs couleurs sublimes et leurs noirs profonds, les autres films vont du décevant (Rocky II) au bon (Rocky IV et Rocky V dont l’image est bien colorée et bien définie, sans trop d’artéfacts) en passant par le moyen (Rocky III). Pour Rocky II, il y a trop de tâches et de poussières de pellicules visibles sur les deux heures. C’est parfois très dérangeant.

VO en DTS-HD Master Audio 5.1 et VF DTS 5.1 pour tous les films. Préférez la version originale, bien plus puissante et dynamique que la VF, parfois étouffée et moins spatialisée. Même si les doublages sont très réussis, la VO l’emporte largement sur la partie technique.

Crédits images : © MGM / United Artists /  Captures Blu-ray : Kévin Cattan pour Homepopcorn.fr