
POUR L’ÉTERNITÉ (Eternity) réalisé par David Freyne, disponible en DVD le 10 avril 2026 chez Metropolitan Film & Video.
Acteurs : Elizabeth Olsen, Miles Teller, Callum Turner, Da’Vine Joy Randolph, John Early, Christie Burke, Danny Mac, Damon Johnson…
Scénario : Patrick Cunnane & David Freyne
Photographie : Ruairí O’Brien
Musique : David Fleming
Durée : 1h54
Date de sortie initiale : 2025
LE FILM
Joan et Larry, nouvellement décédés, se retrouvent à subir un châtiment où chacun dispose d’une semaine pour savoir où ils passeront l’éternité, soit à la montagne, à la plage, à la bibliothèque, etc. Joan doit faire face à des choix induisant un triangle amoureux, car elle va doit choisir entre son premier mari mort pendant la guerre et son second…

Pour l’éternité – Eternity est un fabuleux hommage à l’âge d’Hollywood. Le trio formé par Elizabeth Olsen, Miles Teller et Callum Turner rappelle celui d’Indiscrétions – The Philadelphia Story (1940) de George Cukor, Katharine Hepburn, James Stewart et Cary Grant. Avouez qu’il y a pire comme références ! Et en effet, Pour l’éternité est une comédie romantique comme on ne l’espérait plus, qui regorge de trouvailles à chaque scène, qui séduit chaque seconde. Le scénario de Pat Cunnane, auteur de la série Designated Survivor, avec Kiefer Sutherland, était inscrit sur la fameuse liste noire des scripts non produits les plus plébiscités depuis 2022. Il aura fallu attendre mars 2024, pour que le réalisateur David Freyne, remarqué avec The Cured en 2017, se fasse embaucher par le désormais incontournable studio A24. 19.000 spectateurs seulement sont venus découvrir ce petit bijou dans les salles françaises et qui mérite absolument d’avoir une deuxième chance. Le mieux est d’en savoir le moins possible sur le film (l’auteur de ces mots n’avait lu aucun résumé avant de lancer le DVD) et de se laisser porter par la fulgurance des trois acteurs principaux, l’originalité de cette relecture du triangle amoureux, qui déborde de charme, illuminé par le sourire dévastateur et le regard menthe à l’eau d’Elizabeth Olsen. On croyait cette dernière enfermée dans l’univers Marvel où elle incarnait Wanda Maximoff / La Sorcière Rouge depuis plus de dix ans. On est heureux de revoir celle qui nous avait éblouit en 2011 dans Martha Marcy May Marlene de Sean Durkin dans un rôle digne de ce nom. Sa présence est comme un astre qui émerveille à chaque instant, même si ses deux partenaires n’ont rien à lui envier. Précipitez-vous sur ce film on vous dit !!!



Larry et Joan, un couple de personnes âgées mariées depuis 65 ans, assistent à une fête de famille. Joan est atteinte d’un cancer en phase terminale, que le couple garde secret. Lors de la party, Larry voit une photo de Luke, le premier mari de Joan décédé pendant la guerre de Corée. Larry s’étouffe soudainement en mangeant un bretzel et meurt. Il se réveille dans un train et a repris son apparence de jeune trentenaire, avant de découvrir qu’il arrive dans l’au-delà. Il rencontre Anna, sa coordinatrice de l’au-delà assignée, qui informe Larry qu’il doit décider où il souhaite passer son éternité. Anna informe que chaque destination a un thème unique, mais que toutes les décisions sont définitives et que tenter de s’échapper entraînera le bannissement dans le Vide, un lieu d’obscurité infinie. Larry décide d’attendre l’arrivée de Joan dans un espace appelé Junction. Peu de temps après, Joan succombe à son cancer et arrive à Junction, également en tant que jeune femme. Elle retrouve Larry après qu’il l’ait vue arriver, alors qu’il partait pour l’éternité qu’il avait choisie. Le coordinateur de l’au-delà de Joan, Ryan, arrive également avec Luke, qui révèle l’attendre au Junction depuis 67 ans. Invitée à décider avec qui passer son éternité, Joan dépassée se confie à son amie Karen récemment décédée, tandis que Larry s’appuie sur Anna pour obtenir de l’aide.


Il y a quelque chose de Lubitsch, de Capra, de Hawks, de Sturges, de Wilder, de La Cava et de McCarey dans Pour l’éternité, ce qui n’est évidemment pas pour nous déplaire, surtout que le réalisateur David Freyne a l’air d’avoir bien digéré ces illustres références. On pense aussi au très beau Au-delà de vos rêves – What Dreams May Come (1998) de Vincent Ward ou bien encore au génial Pleasantville (1998) de Gary Ross, qui convoquait et parasitait le cinéma américain des années 1950, en y propulsant deux jeunes des années 1990, présences qui allaient entraîner quelques révolutions. Dans Pour l’éternité, Larry et Joan retrouvent leur jeunesse dans le purgatoire. Le jeu d’Elizabeth Olsen (avec laquelle on passerait bien aussi l’éternité) et de Miles Teller (une des plus belles mues du cinéma américain depuis sa découverte il y a quinze ans dans Rabbit Hole de John Cameron Mitchell), tous les deux coproducteurs, renvoie ainsi à celui de l’âge d’or, mais sans en faire des caisses, sans singer, toujours avec naturel, fraîcheur, une partition qui leur va à merveille et avec laquelle ils se délectent.


Moins connu, Callum Turner commence à avoir sérieusement le vent en poupe. Déjà vu dans Les Animaux fantastiques : Les Secrets de Dumbledore de David Yates, dans le superbe Liaisons à New York – The Only Living Boy in New York de Marc Webb et Green Room de Jeremy Saulnier, il serait très pressenti pour incarner James Bond dans l’opus prévu par David Villeneuve. On dit banco pour le comédien britannique qui coche toutes les cases. Y compris d’être le fiancé de la magnifique Dua Lipa. L’alchimie avec ses deux partenaires est indéniable, le face-à-face avec Miles Teller est très drôle et quelques scènes renvoient au slapstick, tandis que le film s’avère aussi très crédible dans les scènes romantiques, qui font une belle place à l’émotion. Le tunnel d’archives dans lequel se rendent les individus nostalgiques de leur vie passée offre de beaux instants dramatiques, où Elizabeth Olsen crève l’écran une fois de plus.


Le film regorge ainsi de brillantes idées, très bien exploitées, à l’instar de cette multitude de stands où des représentants font la promo de leur éternité (« Le monde du fumeur ? Le cancer ne vous tuera pas deux fois ! »). Belle place laissées également aux seconds rôles, incarnés ici par Da’Vine Joy Randolph (Bride hard, Shadow Force, Billie Holiday, une affaire d’état) et le méconnu John Early, célèbre outre-Atlantique pour son colossal travail dans le monde du doublage et qui prête sa voix absolument partout.


Pour l’éternité est une rom-com irrésistible, solaire, qui fait du bien au coeur et à l’âme. Le genre de film que l’on a envie de faire connaître autour de soi pour partager son enthousiasme et qui a tout pour devenir un petit classique personnel.



LE DVD
Soyez un peu patients, car Pour l’éternité arrive le 10 avril 2026 dans les bacs et ce chez Metropolitan Film & Video. Pas d’édition HD pour ce titre, ce qui est bien dommage. Le visuel reprend celui de l’affiche d’exploitation. Le menu principal est animé et musical.

Nous ne trouvons qu’un lot de bandes-annonces en guise de suppléments.
L’Image et le son
Pas de Blu-ray pour ce titre. Néanmoins, l’éditeur soigne le transfert de Pour l’éternité. Soutenu par une solide définition, le master est parfaitement propre. La copie est exemplaire et lumineuse tout du long, les couleurs excellemment gérées, avec une prédominance de teintes chaudes, tout comme les contrastes très élégants.

Pour l’éternité n’est pas à proprement parler d’un film à effets, mais les pistes anglaise et française Dolby Digital 5.1 parviennent à distiller ici et là quelques ambiances. La plupart des séquences reposent sur les dialogues et les mixages se concentrent souvent sur les enceintes avant. Il ne faut pas vous attendre à des effets explosifs, la spatialisation est essentiellement musicale, les effets latéraux sont rares et le caisson de basses reste quasiment au point mort. Les voix des comédiens sont ardentes en version originale, tout comme en français, même si cette piste les met un peu trop à l’avant. Le confort acoustique est assuré tout du long.


Crédits images : © Metropolitan FilmExport / A24 / Captures Blu-ray : Franck Brissard pour Homepopcorn.fr
